Ignorance et démagogie en politique : le cas Sarkozy / Fessenheim

Je ne souhaitais pas m’exprimer politiquement au cours de cette campagne sur mon blog, comme j’avais pu le faire en 2007, mais un récent discours de notre candidat-président m’a littéralement mis hors de moi et amené à rédiger cet article.

Que cela soit dit d’entrée, pour éviter tout faux procès, je ne suis ni un pro ni un anti-nucléaire, j’analyse simplement les faits avec un oeil de géographe (ma formation universitaire), spécialisé dans les risques (notamment sismiques). Je suis attaché à l’indépendance énergétique de mon pays, à l’intérêt du nucléaire comme faible émetteur de gaz à effets de serre, mais aussi à la santé et à la sécurité de mes concitoyens.

Pour en revenir à ce discours, Monsieur Sarkozy s’exprimait, avec l’arrogance qu’on lui connait quand il pense maîtriser son sujet, sur la centrale nucléaire de Fessenheim et la volonté de François Hollande de la faire fermer en s’appuyant sur le retour d’expérience de Fukushima. Le Président dit alors, très fier de sa blague, « j’ai bien regardé sur la carte, il n’y a pas de mer à Fessenheim, il n’y a donc pas de risque de tsunami et de danger pour la centrale », et la salle, ignorante des enjeux, de partir dans un grand éclat de rire… A ce stade là, s’impose un petit cours de géographie physique de la France :

Alors non, je vous rassure, je ne vais pas vous dire qu’il y a un risque de tsunami à Fessenheim ! Mais le triple objectif de Sarkozy à travers cette saillie est clair :

1. Donner à penser que François Hollande est au mieux incohérent, au pire un inculte, incapable de diriger la France.

2. Clore toute tentative de débat sur le danger que représentent certaines centrales nucléaires en France.

3. Se faire passer pour le seul candidat capable de défendre l’emploi ouvrier et la filière du nucléaire en France.

Pourtant, Nicolas Sarkozy a faux sur toute la ligne. La démagogie et sans doute même, et c’est plus grave, l’ignorance le poussent à commettre cette triple erreur. Je parle bien d’ignorance liée à ses certitudes, car sinon cela serait de la malhonnêteté et je ne peux croire en la malhonnêteté de la Présidence de la République…

Mais revenons-en à la centrale de Fessenheim. Effectivement le risque de tsunami est très faible, tout le monde en conviendra, pourtant les risques d’inondation ont été réévalués en 2011 suite à la catastrophe japonaise ! Le Rhin reste un fleuve aux crues parfois spectaculaires… Mais l’on se rapproche d’autant plus de Fukushima, qu’à Fessenheim il existe un risque sismique bien réel.

Le nouveau zonage sismique de la France, proposé par le BRGM (Bureau de Recherche Géologique et Minière) et entré en vigueur le 1er mai 2011, place 5 centrales nucléaires françaises dans des zones à risque modéré (niveau 3 sur 5). A Fessenheim qui s’y trouvait déjà auparavant, se sont ajoutées les centrales du Bugey, de Saint Alban, de Cruas et du Tricastin.

Ce nouveau zonage sismique, probabiliste qui s’appuie sur l’ancien zonage déterministe (sismicité historique) auquel s’ajoute la prise en compte des lignes de failles et des preuves géologiques de leurs mouvements, souligne la forme des principaux massifs montagneux (Alpes et Pyrénées essentiellement), auxquels il faut ajouter le fossé d’effondrement rhénan (Alsace), le Puy-de-Dôme et les lignes de failles liées aux anciennes chaînes varisques.

La carte de France des centrales nucléaires en France en fonction de la nouvelle classification des aléas sismiques.

Source : BRGM, L’Expansion

Fessenheim est donc bien située à proximité de lignes de failles (un fossé d’effondrement géologique) et présente un risque en cas d’occurrence d’un tremblement de terre. N’oublions pas qu’en 1356, un puissant séisme, localisé à Bâle, a fortement impacté la région, fait plusieurs milliers de victimes et provoqué d’importantes destructions.

Ce risque est souligné par un rapport du bureau d’études suisse, Résonance, dès 2007, qui indique que « la réévaluation de l’aléa sismique, telle que proposée jusqu’à présent par EDF en vue de la 3ème visite décennale de la centrale de Fessenheim, mène à une sous-estimation prononcée de l’aléa et n’est donc pas acceptable. ». Pour ce qui concerne le dimensionnement de la centrale, le bureau d’études suisse juge « impératif de procéder à un contrôle sismique approfondi des bâtiments et des installations ».

Cela est d’autant plus inquiétant que la centrale nucléaire de Fessenheim est une installation régulièrement qualifiée de vieillissante.

Alors Nicolas Sarkozy, avant de donner des « cours » de géographie à ses concurrents, serait bien inspiré de revoir son histoire… La politique de l’autruche qu’il mène sur la centrale de Fessenheim met en danger la vie de milliers de ses compatriotes, mais aussi de milliers de nos voisins allemands et suisses.

Le débat sur la fermeture de cette centrale nucléaire (et sans doute d’autres à venir en France) ne peut être évité. Quant à la sauvegarde de l’emploi, le démantèlement des centrales nucléaire demande plusieurs décennies et les employés peuvent être largement reconvertis à ces tâches.

La reconversion énergétique demande du temps et de la réflexion, encore faut-il ne pas agir dans l’urgence et attendre qu’une catastrophe se produise pour se réveiller. Cette transition peut être réalisée en douceur, sans casse sociale, mais certainement pas, comme le propose Nicolas Sarkozy, en laissant la situation peu à peu se dégrader jusqu’au point de rupture.

Discours raciste de Sarkozy, silence scandaleux des médias!

 
Les médias trop occupés à encenser le président revenu spécialement de ses vacances de milliardaire, ont semble-t-il oublié de parler de son discours de Dakar… Ce n’est pas la première fois que les médias oublient de rapporter certains propos très limites de notre président. On commence à en avoir l’habitude. Mais non, on vous dit que nos médias sont libres et que nos journalistes font leur boulot! Juste qu’ils oublient de parler des choses sans importance comme ces propos de M Sarkozy qui font scandale dans le monde entier, mais dont aucun média français ne parle… Voilà la teneur de ses propos que l’on peut retrouver sur le site de l’Elysée! Pas besoin donc de beaucoup de recherches, mais bon les journalistes dont on savait déjà qu’ils ne savaient plus écouter, ne savent visiblement plus lire non plus…
 
Extraits :
Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.

Ou encore, un peu plus loin: « L’Afrique a sa part de responsabilité dans son propre malheur : la colonisation n’est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux »
 
En terme peu diplomatique, cela s’appelle une insulte! Sarkozy a une conviction : la suprématie supposée de la « civilisation » occidentale. C’est simple : il demande aux Africains « d’assimiler » une part de cette civilisation pour sortir de la misère. Et là, il n’est pas loin des thèses des néoconservateurs américains et des milieux racistes de l’extrême droite européenne.
 
Une nouvelle fois, Sarkozy démontre qu’il n’a aucune connaissance historique et aucune culture! Les problèmes post-coloniaux sont liés au fait que les puissances européennes ont imposées des frontières ne correspondant pas aux bassins de peuplement, linguistiques et ethniques. Les européens ont imposé aux africains le concept de nation qui n’a aucun sens dans les cultures africaines. Ils ont aculturé les africains. Les uns ont armé des dictateurs et les autres leurs opposants dans le cadre de luttes d’influences, ils ont soufflé sur les braises afin de vendre plus d’armes. Ils ont pillé les richesses du sous-sol (pétrole, gaz, diamants, or…) mais aussi des sols (destructions des forêts primaires équatoriale pour récupérer les bois exotiques rares), ils ont imposé des types de cultures qui appauvrissent les sols (monocultures du cacao, ananas, haricots vert…) et rendent l’Afrique dépendante sur le plan alimentaire des pays occidentaux… Et Sarkozy vient nous dire ensuite que ce sont les africains qui sont responsables de leur situation, que ce sont des retardés incapables de se développer. Mais c’est nous, occidentaux qui les maintenons dans un état de dépendance! 
Le discours de Sarkozy est tout simplement honteux et scandaleux et démontre une grave méconnaissance de l’Afrique et de ses réalités sociales, économiques et culturelles! Alors non la colonisation n’est pas responsable de tout mais le néolibéralisme et le néocolonialisme qu’il engendre ont pourtant une très grande part de culpabilité dans les problèmes actuels de l’Afrique…

Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès.

Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne mais l’homme reste immobile au milieu d’un ordre immuable où tout semble être écrit d’avance.

Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin.

La vidéo de Sarkozy vue 7,5 millions de fois!

 
Un artcile passionnant décrypte ce phénomène sur AgoraVox:
Pour ceux qui n’avaient pas encore fait le rapprochement, nous parlons depuis deux billets de la maintenant célèbre vidéo d’Eric Boever, présentateur d’un journal télévisé de la RTBF, qui a présenté les images de la conférence de presse de Nicolas Sarkozy au G8 en annonçant que ce dernier n’avait sûrement pas bu que de l’eau. Depuis la mise en ligne de la première de ces vidéos (depuis, plus de 150 versions ont été postées tant sur Dailymotion que sur Youtube) le 8 juin par un jeune Belge de 20 ans nommé Thomas Lesui, la séquence a connu un succès phénoménal comme rarement sur le Web dans le passé.
7 427 500 visionnages. C’est le chiffre hallucinant atteint en 117 heures (un peu moins de cinq jours) pour cette vidéo. Ce qui étonne encore plus c’est la courbe d’évolution des visionnages de l’ensemble de ces vidéos qui ne montre aucun ralentissement depuis deux jours dans son rythme effréné de 100 000 visionnages supplémentaire par heure (chiffre régulier de jour comme de nuit prouvant ainsi le caractère international du phénomène).
 
Notons au titre des performances de cette vidéo le fait qu’elle est en passe de devenir la 2e vidéo la plus vue de toute l’histoire de Dailymotion (elle dépassera bientôt la vidéo "Le vrai Sarkozy" qui a mis plus d’un an à atteindre les presque 3 millions de visionnages sur Dailymotion seulement) et qu’elle occupe la 1e, 9e, 11e et 14e position au classement des vidéo les plus vues dans le monde au cours de la dernière semaine sur Youtube.
L’intervention du président de la République n’avait que très peu intéressé les médias français (contrairement à nombre de médias étrangers) mais les excuses publiques du journaliste de la RTBF ont par contre provoqué une dépêche de l’AFP. De plus il est intéressant de noter que ce qui avait été considéré comme un non-évènement par la quasi-totalité des médias français s’impose finalement comme un évènement par l’intérêt que les internautes du monde entier y portent (même si pour le moment le véritable impact de la vidéo reste largement sous-évalué). Ainsi, alors que lundi il était quasiment impossible de trouver mention de l’affaire c’est maintenant plus de 80 articles que propose de lire Google Actualité sur le sujet.
 
Au rythme de consultation observé, rythme qui, comme nous le disions, ne montre aucun signe de ralentissement, la vidéo dépassera l’audience d’un 20 heures de TF1 avant demain matin (8,5 millions), des deux journaux du soir (TF1 et France 2) cumulés sous 48 heures et de la finale de la Coupe du monde de 1998 (plus haute audience de l’histoire en France avec plus de 20 millions de téléspectateurs) d’ici lundi prochain et ceci auprès des internautes du monde entier.
Deux questions alors se posent à nous au regard de ces chiffres qui donnent le vertige
 
Cette vidéo ne signe-t-elle pas la première victoire symbolique du Web sur la télévision comme média de masse et d’influence en offrant une exposition à des images supérieure à celle qu’elles auraient eu si la télévision les avaient diffusées ?
Sachant que l’Elysée a déclaré qu’il n’était pas dans ses habitudes de commenter les plaisanteries de mauvais gout, peut-on considérer que devant l’impact mondial de cette vidéo et ses conséquence négatives sur l’image de la France et du nouveau président, il s’agit d’une simple plaisanterie et non pas de la première "crise d’image mondialisée" du président Sarkozy ?
 
 
Personnellement, ce qui m’intéresse ce sont les commentaires des internautes à propos de cette vidéo. On assiste à une véritable divinisation, ou sanctification, de Sarkozy. Ce sont la plupart du temps des commentaires assassins contre le journaliste belge (ou la Belgique en général) assez hallucinants comme s’il était interdit de dire le moindre mal du Président. C’est étonnant de voir cette absence de recul critique, cette adulation sans borne, quasi monarchique, que l’on retrouve d’ailleurs également chez bon nombre de journalistes. On s’aperçoit qu’il y a actuellement en France une perte totale d’objectivité. Quand je vois un tel culte de la personnalité (le caractère de Sarkozy n’y est sans doute pas pour rien…), cela m’amène à m’interroger sur les dérives de notre régime présidentiel, dont le modèle me semble dépassé et nécessite sérieusement d’être remis en cause dans un pays qui se veut une grande démocratie apaisée. Les dérives irrationnelles auxquelles on assiste actuellement me semblent particulièrement graves, comme si les français souffraient d’une forme d’hallucination collective, une altération partielle mais durable de leur sens critique, de leurs capacités d’analyse et de jugement. On pourrait presque se dire que Sarkozy a vendu du rêve aux français qui ne veulent surtout pas se réveiller, préférant se bercer de douces illusions. Le réveil au matin risque d’être très difficile… C’est cela que l’on doit appeler l’état de grâce…

16 témoignages et 16 raisons de ne pas voter Sarkozy

 
Je sais, j’y vais fort depuis 10 jours, mais il vaut mieux prévenir avant car une fois qu’il sera élu, il sera trop tard…
 
Donc, pour toutes les personnes qui envisagent encore de voter Sarkozy, ou qui hésitent, ou veulent s’abstenir, je vous invite vivement à visionner ce documentaire (cliquez sur le titre ou ici pour aller sur le site…). Prévu initialement pour passer sur une chaîne du groupe France Télévision, il a été censuré et n’a été diffusé nulle part… On se demande bien à cause de qui…
 
Un documentaire édifiant avec des témoignages de personnes connaissant parfaitement leur sujet… Une nouvelle fois, vous ne pourrez pas dire que je ne vous avais pas prévenus…
 

Un film de THOMAS LACOSTE (66′)

" Seize militants et chercheurs, seize regards acérés sur le monde que nous prépare Nicolas Sarkozy. Ni haine, ni diabolisation, mais la réalité d’une droite décomplexée en passe d’accéder au pouvoir. Une déconstruction implacable de la rhétorique sarkozyste, à voir d’urgence… Avant qu’il ne soit trop tard ! ".

Avec la participation de Jeanne Balibar (comédienne), Monique Chemillier-Gendreau (juriste), Anne Debrégeas (Fédération Sud-Energie), Eric Fassin (sociologue), Hélène Franco (Syndicat de la magistrature), Susan George (économiste), Michel Husson (économiste), Bruno Julliard (Uunef), Christian Lehmann (médecin), Nacira Guenif-Souilamas (sociologue), Thomas Heams (Convention pour la 6e République), Richard Moyon (Réseau Éducation Sans Frontière), Thomas Piketty (économiste), Emmanuel Terray (ethnologue), Louis-Georges Tin (maître de conférence, CRAN), Alain Trautmann (Sauvons la Recherche !).

Sarkozy et la droite censurent un journal qui leur est défavorable!

Alors que des menaces – non dissimulées! – sur la presse et sur les députés UDF hésitant à rejoindre l’UMP se multiplient. Alors qu’un décret vise à censurer et fliquer l’internet français au nom de la lutte contre le terrorisme. Aujourd’hui, l’oeuvre de censure de la droite contre la presse hostile (de gauche) et contre la presse gay se poursuit au nom de la protection des moeurs et des mineurs… Nous voilà revenus au début des années 60… Merci qui? Merci Monsieur Sarkozy! (Vous savez celui qui prône la modernité et l’ouverture dans tous ses discours! Celui qui se dit vouloir être le président de tous les français… sauf évidemment de ceux qui ne pensent pas comme lui…). Cette fois-ci c’est le magazine gay Illico qui est dans la ligne de mire. Voici la lettre ouverte de son rédacteur en chef…

Le magazine gay Illico menacé d’interdiction par le ministère de l’Intérieur

Le magazine gay gratuit Illico vient de recevoir un courrier du ministère de l’Intérieur qui le menace d’interdiction pour la présence de publicités pour des sites Internet ou téléphoniques de rencontres ainsi que ses critiques de films X. (Dans tous les magazines télé on retrouve des publicités pour des numéros de téléphone X surtaxés!!!!! Ils ne sont pas interdits pour autant!!!!)

Une coïncidence troublante alors que le contenu du magazine n’a pas varié depuis des années, mais que le magazine mène une campagne très hostile à l’élection de Nicolas Sarkozy.

La rédaction d’Illico est tombée des nues ce matin à la lecture du courrier recommandé signé du Sous-directeur des libertés publiques du ministère de l’Intérieur (Marc-André Ganibenq) qui menace le titre d’interdiction à travers l’utilisation d’un article bien connu des éditeurs de presse (l’article 14 de la loi n°49.956 du 16 juillet 1949) qui vise officiellement à protéger la jeunesse et qui, selon une interprétation très restrictive, peut aboutir à sa disparition.

Le courrier en question reproche à Illico de publier « des textes et de photographies de nature pornographique susceptibles de choquer les mineurs qui pourraient l’acquérir ». En cause, en particulier, la rubrique chroniquant les films X (sous le titre Rayon X) et la présence « en quantité de publicités pour des sites internet ou des serveurs de rencontres par téléphone explicitement sexuelles ». Le courrier affirme en particulier que l’illustration de la chronique de films X comporterait des images présentant « des sexes masculins en érection ».

Or la réalité est tout autre. La rubrique Rayon X publie de nombreuses années des critiques de films X, comme certains confrères de la presse gay, ­Têtu en particulier. Les illustrations qui accompagnent ces articles sont soit de la couverture du dvd si elle ne présente pas de sexe en érection, soit une autre image du film ou encore une reproduction « floutée » de la partie représentant un sexe en érection.

Le courrier du ministère ne donne d’ailleurs aucune précision sur un exemple quelconque qui aurait pu entrer dans le champ des reproches qui nous sont adressés. Sous-entendant que la pratique courante d’Illico serait de présenter des sexes en érection.

Même absence de fait précis pour ce qui concerne les publicités pour les serveurs internet et téléphone de rencontres. Aucune publicité ­— contrôlées à la fois par les annonceurs et le support qui les publie — n’est mentionnée comme pouvant poser un problème en particulier. Notons, là encore, que les mêmes publicités sont publiées simultanément par tous les supports de presse gay (Têtu, 2Xparis, Préf, BabyBoy, etc…).

Quant au risque que ces textes et images atteignent la jeunesse, faisons observer qu’Illico n’est pas diffusé en kiosque, mais strictement dans un réseau d’établissements fréquentés par une clientèle homosexuelle majeure (bars, discothèques, saunas, sex clubs) dont l’accès est précisément interdit aux mineurs (On protège les mineurs de magazines diffusés dans des lieux auxquels ils n’ont pas accès!!!!!!!!! Hypocrisie de la censure voulue par Sarkozy!!!!!).

Il y a donc quelque chose de profondément troublant dans l’activation de cette procédure à l’encontre d’Illico qui publie sans discontinuer depuis mars 1988 un contenu qui n’a jamais été assimilé par quiconque depuis près de 20 ans à un magazine pornographique mettant en danger la jeunesse de France.

En revanche, Illico est un média d’information gay essentiellement centré sur l’actualité politique et sociale de la communauté LGBT. Et c’est aussi un média militant qui n’a jamais mis son engagement dans sa poche, en particulier depuis plusieurs mois, pour affirmer son opposition à l’ex-ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, qui dispute l’élection présidentielle en cours.

De là à voir une coïncidence entre ces éléments, il n’y a sans aucun doute que notre paranoïa bien connue à l’égard de cet homme politique, de ses méthodes et de son emprise sur les services de l’Etat qui l’étaye.

Illico va, bien entendu, faire valoir auprès des services de la Direction des libertés publiques ses arguments et tenir ses lecteurs et la communauté gay au courant de l’évolution de ce dossier. Nos lecteurs doivent savoir que peu de publications ayant été l’objet de la procédure qui frappe aujourd’hui Illico en ont réchappé. La quasi-totalité des titres de presse concernés ont été frappés d’interdiction définitive.

Au-delà de ce risque administratif, l’image d’Illico est attaquée, sa crédibilité éditoriale et commerciale abîmée. Le magazine destabilisé. Et au-delà d’Illico même, la presse homosexuelle dans son ensemble se trouve menacée par les attaques infondées contre l’un de ses titres les plus anciens et les plus emblématiques.

Nous abordons incontestablement une période inquiétante.

Jacky Fougeray, directeur de la rédaction d’Illico

J’avais déjà souligné à plusieurs reprises l’homophobie latente de Sarkozy, en voici un nouvel élément de preuve indiscutable!

Quand Sarkozy et la droite envisagent de tuer Internet en France…

Un nouveau décret gravement liberticide pondu par le gouvernement! Faites connaître ce texte autour de vous!
Sous prétexte de surveiller au plus près les internautes, un décret d’application de la loi sur la confiance dans l’économie numérique du 21 juin 2004, exige que les éditeurs de sites, les hébergeurs, les opérateurs de téléphonie fixe et mobile et les fournisseurs d’accès à Internet, conservent toutes les traces des internautes et des abonnés au mobile, pour les délivrer à la police judiciaire ou à l’Etat, sur simple demande.Au-delà du coût incroyable que cette conservation représenterait, cette mesure ne pourrait que déclencher une défiance immédiate des Français à l’égard de leur téléphone mobile ou fixe, comme à l’égard des acteurs français d’Internet, assassinant instantanément l’économie numérique française, pourtant décrite comme stratégique par nos chers candidats.

Le décret en préparation exprime le fantasme « Big Brother » : tout savoir sur tout et tous, même l’impossible. Selon ce texte, les opérateurs téléphoniques, les fournisseurs d’accès à Internet, les hébergeurs et les responsables de services en ligne (sites Web, blogs, etc.), devraient conserver pendant un an à leurs frais toutes les coordonnées et traces invisibles que laissent les utilisateurs lors d’un abonnement téléphonique ou à Internet, lors de leurs déplacements avec un téléphone allumé, lors de chaque appel ou de chaque connexion à Internet, de chaque diffusion ou consultation sur le Web d’un article, d’une photo, d’une vidéo, ou lors de chaque contribution à un blog.

En substance, devraient être conservés les mots de passe, « pseudos », codes d’accès confidentiels et autres identifiants, numéros de carte bancaire, détails de paiement, numéros de téléphone, adresses e-mail, adresses postales, le numéro de l’ordinateur ou du téléphone utilisé, le moyen d’accès à un réseau, les date et heure d’appel, de connexion et de chacune de leurs consultations ou contributions sur un site Internet.

A tant vouloir être exhaustif, le texte imposerait d’identifier quiconque, en France, aura mis en ligne, modifié ou supprimé une virgule dans son blog, un « chat », ou sur le Web. Techniquement, on peut, certes, tenter de savoir qui s’est connecté à un site et constater sur Internet ce qu’il diffuse à un instant donné.

Mais en cherchant à conserver la trace de la publication d’un contenu qui aura, par la suite, été retiré, le texte impose de facto de mémoriser systématiquement tout ce qui est mis en ligne, modifié et supprimé sur « l’Internet français ». De l’avis unanime des spécialistes, c’est économiquement et techniquement impossible. Même les Etats-Unis de George W. Bush et leur « Patriot Act » post-11-Septembre n’ont jamais envisagé pareille conservation ou réglementation, qui soulèverait sans doute l’opinion publique américaine d’aujourd’hui, mais s’opère sans bruit en France.

Le coût, aussi bien pénal qu’économique, d’un tel dispositif serait colossal pour la France. En cas de résistance, ou juste de passivité, la sanction encourue est lourde : les fournisseurs d’accès à Internet ou les sites Internet français qui ne conserveraient pas toutes ces données seront passibles de 375 000 euros d’amende et leurs dirigeants, d’un an d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende, sans compter la fermeture de l’entreprise, l’interdiction d’exercer une activité commerciale, etc.

Lors d’une réunion organisée en catimini le 8 mars 2007 par les ministères de l’intérieur et des finances – le ministère de la justice jouait, une nouvelle fois, les absents -, certains professionnels ont fait valoir, notamment, que cette conservation leur coûterait très cher en stockage informatique et en moyens humains. De plusieurs dizaines de milliers à plusieurs millions d’euros par an de perte nette.

Pourtant, la plupart des sites Web, les Web radios, les blogs, la vidéo à la demande ou mobile, sont encore en quête d’un modèle économique pérenne. Déjà insécurisée par la complexité des enjeux de propriété intellectuelle, l’économie numérique de demain – celle du contenu et pas seulement de l’accès – serait encore fragilisée par une telle surenchère réglementaire franco-française.

En imposant aux entreprises françaises d’être des auxiliaires de justice ou des « indics », l’Etat fragilise tout un pan de l’économie de demain et de la démocratie d’aujourd’hui, en favorisant qui plus est, la domination déjà outrancière des grands acteurs internationaux de l’Internet, qui ne seront pas impactés à l’étranger. (Et après Sarkozy vient nous parler de modernité!) Jusqu’alors, seuls les fournisseurs français d’accès à l’Internet et hébergeurs étaient soumis à cette exigence et l’Etat, qui avait promis des compensations financières aux coûts induits par une surveillance des moindres faits et gestes de leurs clients, met tant de mauvaise grâce à s’acquitter des indemnités dues que certains d’entre eux ont renoncé à en réclamer le règlement, préférant envisager la délocalisation pure et simple de leurs activités…

Ces menaces proférées par quelques poids lourds de l’Internet en France font sourire Bercy, qui semble n’avoir pas encore compris qu’Internet est un réseau mondial dont de nombreux prestataires peuvent s’établir et payer leurs impôts presque où bon leur semble.
Il reste que la confusion des genres est totale. Toutes les données conservées seraient accessibles à la police administrative (RG, DST, etc.) comme à la police judiciaire, pendant un an. Les réquisitions administratives pour la « prévention du terrorisme » seraient également conservées un an dans des fichiers tenus par les ministères de l’intérieur et de la défense. Les réponses à ces mêmes réquisitions – nos traces, donc – seraient, pour leur part, conservées pendant trois ans supplémentaires et communicables à la police judiciaire.
Ainsi, des données récoltées sur la base de requêtes administratives initialement motivées par la prévention du terrorisme pourraient se retrouver dans le dossier d’un juge d’instruction en charge d’une affaire de droit à l’image, de diffamation ou de contrefaçon, par exemple, sans que les personnes mises en cause par des traces informatiques vieilles de 4 ans, puissent connaître – ni contester – l’origine ou la pertinence de ces données, ni le contexte dans lequel elles avaient été recueillies, en dehors de toute procédure judiciaire, sans magistrat ni contradictoire, quatre ans auparavant.

Ce projet de décret constitue donc une véritable menace de mort. Il est inquiétant pour trois raisons essentielles. D’abord, le coût. A vouloir faire conserver et restituer par les entreprises, sous peine d’investissements à perte, de prison et d’amendes, des traces qu’elles n’ont pas de raisons ou de possibilité d’avoir, la France créerait une distorsion de concurrence au détriment de sa propre économie numérique, pourtant motrice de notre croissance. Un internaute choisira plus aisément un site non surveillé qu’un site français pour s’informer, même s’il n’a rien à craindre de sa recherche.

Ensuite, la confusion entre le renseignement d’Etat et la justice, qui relègue la séparation des pouvoirs au rang de fiction juridique. Enfin, le risque qu’un tel dispositif ferait peser sur la régularité des procédures judiciaires au regard de notre procédure pénale. C’est-à-dire le risque de priver une politique de sécurité de toute efficacité.

Certes, le gouvernement consultera la CNIL, brandie en épouvantail par les ministères. Mais l’avis de celle-ci, même défavorable, sera dépourvu du moindre effet juridique depuis la refonte de la loi informatique et libertés intervenue en 2004. Certes, l’équilibre entre sécurité, croissance, libertés et efficacité est complexe. Au demeurant, aucune de ces valeurs ne s’illustre dans ce projet de décret, dont la rédaction est aujourd’hui laissée à un consensus entre technocrates et techniciens qui, quels que soient les résultats des échéances électorales, seront encore là demain.

Ce qui pourrait n’être qu’un décret illisible de plus est aujourd’hui une menace de mort pour le développement du numérique en France et pour tous les acteurs concernés de près ou de loin par celui-ci, de la presse aux blogueurs, en passant par la grande distribution, les opérateurs de téléphonie, les fournisseurs de logiciels, les fabricants d’ordinateurs, etc. (Et Sarkozy qui veut être le président de tous les français… Là il en perd visiblement un certain nombre en route…)
Sous prétexte de lutter contre la menace réelle du terrorisme, l’Etat français prend – comme aucun autre – le risque de tuer une part non négligeable de l’avenir du pays, sans aucun état d’âme et dans le silence assourdissant d’une campagne présidentielle omniprésente sur Internet, mais muette sur le développement de l’Internet.

Philippe Jannet est président du Groupement des éditeurs de sites en ligne (Geste).
Le Geste regroupe les principaux éditeurs de sites en ligne français, qu’il s’agisse de portails généralistes (Yahoo ! France, Google), d’organismes ou d’entreprises (INA, UFC Que choisir, Manpower, Comareg, France Télécom, Bouygues Télécom, etc.), ou encore de sites de chaînes de télévision (TF1, France télévision, M6, etc.), de radios (Radio France, Skyrock, RTL, RFI, etc.), d’agences (AFP), de journaux (Le Figaro, Les Echos, Libération, Le Monde, L’Equipe, Le Point, L’Express, Le Nouvel Observateur, Le Parisien et les journaux du groupe Hachette Filipacchi Multimedia, etc.).
Source : Le Figaro

L’après premier tour… 2007

Les sondages avaient prévu le résultat, mais tellement habitué aux mauvaises surprises, tout le monde a douté jusqu’à la dernière minute… D’autant que la très forte participation est venue brouiller les cartes. A qui allaient aller ces votes? Qui les nouveaux votants allaient-ils soutenir? Finalement, pas de grandes surprises mais à la vue de résultats, on peut se demander qui a gagné…
Nicolas Sarkozy arrive avec une avance confortable. Mais à quel prix? Durant plusieurs semaines, il a droitisé son discours à outrance, tenant souvent des propos très limites, voire nauséabonds. On se demande comment un président qui ne peut pas mettre les pieds en banlieue pourra mener une politique apaisée de réconciliation… Il a dragué l’extrême droite pour s’assurer un matelat confortable et une dynamique de premier tour. Reste a savoir si les électeurs centristes le suivront les yeux fermés, sans se souvenir de ses errements. D’autant qu’à droite, De Villiers et Le Pen n’ont pour le moment pas donné de consignes de vote même si le report de leurs voix fait assez peu de doute. Sarkozy peut tenir de beaux discours beaucoup plus centristes (je ne vois pas trop quelle catégorie de français il n’a pas cité hier soir, faisant preuve d’une belle démagogie), le mal est fait.
Pour Ségolène Royal, la situation est encore plus complexe. Seule, elle réalise un très bon score, mais c’est un peu l’arbre qui cache la forêt tant les petits candidats de gauche se sont pris une râclée monumentale. Elle s’est battue seule, les éléphants ne l’ayant pas vraiment soutenue. Ils n’ont probablement toujours pas digéré d’avoir été largement battus lors de la primaire… Ségolène n’a pas de réelle marge de manoeuvre et d’ailleurs on la sentait très tendue lors de son discours d’hier soir. Elle n’a pas vraiment tendue la main à l’UDF, mais sans les centristes, elle ne gagnera pas l’élection… Il faut être clair, le calcul arithmétique la donne perdante (environ 48.5% contre 51.5% à Sarkozy). Mais il reste une part d’irrationnel dans le vote et le débat du second tour pourrait tout changer.
Bayrou, avec un très bon score (plus de 18%) a réussi son pari. Même s’il n’atteint pas le second tour, il obtient plus de voix que Chirac au premier tour de 2002! Mais, il est aujourd’hui dans une situation très difficile… Soit, il rejoint sa famille de droite et passe un peu pour une truffe après ses beaux discours ni droite, ni gauche, soit il ne donne pas de consignes de vote et prend le risque de voir son groupe parlementaire disparaître lors des législatives de juin… La dernière solution reste le rapprochement avec Ségolène Royal autour d’un grand projet de refondation de la République. Mais il est peu probable que, dans cette dernière option, les membres de l’UDF les plus puissants, qui s’affichent tous de droite, le suivent…
Ensuite, pour Le Pen, je l’avais prévu il y a déjà plusieurs mois, et j’en suis assez fier! Il a fait une grosse contre performance. Concurrencé sur son terrain par Sarkozy, il n’a pas pu le contrer. Il a fait finalement peu parler de lui et les thèmes de la campagne ne lui étaient pas vraiment favorables. Les journalistes l’ont aussi mieux interviewé, montrant les limites de son raisonnement et de son programme. Le Pen a, en outre, sous-estimé le besoin de renouvellement du personnel politique. C’était sans doute le combat de trop pour lui. Mais ce mauvais résultat met aussi sa fille en difficulté au FN. C’est elle qui s’est chargé de cette campagne, qui a fait s’adoucir le discours de son père, et c’est un échec important qui risque de la marginaliser. Mais attention au rebond si Sarkozy, élu, se plante et déçoit (comme ça ne devrait pas manquer de se produire!).
Restent les petits candidats. Si Besancenot s’en tire plutôt bien (en-dessous malgré tout des 5%), pour les autres c’est la soupe à la grimace! Le discours FN light de De Villiers n’a pas pris (tant mieux!), les communistes ne représentent plus qu’eux même (et encore…) et les Verts ont été vampirisés par la pacte écologique de Nicolas Hulot. L’extrême gauche a clairement payé ses très fortes divisions qui ont empêché la mise en place d’une dynamique porteuse qu’elle avait su créer lors du référendum sur la Constitution Européenne. Tous les candidats du Non ont été laminés…
Au final, les deux semaines qui viennent seront évidemment décisives… Pour Ségolène ce sera très très dur, mais aucune élection n’est gagnée à l’avance…

Un petit mot sur la campagne présidentielle… 2007

La campagne présidentielle bat son plein, et j’en parle finalement assez peu. Il faut dire que sur la forme ce n’est pas vraiment passionnant. La course de Sarkozy pour aller chercher chez les autres des soutiens inattendus est plutôt pathétique. Au passage je ne vois pas trop ce que Simone Veil vient faire dans cette galère et surtout apporter son soutien à un candidat qui veut créer un Ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale (autant je trouve souvent carricatural de le traiter de facho, autant là il tend vraiment le bâton pour se faire battre!). Quant aux petites phrases de Mme Veil, elles sont décevantes venant de la part de cette très grande dame de la politique française… Sinon, l’empressement du candidat ministre de l’intérieur à s’attirer le soutien de Borloo a provoqué un gros couac. Alors que l’équipe à Sarko annonçait un soutien sans faille de celui-ci, Borloo a démenti et attend d’avoir discuté d’un certain nombre de sujets et d’avoir obtenu des engagements pour se prononcer… C’est donc un peu la soupe à la grimace chez Sarkozy dont la campagne semble pour le moins patiner et s’il reste en tête dans les sondages, son avance se réduit pourtant très fortement. Les prises de positions de Chirac dans les jours qui viennent pourraient être décisives
C’est Bayrou qui profite du flottement à droite pour poursuivre sa poussée dans les sondages, après s’être appuyé sur la gauche profitant d’un début de campagne poussif de Ségolène Royal, c’est désormais à droite qu’il va chercher ses voix. En effet, à force de surenchères réactionnaires, Sarkozy a fini par apparaître trop carricatural et il éloigne de lui la droite sociale, d’où cette volonté de s’attirer Veil et Borloo… Sera-ce suffisant pour Sarko? Pas sûr, surtout s’il continue à draguer sur les terres du FN. Bayrou en profite donc en annonçant finalement assez peu de choses concrètes. En tout cas sa victimisation et son côté hors système (quelque peu usurpés quand même!) continuent de le porter, mais bon jusqu’à quel point? Il viendra un moment où les électeurs attendront plus…
Alors que Sarkozy fait ses propositions sur la sécurité, l’immigration. Ségolène Royal se montre pour sa part plus précise sur le social. Du coup on a un peu l’impression qu’ils ne participent pas vraiment à la même campagne. Chacun joue sa partition avec quelques affrontements à distance assez stériles. C’est vrai qu’ils sont pour le moment l’un et l’autre plus occupés à taper sur Bayrou pour faire revenir à eux leur électorat qu’à confronter leurs idées… Et oui, une élection se gagne au centre… Et l’un comme l’autre n’ont pas intérêt à ce que Bayrou passe le premier tour car au second il gagnerait à tous les coups en attirant les électeurs de droite s’il est face à Ségo et ceux de gauche s’il est face à Sarko… En tout cas, Strauss Kahn a enfin apporté un soutien clair à Ségolène Royal. Il était temps! Comme Sarkozy qui a besoin de Chirac à droite, Ségolène aura probablement besoin des poids lourds du PS pour l’emporter. Dommage car ça lui fait perdre son image de modernité au profit de Bayrou. La volonté de Ségolène d’adapter les 35 heures à chaque secteur, et plutôt que de faire une application générale, pas forcément adapatée, de privilégier la négociation me semble être une bonne chose, tout comme sa proposition de revenir sur le protocole des intermittents qui est vraiment mauvais et surtout dangereux pour la création culturelle et artistique dans ce pays…
Reste l’affaire des parrainages, on sera fixé dans les jours qui viennent et nous serons enfin qui se présente et qui sera absent… On peut parier à coup sûr que ceux qui se présentaient comme les grandes victimes du parrainage devraient avoir leurs signatures à commencer par Le Pen que Sarkozy ne veut pas froisser (et oui, 15% à droite c’est toujours bon à prendre quitte à s’asseoir sur ses principes…).

Sarkozy persiste à soutenir des homophobes…

Début septembre, j’avais déjà souligné le soutien au-delà de l’admissible de Sarkozy au député UMP homophobe du Nord, Christian Vanneste. Malgré les condamnations successives, Sarkozy s’évertue à le garder à ses côtés, à la différence du PS qui s’est enfin (il était temps!) séparé de Georges Frêche. Il est vrai, que Sarkozy continue à entretenir des liens étroits avec les groupes religieux les plus conservateurs de notre pays, qui ne sont pas connus pour leur ouverture d’esprit sur la question de l’homosexualité. Si Sarkozy pense réduire la délinquence (c’est son programme!) en soutenant (financièrement!) l’enseignement religieux par les religieux, il se met le doigt dans l’oeil, il arrivera simplement à faire imploser la République et à développer de nouvelles formes d’extrémismes. Derrière le discours d’ouverture, Sarkozy cache de plus en plus mal une homophobie latente mais réelle!
Voici les faits concernant Vanneste:
La cour d’appel de Douai (Nord) a confirmé hier la condamnation du député UMP du Nord, Christian Vanneste, à 3 000 euros d’amende pour « injure envers les homosexuels » et à 500 euros supplémentaires de dommages et intérêts aux trois associations plaignantes (SOS-Homophobie, Act Up Paris et le Syndicat national des entreprises gays). Le député devra aussi publier un extrait du jugement dans la Voix du Nord, l’Express et le Monde.
L’affaire remonte à deux ans. Lors du vote de la loi du 30 décembre 2004 réprimant les injures et discriminations homophobes, Christian Vanneste avait donné une interview à la presse régionale. Il y affirmait que l’homosexualité était « inférieure à l’hétérosexualité ». « Si on la poussait à l’universel, ajoutait-il, ce serait dangereux pour l’humanité. »
Les associations de lutte contre l’homophobie se sont félicitées de l’arrêt de la cour d’appel. Et réclament la tête du député. « Nicolas Sarkozy a qualifié les propos de Christian Vanneste d’ »inadmissibles » et « intolérables », mais continue de les admettre et de les tolérer en refusant de l’exclure, comme il s’était engagé à le faire en cas de récidive », s’agace SOS-Homophobie. Car récidiviste, Vanneste l’est assurément (chacune de ses interventions contient presque systématiquement des injures homophobes!). Il y a quelques semaines, le député déclarait à Nordik, une publication gay régionale : « Il est vrai qu’un type de comportement qui ne permet pas d’engendrer la vie est un comportement nocif pour l’humanité. » Christian Vanneste est toujours le candidat officiel de l’UMP aux législatives dans la 10e circonscription du Nord.
Il est aussi intéressant de réaliser une analyse de texte des propos de Vanneste. Lorsqu’il parle des homosexuels, il n’est jamais question des personnes en tant que telles, mais de leur comportement. Sous-entendu, il rabaisse d’abord les gays à leur simple sexualité, et ensuite il les nie en tant que personnes. Pour lui, l’homosexuel n’existe pas, seul le comportement homosexuel existe. Qui dit comportement, dit quelque chose que l’on peut modifier, corriger, guérir. On voit quelle idéologie nauséabonde, portée par des groupes sectaires ultra-conservateurs, se cache derrière ce discours… De tels propos sont indmissibles venant de la part d’un élu d’un parti qui se veut républicain, démocratique et respectueux des libertés individuelles… Ou alors, l’UMP renie les droits des homosexuels, mais dans ce cas là que Sarkozy le dise clairement plutôt que de continuer à mentir par omission…

Les chiffres de la délinquance à Mende… Mais que fait Sarkozy?

Le commissariat de Mende a enregistré une hausse de 200% des vols sur les 6 premiers mois de l’année par rapport à 2005. En effet, le vol d’une paire de chaussettes, de bonbons et de magazines par un jeune homme non identifié dans 4 magasins différents ont fait exploser les chiffres de la délinquance en Lozère. En effet, l’année dernière, sur la même période, seul un pot de yahourt avait été volé dans un hypermarché de la ville. Evidemment, la population a peur et est traumatisée par de tels chiffres (je vous jure qu’ils sont bien réels!). Et de se poser la question: mais que fait Sarkozy pour mettre en prison le dangereux criminel de Mende? Bien évidemment, comme tous les chiffres, tout est relatif…
Plus sérieusement, alors que la polémique bas son plein entre Sarkozy et les juges, voici l’évolution de la délinquance en France en 2005 par rapport à 2004, dont tout le monde parle mais que personne ne connait (entre parenthèse, les chiffres en Seine-Saint-Denis)(source: Ministère de l’intérieur, Reuters):
  • Incendies volontaires: +44,21% (+167,77) . Les violences de novembre, liées aux propos irresponsables de Sarkozy sont responsables de ce mauvais chiffre…
  • Viols: -4,9% (+13,62%) . Un bon chiffre en France, mauvais en Seine-Saint-Denis.
  • Violences à dépositaires de l’autorité: +7,6% (+6,26%). Visiblement, le tout répressif prôné par Sarkozy ne fait qu’accroître les violences entre les forces de l’ordre et les « jeunes » de banlieue. Ce mauvais chiffre démontre l’absence de dialogue. Sarkozy avait dit aux flics, « Vous n’êtes pas des assistantes sociales »… sur le terrain les flics en paient le prix fort!
  • Outrages à dépositaires de l’autorité: +3,5 (+5,35) . Idem qu’au-dessus. Mais l’outrage à agent est devenu la bonne excuse pour les forces de l’ordre pour justifier l’arrestation de toute personne « suspecte ».
  • Coups et blessures volontaires: +7,98 (+5,08) . C’est là le plus mauvais résultat de Sarkozy. En effet, ce sont les violences sur les personnes qui sont responsables du fameux sentiment d’insécurité. Or celles-ci ont augmenté et continuent de s’accroître très rapidement. La soi-disant reprise en main prônée par Sarkozy n’a aucun résultat, il va falloir qu’il révise sa méthode du tout répressif car ça ne donne rien!
  • Vols à main armée: -11,92% (+2.65%) . Là, le chiffre est bon. La police a mis le paquet sur les groupes de truands violents. C’est le meilleur chiffre, même s’il est mauvais dans le 93. Mais là la justice ne peut pas être accusée de laxisme car elle a la main lourde avec ce genre de faits…
  • Consommation de stupéfiants: +2,38 (-2,56) . Un bon chiffre en Seine-Saint-Denis. Sur le reste de la France, c’est la progression de la consommation de drogue dans les petites villes et les campagnes qui est à l’origine de ce mauvais chiffre. Il faudrait peut-être mieux encadrer le cannabis pour renforcer la lutte sur les drogues dures beaucoup plus dangereuses…
  • Vols, escroqueries, recels, cambriolages: Pour l’ensemble de ces affaires, la baisse est sensible entre -4 et -8% sur l’ensemble de la France, mais dans tous les cas, les chiffres sont meilleurs en Seine-Saint-Denis avec -5 à -12,5%. Ce sont de bons chiffres liés au fait que les personnes font plus attention, se protègent davantage, installent des alarmes, mais aussi grâce aux opérations tranquilité vacances de plus en plus populaires, et mises en place par la gauche… Ce sont sur ces affaires que la justice se montre souvent la plus clémente, ce qui n’empêchent pourtant pas les chiffres d’être bons…

Voilà, maintenant vous connaissez les chiffres… La justice française est l’une des plus sévères au monde et pourtant les chiffres de la violence sont mauvais. Désolé pour Sarkozy, mais ce sont ses méthodes qu’il faut remettre en cause. Le tout répressif n’a aucune influence sur les chiffres de la violence. C’est aux causes de cette violence qu’il faut s’attaquer et le ministre de l’intérieur devrait arrêter d’essayer de trouver de façon démagogique des boucs-émissaires à ses mauvais résultats, il ne fait que se décrédibiliser un peu plus… La méthode Sarkozy n’a aucun résultat sur le sentiment d’insécurité, il est plus que temps de le dire…