Des amants de Daniel Arsand

Des amants

Des amants

Stock, 2008, 173 pages

Résumé : En 1749, le jeune Sébastien Faure réanime le prince Balthazar de Créon, tombé de cheval. Entre les deux hommes, l’attirance est immédiate. Plus rien d’autre que leur amour ne compte à leurs yeux, ni les parents de Sébastien qui le désavouent, ni les rumeurs de la cour qui goûte peu cette liaison, ni le roi avec lequel le jeune prince est en froid. Seule la mère de Balthazar tente de sauver les apparences. Mais, peu à peu, les amants, retirés du monde, s’enferment dans un piège aux conséquences irréversibles.

Critique : Avec Des Amants, Daniel Arsand nous plonge dans la société d’Ancien Régime corsetée et codifiée. Il décrit un monde du paraître entre prégnance de l’Eglise, intolérance et absolutisme royale. L’hypocrisie d’une société, en voie de délitement, qui se satisfait des non-dits mais qui ne pardonne pas le scandale.

Mais ce qui est au cœur de ce roman, et du drame qui va se jouer, c’est l’amour absolu et destructeur d’un Prince pour un jeune homme du peuple au-delà de toutes les conventions sociales. Cet amour impossible est tendre, beau, absolu, violent, étourdissant, plus fort que tout. Daniel Arsand va à l’essentiel, le style est simple, direct et sans fioriture à l’image de cet amour.

J’ai été ému par ce texte court, puissant, parfois dérangeant, mais jamais impudique. Une belle découverte dont je ne peux que conseiller la lecture.

4,25/5

La marque des soyeux de Laura Millaud

La marque des soyeux

La marque des soyeux

Editions Balivernes, collection Carabistouilles, 2014, 127 p.

Résumé : Vivien est le souffre-douleur de ses camarades de classe. Il est le sujet de moqueries en raison d’un angiome qui lui recouvre une partie du cou et de la joue. Son seul réconfort, il le trouve dans les livres. Alors qu’il lit un ouvrage sur Lyon, ville à côté de laquelle il vient d’emménager, il est projeté dans le passé, lors de la première révolte des Canuts, en 1831. Son voyage initiatique lui fait découvrir l’amitié, la solidarité et la force de se défendre et de lutter contre les injustices.

Critique : Ce court roman de littérature jeunesse aborde de nombreux thèmes mais avec, comme idée centrale, la volonté de se révolter contre plus fort que soi et contre les injustices. Ainsi, le parallèle entre cet enfant, harcelé par certains de ses camarades en raison d’une simple différence physique, et la première lutte des ouvriers soyeux lyonnais pour obtenir des conditions de vie descentes et une juste rémunération pour leur travail est plutôt bien trouvé.

L’écriture Laura Millaud est simple et fluide mais elle permet de découvrir quelques mots du patois lyonnais. L’ouvrage est bien documenté et permet de suivre, jour après jour, les événements de 1831. Par ailleurs, un dossier pédagogique de qualité permet aux enfants et aux adultes qui ne connaitraient pas l’histoire lyonnaise de replacer ce roman dans le contexte social et politique de l’époque.

L’action est soutenue tout au long du roman et les rebondissements nombreux, même un petit lecteur ne s’ennuiera pas !

Bref, je me suis laissé embarquer dans ce voyage dans le temps et ses deux jeunes héros très attachants, Vivien, le petit garçon timide qui souffre de sa différence physique, et Antelme, le fils d’ouvrier soyeux du 19e siècle, capable de surmonter les épreuves les plus violentes de la vie.

Un joli roman de littérature jeunesse à découvrir dès 9-10 ans. Merci à Babelio et aux éditions Balivernes pour cette découverte.

4/5