Sexy de Joyce Carol Oates

Sexy

Gallimard, Folio, 2006, 237 pages

Résumé : Darren a 16 ans, il est l’un des espoirs de l’équipe de natation de son lycée. Très séduisant, sa beauté attire et le rend très populaire. Son professeur d’anglais, M. Tracy est lui aussi fasciné. Lorsque celui-ci fait renvoyer l’un des membres de l’équipe de natation, les amis de Darren décident de se venger et envoient un courrier anonyme accusant Tracy de pédophilie. Rapidement la machine judiciaire s’emballe.

Critique : La rumeur et la calomnie sur fond de préjugés homophobes sont au cœur de ce roman de Joyce Carol Oates. L’auteure décrit avec force la violence normative de l’adolescence qui exclut sans remords tous ceux qui sont différents. Elle n’est jamais dans un schéma binaire, noir ou blanc, comme le sont souvent les ouvrages de la littérature américaine. Au contraire, elle joue ici avec les stéréotypes pour mieux troubler ses lecteurs. J’ai été totalement absorbé par cette histoire à l’écriture concise et nerveuse. Rien n’est ici superflu. Oates va à l’essentiel. La progression de son personnage principal, Darren qui, confronté au drame, deviendra adulte, est passionnante. Un roman puissant et dérangeant.

4,25/5

La vérité ou presque de Stephen McCauley

La Vérité ou presque

Titre original : True enough, 10/18, 2002, 428 pages

Quatrième de couverture : Jane Cody, productrice de télévision, la quarantaine pétillante, voit son émission vedette s’essouffler et son mariage basculer dans l’ennui. Desmond Sullivan, biographe d’artistes méconnus, n’arrive pas à terminer son livre sur une chanteuse populaire passée à côté du succès. Une drôle de rencontre en perspective…

Critique : C’est toujours un plaisir immense que de retrouver les personnages de Stephen McCauley, à la vision souvent désabusée et acerbe. Ici l’auteur s’intéresse aux petits arrangements de chacun avec la vérité, et ça marche totalement. Entre gaffes et quiproquos, les dialogues sont irrésistibles. Il s’amuse à nous faire passer sans arrêt de l’un à l’autre de ses personnages dans un jeu de poker menteur assez jouissif où la nature humaine n’en sort pas franchement grandie ! Mais qu’importe, l’hypocrisie et le mensonge sont des composantes indéniables des relations humaines et McCauley les décrit comme personne. On s’amuse beaucoup, on est ému un peu, le style est fluide et efficace. Au final, on en apprend un peu sur notre propre vérité, car ces personnages se mentent surtout beaucoup à eux-même…

4,5/5

Bande annonce de l’adaptation très libre signée Sam Karmann en 2006.