Voyage à Pitchipoï de Jean-Claude Moscovici

Voyage à Pitchipoï

L’école des Loisirs, collection « Médium », 1995, 138 pages

Résumé : En 1942, l’auteur a 6 ans. Fils d’une famille juive, il raconte comment une nuit de juillet ses parents ont été arrêtés. Deux semaines plus tard, c’est à son tour de vivre la déportation au camp de Drancy avec sa petite sœur de 2 ans, puis bientôt la clandestinité avec leur mère. A la Libération, ils ont retrouvé leur maison, mais leur père ne devait jamais revenir.

Critique : La littérature sur les enfants juifs cachés ou déportés abonde. Cet ouvrage apporte un témoignage précis de la participation active des autorités françaises de l’époque dans ce crime odieux. Très pédagogique, l’ouvrage décrit les événements, sans chercher d’effets superflus, tout en les replaçant dans leur contexte historique. C’est un livre facile à lire, idéal pour de jeunes lecteurs, qui permet une bonne introduction sur la période de l’Occupation et les persécutions antisémites du régime nazi et de ses alliés de Vichy. Ceux qui ont déjà lu des témoignages sur le même thème n’apprendront pas grand-chose, l’auteur préférant proposer un récit accessible aux plus jeunes. En ce sens, Voyage à Pitchipoï est un récit autobiographique intéressant, souvent émouvant mais jamais voyeuriste à conseiller pour une première approche de la déportation des juifs de France.

3,75/5

Rescapé du camp 14, de l’enfer nord-coréen à la liberté de Blaine Harden

Rescapé du camp 14, de l’enfer nord-coréen à la liberté

Belfond, 2012, 286 pages

Grand Prix de la Biographie Politique 2012

Résumé : Le parcours de Shin, nord-coréen né dans un camp de travail, qui est parvenu à s’enfuir de cette prison et de son pays grâce à un fort instinct de survie et à beaucoup de chance. Le journaliste Blaine Harden fait le récit de cette vie et le replace dans le contexte politique nord-coréen.

Critique : Cette plongée dans le système social nord-coréen est passionnante car, au-delà du témoignage édifiant de Shin, Blaine Harden décrit le fonctionnement inouï de ce régime totalitaire. On découvre comment une élite dirigeante se maintien au pouvoir en réduisant en esclavage la quasi-totalité de sa population dans l’indifférence générale de la communauté internationale.

Mais comme nombre de biographies anglo-saxonnes, on regrettera que l’ensemble soit souvent trop factuel et manque d’émotion. Blaine Harden fait un travail de journaliste complet mais un peu froid. Cela tient aussi à la personnalité de Shin qui n’a toujours connu que le camp et auquel ses geôliers ont appris à n’avoir confiance en personne, pas même en ses parents, réduisant à zéro toute humanité et toute capacité à ressentir la moindre émotion.

Un récit étourdissant qui permet de mieux comprendre ce pays et un témoignage indispensable pour mieux comprendre les souffrances d’un peuple coupé du monde depuis 60 ans.

3,75/5