Le mari de mon frère – Tome 3 de Gengoroh Tagame

Le mari de mon frère. Tome 3

Auteur : Gengoroh Tagame

Editions Akata, 2017, 180 pages

 Résumé : Yaichi a appris à connaître son beau-frère et à passer outre ses préjugés. Il se comporte désormais de façon très naturelle avec lui. Il décide d’organiser un séjour en famille aux sources thermales, près du Mont Fuji. La mère de Kana les accompagne. Mike rencontre d’anciennes connaissances de Ryô. Il fait peu à peu des découvertes sur la jeunesse de son mari décédé.

Critique : Dans ce troisième tome, chacun des personnages progresse. Une large place est faite aux questionnements de Yaichi et notamment sur son rôle de père. Il accepte désormais pleinement Mike comme un membre de la famille et s’interroge beaucoup sur l’homophobie au Japon. Son évolution depuis le début de la série est passionnante à suivre.

Mike de son côté poursuit son pèlerinage sur les traces de son mari décédé. Il fait la connaissance du meilleur ami du lycée de Ryô. La petite Kana est, elle, toujours aussi adorable.

Gengoroh Tagame montre, au fil des pages, un Japon qui oscille entre tradition et modernité. Avec son trio de personnages toujours aussi sympathiques, cette série de manga est vraiment agréable à lire. Un feel-good manga qui bat en brèche les préjugés et les idées reçues. ©Lionel Four. lionelfour

4/5

Le mari de mon frère – Tome 2 de Gengoroh Tagame

Le mari de mon frère – Tome 2

Auteur: Gengoroh Tagame

Editions Akata, 2016, 186 pages

Résumé : Kana et Yaichi apprennent à connaître Mike, ce canadien qui avait épousé Ryô, le frère jumeau de Yaichi. La mère de Kana vient leur rendre visite pour le week-end. Alors qu’ils remettent en cause leurs certitudes, ils s’aperçoivent que dans le voisinage tout le monde n’apprécie pas forcément la présence de Mike.

Critique : Dans ce deuxième volume, la mère de Kana entre en jeu et aide Yaichi à accepter Mike. Kanna, elle est moins embarrassée par les us, coutumes et codes de la société japonaise, mais le regard des autres est bien présent. Sans en faire trop, Gengoroh Tagame poursuit à travers le parcours de ses trois personnages son étude de la vision de l’homosexualité au Japon.

Si les amis de Kana sont très ouverts et curieux, leurs parents sont moins tolérants. Yaichi poursuit son travail intérieur et excepte peu à peu son beau-frère. Ses questionnements sont traités avec beaucoup de finesse. De son côté, Mike est confronté à un adolescent, grand frère d’un ami de Kana, qui s’interroge sur sa sexualité.

L’intelligence du récit de Tagame est de montrer l’homosexualité à travers la vision qu’en ont les différents personnages. Il évite ainsi les stéréotypes, mais aussi les angles de vue trop simplistes. Un grand plaisir de lecture et surtout un récit passionnant et émouvant sur l’acceptation de soi et des autres.

4,25/5

Le mari de mon frère – Tome 1 de Gengoroh Tagame

Le mari de mon frère – Tome 1

Auteur: Gengoroh Tagame

Editions Akata, 2016, 186 pages

Résumé : Yaichi élève seul sa fille, Kana. Son quotidien tranquille est perturbé par l’arrivée de Mike Flanagan, le mari de son frère jumeau récemment décédé. Mike est canadien, il souhaite en savoir plus sur la jeunesse de son mari parti trop tôt et découvrir le Japon. Haichi accueille ce beau-frère homosexuel sans trop savoir comment se comporter et, aidé par sa fille, il surmonte peu à peu ses préjugés.

Critique : Ce manga est une belle découverte née de l’imagination d’un auteur de mangas homo-érotiques, Gengoroh Tagame. Il propose cette fois un ouvrage grand public, très didactique, dont l’objectif est de lutter contre les préjugés homophobes. En évitant les stéréotypes, l’auteur joue avec la confrontation entre une culture occidentale libérale, représentée par Mike, et une culture japonaise plus conservatrice.

Dans ce premier volume, Mike est très touchant, en deuil de son mari et troublé par l’existence de son jumeau, Yaichi. De son côté, Yaichi doit apprendre à connaître un beau-frère qu’il n’avait jamais rencontré et à surmonter ses préjugés vis-à-vis de l’homosexualité. Les premiers jours de cette cohabitation ne sont pas sans tension. C’est la présence de la petite Kana, représentante d’une jeune génération japonaise, plus libre et ouverte, qui va permettre aux liens de se créer. Ce trio de personnages, très sympathique, permet au lecteur de s’attacher très vite.

J’ai ressenti à chaque page une grande sensibilité et beaucoup d’émotion. Le dessin est fluide, simple et agréable. Je ne peux que vous conseiller de découvrir ce manga qui, à coup sûr, vous donnera envie de découvrir la suite. Une belle réussite.

4,25/5

Santetsu : 11 mars 2011, après le cataclysme de Koji Yoshimoto

Santetsu, 11 mars 2011 – après le cataclysme

Glénat, Seinen manga, 2013, 192 p.

Résumé : Le 11 mars 2011, le monde découvre les images d’un Japon ravagé par le tremblement de terre le plus meurtrier de son histoire moderne, suivi d’un tsunami destructeur. Cette catastrophe a révélé le courage des hommes, une capacité d’entraide et une volonté farouche de toujours surmonter les obstacles.

Ce manga retrace les efforts immenses déployés par les équipes du chemin de fer japonais afin de rétablir les voies de communications d’une région ravagée par la catastrophe. Entièrement tiré d’histoires vraies, il est un témoignage sur les événements et la force d’un peuple.

Critique : Ce manga, construit comme un documentaire télévisé, raconte la remise en route dans des temps record du chemin de fer longeant la côte japonaise touchée par le tsunami de 2011. Les événements et leur enchaînement sont expliqués avec beaucoup de clarté. C’est un ouvrage passionnant pour celui qui cherche à comprendre comment sont gérées les conséquences des catastrophes majeures.

Je passerai outre les images d’Epinal véhiculées sur le peuple japonais, souvent un peu lourdes : le sens du devoir, l’abnégation, le courage, la discipline, le goût de l’entraide. On peut s’interroger sur le bienfondé de tout cela quand on voit comment sont gérées les conséquences du tsunami dans la centrale nucléaire de Fukushima…

Ce manga se présente sous la forme d’une suite de témoignages intéressants mais un peu redondants sur la longueur. De nombreux documents enrichissent cet ouvrage, rattrapant une relative pauvreté narrative et artistique.

3,25/5

Les cerisiers fleurissent malgré tout de Keiko Ichiguchi

Les cerisiers fleurissent malgré tout

Kana, 2013, 122 pages

Résumé : Une Japonaise, expatriée en Italie, revient régulièrement au Japon pour retrouver sa famille et en profite pour rendre visite à son ancienne institutrice. Elle promet à la vieille dame de revenir la voir au printemps, lorsque les cerisiers seront en fleurs. Mais, le 11 mars 2011, un tremblement de terre frappe le Japon. Suivent le tsunami et la catastrophe nucléaire de Fukushima. Au milieu du désastre, est-il encore possible de faire des projets ?

Critique : Le sentiment de culpabilité que l’on peut ressentir après de grandes catastrophes, l’angoisse pour la famille et les amis dont on est sans nouvelle. Le séisme, suivi du tsunami de mars 2011 au Japon, sont ici décrits de l’extérieur, par une expatriée, comme une volonté de témoigner malgré tout et de rendre hommage à ceux qui ont été fauchés. Beaucoup d’émotion et de pudeur dans ce manga qui aborde les relations familiales et sociales au Japon. Mais aussi le temps qui passe, malgré les fantômes du passé, malgré les drames, avec la douceur et la régularité de ces cerisiers qui , imperturbables, fleurissent comme tous les printemps. La poésie et la tendresse imprègnent chaque page de ce très beau récit.

4/5

Quartier lointain de Jirô Taniguchi

Quartier lointain

Casterman, 2010, 405 pages

Résumé : Un homme de 48 ans qui s’est mal remis de ses excès d’alcool de la veille s’endort dans le train qui doit le mener à un rendez-vous d’affaire. Lorsqu’il se réveille, il se rend compte qu’il est en route pour la ville où il a passé son enfance. Arrivé sur place, il se recueille sur la tombe de sa mère. Un phénomène extraordinaire le propulse alors durant l’été de ses 14 ans, quand son père avait mystérieusement disparu, abandonnant sa famille. L’occasion de changer le passé ?

Critique : Pour tous ceux qui ont des difficultés avec les mangas et qui pensent encore que ce n’est pas un art majeur, je vous invite très vivement à découvrir au plus vite ce Quartier lointain signé Jirô Taniguchi. Il s’agit d’une œuvre poétique absolument magnifique aux dessins éblouissants desquels se dégagent une sérénité et une douceur incroyables. Tout dans ce manga nous amène à un voyage intérieur, mais aussi à un voyage vers le passé, notre passé, duquel découle nos choix présents, nos relations aux autres, nos liens familiaux et amicaux. On est terriblement ému par cette histoire aux personnages incroyablement attachants, amusé aussi par ce presque quinquagénaire en doute sur sa vie et qui redécouvre, non sans nostalgie, ses 14 ans. Les non-dits familiaux sont abordés avec beaucoup de justesse et de pudeur. Quant aux possibilités qu’ouvre le voyage dans le temps, elles sont utilisées sans effet spectaculaire superflus. Un manga tendre et puissant, une œuvre artistique majeure, d’une grande maturité, à découvrir d’urgence.

4,5/5

Il est à noter que ce manga a donné lieu, en 2010, à une adaptation cinématographique signée Sam Garbarski, tournée en grande partie à Nantua, dont voici la bande-annonce.