Pluton encore déclassée…

 
Décidément, la petite planète ne cesse de provoquer le débat chez les astronomes! Une planète voisine, plus grosse a été découverte, du coup certains chercheurs demandent que Pluton soit reléguée au titre de planète naine de second rang… Cette demande risque encore de provoquer scandale et engueulades dans le petit monde de l’astronomie… avec pétitions à la clé!
 
Pluton, déjà déchue de son statut de planète à part entière du système solaire en 2006 pour devenir une "planète naine", vient d’être reléguée au 2e rang de cette nouvelle catégorie par sa voisine Eris, plus grande, ont annoncé jeudi des astronomes américains.Après la découverte d’Eris à proximité de Pluton en 2006, l’Union astronomique internationale (UAI) a décidé de modifier la définition d’une planète de notre système solaire et de créer la catégorie des planètes naines qui sont nichées aux confins du système solaire, dans la ceinture de Kuiper.

La ceinture de Kuiper est une vaste région du système solaire peuplée d’astéroïdes et de noyaux cométaires qui s’étend au-delà de l’orbite de Neptune.

Après avoir découvert Dysnomia, un satellite d’Eris, Michael Brown et Emily Schaller, deux astronomes du California Institute of Technology en Californie (ouest), ont pu mesurer précisément la masse d’Eris avec notamment le télescope spatial Hubble. Eris est environ 27% plus massive que Pluton, selon ces chercheurs dont les travaux paraissent dans la revue Science datée du 15 juin.

Plus de 300 astronomes, surtout des Américains, qui s’étaient prononcés contre le changement de statut de Pluton dans le vote de l’UAI à Prague en 2006, avaient lancé peu après une contre-offensive avec une pétition pour réhabiliter Pluton au rang de neuvième planète du système solaire.

"En tant que spécialistes des planètes et astronomes, nous ne sommes pas d’accord avec la définition de la planète de l’UAI et nous ne l’utiliserons pas. Une meilleure définition est nécessaire", souligne le texte.

Découverte d’une exoplanète de “Glace chaude”

 
Désidément que de découvertes astronomiques depuis quelques mois. Dommage qu’on doive se contenter de regarder!
 
Des astronomes de l’Université de Genève ont découvert qu’une planète tournant autour d’une petite étoile située à trente années-lumière de la Terre pourrait être composée de "glace chaude".Cette exoplanète, connue des scientifiques depuis trois ans, fait 22 fois la masse de notre planète et orbite autour d’une "naine rouge" baptisée GJ436, souligne mercredi l’Université de Genève dans un communiqué.

La planète, l’une des quelques 220 connues à ce jour pour exister en dehors du système solaire, avait été découverte par la méthode dite des "vitesses radiales", qui donne incidemment de bonnes indications sur sa masse. Depuis l’observatoire OFXB de Saint-Luc (Valais), les astronomes suisses ont cette fois-ci surpris la planète lorsqu’elle transitait entre son astre et la Terre. La mesure de l’infime atténuation de la luminosité de l’astre par son satellite leur a permis de déterminer la taille de la planète.

En croisant les deux mesures – masse et taille de l’exoplanète – les astronomes ont pu en déduire sa densité. Et, surprise, cette densité ne correspondait ni à celle d’une planète rocheuse, comme la Terre, ni à celle d’une planète gazeuse. Cette planète devrait en fait être composée d’eau.

Selon les chercheurs suisses, la proximité entre la planète et son étoile, ainsi que le vraisemblable effet de serre qu’elle subit, permettent d’évaluer la température à sa surface à plus de 300 degrés centigrades. Si l’eau de son atmosphère se trouve donc à l’état de vapeur, celle à l’intérieur de la planète devrait exister sous forme de glace chaude, un état de l’eau inconnu sur la Terre, mais déjà reproduit en laboratoire.

"A très haute pression, la glace se transforme d’abord en eau liquide, puis en solide plus dense que l’eau et la glace, de la même manière que le carbone – sous forme de graphite – se transforme en diamant sous la pression", explique Frédéric Pont, spécialiste des transits à l’Université de Genève. "Si nos océans étaient beaucoup plus profonds, ces formes exotiques de glace se formeraient sur leur fond", ajoute M. Pont, cité dans le texte.

Les astronomes suisses vont maintenant tenter d’analyser l’atmosphère de la planète, par analyse spectrographique de la lumière de l’étoile, avant et pendant son occultation par son satellite. Par soustraction, ils devraient pouvoir déduire les éléments constituant l’atmosphère de l’exoplanète. Ces mesures sont impossibles depuis le sol – l’atmosphère terrestre contenant de la vapeur d’eau – et devront être effectuées par les télescopes spatiaux Hubble et Spitzer. "Mais c’est une expérience très difficile à mener, du fait de la faible taille de la planète", souligne M. Pont.

Le télescope qui a servi à cette découverte est un télescope amateur de 60 centimètres, implanté près du mont Cervin. "Pour la mesure des transits, l’équipement n’est pas si important. Il faut être là au bon moment et les grands observatoires ne sont pas disponibles pour ce type de mesure", ajoute-t-il.

Une planète habitable hors du système solaire?

 
Pour la première fois, des astronomes ont découvert une planète située hors de notre système solaire où les conditions pourraient être réunies pour accueillir la vie, avec une température moyenne qui serait proche de celle de la Terre, et peut-être même de l’eau. Selon les chercheurs européens auteurs de la découverte, il s’agit d’un grand pas dans la quête de la vie dans l’univers. Cette exoplanète, de taille idéale, pourrait posséder de l’eau sous forme liquide, et se situe, à l’échelle galactique, à une distance relativement réduite de la Terre: 193.000 milliards de kilomètres.

Elle a été découverte à l’Observatoire européen austral (ESO) de La Silla, au Chili, qui possède un instrument spécial analysant la lumière capable de révéler la présence de planètes extrasolaires. Les résultats de ces recherches n’ont pas encore été publiés, mais ont été soumis à la revue "Astronomy and Astrophysics".

Selon les premiers éléments, la planète abrite une température moyenne comprise entre 0 et 40 degrés Celsius, elle est 14 fois plus proche de son étoile que la Terre du Soleil, et la gravité y est 1,6 fois plus élevée que sur Terre. Gliese 581, l’étoile autour de laquelle la planète orbite en 13 jours, est une "naine rouge", beaucoup plus petite et moins chaude que notre Soleil.

Les chercheurs n’ont pas déterminé avec certitude s’il s’agissait d’une planète rocheuse comme la Terre ou bien d’une boule de glace avec de l’eau en surface. Dans le premier cas, son diamètre serait une fois et demie plus grand que celui de la Terre, et dans le second, elle serait encore plus grande. En théorie, l’astre devrait posséder une atmosphère.

De nombreuses inconnues demeurent au sujet de cette planète, baptisée 581c, qui pourrait au final s’avérer hostile à la vie. Il faut également noter qu’elle répond aux mêmes critères scientifiques d’habitabilité que Mars: une taille proche de celle de la Terre et des températures qui permettraient la présence d’eau liquide. C’est la première fois qu’une planète située hors du système solaire remplit ces critères.

"C’est un pas significatif dans la recherche de vie possible dans l’univers", souligne l’astronome Michel Mayor, de l’Université de Genève, membre de l’équipe de 11 scientifiques européens auteurs de la découverte. "C’est une belle découverte. Nous avons encore beaucoup de questions." Mais "cela ne signifie pas qu’il y a de la vie, mais que c’est une planète comparable à la Terre en terme d’habitabilité potentielle", a commenté l’expert en astrobiologie de la NASA Chris McKay, qui n’a pas participé à la découverte.

Outre le fait qu’elle possède la bonne température, la planète contient probablement de l’eau liquide en abondance, avance Stéphane Udry, astronome de Genève et principal auteur de l’étude. Mais cette hypothèse se fonde sur des déductions, pas sur des preuves, ajoute-t-il. "L’eau liquide est essentielle à la vie telle que nous la connaissons", précise dans un communiqué Xavier Delfosse, de l’université de Grenoble, co-auteur de l’étude. "En raison de sa température et de sa proximité relative, cette planète sera très probablement un objectif très important de futures missions spatiales consacrées à la recherche de vie extraterrestre."

D’autres astronomes préviennent toutefois qu’il est trop tôt pour se prononcer sur la présence d’eau. "Il faut davantage de recherches avant de pouvoir dire qu’il y a ou non de l’eau", souligne Steve Maran astronome à la retraite de la NASA. L’étoile de 581c est située à 20,5 années-lumière ce qui fait de Gliese 581 l’une des 100 étoiles les plus proches de la Terre. Sa lumière est si faible qu’elle n’est toutefois visible qu’au télescope, dans la constellation de la Balance. Les astronomes pourraient finir par découvrir des dizaines voire des centaines d’exoplanètes considérées comme habitables. Mais 581c restera comme la première de l’histoire.