Ready Player One ***

Ready Player One : Affiche

Avec Ready Player One, Steven Spielberg fait un retour fracassant dans le cinéma de divertissement familial. Cette immense course poursuite pour récupérer un oeuf de Pâques caché dans un jeu vidéo est un éblouissement visuel de chaque instant s’appuyant sur un scénario solide, toujours inventif.

En 2045, la planète est devenue tellement invivable que tout le monde se réfugie dans un jeu vidéo, l’OASIS, où chacun peu se rêver (se payer) une vie différente. Depuis des années, les joueurs tentent de récupérer un indice caché dans un oeuf dont l’objectif est de pouvoir prendre possession des actions de l’entreprise du créateur du jeu. Une source de richesse infinie qui attire bien des convoitises. A force d’analyse, un jeune joueur comprend les indices et se lance dans la quête.

Le rythme est étourdissant et le scénario multiplie les rebondissements. A la fois hommage aux premiers jeux vidéo, mais aussi aux films de science-fiction des années 80, Spielberg nous propose une véritable cure de jouvence aux sources de cette pop et geek culture qui a marqué ces 30 dernières années. Les références sont nombreuses à l’écran et il faudra sans doute voir le film plusieurs fois pour toutes les comprendre ! Le spectacle visuel est total et porté par une formidable troupe de jeunes comédiens.

Les effets spéciaux sont particulièrement réussis, les dialogues souvent drôles, le rythme de l’action soutenu. Bref, tout ce que l’on peut attendre d’un film à grand spectacle. Steven Spielberg démontre, par l’exemple, qu’il reste le maître incontesté et incontestable de ce type de cinéma. Un enchantement de chaque instant, qui vous fera retomber dans votre jeunesse et que je ne peux que vivement vous conseiller. Du cinéma grand spectacle comme on en voit trop peu. Un pur divertissement. ©Lionel Four. lionelfour

Lincoln ***

Lincoln : affiche

Qui d’autre que Spielberg pouvait s’atteler à retracer les derniers mois de la vie d’un mythe de la politique américaine, le président Abraham Lincoln. S’appuyant sur un casting exceptionnel, le réalisateur choisi de filmer le drame à hauteur d’homme, loin de la surenchère spectaculaire tentante que pouvaient représenter les sanglantes batailles de la Guerre de Sécession. Non, ici il est d’abord question de l’abolition de l’esclavage, de l’égalité entre noirs et blancs, du racisme et de tout le débat moral qui traverse la classe politique d’alors dans un pays exsangue après 4 ans de guerre civile.

Ce choix de proposer un film d’auteur, assez radical, est tout à l’honneur de Spielberg. Lincoln pourra en désarçonner plus d’un qui trouveront, à juste titre, ce film un peu trop bavard et longuet. Ce sont les principaux reproches que l’on pourrait adresser à Spielberg. Mais cette fresque intimiste est à l’image d’une société qui cherchait sa voie et elle démontre qu’il est très compliqué de trouver un compromis ou une solution pacifique à un conflit lorsque les principes moraux sont en jeu.

Une nouvelle fois, Daniel Day Lewis est juste excellent, donnant à Lincoln toute l’épaisseur qu’il méritait. Il est entouré de seconds rôles au diapason, Sally Field, Joseph Gordon-Levitt ou Tommy Lee Jones pour n’en citer que quelques uns. Au-delà de son oeuvre, Spielberg nous interroge sur le courage et la volonté en politique qui sont capables de faire bouger les lignes et de changer un monde que l’on pensait immuable.

Les aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne ***

Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne : affiche

Avec La Secret de la Licorne, Spielberg qui souhaitait adapter Tintin depuis quelques années déjà signe un film d’aventures survitaminé et efficace. En choisissant le système de motion capture, il reste fidèle au physique original des personnages dessinés par Hergé, le résultat n’en est que plus bluffant. Dès les premières minutes, on est embarqué dans une course-poursuite ébouriffante, au rythme étourdissant (parfois même un peu trop!).

La fidélité à l’oeuvre d’Hergé est réelle et c’est un vrai plaisir de voir ses personnages prendre vie, impression renforcée par une 3D particulièrement réussie. Le film culmine dans quelques moments de bravoure à couper le souffle. Malgré cette débauche d’effets spéciaux, Spielberg n’en oublie pas ses personnages entre un Haddock exceptionnel ivrogne, drôle et touchant, et surtout il fait de Milou un personnage à part entière.

Alors , on pourra regretter le côté parfois un peu trop Indiana Jones de cette adaptation, mais le réalisateur réussi le lifting de cette bande dessinée et propose un grand film familial comme lui seul sait en faire. Du très bon cinéma de divertissement.

Super 8 ***

Super 8

On l’a lu un peu partout dans la presse et cela devient une évidence lorsqu’on voit le film, oui Super 8 est un hommage assumé au cinéma américain, grand public des années 1980 et aux films de Steven Spielberg en particulier. On y retrouve des codes identiques avec un groupe de sympathiques pré-ados, confrontés à des évènements extraordinaires, et qui vont faire le bien par leur débrouillardise. Evidemment, ce qu’il faut d’humour et d’émotion et des effets spéciaux éblouissants. En ce sens, Super 8 est une réussite, il est même sans aucun doute l’un des meilleurs films pop-corns de l’année.

Bien mené de bout en bout, avec ce qu’il faut de frissons et de rebondissement, on se laisse totalement prendre au jeu. On pense tour à tour à E.T., Rencontre du 3e type, les Goonies, Indianna Jones et même à la Guerre des mondes. J.J. Abrams, aidé par sa bande de gamins (tous impeccables), prend un malin plaisir à nous bluffer et à jouer avec les codes du genre. La première partie du film, tournant autour du groupe des enfants, est d’ailleurs particulièrement réussie avec des moments très drôles et une analyse psychologique fine d’une génération. Leur tournage du film de zombies donne des scènes particulièrement cocasses, véritable film à l’intérieur du film.

Mais voilà, le réalisateur a cru bon de s’embarrasser d’un extraterrestre de passage. Si dans un premier temps l’idée est bien exploitée, Abrams peine ensuite à s’en débarrasser. Il multiplie alors des effets spéciaux et scènes impressionnantes afin de palier aux incohérences flagrantes de son scénario. Résultat, la dernière demi-heure du film oublie un peu l’émotion et fait que le film n’égale pas son modèle assumé, E.T., notamment dans la relation entre le jeune héros et l’extraterrestre. Qu’importe, on passe malgré tout un très bon moment, un peu trop violent pour les moins de 10 ans, mais que les nostalgiques des blockbusters des années 80 devraient adorer.