L’actrice Maïa Simon choisit de mourir dans la dignité…

 
Un article très émouvant de l’AP qui ne devrait pas manquer, une fois de plus, de relancer le débat sur l’euthanasie et de montrer, encore une fois, la position hypocrite et inhumaine de la loi Française sur ce sujet…
 
Atteinte d’un cancer incurable, la comédienne Maïa Simon est décédée mercredi à Zurich où elle s’était déplacée pour pouvoir bénéficier d’un suicide médicalement assisté, interdit en France, a fait savoir l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) dans un communiqué.

L’ADMD "salue la mémoire (…) de l’une des leurs, la comédienne Maïa Simon, décédée ce mercredi 19 septembre, loin de chez elle", précise l’association. "(Elle) a choisi, pour abréger ses souffrances et vivre sa fin de vie selon sa propre acceptation de la dignité, de sexiler dans un pays de liberté", poursuit le communiqué.

Avant de partir en Suisse, l’actrice avait expliqué son geste à un journaliste de RTL : "J’ai eu le temps, pendant cette longue maladie, de sentir la dégradation de mon corps (…) et je sens que j’arrive à la limite". "Au lieu d’attendre la mort de manière passive et comme j’ai encore de l’énergie, j’organise mon dernier voyage avec ma famille et mes amis", avait-elle confié. (L’intégralité de l’interview… Elle y lance notamment un appel à Sarkozy, ne tienne qu’à lui de l’écouter et d’apporter enfin une réponse)

La comédienne a déploré avant de mourir la "grande hypocrisie en France" sur la question du suicide assisté. "Les malades le font de toute façon parce qu’ils trouvent toujours des gens qui peuvent les aider, mais c’est absolument ignoble parce que les médecins et les anesthésistes risquent gros", constatait-elle.

En France, la loi Leonetti sur la fin de vie autorise depuis 2005 un patient à refuser toute "obstination déraisonnable", sans légaliser l’euthanasie. "Un progrès", selon le président de l’ADMD Jean-Luc Romero, qui juge toutefois la situation encore insatisfaisante: "Si vous êtes dans des conditions telles que vous allez bientôt mourir, vous refusez à la fois d’être alimenté, d’être hydraté, vous imaginez dans quelles conditions vous mourrez! (…) Aider quelqu’un à mourir à un moment précis en lui donnant un produit, c’est cent fois moins barbare", a-t-il estimé sur RTL.

Plaidant pour une "loi de liberté" semblable à celle existant en Suisse, M. Romero l’a présenté comme une "loi d’égalité". "Maïa voulait faire ce voyage et le pouvait. Il y a des gens qui n’ont pas les moyens de le faire et qui ne sont pas en état", a-t-il souligné. Agée de 67 ans, Maïa Simon avait fait l’essentiel de sa carrière au théâtre (nominée aux Molières en 1997) et tourné dans plusieurs téléfilms et films parmi lesquels "Nous irons tous au paradis" d’Yves Robert (1977) et "Les témoins" d’André Téchiné (2007).

Massacre de Virginia Tech, 32 morts… pour rien

 
La société américaine est décidément totalement schyzophrène… Obsédée par la sécurité, elle est pourtant incapable d’assurer cette sécurité  pour ses citoyens, et surtout de faire disparaître la principale cause de l’insécurité: Les armes à feu… Face à un tel massacre, le monde entier dénonce cet accès trop facile aux armes, pourtant aux Etats-Unis, ça ne changera rien, tant le lobby des armes, l’un des principaux bailleurs de fonds des Républicains, est puissant. Aujourd’hui, il faudrait peut-être avoir le courage de dire que ce sont George W. Bush et ses amis néo-conservateurs qui sont responsables et coupables de ces meurtres par leur politique sécuritaire démagogique.
 
Dans son extrême hypocrisie, on voit le président américain déclarer un jour de deuil national, les groupes évangéliques extrémistes qui soutiennent sa politique faire de jolies prières devant les caméra, mais le New York Times est bien l’un des seuls à dénoncer la vente libre des armes à feu. Les victimes de Virginie n’ont pas besoin de prières, elle avaient juste besoin qu’on les protège grâce à une loi un peu plus restrictive! Passées les larmes, rien ne changera et Charlton Heston pourra continuer à se pavaner le fusil à la main dans les congrès de la NRA qu’il préside…
 
Les Etats-Unis feraient pourtant bien de s’inspirer du modèle australien où suite à une tragédie similaire en Tasmanie, le gouvernement a pris des mesures très restrictives en matière de possession des armes à feu et a empêché qu’une culture des armes à feu ne se développe aussi dans ce pays.
 
"Il serait vain d’espérer qu’un crime, même aussi destructeur que celui-là, calme l’ardeur des Américains pour les armes à feu", estime le quotidien britannique The Independent dans un éditorial.
 
Gerard Baker, éditorialiste au Times, craint que le pire soit à venir: "La vérité, c’est ce que seul l’optimiste peut s’imaginer que Virginia Tech va conserver très longtemps ce nouveau record."
 
En France, le journal Le Monde souligne que des "accès de fureur meurtrière (…) viennent fréquemment défigurer le rêve américain". "La tuerie (…) impose à la société américaine un nouveau face-à-face avec elle-même, sa violence, le fétichisme des armes qui habite une partie de la population, les dérèglements d’une jeunesse soumise à la double tyrannie de l’abondance et de la compétition", juge-t-il.
 
Alors? Et bien, rendez-vous dans quelques jours ou dans quelques mois, pour un nouveau massacre d’innoncents, morts au nom du business, du droit à se protéger soi-même. Et l’on se dira: "Rien n’a changé malgré Virginia Tech?" Et non, rien n’aura changé…