La vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker

La vérité sur l'affaire Harry Quebert

La vérité sur l’affaire Harry Quebert

Editions de Fallois / L’Âge d’Homme, 2007, 667 pages

Prix Goncourt des lycéens 2012, Grand Prix du roman de l’Académie française

Résumé : En 1975, à Aurora dans le New Hampshire, Nola Kellergan, une adolescente de 15 ans, disparaît mystérieusement. En 2008, le cadavre de la jeune fille est retrouvé enterré dans le jardin du célèbre écrivain, Harry Quebert. Il est immédiatement arrêté par la police et accusé du meurtre. Marcus Goldman, jeune auteur, en mal d’inspiration après le succès de son premier roman, décide de mettre sa carrière entre parenthèse pour venir en aide à son mentor et ami, Harry. Mais Marcus est loin de se douter que son enquête va réveiller des vieux démons.

Critique : Voilà, sans aucun doute, LE grand succès littéraire de l’année 2012-2013. Pour son deuxième roman, Joël Dicker propose un polar totalement addictif dont on dévore les plus de 600 pages à vitesse grand V.

Dès les premières pages, j’ai été embarqué par cette histoire dont le mode narratif n’est pas sans faire penser à un épisode de Cold Case. La construction du récit est très habile entre les divers flash-back à des périodes différentes, le suspense est habilement maintenu avec des rebondissements très nombreux.

Ajoutez à cela une réflexion intéressante sur ce qu’est le travail de l’écrivain et la création littéraire, beaucoup d’humour et d’autodérision, une écriture fluide et agréable, et vous obtenez un excellent roman à découvrir de toute urgence.

4,5/5

Un petit bout d’enfer de Rachel Corenblit

Un petit bout d’enfer

Le Rouergue, collection « DoAdo noir », 2009, 139 pages

Résumé : Juliette n’a pas encore 16 ans, mais elle aime mentir sur son âge. Ce jour là, sans n’en parler à personne, et surtout pas à sa grand-mère chez qui elle est forcée de passer ses vacances, elle décide d’aller au cinéma pour voir un film interdit aux moins de 16 ans. La violence sur l’écran rapidement l’écœure. Derrière elle, il y a un homme étrange qui la met mal à l’aise. Un pervers ? Lorsqu’il sort un fusil, elle comprend qu’elle va connaître l’enfer…

Critique : A la lecture de la quatrième de couverture, qui tourne autour de l’interdiction de certains films violents aux moins de 16 ans, je m’attendais à un roman apportant une réflexion sur la violence au cinéma et le rôle de l’image dans le sentiment d’insécurité qui s’est installé dans les sociétés contemporaines. En réalité, il ne s’agit que d’un thème très secondaire.

On suit en parallèle (il faut quelques pages et un peu de concentration pour le comprendre) le parcours de l’inquiétant Jules et de la jeune Juliette. Leur chemin se croise dans une salle de cinéma diffusant un film interdit aux moins de 16 ans. Jules force Juliette à le suivre dans son parcours meurtrier.

Le texte très court va à l’essentiel, sans s’encombrer de détails superflus. La lecture est donc très facile et idéale pour de petits lecteurs. Le style est cru et violent, fait de phrases courtes et saccadées.

Pour le reste, si je ne me suis pas ennuyé, je n’ai cependant pas été franchement convaincu par cette histoire un peu tirée par les cheveux, aux rebondissements un peu rapides et prévisibles. Globalement, les personnages manquent un peu de profondeur et je suis arrivé rapidement au bout du roman sans avoir été franchement convaincu. Trop violent pour les plus jeunes (à éviter avant 15-16 ans), trop simplistes pour les plus âgés.

2,5/5

Frères de sang de Mikaël Ollivier

Frères de sang

Frères de sang

Thierry Magnier, Roman, 2006, 142 pages

Résumé : La famille Lemeunier vit très heureuse dans un quartier huppé. Le père est chirurgien, la mère publicitaire. Brice, le fils aîné, fait des études de cinéma. Martin, le plus jeune, a de bons résultats au collège. Pourtant, un soir, la police sonne à la porte. Brice est arrêté, accusé d’avoir commis cinq meurtres. Rapidement, les preuves s’accumulent, sa culpabilité semble de faire aucun doute. Malgré tout, Martin reste persuadé de l’innocence de son frère. Il décide d’enquêter quitte à mettre sa vie en danger.

Critique : Ce roman de Mikaël Ollivier, à l’écriture directe, concise et efficace fait davantage penser à un scénario de film qu’à un roman. Au cours de la lecture, on comprend mieux pourquoi il a été adapté pour la télévision (France 2). Ce lien fraternel puissant est décrit avec beaucoup de tendresse et je me suis très facilement laissé prendre par ce récit. J’ai cependant regretté le manque d’originalité d’une histoire très balisée, cousue de fil blanc, dont on devine très rapidement les clés. Un ouvrage à réserver aux adolescents, plutôt collégiens, très petits lecteurs, qui vont à coup sûr adorer cette diabolique machination.

3,25/5