Le fils de Saul ****

Le Fils de Saul : Affiche

Le Fils de Saul, premier long métrage du jeune réalisateur hongrois Laszlo Nemes est un coup de maître et le propulse d’ores et déjà parmi les plus grands. Grand Prix du jury au festival de Cannes, largement mérité, ce film est un uppercut comme j’en ai rarement reçu au cinéma.

Cette histoire poignante nous plonge au cœur de la machine nazie d’extermination des juifs d’Europe, et plus particulièrement hongrois, dans le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Un homme, faisant partie d’un Sonderkommando, pense reconnaître son fils parmi les victimes de la chambre à gaz et cherche à lui offrir des obsèques traditionnelles. On ne saura jamais s’il s’agit réellement de son fils ou les conséquences d’une rupture psychologique.

Filmé à hauteur d’homme, à travers les yeux de ce père, c’est tout le processus industriel de l’extermination dans le camp d’Auschwitz-Birkenau qui défile. Aucun effet superflus, aucune surenchère, des images souvent flous et des suggestions hors-champ qui donnent à suggérer plus qu’à voir. L’ensemble est extrêmement respectueux des victimes et de leur souvenir, sans pourtant jamais édulcorer le propos. Cette représentation de la Shoah est sans aucun doute la plus réaliste qui ait été présentée au cinéma.

Ce film est oppressant, dérangeant, brutal et direct à la fois dans l’image, mais surtout dans le son. Ce que le réalisateur ne nous montre pas, il nous donne à l’entendre renforçant le sentiment de malaise. Par ce procédé de mise en scène, par ces choix radicaux pleinement assumés, Laszlo Nemes réussit un film d’une puissance rare, bouleversant. Un film qui fera date.