John Carter **

John Carter : affiche

Prenez un zeste d’Avatar, rajoutez une touche de Guerre des étoiles, saupoudrez le tout de Stargate et vous obtenez dans les grandes lignes John Carter. Ce cocktail d’action et d’effets spéciaux est plutôt efficace mais manque dans l’ensemble cruellement d’originalité. Sans doute la bande dessinée originale, signée par le créateur de Tarzan, a-t-elle déjà largement inspiré les scénaristes hollywoodiens.

Le résultat est clair, il flotte tout au long du film un petit air de déjà vu. On se laisse malgré tout prendre par des effets spéciaux plutôt réussis, mais globalement le jeu des acteurs et leur manque de charisme ont bien du mal à nous faire totalement adhérer.

Bref, un film correct, relativement agréable à regarder mais rapidement oublié. D’ailleurs le public ne s’y est pas trompé, le film est globalement un échec et ne sera pas rentabilisé. Hollywood devra faire preuve de plus d’originalité et d’imagination pour espérer se relancer.

Réchauffement climatique sur Mars: rôle de l’albédo

 
Un phénomène de diminution de l’albédo, c’est-à-dire, l’apparition de zones réfléchissant moins les rayons solaires, serait en grande partie responsable de l’augmentation de la chaleur à la surface de Mars, selon des chercheurs américains. Cette étude, à paraître jeudi dans la revue britannique Nature, conclut que les variations des surfaces réfléchissantes "peuvent interagir avec d’autres processus influençant le climat sur Mars, et devraient être envisagées comme une composante importante des futures études sur le climat et l’atmosphère de la planète".
 
Les chercheurs, du Centre de recherche Ames de la Nasa et de l’Office américain de géologie (US Geological Survey) ont observé que la planète rouge aurait subi un réchauffement de quelque 0,65 degré Celsius entre les années 1970 et les années 90, ce qui expliquerait la fonte partielle de la glace au pôle Sud. Cette fois l’homme n’y est pour rien! Ce phénomène, selon eux, serait en partie causé par des variations décennales de 10% de la luminosité de très grandes surfaces du sol – jusqu’à 56 millions de km2 – en raison du dépôt de poussières.
 
Cette observation a une grande importance pour l’évolution du climat sur Terre, où les glaces de l’Arctique, en diminuant, modifient la luminosité du sol. Cette modification change l’albédo, c’est-à-dire le taux de réflexion de la lumière solaire. Le phénomène est très important pour les zones maritimes qui se recouvrent d’une banquise comme l’océan Arctique : si la glace réfléchit 85% des rayons, l’eau de l’océan n’en renvoie que 15%, le différentiel étant transformé en chaleur… De la même façon, les déserts de sables, aux sols clairs ont un albédo (taux de réflexion du rayonnement solaire) très fort, alors que les forêts ont un taux très faible et vont conserver la chaleur. On peut d’ailleurs se demander si le rôle des modifications de l’albédo n’est pas sous-estimé dans les modélisations climatiques terrestres par rapport aux gaz à effet de serre (dont le principal, n’en déplaise aux écologistes, reste… la vapeur d’eau).
 
Jusqu’à présent, l’effet albédo n’avait jamais été pris en compte pour l’étude de la circulation atmosphérique et du climat sur Mars. Le Pr Lori Fenton, de Ames, et son équipe ont effectué une modélisation montrant que ces variations de luminosité du sol "influencent grandement l’environnement martien" et qu’elles "accroissent les vents qui sont à l’origine de ces variations", dans un enchaînement incontrôlable.
 
"En observant uniquement les effets des variations d’albédo (sur deux années martiennes très différentes) nous avons montré qu’il interagit avec les autres processus influençant le climat sur la planète, et pourrait même en partie en être à l’origine", conclut l’étude. Il est bon de rappeler parfois que les atmosphères ont des systèmes climatiques complexes où de multiples facteurs entrent en jeu, que nos théories et modèles ne sont pas forcément les bons et que la variabilité naturelle ne doit pas être sous-estimée…

La Lune: Le nouveau western?

Depuis quelques années, la Lune attire toutes les convoitises. D’abord des entreprises, qui se veulent reconnues, vendent des parcelles du sol lunaire. Le problème est qu’aucun état ne peut se réclamer propriétaire du sol martien, mais il y a une faille juridique puisque rien n’est prévu pour les entreprises et les particuliers. Mais personne ne peut non plus s’auto-proclamer propriétaire, ce serait un peu facile tout de même! Mais ces entreprises misent sur de futures concessions accordées à de grandes entreprises dans le but d’une exploitation commerciale du sol de notre satellite… Le fait est que l’on parle de plus en plus de l’exploitation du sol lunaire, notamment pour l’hélium 3…

Le projet américain d’exploration de la Lune dès 2020 avec l’établissement d’une colonie et l’exploitation des ressources pour préparer une future mission habitée sur Mars, offre un énorme potentiel commercial qui devrait attirer les investissements privés, selon plusieurs experts. »Je me concentrerai sur une logique de marché dans la création d’un avant-poste lunaire fondé sur l’intérêt que représentent les propriétés de l’hélium 3 pour produire sur Terre, où il est rare, de l’énergie avec la fusion nucléaire« , a expliqué ce week-end Harrison Schmitt, astro-géologue de l’université du Wisconsin (nord) et ancien astronaute de la dernière mission Apollo (17) sur la Lune.

« Nous savons déjà, depuis l’analyse des échantillons ramenés par les missions Apollo il y a 35 ans, que l’hélium 3, idéal pour la fusion, est abondant dans le sol lunaire », a-t-il ajouté devant la presse à la conférence annuelle de l’Association américaine pour la promotion de la Science (AAAS) qui a lieu à San Francisco. L’hélium 3 est présent sur les couches extérieures du Soleil qui en projette dans tout le système solaire. Repoussé par le champ magnétique terrestre, il s’accumule facilement à la surface de la Lune privée d’atmosphère.

La Lune aurait des réserves d’hélium 3 de l’ordre du million de tonnes alors même que, selon des évaluations, 25 tonnes suffiraient pour satisfaire les besoins en énergie des Etats-Unis et de l’Europe pendant de nombreuses années. Alléchée par cette manne potentielle, la Russie avait annoncé en 2005 son intention d’exploiter l’hélium 3 lunaire dès 2020. Pour cela, elle installerait en 2015 une base permanente capable d’extraire de la surface ce précieux isotope et de servir à la mise au point d’un nouveau système de transport régulier entre la Terre et la Lune. Le Japon, la Chine et l’Inde prévoient à court terme d’envoyer des sondes robotisées autour de la Lune pour évaluer ses ressources. La Chine a aussi annoncé son intention d’aller sur la Lune.

« Si les investisseurs jugent que le programme de la Nasa est réalisable, ils continueront à injecter des capitaux pour, à la fois développer la fusion sur Terre et les capacités d’exploiter l’hélium 3 de la Lune », a expliqué l’ancien astronaute d’Apollo 17. « La vraie question est de savoir s’il est possible de chiffrer de manière crédible ce potentiel pour convaincre les investisseurs, mais ce processus est en cours aux Etats-Unis et dans le reste du monde et cela est très sérieux », selon lui.

Pour Paul Spudis, du laboratoire de physique appliquée de l’Université Johns Hopkins dans le Maryland, « la première source de revenu sur la Lune sera alimentée au moment du retour par le commerce de certaines informations liées aux activités d’exploration scientifique et des conditions de vie dans la colonie lunaire ». Selon Jeffrey Taylor, un astrophysicien de l’Institut de planétologie et de géophysique de l’université d’Hawaï, « le but central de l’exploration humaine de l’espace est l’établissement de colonies ». « Cette entreprise ambitieuse conduira à la création d’entreprises et de richesses pour la population de la Terre en ouvrant aussi de nouvelles perspectives et approches pour régler nos problèmes les plus brûlants », a-t-il ajouté au cours de la même conférence.
L’Europe se montre pour le moment très peu présente sur le sujet et devrait peut-être se réveiller si elle ne veut pas passer à côté de nouvelles perspectives de développement! Après la Ruée vers l’or du XIXe siècle, on pourrait assister à la Ruée vers l’hélium lunaire au XXIe siècle. Les perspectives en terme de production énergétique sont réellement énormes, reste à savoir si l’Europe deviendra une locomotive ou restera un simple wagon…