Séisme dans la région des Grands Lacs

 
La région de Bukavu (République Démocratique du Congo) a subi un séisme d’assez forte puissance dimanche. Cette région proche de la frontière rwandaise est toujours très instable politiquement, les populations y sont souvent livrées à elles-mêmes et le gouvernement central y est presque totalement absent ou corrompu. Dans ces conditions, un séisme de magnitude 6,0 (assez fort mais qui n’a rien d’exceptionnel) peut faire des victimes. La région du rift en Afrique connaît une sismicité assez importante. Il s’agit d’une zone d’écartement de la croûte terrestre (l’Est de l’Afrique se détache peu à peu du reste du continent). Les séismes y sont généralement moins violents que dans les zones de collision, en particulier lorsque le mouvement est rapide comme en Amérique du Sud, mais ils sont suffisamment forts pour être destructeurs et meurtriers. Ce séisme est un peu passé inaperçu dans les médias.
 
Voici l’article de l’AFP:
 
Six personnes sont mortes au Sud-Kivu après le séisme qui a frappé dimanche cette région de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et 60 blessés sont encore soignés dans les hôpitaux, selon un nouveau bilan communiqué mercredi de source médicale. "Il y a maintenant six morts", après le décès d’un blessé grave, a déclaré à l’AFP le médecin-inspecteur provincial Manou Burole. En trois jours, plus de 300 blessés ont été admis dans des structures hospitalières, où 60 patients, dont six dans un état grave, étaient encore traités mercredi, a-t-il indiqué.

Dimanche matin, un séisme de magnitude 6 sur l’échelle de Richter a touché l’ouest du Rwanda et l’est de la RDC voisine, faisant au total 44 morts – 38 au Rwanda et 6 en RDC – et plus de 500 blessés, selon les derniers bilans officiels.

Dans les deux pays, les dégâts sont considérables: des centaines de maisons et de bâtiments se sont effondrés ou sont fissurés. Au Sud-Kivu, plus de 4.500 sans-abri ont été recensés.

Mardi, alors que des répliques de faible intensité étaient encore enregistrées à Bukavu (capitale du Sud-Kivu), une délégation ministérielle venue de Kinshasa a annoncé avoir apporté une quinzaine de tonnes de médicaments et promis une aide globale de 250.000 dollars pour assister les sans-abris.

La distribution de tentes, initialement prévue mardi, a été reportée à mercredi à Bukavu pour "permettre une mise à jour des listes de bénéficiaires" selon le comité de crise, suscitant le mécontentement de plusieurs sinistrés. "Nous avons l’habitude d’entendre les promesses du gouvernement, mais sur le terrain, on ne voit rien", a déploré mercredi un habitant d’Ibanda, une des communes de Bukavu les plus touchées, sous couvert d’anonymat. Dans la commune voisine de Kadutu, un étudiant suspecte déjà un détournement de l’aide. "Quand le gouvernement vient, les biens destinés aux sinistrés sont souvent détournés et profitent aux amis de ces mêmes personnes de Kinshasa", a affirmé à l’AFP René Mushamaligwa. D’autres saluent toutefois la rapidité de l’assistance médicale, qui a permis de soigner des centaines de blessés et de limiter les pertes humaines.

Selon un dernier décompte des dégâts communiqué mercredi par l’ONU, 99 bâtiments ont été détruits, 815 sont inhabitables en raison de dommages importants, 414 maisons de Bukavu et 61 en territoire de Kabare (20 km au nord, proche de l’épicentre) présentent des fissures. En territoire de Kabare, la Croix-Rouge internationale a débuté mardi la distribution de bâches et de couvertures, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha).

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10 millions d’Euros pour l’aide d’urgence au Pérou

 
La situation particulièrement catastrophique en Grèce, où un séisme est venu s’ajouter aux dégâts des incendies, nous a totallement fait oublier le séisme du Pérou qui manque cruellement de moyens pour surmonter la crise sismique qui l’a frappé…
 
Dix millions d’euros sont nécessaires pour répondre à l’aide d’urgence au Pérou, touché le 15 août par un séisme qui a fait au moins 540 morts, a indiqué mardi l’agence des Nations unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO) dans un communiqué. 

"Quelque 13,85 millions de dollars (10,14 millions d’euros) sont requis pour les besoins alimentaires et la restauration des moyens d’existence des populations sinistrées qui vivaient essentiellement de la petite agriculture et de la pêche artisanale", a estimé l’agence basée à Rome.

Elle juge que "la situation est bien pire que ne le laissaient prévoir les premières estimations. Outre la faim et les personnes sans abri, les dévastations subies par les communautés de paysans et de pêcheurs auront un impact profond sur l’économie locale", selon Luis Castello, représentant de la FAO au Pérou. (NB: La situation pour les sans-abri est d’autant plus grave que l’hémisphère sud est encore en plein hiver et que les températures y sont actuellement particulièrement froides…)

La FAO a indiqué avoir déjà recueilli "plus d’un million de dollars (732.000 euros), mais il en faut beaucoup plus pour porter assistance à quelque 160.200 personnes vivant en zone rurale le long des côtes et en montagne", a-t-elle souligné. Elle a expliqué que les fonds serviront à réparer les infrastructures agricoles et de pêche, et à remplacer les moyens de production agricole. Dans les zones urbaines, l’aide portera principalement sur la reprise de la production maraîchère de type familial dans les jardins potagers aménagés autour des habitations et des bâtiments scolaires.

"Une des zones frappées par le séisme, Ica, où vivent près de 700.000 personnes, est la deuxième zone productrice de coton du Pérou. Elle est également une des principales zones productrices de denrées d’exportation importantes comme le raisin, le paprika, le piment et l’oignon", a précisé la FAO.

Le séisme de magnitude 8.0 et intensité VIII a fait 514 victimes, 1090 blessés, il a détruit plus de 35000 bâtiments. Il s’est produit sur le plan de subduction, à 30 km de profondeur, au contact entre la plaque Nazca et la plaque Sud-Américaine, la vitesse de convergence, l’une des plus rapides au monde s’effectuant à près de 8 cm par an… La plaque Nazca, océanique, glissant sous la plaque Sud-Américaine.

La carte des intensités du séisme produite par l’USGS montrant que la capitale (Lima) n’a été que modérément touchée avec des intensités de VI:

 

Violent séisme au Japon

 
Les sauveteurs s’efforçaient mardi de venir en aide aux milliers de sans-abri, dont beaucoup de personnes âgées, tandis le débat sur la sécurité nucléaire prenait de l’ampleur, au lendemain du séisme qui a fait 9 morts et un millier de blessés dans le centre du Japon. En marge des opérations de secours, le gouvernement a réprimandé la direction de la compagnie électrique Tepco après un incendie et une légère fuite radioactive dans sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa, une des plus grandes du monde.

Plus d’un millier de policiers et pompiers ont poursuivi leurs fouilles dans les ruines de centaines de bâtiments détruits par la principale secousse de lundi qui a atteint une magnitude de 6,8 sur l’échelle de Richter. Une personne est toujours portée disparue. "Des opérations de secours tous azimuts sont en cours. Nous n’avons pas de temps à perdre dans l’hypothèse où se trouveraient encore des victimes sous les décombres", a déclaré Masahiko Sato, un porte-parole des secours à Kashiwazaki, la ville la plus touchée (ce sont en effet dans les 3 heures qui suivent le séisme que le plus de survivants sont retrouvés, passées 12 heures, les chances se réduisent rapidement).

Mardi matin, les autorités ont dépêché en renfort 450 militaires et sept bâtiments de la Marine dans la région de Niigata pour participer aux opérations de ravitaillement en eau et en nourriture des rescapés. La Croix-Rouge a envoyé 24 médecins sur place, plus spécialement chargés de s’occuper des rescapés les plus âgés.

Selon le dernier bilan officiel provisoire, le séisme a fait neuf morts (six femmes et trois hommes), tous des septuagénaires et des octogénaires (qui vivent majoritairement dans les maisons traditionnelles en bois qui se sont effondrées), et au moins 1.060 blessés. Les opérations se déroulent sous une forte pluie et dans la crainte des répliques, dont une centaine parfois très puissantes ont déjà frappé la région depuis lundi, a constaté une journaliste de l’AFP.

A dix jours d’importantes élections et au plus bas dans les sondages, le Premier ministre Shinzo Abe, qui s’était rendu aussitôt sur place lundi, a ordonné à ses ministres "d’agir sans délai" pour venir en aide aux victimes. Quelque 12.000 habitants ont passé la nuit dans des écoles et des bâtiments publics transformés en abris de fortune. "Les dégâts sont beaucoup graves que ce à quoi nous nous attendions", a avoué Hiroshi Aida, le maire de Kashiwazaki, un port de 100.000 habitants, adjurant ses administrés d’être "patients". Quelque 340 immeubles ont été complètement détruits et 500 autres endommagés dans les préfectures de Niigata et de Nagano, selon les autorités locales. La circulation est impossible sur plusieurs routes fissurées par la secousse ou bloquées par des éboulements.

Par ailleurs, la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa, à proximité de l’épicentre du séisme, était totalement arrêtée à la suite d’une petite fuite d’eau radioactive et d’un feu dans un tranformateur. Des vêtements et des gants potentiellement contaminés par des radiations sont aussi tombés par terre lors de la secousse. "Je reconnais qu’il y a eu une certaine inefficacité dans nos mesures" de lutte anti-incendie, s’est excusé le président de Tokyo Electric Power (Tepco), Tsunehisa Katsumata, après s’être fait réprimander par le ministre de l’Economie et de l’Industrie, Akira Amari. La lenteur à régler l’incident "pourrait amener les gens à ne plus faire confiance à l’énergie nucléaire", s’est inquiété le ministre. Le Japon, qui dispose de très peu de ressources naturelles, dépend à 35% du nucléaire civil pour son électricité. "Le plus effrayant c’est de penser qu’il puisse y avoir un grave accident à la centrale nucléaire", a déclaré à l’AFP Takumi Nakata, un enseignant de 38 ans, après avoir passé la nuit dans un hébergement d’urgence. "J’espère qu’ils disent la vérité et que cet accident était bénin", a-t-il poursuivi.

La région de Niigata avait subi le 23 octobre 2004 un séisme de magnitude 6,8 qui avait fait 67 morts et plus de 3.000 blessés, et avait fait dérailler un Shinkansen.

Le bilan de ce séisme démontre, malgré la désorganisation relative du système de secours dans les premières heures, la très bonne préparation du Japon à ce type de catastrophes. Le Japon est sans aucun doute le pays le mieux préparé et le mieux protégé contre les tremblements de terre. Pour comparaison, les séismes de Boumerdès en Algérie et de Bam en Iran, avec des magnitudes comparables, avaient fait respectivement plus de 2000 et plus de 40 000 victimes… Reste à s’interroger sur la nécessité d’implanter des centrales nucléaires, hautement sensibles, dans des zones sismiques (même si cette région du Japon n’est pas forcément la plus sismique du pays). En tout cas cette affaire fait un peu désordre…

Voici une carte réalisée par l’USGS sur les intensités observées lors de ce séisme. Plus c’est rouge, plus le séisme a été ressenti violemment… L’étoile est l’épicentre du tremblement de terre.

Suites du séisme et du tsunami sur les Iles Salomon

 
Le séisme de magnitude 8, survenu lundi au large de l’archipel des Salomon, en Océanie, a soulevé de plusieurs mètres une de ses îles, mettant à nu toute une barrière de corail. Ranongga, une île reculée de la Province Occidentale des Salomon, a échappé, à la différence du reste de la région, à la dévastation provoquée par le tsunami qui a suivi le séisme de lundi. On peut même penser que c’est ce soulèvement local qui est à l’origine du tsunami. Si le séisme avait été lié à un mouvement de subduction, la vague serait partie de la fosse de subduction (au Nord Est de l’archipel) et ce serait plus facilement propagée dans le Pacifique. Là elle est restée locale, à l’arrière de l’arc de subduction…
 
"Un bruit important", raconte à l’AFP Hendrick Kegala, dans l’anglais approximatif qui lui sert de dialecte. "L’eau est partie et n’est  pas revenue", ajoute-t-il. Selon cet habitant, le grondement du séisme a coïncidé avec un retrait de l’océan d’environ 70 mètres et une élévation de l’île de plusieurs mètres.
 
Près d’une semaine plus tard, voilà donc complètement à nu la barrière de corail qui faisait la réputation de l’île. Elle grille sous le soleil ardent, couverte de poissons morts, d’anguilles et de coquillages desséchés, a constaté un journaliste de l’AFP. Les organisations humanitaires n’ont pas encore pu se rendre sur cette petite île de 32 km de long et 8 de large.
 
Mais Jackie Thomas, responsable du WWF, se souvient de l’importance de la barrière de corail. "Les poissons des récifs sont la source principale de protéines des villageois… Ils emploient de plus les coquillages comme outils et comptent sur l’océan pour satisfaire nombre de leurs besoins", explique-t-elle depuis Gizo, capitale de la Province Occidentale. WWF avait participé ces dernières années avec la population locale de l’île à une opération visant à assurer une gestion durable des coraux.
 
"Encore un autre environnement marin détruit", laisse-t-elle tomber. "Les villageois vont devoir aller plus loin pour trouver la même nourriture… C’est toute la chaîne alimentaire qui est perturbée", avertit-elle. Je suis d’accord, mais bon là, il s’agit d’un phénomène naturel. Aux dernières nouvelles, ce n’est pas l’activité humaine qui provoque les séismes! Certes l’écosystème local sera un temps perturbé, mais de nouveaux récifs avec une nouvelle barrière de corail se mettront peu à peu en place. La vie regagnera du terrain à partir des zones restées sous l’eau… C’est au contraire une chance pour les scientifiques d’étudier un phénomène très rare. La vie colonise très vite des nouveaux espaces accessibles. Et je suis sûr qu’après ce désordre temporaire, les groupes écologistes s’étonneront de la profusion de vie qui suivra…

Séisme et tsunami dans les Iles Salomon

 
Peu de personnes connaissent ces îles situées à l’Est de la Nouvelle Guinée, au climat très humide (donc attirant assez peu les touristes…) et qui subissent régulièrement des séismes assez violents puisqu’elles se situent sur une fosse de subduction. Seuls les séismes les plus violents, comme celui-ci, font des victimes. Le tsunami qui a suivi a provoqué une belle panique dans les pays voisins, même s’il est resté local…
 
Douze personnes au moins ont trouvé la mort et d’autres sont portées disparues après le puissant séisme, suivi d’un tsunami, qui a secoué lundi l’archipel des Iles Salomon, provoquant des alertes aux tsunamis dans une partie du Pacifique Sud. Le séisme, d’une magnitude de 8,0 degrés au moins, a détruit des bâtiments et endommagé un hôpital sur l’île de Gizo, au nord-ouest de la capitale des Salomons, Honiara. Un tsunami a ensuite déferlé sur des habitations côtières tandis que des milliers de personnes prises de panique se réfugiaient sur les hauteurs.
 
Sept personnes au moins ont péri à Gizo, la plupart prises au piège chez elles quand les vagues ont envahi la ville. D’autres corps ont été aperçus, mais ne pouvaient pas être récupérés dans l’immédiat en raison de l’importance des vagues, a précisé le gouvernement dans un communiqué. "La vague a atteint dix mètres dans certains villages. Certaines localités ont été balayées", a déclaré Alfred Maesulia, porte-parole du gouvernement des Salomons.
 
"On aurait dit une très grande marée", a déclaré pour sa part à Reuters Danny Kennedy, propriétaire d’un magasin de plongée et responsable politique local de l’île de Gizo. "L’eau est montée de quatre à cinq mètres au-dessus du niveau normal, elle est entrée dans les villages et a tout arrosé."  (Heureusement, elle n’a semble-t-il pas trop déferlé…)
 
"UNE CHANCE QU’IL AIT EU LIEU EN JOURNEE"
 
Le Centre d’alerte aux tsunamis du Pacifique, à Hawaï, situe son épicentre à environ 350km au nord-ouest de Honiara, capitale des Salomons. Il s’est produit vers 06h40 (dimanche 20h40 GMT).
 
Une alerte émise par le centre a également entraîné le déclenchement de mises en garde régionales pour le Japon et l’Australie. Les plages de la côte Est de l’Australie ont été fermées et les liaisons maritimes suspendues dans le port de Sydney par crainte d’une réédition du tsunami de 2004 dans l’océan Indien. L’alerte a été levée neuf heures plus tard. Il semble qu’il n’y ait eu de dégâts que dans la zone de proximité immédiate du séisme.
 
Le Premier ministre des Salomons, Manasseh Sogavare a estimé que ce séisme aurait pu avoir des conséquences beaucoup plus graves s’il s’était produit quelques heures plus tôt, en pleine nuit. "Nous avons de la chance qu’il ait eu lieu en journée. Les gens ont vu la mer se retirer, ce qui leur a indiqué que quelque chose d’anormal se produisait", a dit Sogavare sur CNN. Deux personnes sont mortes sur l’île de Choiseul, dans l’ouest de l’archipel. Et trois autres ont péri sur celle de Mono. "Ces îles de l’ouest sont très éparpillées et il est très difficile pour nous de les atteindre ou d’établir une communication. Mais nous allons y dépêcher une équipe", a précisé Maesulia.
 
LE PLUS VIOLENT DEPUIS 1900
 
Jackson Kiloe, chef de l’île de Choiseul, a déclaré que des vagues très hautes s’écrasaient sur les côtes et que des évacuations avaient été menées. Les services de gestion des catastrophes des Salomons ont déclaré que des problèmes de communications rendaient difficile toute évaluation des dégâts sur l’île de Simbo où, selon la Solomon Islands Broadcasting Corp., des habitants ont fait état de vagues qui ont pénétré jusqu’à 200m à l’intérieur des terres.
 
A Gizo, ville de 20.000 habitants, un hôpital a été endommagé et les patients ont été conduits dans la résidence d’un médecin, sur les hauteurs. On dénombre plus de 2.000 sans-abri. "Il y a d’assez gros bateaux au milieu de la route. De nombreuses maisons sur pilotis sont par terre. Plusieurs villages côtiers ont été totalement rasés", a déclaré Kennedy. Selon le chef du Service de gestion des catastrophes, Julian McLeod, une soixantaine de bâtiments ont été détruits, dont des maisons. "Nous disons aux gens de gagner les hauteurs au cas où il y aurait d’autres vagues. Nous avons l’habitude que des cyclones frappent l’île mais ça, c’est nouveau", a-t-il dit.
 
Les agences géologiques, dont l’australienne et la japonaise, ont mesuré le séisme à 8,1. L’estimation préliminaire de l’Institut de surveillance géologique américain (USGS), de 7,6, a été révisée à la hausse à 8,0. La secousse initiale a été suivie, sept minutes plus tard, par une deuxième secousse, un grosse réplique de réajustement, située plus à l’ouest et d’une magnitude de 6,7, selon l’USGS.
 
Gary Gibson, du Centre sismologique international, a précisé que ce séisme était le plus violent dans les Salomons depuis 1900. La faille, a-t-il estimé, a probablement couvert une superficie de 10.000 km2, soit une zone de 100 km sur 100 km (une distance moyenne habituelle pour un séisme de cette puissance). Cela reste largement inférieur à la faille de 1.300 km qui avait été repérée lors du séisme de décembre 2004 au large de l’île indonésienne de Sumatra. Et oui, quand on monte de 1 en magnitude, on multiplie par environ 10 la longueur de la faille mise en jeu et on multiplie par environ 31.62 la puissance énergétique du tremblement de terre…

Signes précurseurs des séismes… Une avancée?

 
On retrouve régulièrement des scientifiques qui tentent de trouver des signes précurseurs aux tremblements de terre. Au départ c’était assez irrationnel (observations des animaux notamment…) et puis ça semble progresser avec l’étude des anomalies magnétiques. Les séismes sont les seules catastrophes naturelles que l’homme de peut pas prévoir, à la différence des cyclones, des tornades (même si on ne peut pas les situer précisément), des inondations ou des éruptions volcaniques…
 
Les tremblements de terre les plus violents pourraient être précédés par des secousses lentes et à peine perceptibles, pouvant s’étaler sur des jours, voire des semaines, spéculent des scientifiques, après avoir étudié une zone sismique du sud du Japon.Ces signes annonciateurs, en provenance de failles très profondes, sont connus sous le nom de séismes à basse fréquence. Ils ne dépassent pas généralement une magnitude de 1 ou 2 sur l’échelle de Richter, rappelle une équipe américano-japonaise menée par David Shelly (université de Stanford). Le problème est que les équipes américaines ont souvent tendance à amplifier leurs résultats pour attirer des fonds (joies de la recherche financée par le privé oblige…) et que les signes précurseurs dans une zones, sont difficilement exportables à une autre région (le placement et la direction des failles étant différents…). 
 
Ces secousses sont fréquemment observées dans les zones de subduction, là où une plaque tectonique s’enfonce sous une autre. C’est dans ces régions, comme sur la célèbre "ceinture de feu" du Pacifique, que sont survenus les séismes les plus dévastateurs de l’histoire humaine (euh… là c’est discutable… L’auteur de cet article oublie les séismes chinois, indiens, iraniens, turcs, algériens, marocains, Lisbonne…, la Californie certes dans la ceinture Pacifique mais où il n’y a pas de subduction…). Le séisme de magnitude 9,2, qui a ravagé Sumatra le 26 décembre 2004 et a déclenché un tsunami à l’origine de la mort de plus de 200 000 personnes, en est un exemple récent.

L’équipe de M. Schelly, dont les travaux sont publiés dans la dernière édition de la revue scientifique Nature, a examiné des centaines d’enregistrements sismographiques effectués sur l’île japonais de Shikoku. La plaque des Philippines s’y enfonce à environ 35 kilomètres sous la surface terrestre. Imperceptibles depuis la surface, les secousses à basse fréquences y sont provoquées "par le même mécanisme que celui qui génère les séismes habituels, mais avec une petite différence. Le glissement de la faille profonde survient plus lentement que lors d’un séisme ordinaire", relève un autre auteur de l’étude, Gregory Beroza, professeur de géophysique à Stanford.
 
La plupart des sismologues estiment que ces secousses sont un bruit de fond de l’activité des plaques tectoniques, sans utilité comme outil de prévision. Mais pour M. Beroza, "à chaque fois qu’un séisme lent se produit, il accroît les tensions qui pèsent sur la partie de la faille qui ne coulisse pas. Savoir qu’une telle secousse a eu lieu pourrait être utile pour évaluer les risques sismiques", estime le scientifique américain. Là par contre je suis d’accord! Lorsqu’un séisme se produit sur un segment de faille, il accroît les tensions et donc le risque qu’un séisme se produise sur le segment voisin… Mais bon, rien qui permette de faire des prévisions précises à court terme, mais juste une probabilité sur le moyen ou long terme…

Séisme en Indonésie

 
Un fort séisme a ébranlé mardi l’Indonésie et Singapour, faisant au moins 70 morts dans l’île de Sumatra, selon un porte-parole du président indonésien."Pour l’heure, les bilans font état de 70 morts dans différentes zones et de dizaines de blessés", a déclaré aux journalistes Sudi Silalahi, porte-parole du président Susilo Bambang Yudhoyono.

L’Institut national de géophysique américain (USGS) a estimé la magnitude du tremblement de terre à 6,3 et sa profondeur à 30 kilomètres. L’agence de météorologie de Singapour a elle estimé la magnitude à 6,6. Le séisme s’est produit à l’Ouest de l’Ile, le long de la zone de subduction, même si en profondeur il s’agit d’un séisme superficiel.

Au moins 16 morts ont été enregistrés dans le district de Tanah Datar et 18 autres dans le district de Solok, a indiqué Erry Gusman, un coordinateur des secours de la province de Sumatra Ouest. "Il y a des centaines de victimes. Nous demandons des secours médicalisés. Nos infrastructures ici sont insuffisantes", a pour sa part déclaré Samsurahim, le maire de la ville de Solok, à la radio Elshinta.

Parmi ces victimes, trois ont péri dans un incendie provoqué par le séisme. Mais "la plupart des décès sont dus à l’effondrement des bâtiments", a précisé Gusmal, chef du district de Solok. Quatre personnes ont trouvé la mort dans l’école élémentaire Ampang Selayo de Solok, a indiqué de son côté Dalipa Marjusi, chef du service local de volcanologie.

Des blessés ont afflué à l’hôpital de Padang, selon des images diffusées par la chaîne Metro TV. Des perfusions étaient posées dans la confusion, à l’extérieur de l’édifice. L’Indonésie souffre de graves carences dans son réseau de secours ainsi que dans ses urgences hospitalières. On l’avit déjà vu lors du séisme de 2004, et malheureusement peu de choses ont changé depuis…

L’Institut national de géophysique américain (USGS) a estimé la magnitude du tremblement de terre à 6,3 sur l’échelle ouverte de Richter et sa profondeur à 30 kilomètres. L’agence de météorologie de Singapour a elle estimé la magnitude à 6,6. La secousse tellurique s’est produite à 10H49 heure de Sumatra (11H49 heure de Singapour, 03H49 GMT) et son épicentre a été localisé à 21 km au sud-ouest de la ville de Bukittinggi, a indiqué à l’AFP Jafar, de l’Agence de sismologie de Jakarta. Selon lui, le tremblement de terre avait une magnitude de 5,8 sur l’échelle ouverte de Richter et une profondeur de 33 km. Il a été ressenti également dans les grandes villes de Padang et de Pekanbaru. Et oui, il existe plusieurs méthodes de calcul pour la magnitude (échelle ouverte de Richter) qui peuvent donner des résultats variables… L’intensité est probablement de l’ordre de IX ou X (échelle de Mercalli à 12 niveaux). 
 
La région touchée, au centre ouest de la grande île de Sumatra, est le pays des Minangkabau, une ethnie économiquement puissante de l’archipel indonésien. Les Minangkabau, pieux musulmans, sont célèbres pour leurs tissages, leurs maisons au toit en forme de cornes de buffle et leur tradition matrilinéaire (les femmes possèdent la terre et les biens, les enfants portent le nom de leur mère).
 
Le séisme a aussi provoqué des scènes de panique à Singapour (assez proche de l’épicentre de l’autre côté de l’Ile). Des centaines de personnes, certaines criant ou prises de sanglots, ont évacué à la hâte les gratte-ciel de la cité-Etat, selon des témoins. Nicholas Wong, employé du secteur tertiaire, a relaté que la secousse s’était produite alors qu’il travaillait face à son ordinateur. Ses collègues et lui n’ont eu que le temps d’empoigner leur sac et de se précipiter hors de leur tour de bureaux. "Tout le monde paniquait. Une de mes collègues pleurait car elle n’avait jamais ressenti une telle secousse. Nous nous sommes tous précipités à l’extérieur du bâtiment". C’est d’autant plus impressionnant que dans les bâtiments élevés, la sensation de mouvement est accentuée, alors que dans les maisons de plein pied, le séisme n’a peut-être même pas été forcément ressenti… De puissantes répliques sismiques, ressenties jusqu’à Singapour, ont suivi le premier séisme.
 
Les tremblements de terre, tsunamis et éruptions volcaniques sont fréquents en Indonésie, un immense archipel situé sur la "ceinture de feu" du Pacifique et qui se trouve sur une double ligne de subduction. Il y a en moyenne 2 à 3 séismes meurtriers par an dans cet archipel…

Tremblement de terre au large du Portugal

 
Un séisme d’environ 6 de magnitude sur l’échelle ouverte de Richter a été ressenti lundi à 10H36 GMT dans le centre et le sud de la péninsule ibérique ainsi qu’au Maroc, sans causer ni victime ni dégâts d’importance.La secousse tellurique a été particulièrement ressentie à Lisbonne et dans le sud du Portugal, ainsi qu’en Andalousie, sud de l’Espagne. A Séville notamment (400 km au sud de Madrid), des centaines d’employés de bureau ont quitté leurs lieux de travail après avoir ressenti le tremblement de terre, ont rapporté les médias espagnols. Le plus grand centre administratif de la ville, le "Torre Triana", où travaillent des milliers de fonctionnaires, a été évacué.
 
La secousse s’est faite fortement sentir également dans d’autres villes de l’Andalousie, comme Cadix et Huelva et dans les immeubles les plus hauts de Madrid. Elle a également touché les principales villes marocaines, Tanger, Casablanca, Fes, Meknes, Rabat et Marrakech.
 
Le séisme a atteint une magnitude de 5,8 sur l’échelle de Richter selon l’Institut météorologique national (IMN) portugais, qui l’avait d’abord évaluée à 6. Sa magnitude a été de 6,2 selon l’Observatoire des sciences de la Terre à Strasbourg (est de la France) et 6,3 selon l’Institut Géographique national (IGN) espagnol. Son épicentre a été localisé en mer, à 160 km à l’est du cap Saint Vincent, 300 km au sud de Lisbonne (latitude 35,8 degrés nord, longitude 10,6 degrés ouest), a indiqué l’IMN.
 
Selon l’IMN il s’est agi du séisme le plus important ressenti au Portugal continental depuis 30 ans. On a tendance à l’oublier mais le sud du Potugal est une région sismiquement très active qui a déjà connu dans l’histoire des tremblements de terre très destructeurs et meurtrier. Ce sont les longues failles transformantes qui courent au fond de l’Océan Atlantique qui en sont souvent la cause.
 
Le grand séisme de Lisbonne du 1er novembre 1755 (on en a fêté les 250 ans il y a peu) est resté dans les mémoires. Le séisme de magnitude estimée entre 8,5 et 8,7 avait été ressenti dans une grande partie de l’Europe (même en France et jusqu’en Finlande!). La secousse a été suivie d’un tsunami et d’un incendie qui détruisit la quasi totalité de la ville. Ce séisme, première grande catastrophe a avoir été étudiée par la science moderne avait beaucoup intéressé les philosophes dont Voltaire et son Poème sur le désastre de Lisbonne. Le bilan de cette catastrophe reste très difficile à réaliser, peut-être le tiers de la population de la ville à l’époque (soit 90 000 victimes) et 85% des bâtiments entièrement détruits. Cette catastrophe fut l’occasion de débats philosophiques passionnés sur l’existence de Dieu, l’optimisme scientifique et la question du mal sur Terre et fut également à l’origine des premières théories en matière de sismologie (Kant et sa théorie des cavernes, notamment). En ce sens, on considère souvent que ce tremblement de terre a durablement bouleversé la philosophie, la culture et la science européenne.