Le monde de Narnia. Episode 5 : l’Odyssée du Passeur d’Aurore

Le Monde de Narnia. Episode 5 : L’Odyssée du Passeur d’Aurore

Gallimard, 2010, pages 475 à 613

Résumé : En observant un tableau représentant un étrange navire, Edmund et Lucy sont attirés à l’intérieur avec leur cousin Eustache. Commence pour eux une nouvelle aventure à Narnia, où aux côtés du Prince Caspian, ils vont naviguer sur le Passeur d’Aurore jusqu’aux îles Solitaires et, au-delà, atteindre les limites du monde connu, aux portes du royaume d’Aslan.

Critique : Une nouvelle fois, un épisode décevant surtout que, cette fois-ci, il manque globalement d’enjeu dramatique. Tout semble glisser sur nos héros sans jamais véritablement les atteindre. Chaque problème ou élément de l’aventure est trop rapidement traité et surmonté pour arriver à nous embarquer. Les idées, très nombreuses, ne sont pas suffisamment fouillées et il y a trop peu de liens entre les divers éléments de cette odyssée.

Bref, on ne frémit pas assez pour les héros dont on sait par avance de quelle façon ils vont se sortir de chaque péripétie. Résultat, l’ennui pointe souvent à l’image de ces longues journées passées sur le Passeur d’Aurore sans que rien ne se passe.

Une nouvelle fois l’influence biblique y est incontournable, comme le personnage insupportable du cousin Eustache dont on suit la rédemption, et vivent les gros sabots ! Ou encore, l’idée du bout du monde et au-delà le royaume des esprits d’Aslan. Que tout cela a mal vieilli ! Une fois de plus, l’adaptation cinématographique m’a paru bien plus intéressante et réussie, et pourtant ce n’est pas le meilleur film de la série…

2/5

Le Monde de Narnia. Episode 4 : le Prince Caspian

Le Monde de Narnia. Episode 4 : Le Prince Caspian

Gallimard, 2010, pages 347 à 473

Résumé : Un an s’est écoulé depuis la fin de Le Lion, la sorcière blanche et l’armoire magique. Lucy, Edmund, Susan et Peter sont en Angleterre et se rendent dans leurs écoles respectives pour une nouvelle année scolaire. Mais tout à coup, ils sont happés par la magie, et se retrouvent dans une île qu’ils n’ont jamais vue auparavant. En l’explorant, ils découvrent le palais où ils étaient rois et reines, dans le passé. Ils apprennent ce qui s’est passé pendant leur absence : Narnia a été envahi, la magie a presque disparu. Mais quelques nains et quelques animaux parlants vivent cachés. Pour sauver Narnia, leur seule chance est de rendre au prince Caspian le trône qui lui a été usurpé par son oncle.

Critique : Second tome publié, mais quatrième dans l’ordre chronologique, le Prince Caspian permet de retrouver les quatre jeunes héros du tome le plus célèbre de la série. Cette histoire, très guerrière et riche en péripéties, peut être vue comme moins chrétienne et plus tournée vers l’aventure. Pourtant Lewis, lui-même, décrit ce tome comme « la restauration de la religion vraie après la corruption », ici l’invasion de Narnia par les Telmarins qui imposent de nouvelles croyances. Au-delà de cette vision très religieuse de l’œuvre, dont j’ai déjà à plusieurs reprises parlé ici, ce qu’il y a surtout de gênant ici, ce sont les incohérences assez nombreuses dans le récit, notamment dans la gestion très approximative de l’espace-temps. Le résultat est une nouvelle fois plutôt décevant, surtout lorsqu’on compare avec la version cinématographique, elle, pour le coup, plutôt réussie.

2,5/5

Le Monde de Narnia. Episode 3 : Le cheval et son écuyer de C.S. Lewis

Le Monde de Narnia. Episode 3 : Le cheval et son écuyer

Gallimard, 2010, pages 219 à 345

Résumé : A Calormen, un pays au sud de Narnia, Shasta un jeune garçon trouvé et élevé par un pêcheur, décide de s’enfuir lorsqu’il découvre que celui-ci a l’intention de le vendre comme esclave. Shasta est aidé dans sa fuite par Bree, un cheval qui parle. Ils décident de se rendre à Narnia pour obtenir la liberté. En chemin ils rencontrent une jeune princesse calormène, Aravis, elle aussi en fuite car promise en mariage à un vieillard, vizir du royaume. Elle est accompagnée d’une jument qui parle, Hwin. Tous les quatre continuent leur chemin vers Narnia pour découvrir le mystère qui entoure les origines de Shasta.

Critique : Avec ce troisième tome, C.S. Lewis donne un nouveau ton à la série. D’abord, nous passons les frontières de Narnia, pour découvrir le royaume de Calormen (dont la description fait pour le moins penser à l’Empire Ottoman). Ensuite les héros ne sont pas les mêmes puisque les rois et reines de Narnia ne jouent ici qu’un rôle mineur. Le résultat se rapproche plutôt d’un roman d’aventures, pas désagréable à lire, même si le rôle d’Aslan laisse cette fois-ci pour le moins perplexe. D’ailleurs Shasta et Aravis ne jouent aucun rôle dans la saga et l’on se demande pourquoi Lewis a eu besoin d’y ajouter, après coup, cet épisode. Le côté exotique de cette course-poursuite à travers le désert était sans aucun doute très porteur dans les années 50, il l’est un peu moins aujourd’hui. Un tome quelque peu désuet un peu moins emprunt de religion, même si les us et coutumes des calormens sont volontiers caricaturées.

3/5

Le Monde de Narnia. Episode 2 : le lion, la sorcière blanche et l’armoire magique

Le Monde de Narnia. Episode 2 : Le Lion, la Sorcière Blanche et l’Armoire magique

Gallimard, 2010, pages 115 à 217

Résumé : Plusieurs décennies plus tard, Narnia est un royaume condamné à un hiver éternel, sans Noël, un pays qui attend d’être libéré d’une emprise maléfique. L’arrivée, par la porte d’une armoire magique, de quatre enfants du royaume des hommes fait renaître l’espoir. S’ils trouvent Aslan, le grand Lion, les pouvoirs de la Sorcière Blanche pourraient enfin être anéantis…

Critique : Après le prologue (épisode 1 écrit d’ailleurs ultérieurement dans la saga), ce second tome nous plonge enfin dans la série Narnia, avec les personnages principaux que l’on retrouve au cours des aventures suivantes. Une nouvelle fois, l’ouvrage est parasité par le message chrétien de l’auteur, ce que l’on peut vivement regretter. En effet, Aslan prend une dimension christique en donnant sa vie pour excuser les fautes d’Edmund. Sa rapide résurrection est sans surprise et c’est là tout le problème de cette série que je n’avais pas forcément pointé pour le premier tome. Il s’agit du mode de narration voulu par Lewis qui, globalement, plombe la lecture de l’ouvrage. Les principaux éléments du récit sont non seulement attendus, mais ils sont mêmes annoncés par l’auteur lui-même. Les personnages sont généralement attachants, mais ils ne sont qu’esquissés par un récit trop court où l’auteur s’adresse trop à de jeunes enfants… Mais les enfants d’aujourd’hui auront bien du mal à être effrayés par son récit. La Sorcière Blanche, si effrayante et mystérieuse dans le film, n’est ici que trop souvent ridicule. Les batailles qui devraient donner du souffle à l’histoire sont expédiées en quelques lignes. Bref, tout cela est bien décevant et, pour la première fois, j’ai trouvé l’adaptation cinématographique bien plus réussie avec un univers tellement plus riche et ambitieux… Une grosse déception.

2/5

Retrouvez ici, la bande-annonce du film qui en a été tiré…

Le Monde de Narnia. Episode 1 : Le neveu du magicien de Clive Staples Lewis

Le Monde de Narnia. Episode 1 : le neveu du magicien

Gallimard, 2010, pages 7 à 113

Résumé : Polly trouve parfois que la vie à Londres n’est guère passionnante… jusqu’au jour où elle rencontre son nouveau voisin, Digory. Il vit avec sa mère malade et un vieil oncle original. Celui-ci force les deux enfants à essayer des bagues magiques qui les transportent dans un monde inconnu. Commence alors l’extraordinaire aventure du monde de Narnia…

Mon avis : Tout dans ce premier tome nous plonge dans une atmosphère très chrétienne, presque biblique. En effet, Lewis propose une vision créationniste du monde avec un lion, Aslan, aux pouvoirs divins, qui crée, sous nos yeux, un monde en chantant, mais aussi par l’utilisation répétée des termes « fils d’Adam et fille d’Eve », ou encore par l’utilisation de symboles bibliques forts tels que la pomme. L’ensemble crée une atmosphère qui rebutera certainement les rationalistes avides de laïcité.

Pour ma part, je dois dire que ces passages m’ont également quelque peu dérangé mais, sans être convaincu, je me suis laissé globalement porter par la magie de l’histoire. Il faut, par ailleurs se rappeler que le contexte du début des années 1950, lorsque les 7 tomes sont sortis, était très différent sur ce plan, beaucoup plus réactionnaire.

A la lecture, on comprend pourquoi un Philip Pullman a souhaité écrire, 40 ans après, A la croisée des mondes, pour donner à l’inverse une vision qualifiée par certains de gnostique du monde, où en tout cas l’Eglise et Dieu sont vus comme des instruments d’oppression. Les deux œuvres sont souvent opposées, Pullman n’ayant pas hésité à critiquer très vivement Narnia.

Mais, pour en revenir à Narnia, ce premier volume est très facile à lire, les personnages sont touchants et c’est très clairement orienté pour les 10-12 ans. L’histoire est simple à comprendre, la psychologie des personnages rapidement cernée. Une fois la mise en garde quant à la volonté chrétienne de l’auteur passée, cette série s’inscrit dans la lignée de la littérature jeunesse anglo-saxonne aux côtés d’un Alice au pays des merveilles ou d’un Peter Pan. C’est une lecture sympathique mais pas franchement transcendante. J’espère plus de la suite, cet épisode n’étant pour moi qu’un prologue.

2,5/5

Le Monde de Narnia 3 : L’Odyssée du Passeur d’Aurore **

Le Monde de Narnia : L'Odyssée du Passeur d'aurore

Voici le troisième volet de la célèbre série de romans signée C.S. Lewis. Un peu plus dans l’ombre et avec un rythme de sorties moins rapide que la saga Harry Potter, Le Monde de Narnia est malgré tout une jolie série de film dans cet univers fantasy pour enfants. Ce troisième volet est entièrement maritime et, du coup, avec la série des Pirates des Caraïbes, il flotte tout au long de cette aventure un certain parfum de déjà vu.

Malgré tout, on aurait tort de faire la fine bouche car l’histoire reste très agréable, les effets spéciaux absolument époustouflants (même si la 3D n’apporte strictement rien), le rythme est soutenu et on se laisse porter par cette histoire magique idéale pour les fêtes de fin d’année. C’est un grand divertissement familial comme les américains savent si bien en produire.

L’histoire débarrassée de sa religiosité trop prégnante, donne une fable bon enfant, non dénuée d’humour, dont les 8-14 ans vont raffoler. Les autres se laisseront porter par cette atmosphère magique et ces décors grandioses. Un moment agréable.