I Love NY de Nicolas Pages

I ♥ NY

Pièce en 3 actes pour 3 hommes

J’ai lu, collection Nouvelle Génération, 2009, 247 pages

Résumé : Vincent et Arnaud sont deux amis de longue date. Lucas est le compagnon de voyage de Vincent, parti avec lui sur les routes américaines, pour un périple déjanté et décadent. Trafic de cocaïne, lieux interlopes, amitiés ambiguës, le portrait d’une Amérique underground.

Critique : Le titre de ce roman est une évidente référence au logo apposé sur de nombreux tee-shirts et autres objets touristiques comme une volonté de l’auteur de rendre hommage à une certaine vision de l’Amérique. Mais l’ouvrage tourne davantage autour d’un trio d’amis-amants français, symboles d’une génération à la fois fascinée par l’Amérique et broyée par son modèle individualiste où seule compte la réussite financière.

L’écriture, sous forme exclusive de dialogues, assume cette volonté de modernité et d’efficacité. Pourtant on pourra trouver l’exercice de style un peu artificiel, de nombreux dialogues et passages manquant totalement de spontanéité alors que le style se veut très oral. Certes c’est un peu désarçonnant sur la forme et pas inintéressant sur le fond, mais j’ai été un peu déçu par ce roman d’un auteur pourtant porté aux nues par la critique parisienne.

C’est gentiment trash et subversif, on se fout de la cocaïne plein le nez, on couche au gré des rencontres dans une atmosphère de bisexualité très tolérante. Mais au final, tout cela est bien propret et moins sulfureux que l’auteur voudrait le faire croire car au lieu de nous faire vivre ce roadtrip, Nicolas Pages nous le raconte. Du coup, on a peine à s’identifier ou à s’intéresser à ses personnages, dommage car l’écriture réserve malgré tout quelques magnifiques fulgurances comme le fabuleux monologue de Vincent en ouverture.

3,25/5

Publicités

Sacs de pluie de Lionel Armand

 

Sacs de pluie

L’Harmattan, coll. Théâtre des 5 continents, 2012, 114 pages

Pièce en 1 acte pour une femme et 4 hommes

Résumé : Gildas, le délégué syndical risque d’être remis en cause par Tanguy lors des prochaines élections. Rodolphe et Maxime hésitent à remettre en cause leur ami et à dénoncer un système qui les protège. Mais on parle de licenciements et d’argent détourné. Et puis il y a la belle et jeune Axelle qui fait tourner les cœurs et les têtes…

Critique : Appréciant son travail de metteur en scène dans une compagnie de théâtre proche de chez moi, je me suis plongé avec intérêt dans la lecture de cette pièce de théâtre. Elle est à son image, radicale et sans concession, avec un regard plein d’espoir mais souvent désabusé sur le monde du travail et l’humanité de manière plus générale. Le texte mérite du temps pour être absorbé et propose une analyse juste de l’effondrement progressif des luttes sociales. Les crédits à payer, l’évolution des modes de consommation, la peur du chômage… Peu à peu, le monde ouvrier a accepté le recul de ses droits, se berçant de l’illusion du progrès social. Le drame se noue peu à peu autour de beaux monologue, entre rivalités syndicales ou amoureuses et détournements d’argent. Une pièce émouvante qui crie la désespérance sociale ouvrière.

4/5

Marx, Flaubert… et les icônes : la critique du (Tout) Petit Paumé

 

Maximilien, grand père de 79 ans et amateur de Flaubert nous entraine au cœur des méandres des relations humaines. A travers les échanges avec son petit fils, nous découvrons l’échange interrelationnel entre un ancien communiste profondément cultivé et la jeunesse débridée d’un étudiant de 24 ans. En parallèle Maximilien rencontre Lilia, une grand-mère russe du même âge. Orthodoxe, ayant fui le communisme, tout semble les opposer. Et pourtant, au détour de discussions, chacun enseigne à l’autre sa vision du monde. Cette pièce traitant des relations entre des personnes que tout oppose est une belle leçon de tolérance et d’humanité.
Erika.
Merci au (Tout) Petit Paumé pour cette très sympathique critique.
 
D’après le roman de Fabrice Vigne : Les giètes (éditions Thierry Magnier).
Adapté pour le théâtre par Angela Sauvage-Sana.
Le site de l’auteur : http://www.fonddutiroir.com/blog/
 
Avec : Benoît Musy, Angela Sauvage-Sana, Fanny Veillet et Lionel Four.
Mise en scène collective sous le regard de Lionel Four.
Image : Pierre Revol-Abel
 
Au Carré 30 du 7 au 17 mai 2009
Du jeudi au samedi à 20h30, les dimanches à 18h30

Coriolan au Studio 24 ( TNP)

 
Vendredi soir j’ai eu la chance d’assister à la représentation de Coriolan de Shakespeare au Studio 24 (TNP) à Villeurbanne.
 
C’était tout simplement éblouissant, une représentation de 3h45 (!!!) et pourtant pas un seul moment je n’ai trouvé le temps long. Interprétation parfaite, 35 acteurs sur scène, mise en scène grandiose et une pièce au ton terriblement moderne! 

Elle raconte l’arrivée au pouvoir et la chute d’un homme orgueilleux, ambitieux, arriviste et arrogant. Il ne supporte pas la contradiction, les traditions démocratiques et rêve de s’affranchir de tous les contre-pouvoirs pour n’avoir plus de comptes à rendre. Grace à son aura d’homme victorieux, il parvient à se faire élire par le peuple qu’il déteste pourtant profondément et il n’hésitera pas à le trahir ainsi que ses amis et sa cité pour tenter conserver son pouvoir… Ca ne vous rappelle pas quelqu’un?

 
Evidemment, son attitude, son refus du dialogue et son goût immodéré pour le pouvoir le feront exploser en plein vol…
 
Nul doute que cette pièce n’a pas été choisie pas hasard… La première partie, aux scènes grandioses et à l’intensité dramatique soutenue est particulièrement réussie. La seconde partie plus faible, n’en reste pas moins passionnante. Bref, voilà un très grand moment de théâtre comme j’en ai rarement vu avec barricades et scènes de batailles sur un immense plateau pourtant vide de décor! Mais cette scène est pourtant parfaitement utilisée et maîtrisée. Du grand spectacle très intelligent…

Guy Bedos, en piste!

Ce Week-end, Guy Bedos était à Lyon (à la Bourse du Travail) pour deux représentations de son dernier spectacle.
Au menu, 2 heures d’un spectacle hilarant. Il commence par une série de sketchs à l’humour noir. Celui, dans le noir, du père de famille qui sort des horreurs sur ses enfants, sa femme et sa belle-mère est particulièrement réussi, alors qu’il n’est même pas sur scène!!!
Puis vient sa traditionnelle revue de presse, qui fait à elle-seule près de la moitié du spectacle… Il faut dire qu’avec la campagne pour l’élection présidentielle que nous vivons actuellement, particulièrement dégueulasse et ordurière, et dont la droite ne sort vraiment pas grandie, il a beaucoup à dire… Entre la gazelle et le teckel à poils durs, il n’en rate pas une! Au passage il écorche ses collègues humouristes, les médias honteusement tous à la botte de Sarkozy (il n’a pas tort du tout!). Puisqu’il surveille et écoute tout le monde, n’oubliez pas de dire « Bonjour Nicolas » au début de chacune de vos conversations téléphoniques… Il est également pas mal question de politique internationale avec tous ces fous de Dieu que ce soit Bush ou le Président Iranien! Il leur taille de beaux costards!
Puis suivent encore quelques sketchs toujours très drôles.
Au bout du spectacle, on se dit, déjà?
Et oui ces deux heures passent vraiment très vite! Mais vraiment, on rit beaucoup!
Une très très bonne soirée, un spectacle que je conseille forcément!!!!