Séisme dans la région des Grands Lacs

 
La région de Bukavu (République Démocratique du Congo) a subi un séisme d’assez forte puissance dimanche. Cette région proche de la frontière rwandaise est toujours très instable politiquement, les populations y sont souvent livrées à elles-mêmes et le gouvernement central y est presque totalement absent ou corrompu. Dans ces conditions, un séisme de magnitude 6,0 (assez fort mais qui n’a rien d’exceptionnel) peut faire des victimes. La région du rift en Afrique connaît une sismicité assez importante. Il s’agit d’une zone d’écartement de la croûte terrestre (l’Est de l’Afrique se détache peu à peu du reste du continent). Les séismes y sont généralement moins violents que dans les zones de collision, en particulier lorsque le mouvement est rapide comme en Amérique du Sud, mais ils sont suffisamment forts pour être destructeurs et meurtriers. Ce séisme est un peu passé inaperçu dans les médias.
 
Voici l’article de l’AFP:
 
Six personnes sont mortes au Sud-Kivu après le séisme qui a frappé dimanche cette région de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et 60 blessés sont encore soignés dans les hôpitaux, selon un nouveau bilan communiqué mercredi de source médicale. "Il y a maintenant six morts", après le décès d’un blessé grave, a déclaré à l’AFP le médecin-inspecteur provincial Manou Burole. En trois jours, plus de 300 blessés ont été admis dans des structures hospitalières, où 60 patients, dont six dans un état grave, étaient encore traités mercredi, a-t-il indiqué.

Dimanche matin, un séisme de magnitude 6 sur l’échelle de Richter a touché l’ouest du Rwanda et l’est de la RDC voisine, faisant au total 44 morts – 38 au Rwanda et 6 en RDC – et plus de 500 blessés, selon les derniers bilans officiels.

Dans les deux pays, les dégâts sont considérables: des centaines de maisons et de bâtiments se sont effondrés ou sont fissurés. Au Sud-Kivu, plus de 4.500 sans-abri ont été recensés.

Mardi, alors que des répliques de faible intensité étaient encore enregistrées à Bukavu (capitale du Sud-Kivu), une délégation ministérielle venue de Kinshasa a annoncé avoir apporté une quinzaine de tonnes de médicaments et promis une aide globale de 250.000 dollars pour assister les sans-abris.

La distribution de tentes, initialement prévue mardi, a été reportée à mercredi à Bukavu pour "permettre une mise à jour des listes de bénéficiaires" selon le comité de crise, suscitant le mécontentement de plusieurs sinistrés. "Nous avons l’habitude d’entendre les promesses du gouvernement, mais sur le terrain, on ne voit rien", a déploré mercredi un habitant d’Ibanda, une des communes de Bukavu les plus touchées, sous couvert d’anonymat. Dans la commune voisine de Kadutu, un étudiant suspecte déjà un détournement de l’aide. "Quand le gouvernement vient, les biens destinés aux sinistrés sont souvent détournés et profitent aux amis de ces mêmes personnes de Kinshasa", a affirmé à l’AFP René Mushamaligwa. D’autres saluent toutefois la rapidité de l’assistance médicale, qui a permis de soigner des centaines de blessés et de limiter les pertes humaines.

Selon un dernier décompte des dégâts communiqué mercredi par l’ONU, 99 bâtiments ont été détruits, 815 sont inhabitables en raison de dommages importants, 414 maisons de Bukavu et 61 en territoire de Kabare (20 km au nord, proche de l’épicentre) présentent des fissures. En territoire de Kabare, la Croix-Rouge internationale a débuté mardi la distribution de bâches et de couvertures, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha).

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Une météorite se serait écrasée en France

 

Les recherches pour tenter de retrouver la météorite de faible taille qui se serait écrasée vendredi près de Bourges sont restées vaines, alors qu’un contrôleur aérien de l’aéroport voisin a indiqué samedi avoir vu exploser "le bolide" à une centaine de mètres au-dessus du sol.

Une dizaine de policiers, aidés par une dizaine d’habitants du village de Trouy où l’objet volant serait tombé, ont cherché en vain samedi matin dans un brouillard épais un impact sur le territoire de la commune située à 7 km au sud de Bourges.

Repéré par des témoins dans les Alpes de Haute-Provence, le Vaucluse et le Rhône avant d’être aperçu par des habitants du Cher, l’objet a suscité l’émoi mais sa chute n’a apparemment fait aucun dégât ni blessé, selon la préfecture du Cher.

D’une taille ne dépassant pas celle d’un ballon de football, il aurait en effet explosé en vol, selon le témoignage de Jérôme Cotte, contrôleur aérien de l’aéroport de Bourges. Vendredi soir, vers 18H15, il était dans la tour de contrôle. "J’attendais un avion qui avait du retard. Je regardais face au sud, quand tout à coup: une météorite. C’était une lumière très intense, basse sur l’horizon. Une boule de feu incandescente, orange, avec une importante gerbe d’étincelle, suivi d’une lumière bleue verte", a-t-il raconté. Selon ce passionné d’astronomie, la boule de feu a explosé "à une centaine de mètres au-dessus du sol".

Selon des scientifiques, il tombe chaque année sur la Terre jusqu’à 100.000 tonnes de matière extraterre, mais pour l’essentiel sous forme de poussières. Six chutes de météorites sont enregistrées en moyenne chaque année en France. (Source: AFP)

Accroissement du nombre de catastrophes naturelles

 
Un texte de l’AP, qui mérite qu’on s’y arrête, même s’il y aurait beaucoup d’éléments à ajouter, modifier ou corriger…
 
Le nombre de catastrophes naturelles dans le monde a progressé d’environ 60% entre 1997 et 2006 par rapport à la décennie précédente, passant de 4.241 à 6.806 désastres, a alerté la Fédération internationale de la Croix-Rouge qui attribue cette tendance aux conséquences du réchauffement climatique (Ou plutôt le changement climatique puisque le réchauffement est loin d’être uniforme). Il faut noter que la définition du terme de catastrophe varie d’un organisme à un autre, c’est un terme très large dans lequel on peut englober beaucoup d’éléments. Cette augmentation a aussi pour cause une meilleure information qui fait que l’on connaît toutes les catastrophes, même mineures, dans les régions les plus reculées… Et puis, il ne faut pas oublier l’accroissement de la population mondiale et surtout de l’urbanisation qui provoque une augmentation des densités de population dans des régions à risque (sismique, volcanique ou cyclonique), notamment dans les zones tropicales. Autant d’éléments sociologiques ou démographiques que la Croix Rouge semble avoir oublié de prendre véritablement en compte. Mais bon, c’est comme ça, la mode est au "réchauffement climatique responsable de tout…".

Le nombre de morts (vérifiés) dans des catastrophes naturelles a doublé par rapport à la période 1987-1996, passant de 600.000 à 1,2 million, selon le rapport annuel de la Fédération sur les catastrophes publié jeudi. Le nombre de personnes touchées en moyenne chaque année est passé de 230 millions à 270 millions entre les deux décennies.

En 2007, le nombre de catastrophes a bondi de 20% par rapport à 2006, dépassant pour la première fois la barre des 500, selon la Fédération internationale. La Fédération avait recensé 427 catastrophes naturelles en 2006. La hausse a atteint 70 % entre 2004 et 2006, selon le rapport annuel de la Fédération sur les catastrophes publié jeudi. "Les chiffres confirment la tendance de ces dernières années", a souligné devant la presse Markku Niskala, secrétaire général de la Fédération de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. "Ces hausses s’expliquent en partie par une meilleure prise en compte des catastrophes de petite envergure, mais elles tiennent aussi à la multiplication des désastres majeurs", selon la Fédération de la Croix-Rouge.

Le rapport de l’organisation veut attirer l’attention sur les femmes, personnes âgées, handicapés et minorités qui, victimes habituelles de discriminations, sont encore pénalisés lors des catastrophes. "Ce sont des personnes souvent invisibles, qui échappent aux secours et c’est inacceptable", a souligné Markku Niskala. Trois fois plus de femmes que d’hommes ont été tuées par le tsunami de décembre 2004 en Asie parce qu’elles étaient à la maison lors de la catastrophe, a cité comme exemple l’un des auteurs du rapport, M. Mohammed Mukhier.

Certaines minorités, comme les Dalits en Inde, ou les Tamouls au Sri Lanka, n’ont pas reçu une aide équivalente après le tsunami pour des raisons politiques, ethniques ou religieuses, indique encore le rapport. Les personnes âgées sont également davantage touchées, soit parce qu’elles ne peuvent pas se déplacer rapidement, soit parce qu’elles sont isolées, notamment en milieu urbain.

Sécheresse historique aux Etats-Unis

 
Les médias parlent beaucoup des incendies en Californie, mais c’est en fait tout le sud des Etats-Unis qui est touché par une sécheresse record et la saison des cyclones arrivant dans un mois à son terme sur la côte Est n’a pas apporté les précipitations espérées…
 
Alors que la Californie se bat contre des incendies dévastateurs, une grande partie des Etats-Unis est confrontée à une sécheresse historique qui laisse craindre que des millions de personnes se retrouvent privées d’eau. Dans le sud-est du pays, les agriculteurs voient leurs récoltes se volatiliser, les défenseurs de l’environnement annoncent un désastre imminent, et trois Etats se livrent une bataille sans merci pour les ressources d’un lac artificiel qui disparaît à vue d’oeil.

"Près de la moitié du sud-est souffre d’une sécheresse extrême et les réserves d’eau ont atteint un niveau critique dans certaines villes", explique Michael Halpert, responsable des prévisions au centre national de météorologie.

La Californie (ouest) a enregistré des précipitations historiquement basses cette année, alors que la chaleur atteignait des records, ce qui a laissé de vastes zones desséchées à la merci des flammes qui ont forcé l’évacuation cette semaine de centaines de milliers de personnes. Los Angeles n’a reçu que 815 millimètres d’eau entre juin 2005 et juin 2006, le cumul le plus bas depuis 1877. Et les montagnes de la Sierra Nevada, d’où la ville recueille la moitié de son eau, n’ont fourni que 20% des niveaux habituels.

Les météorologistes redoutent qu’un hiver sec ne prolonge cette sécheresse dans nombre des régions affectées, d’autant plus que la saison des ouragans, qui pourraient apporter les précipitations tant attendues, se termine dans un mois. "Comme les zones les plus touchées ont besoin de plus de 3.000 mm d’eau pour sortir de la crise, cette sécheresse va durer", prévient Randy Schechter, un expert du gouvernement.

Dans le sud-est du pays, l’Etat le plus touché est la Géorgie, qui est descendue largement en dessous du niveau dit de "sécheresse extrême", une situation qui semble la pire depuis 1892, voire dans toute son histoire. L’Etat d’urgence a été déclaré presque partout, et le gouverneur, Sonny Perdue, a fait appel à l’aide fédérale et a saisi la justice.

Les inquiétudes se concentrent notamment sur les eaux déclinantes du lac Lanier, une retenue artificielle de plus de 15.000 hectares qui fournit en eau potable 3 millions de personnes, essentiellement à Atlanta, et alimente le fleuve Chattahoochee, qui longe l’Alabama (sud) et poursuit sa route en Floride (sud-est). La Géorgie a demandé aux autorités fédérales de limiter les déversements du lac vers le fleuve, mais l’Alabama a déjà prévenu que cela l’obligerait à fermer une centrale électrique et d’autres usines, tandis que la Floride assure qu’une moule en voie de disparition n’y survivrait pas. "La sécheresse est une catastrophe naturelle, et nous faisons face à la pire sécheresse de l’histoire de la Géorgie. Et en plus, nous sommes embourbés dans une catastrophe artificielle de bureaucratie", a dénoncé M. Perdue, lors d’une conférence de presse récente au bord du lac presque sec.

En affectant les récoltes de fourrage, la sécheresse menace aussi l’élevage: "Je ne vois pas comment nous allons éviter de liquider des vaches à cause du manque de fourrage dans l’Etat cette année", a déclaré Curt Lacy, un économiste de l’université de Géorgie.

Dans le Maryland (est), "toutes les récoltes sont touchées", explique Buddy Hance, adjoint à l’agriculture dans l’équipe du gouverneur et lui-même agriculteur, qui a vu cette année ses rendements de soja et de maïs inférieurs de 70% à la moyenne. A travers la région, les autorités ont restreint la consommation d’eau… et invité la population à faire preuve d’une extrême prudence aux abords des forêts desséchées.

10 millions d’Euros pour l’aide d’urgence au Pérou

 
La situation particulièrement catastrophique en Grèce, où un séisme est venu s’ajouter aux dégâts des incendies, nous a totallement fait oublier le séisme du Pérou qui manque cruellement de moyens pour surmonter la crise sismique qui l’a frappé…
 
Dix millions d’euros sont nécessaires pour répondre à l’aide d’urgence au Pérou, touché le 15 août par un séisme qui a fait au moins 540 morts, a indiqué mardi l’agence des Nations unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO) dans un communiqué. 

"Quelque 13,85 millions de dollars (10,14 millions d’euros) sont requis pour les besoins alimentaires et la restauration des moyens d’existence des populations sinistrées qui vivaient essentiellement de la petite agriculture et de la pêche artisanale", a estimé l’agence basée à Rome.

Elle juge que "la situation est bien pire que ne le laissaient prévoir les premières estimations. Outre la faim et les personnes sans abri, les dévastations subies par les communautés de paysans et de pêcheurs auront un impact profond sur l’économie locale", selon Luis Castello, représentant de la FAO au Pérou. (NB: La situation pour les sans-abri est d’autant plus grave que l’hémisphère sud est encore en plein hiver et que les températures y sont actuellement particulièrement froides…)

La FAO a indiqué avoir déjà recueilli "plus d’un million de dollars (732.000 euros), mais il en faut beaucoup plus pour porter assistance à quelque 160.200 personnes vivant en zone rurale le long des côtes et en montagne", a-t-elle souligné. Elle a expliqué que les fonds serviront à réparer les infrastructures agricoles et de pêche, et à remplacer les moyens de production agricole. Dans les zones urbaines, l’aide portera principalement sur la reprise de la production maraîchère de type familial dans les jardins potagers aménagés autour des habitations et des bâtiments scolaires.

"Une des zones frappées par le séisme, Ica, où vivent près de 700.000 personnes, est la deuxième zone productrice de coton du Pérou. Elle est également une des principales zones productrices de denrées d’exportation importantes comme le raisin, le paprika, le piment et l’oignon", a précisé la FAO.

Le séisme de magnitude 8.0 et intensité VIII a fait 514 victimes, 1090 blessés, il a détruit plus de 35000 bâtiments. Il s’est produit sur le plan de subduction, à 30 km de profondeur, au contact entre la plaque Nazca et la plaque Sud-Américaine, la vitesse de convergence, l’une des plus rapides au monde s’effectuant à près de 8 cm par an… La plaque Nazca, océanique, glissant sous la plaque Sud-Américaine.

La carte des intensités du séisme produite par l’USGS montrant que la capitale (Lima) n’a été que modérément touchée avec des intensités de VI:

 

Violent séisme au Japon

 
Les sauveteurs s’efforçaient mardi de venir en aide aux milliers de sans-abri, dont beaucoup de personnes âgées, tandis le débat sur la sécurité nucléaire prenait de l’ampleur, au lendemain du séisme qui a fait 9 morts et un millier de blessés dans le centre du Japon. En marge des opérations de secours, le gouvernement a réprimandé la direction de la compagnie électrique Tepco après un incendie et une légère fuite radioactive dans sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa, une des plus grandes du monde.

Plus d’un millier de policiers et pompiers ont poursuivi leurs fouilles dans les ruines de centaines de bâtiments détruits par la principale secousse de lundi qui a atteint une magnitude de 6,8 sur l’échelle de Richter. Une personne est toujours portée disparue. "Des opérations de secours tous azimuts sont en cours. Nous n’avons pas de temps à perdre dans l’hypothèse où se trouveraient encore des victimes sous les décombres", a déclaré Masahiko Sato, un porte-parole des secours à Kashiwazaki, la ville la plus touchée (ce sont en effet dans les 3 heures qui suivent le séisme que le plus de survivants sont retrouvés, passées 12 heures, les chances se réduisent rapidement).

Mardi matin, les autorités ont dépêché en renfort 450 militaires et sept bâtiments de la Marine dans la région de Niigata pour participer aux opérations de ravitaillement en eau et en nourriture des rescapés. La Croix-Rouge a envoyé 24 médecins sur place, plus spécialement chargés de s’occuper des rescapés les plus âgés.

Selon le dernier bilan officiel provisoire, le séisme a fait neuf morts (six femmes et trois hommes), tous des septuagénaires et des octogénaires (qui vivent majoritairement dans les maisons traditionnelles en bois qui se sont effondrées), et au moins 1.060 blessés. Les opérations se déroulent sous une forte pluie et dans la crainte des répliques, dont une centaine parfois très puissantes ont déjà frappé la région depuis lundi, a constaté une journaliste de l’AFP.

A dix jours d’importantes élections et au plus bas dans les sondages, le Premier ministre Shinzo Abe, qui s’était rendu aussitôt sur place lundi, a ordonné à ses ministres "d’agir sans délai" pour venir en aide aux victimes. Quelque 12.000 habitants ont passé la nuit dans des écoles et des bâtiments publics transformés en abris de fortune. "Les dégâts sont beaucoup graves que ce à quoi nous nous attendions", a avoué Hiroshi Aida, le maire de Kashiwazaki, un port de 100.000 habitants, adjurant ses administrés d’être "patients". Quelque 340 immeubles ont été complètement détruits et 500 autres endommagés dans les préfectures de Niigata et de Nagano, selon les autorités locales. La circulation est impossible sur plusieurs routes fissurées par la secousse ou bloquées par des éboulements.

Par ailleurs, la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa, à proximité de l’épicentre du séisme, était totalement arrêtée à la suite d’une petite fuite d’eau radioactive et d’un feu dans un tranformateur. Des vêtements et des gants potentiellement contaminés par des radiations sont aussi tombés par terre lors de la secousse. "Je reconnais qu’il y a eu une certaine inefficacité dans nos mesures" de lutte anti-incendie, s’est excusé le président de Tokyo Electric Power (Tepco), Tsunehisa Katsumata, après s’être fait réprimander par le ministre de l’Economie et de l’Industrie, Akira Amari. La lenteur à régler l’incident "pourrait amener les gens à ne plus faire confiance à l’énergie nucléaire", s’est inquiété le ministre. Le Japon, qui dispose de très peu de ressources naturelles, dépend à 35% du nucléaire civil pour son électricité. "Le plus effrayant c’est de penser qu’il puisse y avoir un grave accident à la centrale nucléaire", a déclaré à l’AFP Takumi Nakata, un enseignant de 38 ans, après avoir passé la nuit dans un hébergement d’urgence. "J’espère qu’ils disent la vérité et que cet accident était bénin", a-t-il poursuivi.

La région de Niigata avait subi le 23 octobre 2004 un séisme de magnitude 6,8 qui avait fait 67 morts et plus de 3.000 blessés, et avait fait dérailler un Shinkansen.

Le bilan de ce séisme démontre, malgré la désorganisation relative du système de secours dans les premières heures, la très bonne préparation du Japon à ce type de catastrophes. Le Japon est sans aucun doute le pays le mieux préparé et le mieux protégé contre les tremblements de terre. Pour comparaison, les séismes de Boumerdès en Algérie et de Bam en Iran, avec des magnitudes comparables, avaient fait respectivement plus de 2000 et plus de 40 000 victimes… Reste à s’interroger sur la nécessité d’implanter des centrales nucléaires, hautement sensibles, dans des zones sismiques (même si cette région du Japon n’est pas forcément la plus sismique du pays). En tout cas cette affaire fait un peu désordre…

Voici une carte réalisée par l’USGS sur les intensités observées lors de ce séisme. Plus c’est rouge, plus le séisme a été ressenti violemment… L’étoile est l’épicentre du tremblement de terre.

Houle géante sur la Réunion

 
La Réunion se préparait lundi à l’arrivée d’une nouvelle "houle australe" gigantesque venue de l’Antarctique, tout en s’affairant à réparer les dégâts causés par un premier passage du phénomène, qui a fait deux disparus ce week-end. Selon Météo-France des vagues de 8 à 10 mètres de hauteur, équivalentes à celles observées au cours du week-end, pourraient déferler sur le littoral sud et ouest dans la nuit de lundi et mardi.

Le préfet de l’île a en conséquence interdit pour 24 heures à partir de 15H00 locales (13H00 à Paris) lundi, toutes les activités nautiques ainsi que la circulation piétonne sur le littoral dans l’ensemble des communes des côtes sud et ouest de l’île. Les recherches ont repris lundi matin à Saint-Pierre (sud) pour tenter de retrouver deux pêcheurs portés disparus depuis que leur bateau a fait naufrage samedi soir.

Provoquée par une tempête dans l’antarctique, à plus de 3.000 km de l’île française de l’océan Indien, la violente "houle australe" a causé d’importants dégâts aux habitations et aux établissements situés sur le littoral ainsi que dans les ports où des dizaines de bateaux ont été coulés ou endommagés.
 
Le préfet Pierre-Henri Maccioni, qui s’est rendu lundi dans les zones sinistrées, a annoncé la mise en place prochaine d’un "plan événements météorologiques dangereux" destiné à informer la population et à prévoir des recommandations en cas de vents forts, pluies violentes et houles importantes. De nombreux habitants ont regretté l’absence d’un système d’alerte équivalent à ce qui existe pour les cyclones.
 
"S’il y avait un accident c’était pour ma pomme", a par exemple déclaré lundi à l’AFP Olivier Rousselier, directeur du complexe des Villas du Lagon à Saint-Gilles, zone balnéaire de la côte ouest, déplorant de ne pas avoir été informé de l’arrivée de la houle. Sur place, des ouvriers s’affairaient à édifier une petite digue de sable pour protéger les lieux, où Jacques Chirac a passé des vacances. Au port de Saint-Gilles, pêcheurs et plaisanciers s’activaient lundi à sécuriser les embarcations encore en place, coincées par l’ensablement du port, a expliqué un responsable.
 
Les hôtels du littoral ont également pris des mesures de "sécurisation", selon les responsables du secteur. "Cela n’a rien à voir avec un tsunami. Tout le monde est à nouveau opérationnel" a déclaré à l’AFP Jean-Pierre Bordier, président de la fédération des syndicats du tourisme.
 
Le secteur, déjà fortement éprouvé par l’épidémie du chikungunya en 2006 et le passage du cyclone Gamède fin février, a engagé dès dimanche une communication auprès des tour-opérateurs pour les rassurer. La Réunion n’a accueilli l’an dernier que 280.000 touristes – 130.000 de moins qu’en 2005 – soit une baisse des recettes de 110 millions d’euros, selon le dernier bilan du Comité régional du tourisme.

Les événements du week-end n’ont pas fait que des malheureux. Trois tortues marines ont ainsi réussi à s’échapper des installations d’élevage de la ferme Kelonia de Saint-Leu, un centre de recherche qui a été dévasté. "J’espère qu’elles ont pu passer la barrière de corail", a confié le directeur du centre, Stéphane Ciccione.

Retour au calme pour le Piton de la Fournaise

 
"L’éruption du siècle" du Piton de la Fournaise à la Réunion s’est achevée mardi après dix jours d’une activité exceptionnelle qui n’a pas fait de victime (les volcans rouge ne présentent qu’un danger relatif), mais a donné lieu à des phénomènes jusqu’ici inconnus dans l’île. L’activité a pris fin en début d’après-midi avec l’arrêt du trémor, la vibration qui indique la circulation de la lave dans le sous-sol. Des séismes continuaient toutefois à être enregistrés au sommet du Piton.
 
"Les observations sur le terrain ont montré qu’il n’y avait plus de fontaines de lave" a déclaré Fred Massin, géologue à l’Observatoire volcanologique de la Réunion. Commencée en douceur dans la nuit du 30 au 31 mars, l’éruption a battu tous les records d’intensité en fin de semaine dernière avec l’implosion de l’immense cratère Dolomieu, situé au sommet du Piton à la Plaine des Cafres, à 2.632 mètres d’altitude. Le plateau qui se trouve à l’intérieur – de la taille de dix terrains de football – s’est affaissé de 300 mètres suite à un "effet de vidange": la lave sur laquelle il reposait s’est vidée d’un coup, ce qui a entraîné l’effondrement d’un volume de roches estimé à 500 millions de m3. Des centaines de séismes par heure avaient été enregistrés par l’Observatoire volcanologique juste avant cet événement, à l’ampleur inégalée depuis un siècle.
 
L’activité du volcan s’est également traduite par des jets de lave s’élevant à plus de 200 mètres de hauteur et des coulées "fluide comme l’eau" qui ont déferlé des pentes du Grand Brûlé vers la mer à plus de 60 km, coupant la Route nationale entre les communes de Saint-Philippe et de Sainte-Rose (sud-est de l’île) sur plus d’un kilomètre. La hauteur de ces coulées a atteint par endroits près de 10 m.
 
Vendredi, le village du Tremblet avait été évacué pendant deux heures avant que la population ne soit autorisée à rentrer. Un incendie provoqué dans la forêt par la projection de sable brûlant, issu de la rencontre de la lave et de l’océan, avait fait croire qu’une coulée se dirigeait vers le village. Une douzaine de familles ont toutefois préféré rester chez des proches ou dans un centre d’hébergement, par peur d’une nouvelle alerte. "Ce n’est pas un volcan, c’est un monstre", confiait un résident devant les torrents de lave, les explosions et le grondement du volcan.
 
30 hectares de culture (vanille, bananes, palmistes, fleurs) et 300 ha de forêt primaire ont été détruits par les coulées, selon Guy Rivière, élu de Saint-Philippe et agent de l’ONF. Un bilan matériel donc assez réduit…
 
Le déversement de millions de m3 de lave dans la mer a entraîné la formation d’un nuage de dioxyde de carbone qui s’est répandu au-dessus de l’île, sans danger toutefois pour la population. Une cinquantaine d’élèves de trois écoles de Saint-Joseph ont quand même été évacués. L’éruption a entraîné la mort de centaines de poissons, venus des profondeurs abyssales, entre 500 et 1.000 m. Un phénomène jamais observé par les scientifiques (Ouverture de fissures avec écoulements de lave au fond de la mer?).
 
Le volcan de la Réunion est un des plus actifs de la planète. Il entre en éruption plusieurs fois par an. L’événement attire à chaque fois des milliers de touristes et des Réunionnais qui peuvent s’approcher à quelques mètres des coulées et admirer un spectacle d’une "infernale beauté" selon un touriste belge en vacances. Cette éruption permettra, sans aucun doute, d’attirer les touristes en grand nombre!

Suites du séisme et du tsunami sur les Iles Salomon

 
Le séisme de magnitude 8, survenu lundi au large de l’archipel des Salomon, en Océanie, a soulevé de plusieurs mètres une de ses îles, mettant à nu toute une barrière de corail. Ranongga, une île reculée de la Province Occidentale des Salomon, a échappé, à la différence du reste de la région, à la dévastation provoquée par le tsunami qui a suivi le séisme de lundi. On peut même penser que c’est ce soulèvement local qui est à l’origine du tsunami. Si le séisme avait été lié à un mouvement de subduction, la vague serait partie de la fosse de subduction (au Nord Est de l’archipel) et ce serait plus facilement propagée dans le Pacifique. Là elle est restée locale, à l’arrière de l’arc de subduction…
 
"Un bruit important", raconte à l’AFP Hendrick Kegala, dans l’anglais approximatif qui lui sert de dialecte. "L’eau est partie et n’est  pas revenue", ajoute-t-il. Selon cet habitant, le grondement du séisme a coïncidé avec un retrait de l’océan d’environ 70 mètres et une élévation de l’île de plusieurs mètres.
 
Près d’une semaine plus tard, voilà donc complètement à nu la barrière de corail qui faisait la réputation de l’île. Elle grille sous le soleil ardent, couverte de poissons morts, d’anguilles et de coquillages desséchés, a constaté un journaliste de l’AFP. Les organisations humanitaires n’ont pas encore pu se rendre sur cette petite île de 32 km de long et 8 de large.
 
Mais Jackie Thomas, responsable du WWF, se souvient de l’importance de la barrière de corail. "Les poissons des récifs sont la source principale de protéines des villageois… Ils emploient de plus les coquillages comme outils et comptent sur l’océan pour satisfaire nombre de leurs besoins", explique-t-elle depuis Gizo, capitale de la Province Occidentale. WWF avait participé ces dernières années avec la population locale de l’île à une opération visant à assurer une gestion durable des coraux.
 
"Encore un autre environnement marin détruit", laisse-t-elle tomber. "Les villageois vont devoir aller plus loin pour trouver la même nourriture… C’est toute la chaîne alimentaire qui est perturbée", avertit-elle. Je suis d’accord, mais bon là, il s’agit d’un phénomène naturel. Aux dernières nouvelles, ce n’est pas l’activité humaine qui provoque les séismes! Certes l’écosystème local sera un temps perturbé, mais de nouveaux récifs avec une nouvelle barrière de corail se mettront peu à peu en place. La vie regagnera du terrain à partir des zones restées sous l’eau… C’est au contraire une chance pour les scientifiques d’étudier un phénomène très rare. La vie colonise très vite des nouveaux espaces accessibles. Et je suis sûr qu’après ce désordre temporaire, les groupes écologistes s’étonneront de la profusion de vie qui suivra…

Séisme et tsunami dans les Iles Salomon

 
Peu de personnes connaissent ces îles situées à l’Est de la Nouvelle Guinée, au climat très humide (donc attirant assez peu les touristes…) et qui subissent régulièrement des séismes assez violents puisqu’elles se situent sur une fosse de subduction. Seuls les séismes les plus violents, comme celui-ci, font des victimes. Le tsunami qui a suivi a provoqué une belle panique dans les pays voisins, même s’il est resté local…
 
Douze personnes au moins ont trouvé la mort et d’autres sont portées disparues après le puissant séisme, suivi d’un tsunami, qui a secoué lundi l’archipel des Iles Salomon, provoquant des alertes aux tsunamis dans une partie du Pacifique Sud. Le séisme, d’une magnitude de 8,0 degrés au moins, a détruit des bâtiments et endommagé un hôpital sur l’île de Gizo, au nord-ouest de la capitale des Salomons, Honiara. Un tsunami a ensuite déferlé sur des habitations côtières tandis que des milliers de personnes prises de panique se réfugiaient sur les hauteurs.
 
Sept personnes au moins ont péri à Gizo, la plupart prises au piège chez elles quand les vagues ont envahi la ville. D’autres corps ont été aperçus, mais ne pouvaient pas être récupérés dans l’immédiat en raison de l’importance des vagues, a précisé le gouvernement dans un communiqué. "La vague a atteint dix mètres dans certains villages. Certaines localités ont été balayées", a déclaré Alfred Maesulia, porte-parole du gouvernement des Salomons.
 
"On aurait dit une très grande marée", a déclaré pour sa part à Reuters Danny Kennedy, propriétaire d’un magasin de plongée et responsable politique local de l’île de Gizo. "L’eau est montée de quatre à cinq mètres au-dessus du niveau normal, elle est entrée dans les villages et a tout arrosé."  (Heureusement, elle n’a semble-t-il pas trop déferlé…)
 
"UNE CHANCE QU’IL AIT EU LIEU EN JOURNEE"
 
Le Centre d’alerte aux tsunamis du Pacifique, à Hawaï, situe son épicentre à environ 350km au nord-ouest de Honiara, capitale des Salomons. Il s’est produit vers 06h40 (dimanche 20h40 GMT).
 
Une alerte émise par le centre a également entraîné le déclenchement de mises en garde régionales pour le Japon et l’Australie. Les plages de la côte Est de l’Australie ont été fermées et les liaisons maritimes suspendues dans le port de Sydney par crainte d’une réédition du tsunami de 2004 dans l’océan Indien. L’alerte a été levée neuf heures plus tard. Il semble qu’il n’y ait eu de dégâts que dans la zone de proximité immédiate du séisme.
 
Le Premier ministre des Salomons, Manasseh Sogavare a estimé que ce séisme aurait pu avoir des conséquences beaucoup plus graves s’il s’était produit quelques heures plus tôt, en pleine nuit. "Nous avons de la chance qu’il ait eu lieu en journée. Les gens ont vu la mer se retirer, ce qui leur a indiqué que quelque chose d’anormal se produisait", a dit Sogavare sur CNN. Deux personnes sont mortes sur l’île de Choiseul, dans l’ouest de l’archipel. Et trois autres ont péri sur celle de Mono. "Ces îles de l’ouest sont très éparpillées et il est très difficile pour nous de les atteindre ou d’établir une communication. Mais nous allons y dépêcher une équipe", a précisé Maesulia.
 
LE PLUS VIOLENT DEPUIS 1900
 
Jackson Kiloe, chef de l’île de Choiseul, a déclaré que des vagues très hautes s’écrasaient sur les côtes et que des évacuations avaient été menées. Les services de gestion des catastrophes des Salomons ont déclaré que des problèmes de communications rendaient difficile toute évaluation des dégâts sur l’île de Simbo où, selon la Solomon Islands Broadcasting Corp., des habitants ont fait état de vagues qui ont pénétré jusqu’à 200m à l’intérieur des terres.
 
A Gizo, ville de 20.000 habitants, un hôpital a été endommagé et les patients ont été conduits dans la résidence d’un médecin, sur les hauteurs. On dénombre plus de 2.000 sans-abri. "Il y a d’assez gros bateaux au milieu de la route. De nombreuses maisons sur pilotis sont par terre. Plusieurs villages côtiers ont été totalement rasés", a déclaré Kennedy. Selon le chef du Service de gestion des catastrophes, Julian McLeod, une soixantaine de bâtiments ont été détruits, dont des maisons. "Nous disons aux gens de gagner les hauteurs au cas où il y aurait d’autres vagues. Nous avons l’habitude que des cyclones frappent l’île mais ça, c’est nouveau", a-t-il dit.
 
Les agences géologiques, dont l’australienne et la japonaise, ont mesuré le séisme à 8,1. L’estimation préliminaire de l’Institut de surveillance géologique américain (USGS), de 7,6, a été révisée à la hausse à 8,0. La secousse initiale a été suivie, sept minutes plus tard, par une deuxième secousse, un grosse réplique de réajustement, située plus à l’ouest et d’une magnitude de 6,7, selon l’USGS.
 
Gary Gibson, du Centre sismologique international, a précisé que ce séisme était le plus violent dans les Salomons depuis 1900. La faille, a-t-il estimé, a probablement couvert une superficie de 10.000 km2, soit une zone de 100 km sur 100 km (une distance moyenne habituelle pour un séisme de cette puissance). Cela reste largement inférieur à la faille de 1.300 km qui avait été repérée lors du séisme de décembre 2004 au large de l’île indonésienne de Sumatra. Et oui, quand on monte de 1 en magnitude, on multiplie par environ 10 la longueur de la faille mise en jeu et on multiplie par environ 31.62 la puissance énergétique du tremblement de terre…