Les Héritiers ***

Les Héritiers : Affiche

Inspiré d’une histoire vraie, voilà un film qui redonne ses lettres de noblesse au métier d’enseignant. On suit le parcours de jeunes d’une classe de seconde, très difficile, inscrits par leur professeure d’histoire-géographie au Concours National de la Résistance et de la Déportation.

Bien sûr, on pourra reprocher au film d’accumuler les clichés sur ce thème : les doutes, les tensions inévitables à l’intérieur du groupe, la hiérarchie qui met des bâtons dans les roues de l’enseignante et les bons sentiments un peu trop appuyés. Pourtant, il ressort de ce film une telle énergie et une telle générosité qu’on ne peut que se prendre de sympathie pour les principaux protagonistes.

Les Héritiers prend même une direction réaliste et documentaire avec le témoignage d’un survivant de la déportation devant la classe. L’émotion est palpable et c’est dans cet exercice de vérité que le film prend toute sa dimension. D’autant qu’il est porté par une troupe de jeunes acteurs formidables de naturel, derrière une Ariane Ascaride impeccable, comme toujours.

Au-delà de la thématique centrale du film, la plupart des maux de l’école contemporaine sont abordés avec plus ou moins de réussite mais toujours avec une volonté didactique, la mixité, la laïcité, le racisme, l’exclusion… Au final, malgré ses défauts, je retiens un film rafraichissant, pédagogique et utile dans une période où le vivre ensemble est malmené par les racistes, les réactionnaires et les intolérants.

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Carrie de Stephen King

Carrie

J’ai Lu, 1978, 252 pages.

Résumé : Carrie White, adolescente de 17 ans, timide et solitaire, subit le fanatisme religieux de sa mère et le harcèlement de ses camarades de classe. Elle possède le don de télékinésie qu’elle maîtrise difficilement et qui l’oblige à se refermer encore plus sur elle-même. Afin d’aider Carrie à aller vers les autres, Susan Snell, très populaire au lycée, demande à son petit ami, Tommy Ross, de l’inviter au bal de printemps. Carrie reprend confiance en elle. Mais cette invitation ne cache-t-elle pas un piège cruel ?

Critique : Carrie marque ma première rencontre avec Stephen King, auteur incontournable de la littérature fantastique et d’angoisse. Je m’étonne d’ailleurs moi-même de l’avoir négligé si longtemps. En même temps les adaptations que j’avais pu voir de ses livres ne m’avaient jamais totalement convaincues…

L’ouvrage se présente comme une suite de rapports d’enquête et de témoignages qui nous permettent de progresser dans l’intrigue. La forme du récit est donc assez originale mais ce choix présente un inconvénient, sa froideur factuelle et sa vision clinique des événements. En effet, il empêche toute empathie pour l’héroïne ou les principaux protagonistes de l’histoire alors que l’intérêt du personnage de Carrie réside justement dans ce trop plein d’émotions contenues qui vont se déchaîner lors d’une funeste soirée. Le résultat est qu’à aucun moment je me suis senti impliqué dans cette histoire.

Reste, malgré tout, le propos en filigrane avec une dénonciation forte du harcèlement scolaire et de la difficulté pour les jeunes « différents » à s’intégrer à un âge où seule la norme compte. Un autre thème fort, est la mise en cause du fondamentalisme religieux, notamment dans l’éducation, et de ses dégâts pour les enfants qui en sont les victimes. Ces deux éléments méritent à eux seuls de s’intéresser à ce roman. Mais pour ceux qu’une approche documentaire ou biographique dans une œuvre de fiction peut rebuter, passez votre chemin.

3/5