Treize façons de voir de Colum McCann

Treize façons de voir

Treize façons de voir de Colum McCann

Belfond, 2016, 305 pages.

Résumé : Un court roman et quatre nouvelles portant sur les diverses formes de violences mais aussi sur l’espoir, le temps qui passe, le pardon.

Mon avis : Ce recueil de nouvelles est le premier ouvrage de Colum McCann que je lis. Une occasion de découvrir cet auteur qui a rencontré plusieurs succès critiques et publics. Je remercie les éditions Belfond et le site Babelio qui m’ont fait parvenir Treize façons de voir dans le cadre d’une opération « Masse critique ».

J’ai assez peu l’habitude de lire des recueils de nouvelles, mais je dois dire qu’en cette période de montée insupportable des haines, cette thématique de la violence vue à travers différents prismes a éveillé mon intérêt. Mais si la thématique se veut identique, ces cinq textes sont pourtant très divers tant sur la forme que sur le fond. Au-delà de la violence, Colum McCann analyse ses conséquences entre vengeance et pardon, grâce à une construction psychologique des personnages particulièrement réussie.

D’abord l’ouvrage débute par un court roman qui donne son nom au recueil. Il constitue à lui seul plus de la moitié de l’ouvrage. C’est un texte poignant où est abordée la relation complexe entre un père et son fils. On plonge littéralement dans la psychologie de ce vieil homme qui aime son fils mais en même temps désapprouve ce qu’il est devenu. C’est un texte fort et émouvant dont je n’ai regretté que la fin expédiée un peu rapidement.

Il est suivi par un second texte, très court, plus anodin. Son seul intérêt est de montrer les étapes de la construction d’un texte par un écrivain. J’ai trouvé qu’il s’agissait plus d’une ébauche que d’une nouvelle en tant que telle. Bref, un passage décevant, heureusement très court.

Avec Sh’khol, Colum McCann aborde, cette fois, la relation mère-fils et l’angoisse de la disparition. Ce texte, plus long, est une réussite, même si pour moi, la fin est totalement ratée et quelque peu hors-sujet par rapport au thème traité. C’est dommage car l’étude psychologique de cette mère adoptive est passionnante.

Le quatrième texte, Traité, est une réussite totale, peut-être même le meilleur de ce recueil. La réflexion autour de la reconstruction psychologique d’une nonne, victime d’un traumatisme, est particulièrement forte et émouvante. Je me suis laissé prendre dans cette histoire qui est assurément un grand texte, éprouvant mais d’une rare puissance. Ces 50 pages justifient à elles seules la lecture de ce livre.

La dernière nouvelle, Comme s’il y avait des arbres, est en revanche une déception. Très courte, un peu brouillonne, peu claire, l’auteur est passé à côté de son propos sur la violence sociale et la pauvreté.

Au final, je retiens un recueil de nouvelles globalement inégal avec des fulgurances mais aussi quelques ratages. Une série de textes malgré tout passionnants à lire, souvent émouvants, que je vous conseille de découvrir.

3,5/5

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Histoire de la violence d’Edouard Louis

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Histoire de la violence d’Edouard Louis

Seuil, 2016, 240 pages

Résumé : Edouard Louis rencontre Reda un soir de Noël. Le jeune homme l’aborde dans la rue alors qu’Edouard rentre chez lui, vers quatre heures du matin, après un repas entre amis. Edouard Louis lui propose de monter dans son studio. Reda lui raconte son enfance, l’arrivée de son père en France. Ils passent le reste de la nuit ensemble, ils discutent, font connaissance, font l’amour. Vers six heures du matin, Reda sort un revolver et menace Edouard. Le début d’un calvaire de plusieurs heures.

Critique : Après un premier roman d’autofiction, En finir avec Eddy Bellegueule, qui avait fait l’effet d’une bombe à sa sortie, Edouard Louis revient avec un autre récit personnel, celui d’une agression particulièrement violente que l’auteur a subi un soir de Noël. Pas trop fan de ces récits plus ou moins autobiographiques, souvent un peu trop égocentrés à mon goût, ils sont pour moi la version en livres de ce que sont les réseaux sociaux sur Internet et les émissions de téléréalité à la télévision.

Pourtant Eddy Bellegueule m’avait largement convaincu car le livre allait bien au-delà d’un simple témoignage et proposait une véritable lecture sociologique de la pauvreté et du déclassement ouvrier en France. Avec Histoire de la violence, ce n’est pas du tout le cas. Il y a bien quelques tentatives de réflexions sur l’immigration et l’intégration en France, mais l’auteur qui n’a sans doute pas encore surmonté le traumatisme lié à son agression, si tant est qu’on puisse le surmonter, peine à contextualiser son propos.

Il s’agit davantage d’un ouvrage post-traumatique, en forme de thérapie, qui parle à n’en pas douter aux victimes de violence et met en avant les capacités de résilience de chacun. A ce titre, Edouard Louis met bien valeur le parcours de la victime qui doit exprimer l’indicible, témoigner, se répéter encore et encore, parfois se justifier devant des membres des forces de l’ordre pas toujours très psychologues, mais aussi devant soi-même et ses proches… Sans complaisance avec lui-même, Edouard Louis fait d’ailleurs alterner son témoignage personnel avec la retranscription des propos tenus par sa sœur, pas toujours très tendres.

Histoire de la violence est donc un ouvrage très touchant, parfois gênant dans les détails qui sont livrés peu à peu au lecteur, mais parfaitement bien écrit sur la forme à la fois directe et crue. Je termine cette lecture avec la certitude qu’Edouard Louis est un grand auteur. La sincérité est là, à chaque page, dans ce dépouillement stylistique, même si cette intimité poussée à l’extrême a provoqué en moi un certain malaise. Mais après tout, n’est-ce-pas le propre des œuvres d’art de nous bousculer et de nous pousser dans nos retranchements ?

3,5/5

Hate List de Jennifer Brown

Hate List

Hate List

Albin Michel, LGF, Le livre de poche, 2012, 401 pages.

Résumé : Après 5 mois d’absence, Valérie revient au lycée. Elle sait que plus rien ne sera comme avant. Cinq mois plus tôt, Nick, son petit ami, a ouvert le feu dans la cafétéria tuant ou blessant tous les élèves de la liste avant de se suicider. Cette liste, ils l’avaient créée ensemble, par jeu. Aujourd’hui, Valérie porte seule le poids de la culpabilité.

Critique : Dans ce roman, Jennifer Brown s’intéresse aux tueries de masse dans les écoles aux Etats-Unis. Ou plutôt, à la vie d’après pour la petite amie d’un des tueurs. En effet, l’auteure dresse le portrait de deux jeunes pas forcément en rupture, plutôt intégrés dans leur lycée et où l’un d’entre eux va pourtant déraper aspiré dans une spirale suicidaire.

L’incompréhension, le sentiment de culpabilité, la difficile reconstruction psychologique sont au cœur de l’ouvrage et le portrait de cette adolescente est touchant. En ce sens, ce roman pour adolescents est plutôt une réussite évitant les leçons de morale ridicules et le ton moralisateur. La construction du récit, s’appuyant sur d’habiles flashbacks, permet d’avancer dans l’histoire en maintenant en éveil l’intérêt du lecteur.

Pourtant, en restant sur le simple registre de l’émotion et sur la psychologie de son personnage central, Jennifer Brown passe à côté de son sujet principal, à savoir la vente libre et la circulation des armes à feu aux Etats-Unis. Elle manque là l’opportunité d’écrire un grand roman à portée universelle, sur un problème majeur de la société américaine, pour rester sur un registre plus adolescent, certes plus accessible mais manquant souvent de profondeur dans l’analyse.

Au final, j’en garde le souvenir d’un roman émouvant, à l’écriture efficace, globalement réussi, parfois dur psychologiquement, mais ne dépassant jamais totalement le registre anecdotique du témoignage personnel. Un roman intéressant, sans aucun doute à conseiller aux adolescents, mais dont le thème me laissait espérer plus.

3,5/5

Flight de Sherman Alexie

Flight

Flight – Sherman Alexie

Editions Albin Michel, collection Terres d’Amérique, 2008, 200 pages.

Résumé : Spots, orphelin et délinquant, est mi-amérindien, mi-irlandais. A 15 ans, il a déjà vécu dans 20 familles d’accueil et fréquenté 22 écoles. Poussé à bout, il décide de braquer une banque et récolte une balle dans la tête. Commence, pour lui, un étrange voyage dans le temps où il passe d’une personne à une autre, découvrant les périodes les plus sombres de l’histoire américaine.

Critique : J’avais été emballé par un précédent livre de Sherman Alexie que j’avais lu, Le Premier qui pleure a perdu et je me suis plongé dans Flight avec un à priori très positif. Pourtant, mon avis sera cette fois-ci plus nuancé.

Avec Flight, on se retrouve dans la peau d’un adolescent amérindien, délinquant, un peu paumé, mais rapidement Spots va lui-même se retrouver plongé dans la peau d’américains, souvent amérindiens, qui l’ont précédé. Il faut s’accrocher pour suivre cette histoire gigogne et comprendre les liens qui se tissent peu à peu entre ces destins divers, souvent tragiques. Les discriminations et les violences qu’ont subi les amérindiens tout au long de l’histoire américaine sont au cœur de cet ouvrage mais à force de sauter d’un personnage à un autre, j’ai eu un peu de mal à m’y retrouver et à m’attacher à eux.

Là où l’ouvrage est beaucoup plus intéressant c’est lorsqu’il permet à Spots de s’interroger sur sa propre vie, ses choix. Est-il nécessairement une victime ? Ne peut-il pas sortir de la spirale de la violence ? A l’heure où les minorités ethniques américaines s’insurgent contre les violences policières dont elles sont les victimes, cette réflexion prend une tout autre dimension. Loin des stéréotypes, cet ouvrage propose une réflexion profonde sur la société américaine et les relations entre blancs et amérindiens, dommage que sa construction soit un peu trop confuse. Une lecture forte que je vous conseille malgré un procédé d’écriture pas totalement convaincant.

3,5/5

Un petit bout d’enfer de Rachel Corenblit

Un petit bout d’enfer

Le Rouergue, collection « DoAdo noir », 2009, 139 pages

Résumé : Juliette n’a pas encore 16 ans, mais elle aime mentir sur son âge. Ce jour là, sans n’en parler à personne, et surtout pas à sa grand-mère chez qui elle est forcée de passer ses vacances, elle décide d’aller au cinéma pour voir un film interdit aux moins de 16 ans. La violence sur l’écran rapidement l’écœure. Derrière elle, il y a un homme étrange qui la met mal à l’aise. Un pervers ? Lorsqu’il sort un fusil, elle comprend qu’elle va connaître l’enfer…

Critique : A la lecture de la quatrième de couverture, qui tourne autour de l’interdiction de certains films violents aux moins de 16 ans, je m’attendais à un roman apportant une réflexion sur la violence au cinéma et le rôle de l’image dans le sentiment d’insécurité qui s’est installé dans les sociétés contemporaines. En réalité, il ne s’agit que d’un thème très secondaire.

On suit en parallèle (il faut quelques pages et un peu de concentration pour le comprendre) le parcours de l’inquiétant Jules et de la jeune Juliette. Leur chemin se croise dans une salle de cinéma diffusant un film interdit aux moins de 16 ans. Jules force Juliette à le suivre dans son parcours meurtrier.

Le texte très court va à l’essentiel, sans s’encombrer de détails superflus. La lecture est donc très facile et idéale pour de petits lecteurs. Le style est cru et violent, fait de phrases courtes et saccadées.

Pour le reste, si je ne me suis pas ennuyé, je n’ai cependant pas été franchement convaincu par cette histoire un peu tirée par les cheveux, aux rebondissements un peu rapides et prévisibles. Globalement, les personnages manquent un peu de profondeur et je suis arrivé rapidement au bout du roman sans avoir été franchement convaincu. Trop violent pour les plus jeunes (à éviter avant 15-16 ans), trop simplistes pour les plus âgés.

2,5/5

Rouge métro de Claudine Galea

Rouge métro

Editions du Rouergue, collection DoAdo Noir, 2007, 111 pages

Résumé: Cerise est au lycée à Paris. Comme chaque jour, elle prend le métro pour s’y rendre. Elle aime observer les personnes qui l’entourent, leurs habitudes. Elle s’invente des histoires à partir des morceaux de conversations qu’elle peut entendre. Pourtant, tout a changé depuis quelques semaines, depuis ce soir là qu’elle ne peut oublier, qu’elle ne peut se sortir de la tête. Elle pense sans arrêt à cet homme aux yeux verts qui faisait la manche dans le métro et à ce moment où tout a basculé.

Critique: On suit le quotidien d’une jeune fille comme les autres qui prend chaque jour le métro pour se rendre au lycée, mais rapidement on comprend que Cerise a subi un traumatisme quelques semaines auparavant. Le suspense tient dans ce qui s’est passé dans le métro ce soir là et il faudra attendre les dernières pages pour le savoir.

L’histoire met du temps à se décanter mais on comprend rapidement où l’auteure veut nous conduire. Le résultat est un certain ennui qui gagne le lecteur d’autant que la fin est très rapidement expédiée. Tout ça pour ça ? se dit-on à la dernière page.

Malgré tout, les romans mettant en scène la mendicité et exprimant l’indifférence et le rejet que subissent les SDF ne sont pas si nombreux. C’est sans doute cette façon d’aborder l’exclusion sociale à travers une scène quotidienne que nous avons tous vécue qui fait l’intérêt principal de ce court texte.

3/5

La brigade de l’œil de Guillaume Guéraud

 

La brigade de l’œil

Editions du Rouergue, collection DoAdo Noir, 2007, 406 pages

Résumé: Sur Rush Island, en 2037, une loi interdit toutes les images depuis 20 ans. Les photographies, le cinéma et la télévision, jugés nocifs, sont interdits. La Brigade de l’œil est chargée de traquer les terroristes opposés à cette dictature. Les najas brûlent toutes les images encore en circulation et les yeux de ceux qui les possèdent. Kao, jeune lycéen, est fasciné par les images devenues si rares, il en fait le trafic. Lorsqu’un de ses clients lui donne  un petit morceau d’une bobine de film, Kao est persuadé d’être sur la piste du Diaphragme, ce lieu mythique pour les opposants, où des centaines de films auraient été cachés pendant la révolution. Pour Kao commence une dangereuse course-poursuite afin de sauver les derniers films de l’île.

Critique: Ce roman ambitieux de littérature jeunesse, extrêmement sombre et violent, est une belle découverte. Il décrit dans les moindres détails les méthodes policières d’une dictature totalitaire en inversant les codes du roman Fahrenheit 451 de Ray Bradbury auquel il fait référence. Cette fois ce sont les images qui sont interdites et la littérature qui est omniprésente. L’ambiance est oppressante à l’image de cette île qui semble fonctionner en huis-clos (sans doute le Japon ou Taïwan).

Je me suis laissé prendre dès le premier chapitre et son entrée en matière pour le moins ébouriffante ! Entre résistance et répression, la violence, à la limite du supportable, est incontournable mais la description du fonctionnement d’une dictature est remarquable. Le roman est d’ailleurs édifiant lorsqu’il montre comment un peuple, animé par la peur et abreuvé de propagande, arrive à accepter et justifier la répression la plus sanglante.

La réflexion sur le rôle et l’omniprésence des images dans les sociétés contemporaines n’est jamais manichéenne, elle permet ainsi de s’interroger sur la distance que l’on peut avoir avec celles-ci. Les références à la littérature et au cinéma y sont nombreuses, jusque dans la construction du récit proche des films de sabre japonais et de leur violence extrême. Mais ce récit est aussi une histoire d’amour bouleversante qui continue de vous hanter longtemps après sa lecture.

Malgré quelques digressions inutiles et des rebondissement un peu faciles, une belle réussite, mais attention aux âmes sensibles !

4,25/5

Le chaos en marche. Tome 1 : la voix du couteau de Patrick Ness

Le chaos en marche. Tome 1 : la voix du couteau

Gallimard Jeunesse, Pôle fiction, 2010, 528 pages

Quatrième de couverture : C’est l’année de ses 13 ans et Todd va devenir un homme. Il est le dernier garçon de Nouveau Monde, uniquement peuplé d’hommes, où chacun peut entendre la pensée des autres. C’est le Bruit, incessant, obsédant. Un jour, Todd découvre un lieu où le Bruit se tait…

Critique : Le fracas d’un monde qui s’écroule, un jeune garçon contraint d’aller au bout de ses pires cauchemars, voilà un roman de science-fiction, très sombre, qui ne manque pas de qualités. On est d’entrée de jeu embarqué de cette histoire au rythme entêtant qui ne nous laisse aucune minute de répit comme si ce Bruit, obsédant, venait aussi nous envahir. S’il est quelque peut linéaire, le scénario sorti de l’imagination de Patrick Ness n’en est pas moins diabolique et nous dresse le portrait d’un adolescent attachant et riche de ses contradictions. Même si ce roman est sorti en collection jeunesse, l’auteur est loin de sous-estimer ses lecteurs et propose une réelle réflexion sur la violence de nos sociétés et le fanatisme religieux. Cette impression est d’autant plus forte que Patrick Ness n’hésite pas à utiliser un style narratif tout à fait original et déstabilisant, fait de nombreux néologismes qui en dérouteront plus d’un ! Laissez-vous tenter par cette course-poursuite étourdissante, où adultes comme ados y trouveront leur compte de frisson, d’action et d’émotion. Un bon roman que je vous conseille vivement.

4,25/5

Massacre de Virginia Tech, 32 morts… pour rien

 
La société américaine est décidément totalement schyzophrène… Obsédée par la sécurité, elle est pourtant incapable d’assurer cette sécurité  pour ses citoyens, et surtout de faire disparaître la principale cause de l’insécurité: Les armes à feu… Face à un tel massacre, le monde entier dénonce cet accès trop facile aux armes, pourtant aux Etats-Unis, ça ne changera rien, tant le lobby des armes, l’un des principaux bailleurs de fonds des Républicains, est puissant. Aujourd’hui, il faudrait peut-être avoir le courage de dire que ce sont George W. Bush et ses amis néo-conservateurs qui sont responsables et coupables de ces meurtres par leur politique sécuritaire démagogique.
 
Dans son extrême hypocrisie, on voit le président américain déclarer un jour de deuil national, les groupes évangéliques extrémistes qui soutiennent sa politique faire de jolies prières devant les caméra, mais le New York Times est bien l’un des seuls à dénoncer la vente libre des armes à feu. Les victimes de Virginie n’ont pas besoin de prières, elle avaient juste besoin qu’on les protège grâce à une loi un peu plus restrictive! Passées les larmes, rien ne changera et Charlton Heston pourra continuer à se pavaner le fusil à la main dans les congrès de la NRA qu’il préside…
 
Les Etats-Unis feraient pourtant bien de s’inspirer du modèle australien où suite à une tragédie similaire en Tasmanie, le gouvernement a pris des mesures très restrictives en matière de possession des armes à feu et a empêché qu’une culture des armes à feu ne se développe aussi dans ce pays.
 
"Il serait vain d’espérer qu’un crime, même aussi destructeur que celui-là, calme l’ardeur des Américains pour les armes à feu", estime le quotidien britannique The Independent dans un éditorial.
 
Gerard Baker, éditorialiste au Times, craint que le pire soit à venir: "La vérité, c’est ce que seul l’optimiste peut s’imaginer que Virginia Tech va conserver très longtemps ce nouveau record."
 
En France, le journal Le Monde souligne que des "accès de fureur meurtrière (…) viennent fréquemment défigurer le rêve américain". "La tuerie (…) impose à la société américaine un nouveau face-à-face avec elle-même, sa violence, le fétichisme des armes qui habite une partie de la population, les dérèglements d’une jeunesse soumise à la double tyrannie de l’abondance et de la compétition", juge-t-il.
 
Alors? Et bien, rendez-vous dans quelques jours ou dans quelques mois, pour un nouveau massacre d’innoncents, morts au nom du business, du droit à se protéger soi-même. Et l’on se dira: "Rien n’a changé malgré Virginia Tech?" Et non, rien n’aura changé…