Le ciel attendra ***

Le Ciel attendra : Affiche

J’ai eu la chance de découvrir le nouveau film, Le Ciel attendra, de Marie-Castille Mention-Schaar lors d’une des avant-premières organisée par Parenthèse Cinéma. Après Les Héritiers, la réalisatrice poursuit dans cette même veine de films à thème, très pédagogiques, s’adressant aux adolescents et aux familles.

On suit, cette fois, le parcours inverse de deux adolescentes face à la radicalisation, l’une en sortant quand l’autre s’y laisse entraîner. Comme Les Héritiers, qui traitait de l’antisémitisme et du devoir de mémoire, ce nouveau film est très didactique, parfaitement documenté, et rythmé par les intervention passionnantes, à la limite du documentaire, de Dounia Bouzar dans son propre rôle. Ce processus de rupture est parfaitement montré et expliqué.

La question que l’on peut alors se poser est « Est-ce-qu’un thème fait un film ? » Si la méthode est très courante dans les téléfilms, elle est plus rare au cinéma. Ce côté cinéma du réel, collant à l’actualité, pourra en gêner plus d’un. Effectivement, la dimension artistique n’est pas la recherche première de ce film. Certains dirons même qu’un documentaire aurait été préférable sur ce sujet. Pourtant, pour toucher le plus grand nombre, il me semble que ce traitement en fiction est indispensable, il facilitera d’ailleurs la diffusion du film en première partie de soirée à la télévision.

Pour ma part, j’ai apprécié la construction habile de ce film entre passé et présent, le double point de vue des parents d’un côté et des adolescentes de l’autre. J’ai été touché par les deux jeunes actrices, Noémie Merlant et Naomi Amarger, excellentes, et par le combat de ces deux mères pour sauver leurs filles, formidablement interprétées Sandrine Bonnaire et Clotilde Courau. Un film fort, à voir.

Publicités

Les Héritiers ***

Les Héritiers : Affiche

Inspiré d’une histoire vraie, voilà un film qui redonne ses lettres de noblesse au métier d’enseignant. On suit le parcours de jeunes d’une classe de seconde, très difficile, inscrits par leur professeure d’histoire-géographie au Concours National de la Résistance et de la Déportation.

Bien sûr, on pourra reprocher au film d’accumuler les clichés sur ce thème : les doutes, les tensions inévitables à l’intérieur du groupe, la hiérarchie qui met des bâtons dans les roues de l’enseignante et les bons sentiments un peu trop appuyés. Pourtant, il ressort de ce film une telle énergie et une telle générosité qu’on ne peut que se prendre de sympathie pour les principaux protagonistes.

Les Héritiers prend même une direction réaliste et documentaire avec le témoignage d’un survivant de la déportation devant la classe. L’émotion est palpable et c’est dans cet exercice de vérité que le film prend toute sa dimension. D’autant qu’il est porté par une troupe de jeunes acteurs formidables de naturel, derrière une Ariane Ascaride impeccable, comme toujours.

Au-delà de la thématique centrale du film, la plupart des maux de l’école contemporaine sont abordés avec plus ou moins de réussite mais toujours avec une volonté didactique, la mixité, la laïcité, le racisme, l’exclusion… Au final, malgré ses défauts, je retiens un film rafraichissant, pédagogique et utile dans une période où le vivre ensemble est malmené par les racistes, les réactionnaires et les intolérants.