Les nouveaux sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO

Le Comité du Patrimoine mondial de l’Unesco a annoncé vendredi avoir ajouté cette année au total 22 nouveaux sites à sa liste, de peintures rupestres préhistoriques en Azerbaïbjan à l’université moderniste de Mexico en passant par Samarra, ancienne cité menacée en Irak. Lors de sa réunion annuelle à Christchurch (Nouvelle-Zélande) qui dure depuis le 23 juin et jusqu’au 2 juillet, le comité a retiré un site de la liste – à Oman – une première depuis la signature de Convention sur la protection du patrimoine mondial en 1972.

Au total, la liste des sites classés au Patrimoine mondial de l’humanité compte désormais 851 noms, dont 660 sites culturels, 166 naturels et 25 mixtes, selon un communiqué de l’organisation.

L’ancienne cité de Samarra, en Irak, dont 80% restent à mettre au jour par les archéologues, a été inscrite sur la liste et immédiatement classée en péril. Elle fut le siège d’une puissante capitale islamique qui régna sur les provinces de l’Empire abbasside, qui s’étendit pendant un siècle de la Tunisie à l’Asie centrale. Le 24 juin l’Unesco a signé un accord avec l’Irak pour la reconstruction du mausolée de Samarra, un lieu saint des chiites, dont le dôme a été détruit en février 2006 par un attentat et les deux minarets par une nouvelle attaque en juin de cette année.

Par ailleurs, les îles Galapagos (Equateur), et le parc national Niokolo-Koba (Sénégal), sont passés de la liste du patrimoine à celles des sites en danger.

En revanche, le parc national des Everglades (Etats-Unis), la réserve du Rio Platano (Honduras), les palais royaux d’Abomey (Bénin) et la vallée de Katmandou (Népal) ne sont plus considérés comme étant menacés.

Pour la première fois depuis la signature de la convention sur la protection du patrimoine mondial en 1972, un site a été retiré de la liste. Il s’agit du sanctuaire de l’oryx arabe, suite à la décision du sultanat d’Oman de réduire sa superficie de 90% pour réaliser un projet de prospection d’hydrocarbures.

Le Comité du Patrimoine a en revanche maintenu la vallée de l’Elbe, qui était menacée de radiation, mais en sommant l’Allemagne de trouver sous quatre mois un projet pour remplacer la construction prévue d’un pont à Dresde qui dénaturerait le site.

L’Afrique compte quatre sites nouveaux (Afrique du Sud, Namibie, Gabon, Madagascar), l’Océanie un (Australie), l’Asie huit (Japon, Corée du Sud, Inde, Azerbaïdjan, Turkménistan, Irak, et deux en Chine), l’Amérique deux (Canada et Mexique) et l’Europe sept (France, Grèce, Suisse, Serbie, Bosnie-Herzégovine, Espagne, plus un site partagé entre l’Ukraine et la Slovaquie).

En France, plus de la moitié de la superficie de la ville de Bordeaux (sud-ouest), qui a subi d’importantes rénovations depuis dix ans, a été classée afin de distinguer "un exemple exceptionnel des tendances classiques et néo-classiques".

En Grèce, la vieille ville de Corfou qui a une histoire remontant au 8è siècle avant J.C. a été classée, de même que le canal du Rideau et ses fortifications au Canada, qui témoignent de la lutte entre les Etats-Unis et l’Angleterre pour le contrôle de la région.

En 2006, 18 sites avaient été ajoutés à la liste du Patrimoine mondial. Avant la fin de ses travaux annuels lundi, le Comité du Patrimoine doit encore donner son avis sur la question ultrasensible des fouilles archéologiques et des travaux de réfection menés par Israël à Jérusalem à l’une des entrées de l’Esplanade des Mosquées.

 

Coup de gueule de l’UNESCO contre le projet des nouvelles merveilles du monde

L’Unesco a marqué mercredi sa différence avec la « campagne médiatique » lancée par un organisateur privé pour désigner les sept « nouvelles merveilles du monde » par des votes d’internautes, à la veille de la session annuelle de son propre Comité du Patrimoine mondial. »Face à la possibilité d’une confusion dommageable, l’Unesco souhaite réaffirmer qu’il n’y a aucun lien entre (son) programme visant à protéger le patrimoine mondial et la campagne actuellement menée concernant les ‘7 nouvelles merveilles du monde' », déclare l’organisation dans un communiqué.L’opération lancée par le cinéaste suisse Bernard Weber après la destruction des bouddhas géants de Bamiyan (Afghanistan) par les talibans en 2001 a recueilli les votes électroniques de plus de 45 millions de personnes concernant 21 bâtiments ou monuments sélectionnés comme finalistes. « Bien qu’elle ait été invitée à soutenir une telle démarche à plusieurs reprises, l’Unesco a décidé de ne pas collaborer avec M. Weber sur ce projet », souligne l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture.

« Il n’y a aucun point de comparaison entre la démarche médiatique de M. Weber et le travail scientifique et éducatif résultant de l’inscription des sites sur la Liste du patrimoine mondial », ajoute l’Unesco. « La liste des 7 nouvelles merveilles sera le fruit d’une initiative privée (qui) ne pourra en aucune manière contribuer de façon significative et durable à la préservation des sites élus ».

Selon les décomptes des organisateurs des « nouvelles » merveilles du monde, dix sites mènent la course parmi lesquels l’Acropole d’Athènes, la Grande Muraille de Chine, mais aussi la Tour Eiffel à Paris.

Le Comité du patrimoine mondial de l’Unesco va examiner du 23 juin au 2 juillet les candidatures de 45 sites naturels ou architecturaux pour leur inscription sur la Liste du patrimoine mondial qui compte déjà 830 sites « d’une valeur universelle exceptionnelle ».