Premier tournage…

 
Après plusieurs années de théâtre, il fallait bien que ça m’arrive un jour. Le hasard des rencontres m’a permis de faire la connaissance de responsables de castings pour un grand groupe de télévision. Ils m’ont très gentiment proposé de participer, comme figurant, à l’un de leurs tournages dans la région. Après les essayages costumes la semaine dernière, le jour du tournage est arrivé jeudi. Par égard pour la production, je ne parlerai pas du film et ne publierai pas sur ce blog de photos du plateau de tournage avant la diffusion pour laquelle je vous préviendrai le moment venu… Vous pourrez juste voir les photos de figurants prises entre nous lors de cette journée.
 
Le rendez-vous était donné à 8 heures du matin dans une magnifique propriété du sud-ouest lyonnais. L’accueil est très sympathique, on nous propose du café et des quatre-quarts avant de nous faire venir au compte goutte pour enfiler nos costumes. Et là surprise, le costume de policier dans le sac à mon nom n’est plus à ma taille, trois fois trop grand pour moi! On finit par me retrouver la bonne veste et un pantalon un poil trop long mais que je ne perd pas! C’est déjà ça… Merci à Sylvain, qui du coup s’est retrouvé avec un costume un peu trop grand pour lui… Passées ces péripéties costumières, c’est le moment maquillage-coiffure, entrecoupé de silences obligatoires lors du tournage des scène intérieures. Ma peau très sensible est visiblement un enfer pour la maquilleuse, au bout de quelques minutes j’ai déjà la marque du képi sur le front! On me raccourci juste les pattes, pas besoin de retouches sur la coiffure assez courte (tant pis pour la coupe gratuite, ça ne sera pas pour cette fois!).
 
Il n’est pas 9 heures et je suis déjà prêt… Une longue journée s’annonce! On commence à faire connaissance les uns avec les autres, on nous met dans un coin de la maison où l’on ne gêne pas les techniciens. Là on signe nos contrats et on se prend en photos à tour de rôle histoire de faire passer le temps… L’ambiance est très bonne et très décontractée. On parle de nos expériences et de nos divers métiers, de la façon dont nous nous sommes retrouvés sur ce tournage. Bref, une matinée vraiment très agréable. A 11h30, l’équipe du film n’a toujours pas besoin de nous. C’est donc l’heure pour nous de déjeuner!
 
Nous voilà débarquant dans la petite cantine improvisée sous une grande toile blanche où nous attendent de drôles de tabliers en plastique transparent. Et bien oui, c’est qu’il ne faudrait pas tâcher nos costumes… C’est qu’au menu les cuisinier semblent avoir tout fait ce jour là pour nous piéger! Une petite terrine maison très sympathique en entrée acompagnée d’un toast et sa confiture d’oignons. Mais ensuite ça se gâte… Des tagliatelles sauce bolognaise et en dessert du fromage blanc sous un coulis de fruits rouges…La plus grand attention est donc de mise! D’ailleurs, ne le répétez pas, mais un peu plus tard, je ferai remarquer à l’un des acteurs principaux, qui m’avait demandé gentiment de le prendre en photo devant une voiture de collection, qu’il s’était fait une belle tâche de sauce tomate sur le costume… Ce sera l’occasion d’un bon fou rire.
 
Puisque je parle des acteurs, je dois dire qu’ils ont été très abordables avec nous tout au long de la journée, même si la pression du tournage fait qu’ils nous côtoient finalement très peu… Tout comme l’ensemble de l’équipe technique, beaucoup plus stressée que nous pauvres petits figurants! Les enjeux ne sont pas les mêmes pour eux, ça se comprend tout à fait!
 
Retour du déjeuner, le tournage reprend. Cette fois-ci je reste en extérieur pour mieux profiter du tournage. Bien m’en a pris, puisque sur les coup des 16h00 (!!!) ils prennent les deux premiers policiers qui leur tombent sous la main pour tourner une scène, que je ne peux pas décrire puisque c’est la dernière du téléfilm! Connaissant les 2 principales assistantes du réalisateur, on m’appelle par mon prénom, ce qui est rare pour un figurant! Voilà donc mes premiers pas sur un tournage professionnel. On enchaîne avec une autre scène importante qui nécessite l’emploi de l’ensemble des figurants présents ce jour là et surtout de couper régulièrement le trafic sur la grande route au pied de la propriété. A chaque fois, un angle de vue différent est filmé, c’est vraiment impressionnant… 7-8 prises pour une scène de quelques secondes dans le film… Ils conservent encore les policiers pour le tournage d’une dernière scène alors que les autres figurants sont libérés. Au final je participe donc au tournage de trois scènes, pas si mal pour un premier engagement!
 
Fin de la journée à 19h00, le froid et le poids du képi sur la tête et surtout sur le front devenaient peu à peu difficiles à supporter. D’ailleurs les acteurs, habillés plus léger que nous sont eux aussi frigorifiés! Le temps de se changer, de signer la feuille de présence, je quitte le plateau à près de 19h30. C’est en tout cas, une expérience nouvelle, passionnante, que je conseille à tous et je garde de cette journée une très bonne ambiance et beaucoup de rigolade entre les figurants…

Difficultés des fictions françaises

 
Erosion de l’audience constatée sur TF1 et M6, arrivée de nouvelles séries US très innovantes… Il n’en fallait pas plus pour que la fiction française soit en crise. Les responsables des programmes accusent le manque de scénaristes ou l’impossibilité de monopoliser un acteur 9 mois par an sur un seul rôle dans une série… Mais c’est aussi peut-être parce que les séries françaises innovent peu, se ressemblent toutes, manquent d’imagination, n’osent pas, sont trop consensuelles… Bref sont sans intérêt… Voici l’article passionnant de Guy Dutheil pourLe Monde:
 
Tout un symbole ! Depuis trois ans, le festival de télévision de Monte-Carlo fait se côtoyer vedettes de la fiction française et stars des séries américaines. Mais pour la 47e édition du festival (du 10 au 14 juin), la représentation française a été éclipsée par les délégations des séries américaines. La série "Lost" est venue en force avec son acteur vedette Terry O’Quinn accompagné de son producteur Jack Bender. "Heroes", qui arrive sur la Une le 30 juin, était représentée par le comédien Masi Oka. Même "Grey’s Anatomy" avait fait le déplacement avec l’acteur Eric Dane, qui interprète le célèbre docteur de la série.

Le débarquement américain a véritablement commencé à Monaco il y a trois ans, quand, en mai 2005, TF1 a décidé de diffuser la série "Les Experts Las Vegas" en première partie de soirée. Une tentative suivie par la programmation en "prime time" (20 h 50) tout l’été de la première saison de "Lost". Auparavant, il y avait eu, sur France 2, le succès de la série hospitalière "Urgences", le dimanche sur France 2. Depuis, et de manière encore plus marquée cette année, la fiction française est détrônée par les séries américaines sur toutes les chaînes. Par leur rythme, leurs audaces, la qualité de leur interprétation, de leur réalisation et de leur écriture, les productions "made in USA" séduisent le public français, avec pour conséquence une "ringardisation" des productions nationales.

Ce recul fait craindre à Patrice Duhamel, directeur général de France télévisions, "un véritable tsunami" sur la fiction française. Selon lui, les récents ratés de plusieurs productions hexagonales (Mademoiselle Joubert, sur TF1, par exemple) pourraient inciter TF1 et M6 à en diffuser moins en prime time, au profit des séries US, plus performantes. Et M. Duhamel redoute que le service public soit sollicité par les producteurs éconduits pour pallier les carences des chaînes privées…

Takis Candilis, directeur général chargé de la fiction et des divertissements de TF1, refuse ce mauvais procès. S’il reconnaît que "depuis janvier il y a eu une érosion de l’audience", les fictions françaises n’attirant plus que 7,6 millions de téléspectateurs en moyenne, il affirme que "en aucun cas il n’est envisagé de réduire le nombre de premières parties de soirée consacrées à la fiction française sur TF1". Toutefois, il prévient qu’il "envisage de dépenser l’augmentation du budget fiction sur d’autres moments de la grille". Par exemple, pour un feuilleton d’avant-soirée ou de fin d’après-midi, à l’instar de "Plus belle la vie", qui rencontre un succès inattendu sur France 3. Une démarche également suivie par M6, et bientôt par France 2, qui travaille également dans cette direction.

Selon M. Candilis, la fiction française connaît actuellement un "entre-deux". "L’avenir est au format de 52 minutes, prédit-il. TF1 a d’ailleurs déjà entériné la fin de cycle pour certains 90 minutes qui vont être abandonnés, tels "Navarro" ou "Commissaire Moulin"."

Pour le scénariste Frédéric Krivine ("PJ"), le recours massif aux séries américaines sur M6 et TF1 est la conséquence d’une "pyramide des âges catastrophique" du public de nombre de fictions françaises. Celui-ci se caractérise par une surreprésentation des téléspectateurs de plus de 50 ans et une sous-représentation des jeunes. M. Krivine dénonce, en outre, le recours par TF1 aux adaptations de séries américaines, comme "RIS", copiée sur "Les Experts" ou "Paris Enquête criminelle", dérivée de "New York Enquête criminelle". Censés permettre à la chaîne de reconquérir un public jeune, ces pâles "remakes" ont obtenu des résultats d’audience décevants.

Les griefs de M. Krivine contre TF1 sont relayés par Philippe Bony, directeur général adjoint chargé de la fiction de M6. "Je ne pense pas que ce soit en faisant des clones de séries américaines que la fiction française va trouver sa propre identité", objecte-t-il. Takis Candilis écarte ces critiques. "J’ai lancé les adaptations parce qu’il nous fallait du temps pour écrire et produire des sujets originaux", rétorque-t-il.

Nombre de professionnels du secteur en conviennent : pour faire face à la concurrence américaine, la fiction française devrait changer en profondeur. " En France et en Italie, vous faites de bons films, mais vous ne savez pas fabriquer des séries de niveau international", pointe le producteur de "Lost", Jack Bender. Selon lui, ce n’est pas le financement de la fiction française qui pose problème. Il s’agit plus "probablement d’une question de qualité d’écriture et de production". Pourtant, quand une fiction américaine est dotée d’un budget de près de 4 millions d’euros l’épisode, la Une, la plus dispendieuse, ne verse que 1 million d’euros en moyenne.

M6 et TF1 veulent tirer les leçons des succès américains, en essayant d’adopter certaines de leurs recettes. "La tendance est de s’engager sur un nombre moins important de téléfilms unitaires, au profit de séries plus nombreuses et de plus en plus longues", comme c’est le cas outre-Atlantique, prévoit M. Bony (Note: ça permet de fidéliser le téléspectateur…).

A l’avenir, M6 va plutôt commander "douze épisodes d’une série à un même producteur plutôt que six téléfilms à éventuellement six producteurs différents, comme cela a souvent été le cas par le passé". La Six entend aussi se constituer "un socle de nouveaux auteurs, acteurs et réalisateurs" pour ses futures fictions, annonce M. Bony. Une nouvelle génération que M6 "va faire progressivement évoluer vers le prime time", après l’avoir testée dans des cases horaires moins exposées.

"En France, nous ne savons pas produire vingt-quatre épisodes par saison. Nous n’avons ni les auteurs pour les écrire ni les acteurs disponibles pour travailler onze mois d’affilée", détaille le directeur général de TF1. Pour s’approcher des standards américains, M. Candilis va "réunir, à l’initiative de TF1, les Etats généraux de la fiction, fin juin à Paris". Une centaine de professionnels, producteurs, réalisateurs et auteurs seront conviés "pour parler des nouvelles formes de production, d’écriture et de contenus".

TNT-Satellite: La télé numérique poursuit sa mutation

Les petites chaînes de télévision indépendantes ont dénoncé jeudi, au nom du « pluralisme », le projet de loi sur la télévision du futur voté par l’Assemblée qui offre une chaîne « bonus » aux opérateurs historiques TF1, M6 et Canal+, en compensation du passage au tout numérique.Les députés ont adopté mercredi soir ce texte qui prévoit la fin de la diffusion analogique le 30 novembre 2011 au profit du numérique et prépare le passage à la haute définition (HD) et à la télévision mobile personnelle (TMP).
Le point le plus controversé est l’octroi d’une chaîne « bonus » à chacune des trois chaînes historiques privées, TF1, M6 et Canal+, pour les inciter à basculer au plus vite dans la diffusion numérique. Cette disposition ne concerne pas le groupe public France Télévisions, dont les fréquences sont préemptées par l’Etat. A l’instar des députés PS, PCF et UDF, les petites chaînes indépendantes de la TNT, mais aussi du câble, du satellite et de l’ADSL, ont dénoncé un « cadeau » qui les exclut et menace leur développement dans le paysage audiovisuel français.
« Pour briser la concurrence naissante des nouvelles chaînes, le gouvernement veut donner par la loi une seconde chaîne gratuite à chacun de ces trois groupes sur la TNT », a dénoncé l’association des « Nouveaux entrants de la TNT », composée de BFM TV (Nextradio TV), Direct 8 (groupe Bolloré) et NRJ 12 (NRJ Group). Lors du lancement de la TNT en 2005, TF1, M6 et Canal+ s’étaient déjà vu attribuer des fréquences.
Fustigeant une « restauration des privilèges » et réclamant la « protection du pluralisme », les nouveaux entrants redoutent un « renforcement de la position dominante » des historiques qui viendrait « confisquer à leur seul profit le succès de la TNT ». Pour Alain Weill, président de Nextradio, la chaîne bonus « vient récompenser des sociétés qui ont tout fait pour que la TNT ne soit jamais lancée en France » (Il est vrai que TF1 ne croyait pas du tout au projet et a tout fait pour qu’il échoue! Avant de s’y ralier à contrecoeur face au succès en rachetant TMC). Le renforcement de la position dominante consacré par la loi « ne s’est vu dans aucun autre secteur ouvert à la concurrence », ajoute M. Weill, dans un entretien à l’hebdomadaire CB News.
« Nous sommes ulcérés. Le texte est entièrement orienté vers les intérêts des acteurs en place, et certaines chaînes ne pourront pas subsister dans ces conditions », déplore Philippe Gault, président du Sirti (Syndicat interprofessionnel des radios et télévisions indépendantes), qui regroupe une quinzaine de chaînes du câble et du satellite (Euronews, l’Equipe TV, Motors, Trace TV…).
Mais Philippe Bailly, analyste des médias au cabinet NPA, tempère cette vision: selon lui, le canal bonus « prolonge les équilibres existants du système économique actuel, qui est adossé à la production audiovisuelle et cinématographique ». « En 2006, les nouvelles chaînes de la TNT ont contribué à la production à hauteur de 15 millions d’euros, contre 500 millions d’euros pour les +historiques+ », note-t-il. A ses yeux, une trop grande fragmentation du paysage audiovisuel – il existe aujourd’hui une douzaine d’acteurs – risque d’aboutir à un émiettement des audiences et des revenus publicitaires « donc à une moindre contribution à la production et à une paupérisation du système, au détriment de la qualité des programmes ». La loi sur la TV du futur permet de « rétablir une recentrage au profit d’une poignée d’acteurs, comme cela s’est fait en Allemagne, en Grande-Bretagne ou en Italie« , conclut-il.
C’est effectivement la même remarque que pour le satellite où, à cause de la création de plusieurs plateformes, les programmes ont perdu en qualité et où la concurrence entre les acteurs pour l’acquisition des droits (sportifs et cinéma) a entraîné une hausse des tarifs pour les consommateurs. Au final, la question est, y’a-t-il suffisamment d’espace et de recettes publicitaires pour justifier d’autant de chaînes gratuites? Et toutes ces chaînes gratuites ne vont-elles pas déstabiliser les bouquets payants? En tout cas, Canalsat, une fois TPS fermée (c’est pour avril) risque fort de devoir revoir quelque peu ses tarifs à la baisse ou d’accroître le nombre de chaînes dans le bouquet de base… La réponse sera donnée dans les mois qui viennent, en tout cas une restructuration forte des chaînes du groupe s’annonce avec disparition des doublons… Espérons qu’ils fassent malgré tout preuve d’inventivité et d’audace, mais ça c’est moins sûr!