Un homme accidentel de Philippe Besson

Titre : Un homme accidentel

Auteur : Philippe Besson

Editions Julliard, collection « 10/18 », 2007, 243 pages

Résumé : L’un est un inspecteur de police de Los Angeles, marié et sans histoires. L’autre est la nouvelle coqueluche d’Hollywood, celui dont les tabloïds s’arrachent les photos. Sans l’assassinat d’un jeune prostitué dans un parc de Beverly Hills, ils ne se seraient jamais rencontrés. Peu à peu, l’enquête policière va révéler bien plus que l’identité du coupable et pousser les deux hommes dans un jeu dangereux où leur attirance violente va les porter au-delà de la morale et des lois.

Critique : Après les magnifiques En l’absence des hommes et Un garçon d’Italie, je poursuis ma découverte de l’œuvre de Philippe Besson avec Un homme accidentel. Il nous emmène, cette fois, dans le Los Angeles du début des années 1990. La chaleur, le soleil, Venice Beach et Beverly Hills, toute l’atmosphère de la mégapole américaine et des grands romans noirs est parfaitement retranscrite par Philippe Besson grâce à une écriture fluide et efficace.

D’un côté, il y a le narrateur, un jeune flic de la ville, de l’autre Jack Bell, la nouvelle coqueluche d’Hollywood, soupçonné du meurtre d’un jeune prostitué. Rapidement une attirance irrépressible va poindre entre les deux hommes. On suit ce jeu sensuel alors que les pièces d’un puzzle macabre se mettent peu à peu en place.

Au-delà de l’aspect policier du roman, ce sont bien les sentiments entre les deux protagonistes qui intéressent Philippe Besson. La passion au-delà de tout et une sensualité à fleur de peau qui mettent à nu toutes les fêlures de ces deux personnages. Philippe Besson nous interroge sur les limites de l’amour et sur ce que l’on est prêt à faire pour lui, il nous emmène au bord d’un précipice où l’on se laisse mener tant son écriture est maîtrisée.

4/5

Moins que zéro de Bret Easton Ellis

Moins que zéro

Christian Bourgeois, 10/18, 1986, 1999, 234 pages

Résumé : Clay, étudiant à Camden dans le New Hampshire, revient à Los Angeles, sa ville natale, pour les vacances d’hiver. Il retrouve ses amis et sa petite amie, Blair, s’interroge sur ses relations. Il multiplie les aventures et les soirées entre alcool, drogues et sexe.

Critique : Ce premier roman de l’enfant terrible de la littérature américaine étonne autant qu’il détonne, mais il est très loin d’être parfait. A l’époque, Ellis n’avait que 20 ans et il a reconnu par la suite avoir intégré de nombreux éléments autobiographiques.

On suit le parcours de Clay Easton dans le monde difficile et désœuvré des pauvres enfants de riches de Los Angeles, entre névroses et ennui. Bien sûr, on y verra le côté prémonitoire d’une société américaine individualiste en pleine présidence Reagan. La gangrène du fric qui pollue les relations humaines, fait perdre toute valeur morale, avec un cocktail trash détonnant de sexe (forcément bisexuel) et de drogues. Ces éléments du roman sont pour moi réussis et brillants.

En revanche, les personnages tous plus antipathiques les uns que les autres (y compris le héros, complètement blasé) et les incohérences et répétitions du récit m’ont beaucoup moins convaincu. Très rapidement, on a compris où Ellis veut en venir et tout le reste n’est que du décor un peu trop factice à mon goût. Tout cela manque de contour, les dialogues sont souvent d’une ineptie totale, mais pour un premier roman c’était évidemment très culotté, surtout dans les années 80…

3,75/5