Plaire, aimer et courir vite ***

Plaire, aimer et courir vite : Affiche

Plaire, aimer et courir vite

Réalisateur : Christophe Honoré

Au début des années 1990, un jeune étudiant breton (excellent Vincent Lacoste) rencontre un écrivain (non moins excellent Pierre Deladonchamps) qui se sait condamné par la maladie. Le temps d’un été, ils vont s’aimer ; une éducation sentimentale pour l’un, un dernier amour pour l’autre.

Sur ce thème plus ou moins autobiographique, Christophe Honoré compose l’un de ses meilleurs films, brillant dans sa mise en scène, dans sa recomposition d’une époque et dans le portrait qu’il trace d’une génération fauchée par le SIDA. A mi-chemin entre Call Me By Your Name et 120 Battements par minute, Christophe Honoré propose sa vision d’une époque marquée par l’urgence et l’omniprésence de la mort.

Vincent Lacoste, lumineux, apporte ce qu’il faut de légèreté pour éviter que le récit soit complètement plombé par le propos. Face à lui, Pierre Deladonchamps est dans un registre plus complexe dans ce rôle d’écrivain aux portes de la mort, qui doit accepter de vivre une dernière histoire d’amour. Tout en frustrations et en colère, il semble bien souvent antipathique. C’est Denis Podalydès, exceptionnel en voisin et meilleur ami, qui lui apporte ce qu’il faut d’humanité. Ce trio d’acteurs porte magnifiquement ce film.

Passer après les chefs d’œuvres de Luca Guadagnino et de Robin Campillo était un défi que Christophe Honoré relève avec tendresse et humanité. Un très beau film que je vous conseille. ©Lionel Four. lionelfour

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Astérix et Obélix : au service de Sa Majesté **

Astérix et Obélix : au service de Sa Majesté : affiche

Après le très mauvais Astérix aux Jeux Olympiques, on attendait beaucoup du retour sur grand écran du héros à moustache. Force est de constater que si l’on est largement au-dessus de l’opus précédent, le contrat n’est pourtant qu’à moitié rempli entre de purs moments de bonheur et de francs ratages. Le choix de Laurent Tirard d’être assez fidèle aux deux tomes d’origine, puisqu’il adapte le très bon bon Astérix chez les Bretons et le plus médiocre Astérix et les Normands, lui permet de retrouver un humour bon enfant plus qu’appréciable.

Du coup, il obtient un récit riche qui fait la part belle au côté plus humain d’Astérix et à sa relation de « vieux couple » qu’il entretient avec Obélix. L’alchimie entre Baer et Depardieu (très en deçà)  permet la réussite de ces scènes de comédie, par ailleurs soutenues par des seconds rôles en grande forme. Gallienne est formidable comme toujours. Lemercier, Deneuve et Le Bon s’amusent visiblement. Le jeune Vincent Lacoste est excellent. Je serais plus réservé sur les performances de Luchini, visiblement absent en César dépressif, de Jugnot en pirate et d’Atmen Kélif totalement à côté de la plaque et ridicule en pakistanais à l’accent chinois…

Quant aux Normands, si Dany Boon est assez drôle dans une scène d’anthologie avec Lemercier, force est de constater qu’ils n’apportent pas grand chose à l’histoire. D’ailleurs, ces digressions trop nombreuses et souvent inutiles font que le film a un côté suite de sketchs où chacun joue sa partition au détriment d’une certaine cohérence. Le rythme s’en ressent avec, à plusieurs reprises, des moments creux rendant l’ensemble moins enlevé que le Mission Cléopâtre de Chabat.

Car en se voulant fidèle à l’oeuvre d’origine, le film de Tirard reste bien sage et si le film est joyeusement régressif, il cible globalement davantage les 8-12 ans que leurs parents. Du coup, Tirard laisse les nombreux rôles secondaires vampiriser le film en lui apportant à la fois les scènes les plus drôles mais en alourdissant excessivement le récit. Les décors et les costumes sont fidèles à la BD, mais les effets spéciaux sont un peu datés et n’ont rien d’exceptionnels. Quant à la 3D, simple argument marketing, elle est plus que dispensable, voire franchement ratée.

Au final, un gentil divertissement familial, sauvé par ses acteurs, qui à coup sûr fera le plein d’audience lors de sa diffusion un dimanche soir à 20h50 sur TF1.