Appelle-moi par ton nom d’André Aciman

Appelle-moi par ton nom

Auteur : André Aciman

Grasset, 2018, 332 pages

Paru en 2008 aux éditions de l’Olivier, sous le titre « Plus tard ou jamais« 

Résumé : A l’été de ses 17 ans, les parents d’Elio accueillent Oliver, un jeune professeur de philosophie, dans leur villa sur la côte italienne. Cet Américain brillant fait forte impression sur Elio. Les jours passent entre attirance réciproque et évitement. Elio est tiraillé entre Oliver et sa voisine, Marzia. Oliver travaille sur son manuscrit et mène une vie nocturne dont Elio se sent exclu et qu’il jalouse. Pourtant, le temps d’un été ils cèdent à un sentiment plus grand qu’eux.

Critique : Peu de temps après avoir apprécié la magnifique adaptation de ce roman au cinéma, je me suis attaqué au texte d’André Aciman réédité à cette occasion par Grasset. J’ai découvert un roman riche, puissant et érudit où l’apparente simplicité du propos est portée par un style foisonnant et complexe.

On peut être dérouté de passer de descriptions d’histoire de l’art ou de réflexions philosophiques, à des scènes plus triviales sur l’évolution de la relation entre Elio et Oliver. Pourtant, je me suis laissé prendre par l’atmosphère particulière de cet ouvrage. La torpeur de cet été italien, les valses-hésitations entre Elio et Oliver sont largement retranscrits à travers le regard d’Elio. Ce garçon est attachant autant qu’il est parfois agaçant ce qui apporte chair et épaisseur à ce récit. On suit son yoyo émotionnel dans une intimité telle que je me suis demandé à de nombreuses reprises s’il n’y avait pas dans ce texte une dimension autobiographique.

Bien sûr, on pourra reprocher quelques longueurs, une intrigue un peu diluée et pas assez resserrée, des digressions inutiles, mais ce roman est un tel foisonnement tant dans sa dimension émotionnelle qu’artistique qu’il embarque le lecteur. Et si l’on retrouve quelques scènes clés du film Call me by your name, l’ouvrage va plus loin dans le récit, notamment sur le plan chronologique, rendant donc sa lecture postérieure tout à fait passionnante et peu gênante.

Un beau roman doux et tolérant à découvrir. ©Lionel Four. lionelfour

4/5

Publicités

Pride d’Erik Rémès

Pride : chroniques de la révolution gay 1992-2005 d’Erik Rémès

La Musardine, collection « L’attrape-corps », 2017, 367 pages

Mon avis :

Ces derniers temps, alors que je suis plutôt un lecteur de romans, me voilà parti à lire des essais. Celui-ci m’a été offert par La Musardine en échange d’une critique objective dans le cadre d’une opération Masse critique du site Babelio. Je les remercie de m’avoir permis de découvrir Erik Rémès, un auteur que je connaissais de nom, précédé de sa réputation sulfureuse, mais que je n’avais jamais lu.

Cet ouvrage est un essai, ou plutôt devrait-on dire une compilation de textes écrits entre 1992 et 2005 sur les grandes questions et débats qui ont agité les communautés LGBTQ au cours de cette période charnière de leur histoire. Ces textes sont parus dans des publications communautaires ou sur des média nationaux gay-friendly tels que Libération. Plutôt qu’un classement chronologique, Erik Rémès a préféré un classement thématique des textes, choix judicieux qui permet de faire répondre les textes les uns avec les autres avec quelques années d’intervalle.

Au fil des pages, malgré quelques répétitions sur certains sujets, on voit une vraie cohérence dans la pensée où sont abordés tous les thèmes sans fausse pudeur. L’écriture est simple, fluide et directe ce qui n’empêche pas la profondeur sur le fond. Erik Rémès aborde tour à tour la visibilité, le mariage, les débats politiques, le SIDA, le sexe (safe ou non), la drogue, la « subversion », etc. dans une période riche de débats et d’avancées.

Certaines pages sur l’hécatombe liée au SIDA dans la première moitié des années 90 sont bouleversantes, mais à la lecture on voit bien que le procès qui lui a été fait de promotion des pratiques à risques à l’occasion de la sortie du roman Serial Fucker : journal d’un barebacker, relève largement de la mauvaise foi. Si Erik Rémès aborde tous les sujets, sans pudibonderie mais aussi sans jugement, le message de prévention est pourtant bien présent à chaque page.

J’ai aimé ce livre, utile et incontournable, qui fait le point sur plus d’une décennie de combats d’une communauté face à la maladie, face aux conservatismes sociaux, face à des gouvernements réactionnaires, face à des politiques inadaptées. Plus d’une décennie de combats pour la liberté, pour la visibilité, pour l’égalité. Plus d’une décennie où Erik Rémès a été le poil à gratter d’une communauté pour le pire mais aussi pour le meilleur.

4,25/5

Le mari de mon frère – Tome 3 de Gengoroh Tagame

Le mari de mon frère. Tome 3

Auteur : Gengoroh Tagame

Editions Akata, 2017, 180 pages

 Résumé : Yaichi a appris à connaître son beau-frère et à passer outre ses préjugés. Il se comporte désormais de façon très naturelle avec lui. Il décide d’organiser un séjour en famille aux sources thermales, près du Mont Fuji. La mère de Kana les accompagne. Mike rencontre d’anciennes connaissances de Ryô. Il fait peu à peu des découvertes sur la jeunesse de son mari décédé.

Critique : Dans ce troisième tome, chacun des personnages progresse. Une large place est faite aux questionnements de Yaichi et notamment sur son rôle de père. Il accepte désormais pleinement Mike comme un membre de la famille et s’interroge beaucoup sur l’homophobie au Japon. Son évolution depuis le début de la série est passionnante à suivre.

Mike de son côté poursuit son pèlerinage sur les traces de son mari décédé. Il fait la connaissance du meilleur ami du lycée de Ryô. La petite Kana est, elle, toujours aussi adorable.

Gengoroh Tagame montre, au fil des pages, un Japon qui oscille entre tradition et modernité. Avec son trio de personnages toujours aussi sympathiques, cette série de manga est vraiment agréable à lire. Un feel-good manga qui bat en brèche les préjugés et les idées reçues. ©Lionel Four. lionelfour

4/5

Le mari de mon frère – Tome 2 de Gengoroh Tagame

Le mari de mon frère – Tome 2

Auteur: Gengoroh Tagame

Editions Akata, 2016, 186 pages

Résumé : Kana et Yaichi apprennent à connaître Mike, ce canadien qui avait épousé Ryô, le frère jumeau de Yaichi. La mère de Kana vient leur rendre visite pour le week-end. Alors qu’ils remettent en cause leurs certitudes, ils s’aperçoivent que dans le voisinage tout le monde n’apprécie pas forcément la présence de Mike.

Critique : Dans ce deuxième volume, la mère de Kana entre en jeu et aide Yaichi à accepter Mike. Kanna, elle est moins embarrassée par les us, coutumes et codes de la société japonaise, mais le regard des autres est bien présent. Sans en faire trop, Gengoroh Tagame poursuit à travers le parcours de ses trois personnages son étude de la vision de l’homosexualité au Japon.

Si les amis de Kana sont très ouverts et curieux, leurs parents sont moins tolérants. Yaichi poursuit son travail intérieur et excepte peu à peu son beau-frère. Ses questionnements sont traités avec beaucoup de finesse. De son côté, Mike est confronté à un adolescent, grand frère d’un ami de Kana, qui s’interroge sur sa sexualité.

L’intelligence du récit de Tagame est de montrer l’homosexualité à travers la vision qu’en ont les différents personnages. Il évite ainsi les stéréotypes, mais aussi les angles de vue trop simplistes. Un grand plaisir de lecture et surtout un récit passionnant et émouvant sur l’acceptation de soi et des autres.

4,25/5

Le mari de mon frère – Tome 1 de Gengoroh Tagame

Le mari de mon frère – Tome 1

Auteur: Gengoroh Tagame

Editions Akata, 2016, 186 pages

Résumé : Yaichi élève seul sa fille, Kana. Son quotidien tranquille est perturbé par l’arrivée de Mike Flanagan, le mari de son frère jumeau récemment décédé. Mike est canadien, il souhaite en savoir plus sur la jeunesse de son mari parti trop tôt et découvrir le Japon. Haichi accueille ce beau-frère homosexuel sans trop savoir comment se comporter et, aidé par sa fille, il surmonte peu à peu ses préjugés.

Critique : Ce manga est une belle découverte née de l’imagination d’un auteur de mangas homo-érotiques, Gengoroh Tagame. Il propose cette fois un ouvrage grand public, très didactique, dont l’objectif est de lutter contre les préjugés homophobes. En évitant les stéréotypes, l’auteur joue avec la confrontation entre une culture occidentale libérale, représentée par Mike, et une culture japonaise plus conservatrice.

Dans ce premier volume, Mike est très touchant, en deuil de son mari et troublé par l’existence de son jumeau, Yaichi. De son côté, Yaichi doit apprendre à connaître un beau-frère qu’il n’avait jamais rencontré et à surmonter ses préjugés vis-à-vis de l’homosexualité. Les premiers jours de cette cohabitation ne sont pas sans tension. C’est la présence de la petite Kana, représentante d’une jeune génération japonaise, plus libre et ouverte, qui va permettre aux liens de se créer. Ce trio de personnages, très sympathique, permet au lecteur de s’attacher très vite.

J’ai ressenti à chaque page une grande sensibilité et beaucoup d’émotion. Le dessin est fluide, simple et agréable. Je ne peux que vous conseiller de découvrir ce manga qui, à coup sûr, vous donnera envie de découvrir la suite. Une belle réussite.

4,25/5

Un homme accidentel de Philippe Besson

Titre : Un homme accidentel

Auteur : Philippe Besson

Editions Julliard, collection « 10/18 », 2007, 243 pages

Résumé : L’un est un inspecteur de police de Los Angeles, marié et sans histoires. L’autre est la nouvelle coqueluche d’Hollywood, celui dont les tabloïds s’arrachent les photos. Sans l’assassinat d’un jeune prostitué dans un parc de Beverly Hills, ils ne se seraient jamais rencontrés. Peu à peu, l’enquête policière va révéler bien plus que l’identité du coupable et pousser les deux hommes dans un jeu dangereux où leur attirance violente va les porter au-delà de la morale et des lois.

Critique : Après les magnifiques En l’absence des hommes et Un garçon d’Italie, je poursuis ma découverte de l’œuvre de Philippe Besson avec Un homme accidentel. Il nous emmène, cette fois, dans le Los Angeles du début des années 1990. La chaleur, le soleil, Venice Beach et Beverly Hills, toute l’atmosphère de la mégapole américaine et des grands romans noirs est parfaitement retranscrite par Philippe Besson grâce à une écriture fluide et efficace.

D’un côté, il y a le narrateur, un jeune flic de la ville, de l’autre Jack Bell, la nouvelle coqueluche d’Hollywood, soupçonné du meurtre d’un jeune prostitué. Rapidement une attirance irrépressible va poindre entre les deux hommes. On suit ce jeu sensuel alors que les pièces d’un puzzle macabre se mettent peu à peu en place.

Au-delà de l’aspect policier du roman, ce sont bien les sentiments entre les deux protagonistes qui intéressent Philippe Besson. La passion au-delà de tout et une sensualité à fleur de peau qui mettent à nu toutes les fêlures de ces deux personnages. Philippe Besson nous interroge sur les limites de l’amour et sur ce que l’on est prêt à faire pour lui, il nous emmène au bord d’un précipice où l’on se laisse mener tant son écriture est maîtrisée.

4/5

Histoire de la violence d’Edouard Louis

histoire-de-la-violence

Histoire de la violence d’Edouard Louis

Seuil, 2016, 240 pages

Résumé : Edouard Louis rencontre Reda un soir de Noël. Le jeune homme l’aborde dans la rue alors qu’Edouard rentre chez lui, vers quatre heures du matin, après un repas entre amis. Edouard Louis lui propose de monter dans son studio. Reda lui raconte son enfance, l’arrivée de son père en France. Ils passent le reste de la nuit ensemble, ils discutent, font connaissance, font l’amour. Vers six heures du matin, Reda sort un revolver et menace Edouard. Le début d’un calvaire de plusieurs heures.

Critique : Après un premier roman d’autofiction, En finir avec Eddy Bellegueule, qui avait fait l’effet d’une bombe à sa sortie, Edouard Louis revient avec un autre récit personnel, celui d’une agression particulièrement violente que l’auteur a subi un soir de Noël. Pas trop fan de ces récits plus ou moins autobiographiques, souvent un peu trop égocentrés à mon goût, ils sont pour moi la version en livres de ce que sont les réseaux sociaux sur Internet et les émissions de téléréalité à la télévision.

Pourtant Eddy Bellegueule m’avait largement convaincu car le livre allait bien au-delà d’un simple témoignage et proposait une véritable lecture sociologique de la pauvreté et du déclassement ouvrier en France. Avec Histoire de la violence, ce n’est pas du tout le cas. Il y a bien quelques tentatives de réflexions sur l’immigration et l’intégration en France, mais l’auteur qui n’a sans doute pas encore surmonté le traumatisme lié à son agression, si tant est qu’on puisse le surmonter, peine à contextualiser son propos.

Il s’agit davantage d’un ouvrage post-traumatique, en forme de thérapie, qui parle à n’en pas douter aux victimes de violence et met en avant les capacités de résilience de chacun. A ce titre, Edouard Louis met bien valeur le parcours de la victime qui doit exprimer l’indicible, témoigner, se répéter encore et encore, parfois se justifier devant des membres des forces de l’ordre pas toujours très psychologues, mais aussi devant soi-même et ses proches… Sans complaisance avec lui-même, Edouard Louis fait d’ailleurs alterner son témoignage personnel avec la retranscription des propos tenus par sa sœur, pas toujours très tendres.

Histoire de la violence est donc un ouvrage très touchant, parfois gênant dans les détails qui sont livrés peu à peu au lecteur, mais parfaitement bien écrit sur la forme à la fois directe et crue. Je termine cette lecture avec la certitude qu’Edouard Louis est un grand auteur. La sincérité est là, à chaque page, dans ce dépouillement stylistique, même si cette intimité poussée à l’extrême a provoqué en moi un certain malaise. Mais après tout, n’est-ce-pas le propre des œuvres d’art de nous bousculer et de nous pousser dans nos retranchements ?

3,5/5

Lettre à Hervé d’Eric Sagan

Lettre à Hervé

Lettre à Hervé d’Eric Sagan

Édité par l’auteur, 2016, 99 pages

Résumé : A travers une lettre adressée à Hervé, l’amour de sa vie, Eric Sagan raconte son enfance et son adolescence. Une lettre pour écrire qui il est et expliquer sa différence qu’il donnera également à ses parents avant de la partager avec le plus grand nombre.

Mon avis : Après quelques expériences décevantes, j’avais quelques a priori avec les ouvrages publiés à compte d’auteur. Pourtant, le thème de ce livre et la sincérité évidente de son auteur m’ont convaincu de m’y intéresser. J’ai reçu cet ouvrage avec un sympathique courrier d’Eric Sagan que je remercie ainsi que Babelio.

A la lecture, sur le plan du style, l’écriture est agréable en dépit de quelques tics d’écriture pas toujours très heureux, notamment les inutiles réflexions entre tirets. Malgré tout, ce texte court est d’une grande fluidité et se lit très rapidement.

Et là surprise, alors que je m’attendais, avec cette autobiographie, à un texte sur la découverte de l’homosexualité et la construction d’une identité, il s’agit plutôt de l’histoire d’une famille et d’une enfance. C’est certes très sympathique à lire mais j’ai trouvé cela trop anecdotique pour m’embarquer. C’est l’histoire d’un parcours comme il en existe beaucoup, sans grande originalité. Peut-être était-ce l’objectif de l’auteur, revendiquer cette normalité ? Les chapitres se suivent rapidement sans arriver à me convaincre sans doute à cause d’une construction narrative trop linéaire. C’est parfois plutôt drôle et enlevé comme le passage chez IBM, d’autres fois Eric Sagan aligne les lieux communs et les stéréotypes comme le paragraphe sur la gastronomie anglaise.

Il m’a fallu attendre les trois derniers chapitres et la dernière lettre pour que ce texte autobiographique atteigne enfin l’ampleur attendue. Ces vingt pages sont remarquables de force et d’émotion. Dommage que cela arrive si tard. Trop de questions restent sans réponse, trop d’éléments ne sont qu’effleurés. Finalement, le livre s’arrête au moment où j’aurais souhaité qu’il débute.

Pour conclure, une lecture agréable mais trop anecdotique et superficielle, que j’aurais sincèrement voulu aimer davantage.

2/5

Dans tes bras de David Levithan

Dans tes bras

Dans tes bras de David Levithan

Gallimard Jeunesse, collection Scripto, , 2015, 247 pages

Titre original « Hold me closer »

Résumé : Tiny Cooper, le personnage haut en couleurs du roman Will & Will, a décidé d’écrire une comédie musicale sur sa vie, ses parents, ses ex-boyfriends, sa quête du grand amour, ses camarades homophobes de l’équipe de football américain. Un coming-out en chansons pour devenir enfin lui-même et se faire aimer pour ce qu’il est. Le texte de la comédie musicale jouée dans le roman Will & Will.

Critique : Ayant beaucoup aimé le roman Will & Will, fruit de la collaboration entre deux auteurs jeunesse de renom, John Green et David Levithan, je me suis plongé avec intérêt dans la lecture de la comédie musicale, Dans tes bras, l’un des éléments scénaristiques au centre du roman.

Le texte, qui se présente sous une forme théâtrale, décrit le parcours du personnage fantasque Tiny Cooper, qui en est le narrateur, et surtout ses déceptions amoureuses à répétition. Les didascalies sont nombreuses, ce qui permet au personnage de Tiny Cooper de nous faire part de ses états d’âme et de ses remarques, soit sur les personnages, soit sur la mise en scène. Heureusement qu’il y a ces bouffées d’air, souvent drôles, car ce sont là les seules lignes intéressantes de ce texte.

En effet, cette lecture a été pour moi une grosse déception. Cette comédie musicale, mal écrite, aligne les clichés et les lourdeurs, tout cela manque d’inspiration et ne m’en a pas appris beaucoup plus sur le personnage de Tiny qui m’avait tant plu dans le roman. Je ne suis pourtant pas réfractaire au genre théâtral, mais là tout m’a semblé artificiel, notamment les enchaînements entre les scènes.

L’alignement des petits amis donne une série de stéréotypes et le nombre de personnages fait que tout n’est qu’effleuré avec un fond trop léger pour convaincre et ce malgré quelques belles lignes sur l’homophobie. Je veux bien que le texte soit à l’image de Tiny Cooper, c’est-à-dire totalement fleur bleue, mais à ce niveau, c’est plus mièvre qu’autre chose.

Bref, je suis passé à côté de cette comédie musicale, peut-être justement qu’en musique je n’aurais pas eu la même impression…

1,5/5

La Belle Rouge de Poppy Z. Brite

La Belle Rouge

La Belle Rouge de Poppy Z. Brite

Au Diable Vauvert, Titre original : Prime, 2009, 488 pages

Résumé : A La Nouvelle-Orléans, le restaurant sur la thématique de l’Alcool de Rickey et G-Man est un succès, pourtant Humphrey Wildblood, le critique gastronomique du Cornet les descend en flèche dans sa dernière critique. Les deux jeunes chefs tentent d’en comprendre la cause. Dans le même temps, ils espèrent pouvoir se passer de leur encombrant actionnaire, Lenny Duveteaux. C’est pourquoi, Rickey décide de se rendre à Dallas pour une mission de consulting très bien payée, afin de relancer un établissement en difficulté. Il est loin de se douter que cette mission, en apparence anodine, va lui attirer les pires ennuis…

Critique : Après le sympathique et délicieux Alcool, Poppy Z. Brite poursuit avec La Belle Rouge les aventures du couple de cuisiniers le plus en vue de La Nouvelle-Orléans, Rickey et G-Man. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’à leur corps défendant, ils ont le don de se mettre dans les pires situations.

Entre les combines mafieuses de leur associé et le sauvetage périlleux d’un restaurant à Dallas, ce second volet apporte autant de péripéties et de rebondissements que le précédent. Le suspense est mieux tenu, même si l’on peut regretter encore quelques longueurs. Mais qu’importe, on s’est pris d’amitié pour Rickey et G-Man dès le premier tome et l’on veut connaître la suite de leurs aventures.

Après l’alcool de Louisiane, c’est au tour de la viande du Texas d’être à l’honneur. On aimerait presque que l’auteure insiste davantage sur ce terroir américain trop souvent relégué au second plan derrière la nourriture industrielle et la malbouffe. Je me suis laissé prendre par ce second tome, même si l’on reste dans un schéma narratif relativement proche du premier. Les 100 dernières pages se dévorent et, après tout, on n’en attend pas plus d’un roman policier réussi.

Une lecture agréable, que je vous conseille, pour redécouvrir, au-delà des clichés, l’atmosphère du sud des Etats-Unis.

4/5