M. Pénombre libraire ouvert jour et nuit de Robin Sloan

M. Pénombre libraire ouvert jour et nuit

Auteur : Robin Sloan

Points, 2015, 384 pages

Résumé : Graphiste-designer au chômage, Clay erre dans San Francisco en réfléchissant à la direction qu’il pourrait donner à son avenir professionnel. Le hasard le mène à l’étrange librairie de M. Pénombre qui cherche un vendeur de nuit. Tard le soir, les membres d’un club de lecture viennent y emprunter les volumes cryptés du fonds du fond. Appartiennent-ils à une secte ? Sont-ils des lecteurs d’un genre nouveau ? Embauché, Clay est bien décidé à percer le mystère de ces érudits.

Critique : A mi-chemin entre roman policier et roman à énigme, voilà une lecture de détente très sympathique. On se prend d’amitié pour Clay, le geek antihéros, un peu loser, typique, mais pourtant très attachant.

Dans un premier temps, on se laisse rapidement piéger dans cette histoire mystérieuse de confrérie secrète de lecteurs, bel hommage à la beauté de la lecture et des livres. Robin Sloan sait maintenir très habilement le suspense et distiller peu à peu les révélations pour maintenir l’intérêt de ses lecteurs et faire tourner à fond leur imagination !

La seconde partie du roman avec ses longs passages à la gloire de Google, m’a en revanche moins convaincu, même si la confrontation entre culture papier et culture numérique réserve quelques moments savoureux. Si l’histoire est parfaitement construite, le style, lui n’a cependant rien de très original, malgré l’usage très développé des termes geeks. Quant au final, dont je me garderai bien de parler, il ne sera évidemment pas celui que l’on pense.

J’en retiens une lecture amusante et agréable sur le fond, mais finalement sans grande originalité sur la forme.

3,25/5

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La Belle Rouge de Poppy Z. Brite

La Belle Rouge

La Belle Rouge de Poppy Z. Brite

Au Diable Vauvert, Titre original : Prime, 2009, 488 pages

Résumé : A La Nouvelle-Orléans, le restaurant sur la thématique de l’Alcool de Rickey et G-Man est un succès, pourtant Humphrey Wildblood, le critique gastronomique du Cornet les descend en flèche dans sa dernière critique. Les deux jeunes chefs tentent d’en comprendre la cause. Dans le même temps, ils espèrent pouvoir se passer de leur encombrant actionnaire, Lenny Duveteaux. C’est pourquoi, Rickey décide de se rendre à Dallas pour une mission de consulting très bien payée, afin de relancer un établissement en difficulté. Il est loin de se douter que cette mission, en apparence anodine, va lui attirer les pires ennuis…

Critique : Après le sympathique et délicieux Alcool, Poppy Z. Brite poursuit avec La Belle Rouge les aventures du couple de cuisiniers le plus en vue de La Nouvelle-Orléans, Rickey et G-Man. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’à leur corps défendant, ils ont le don de se mettre dans les pires situations.

Entre les combines mafieuses de leur associé et le sauvetage périlleux d’un restaurant à Dallas, ce second volet apporte autant de péripéties et de rebondissements que le précédent. Le suspense est mieux tenu, même si l’on peut regretter encore quelques longueurs. Mais qu’importe, on s’est pris d’amitié pour Rickey et G-Man dès le premier tome et l’on veut connaître la suite de leurs aventures.

Après l’alcool de Louisiane, c’est au tour de la viande du Texas d’être à l’honneur. On aimerait presque que l’auteure insiste davantage sur ce terroir américain trop souvent relégué au second plan derrière la nourriture industrielle et la malbouffe. Je me suis laissé prendre par ce second tome, même si l’on reste dans un schéma narratif relativement proche du premier. Les 100 dernières pages se dévorent et, après tout, on n’en attend pas plus d’un roman policier réussi.

Une lecture agréable, que je vous conseille, pour redécouvrir, au-delà des clichés, l’atmosphère du sud des Etats-Unis.

4/5

Les Chroniques de San Francisco. Tome 9 : Anna Madrigal d’Armistead Maupin

Anna Madrigal

Les chroniques de San Francisco. Tome 9 : Anna Madrigal

Editions de l’Olivier, 2015, 301 pages.

Résumé : A 93 ans, Anna Madrigal est de plus en plus fatiguée. Pourtant son passé la hante encore. Elle était alors encore Andy et vivait dans le Nevada avec sa mère tenancière d’une maison close. Elle se souvient de Lasko, jeune basque dont elle était amoureuse, alors qu’elle n’était encore qu’un adolescent. Afin de régler ses derniers comptes avec le passé, elle décide de se rendre, avec l’aide de Brian, sur le lieu de ses origines. Dans le même temps, Shawna, Michael et son mari, Ben, projettent de se rendre au Burning Man, un festival au milieu du désert où tout semble pouvoir arriver.

Critique : A travers cette série que sont les Chroniques de San Francisco, Armistead Maupin dresse depuis maintenant près de 40 ans le portrait de la vie et des mœurs californiennes et de l’Ouest américain. Cette-fois, ce sont les groupes New Age écolo du Burning Man qui sont passés à la loupe de ce conteur hors pair. Le plaisir est intact de retrouver ces personnages tellement attachants.

Ce neuvième tome est une véritable suite du précédent et permet, comme son titre l’indique, de lever les dernières zones d’ombre sur le personnage central de la saga, Anna Madrigal, que Maupin avait quelque peu délaissée dans le précédent tome. En proposant d’habiles flashbacks dans la jeunesse d’Anna, dont le prénom était alors Andy, Maupin donne même un nouveau départ à sa saga et en propose une lecture renouvelée. On aurait même envie qu’il écrive une biographie complète d’Anna Madrigal, tant ce personnage semble être une source d’inspiration inépuisable pour son auteur.

Je me suis laissé prendre, une fois de plus, dans cette histoire pas comme les autres qui m’accompagne depuis la fin des années 90 et mon voyage à San Francisco, c’est un mélange de plaisir et de nostalgie de suivre depuis tant d’année les mêmes protagonistes. Ce neuvième tome est un bon cru. On retrouve ce foisonnement de personnages avec des histoires parallèles qui vont finir, évidemment, par s’entrecroiser. Le style est fluide et toujours aussi plaisant.

A l’heure du mariage pour tous, des timides avancées pour la reconnaissance des droits des transexuels, des interrogations sur les identités de genre, de la PMA et de la GPA, cette série est d’une incroyable modernité. Partez à la découverte de cette « famille » pas comme les autres, osez découvrir avec eux le Burning Man, c’est un voyage au pays de la tolérance et de la générosité que vous ne regretterez pas, bien loin des débats abjects et réactionnaires imposés en France par une poignée d’extrémistes et d’intégristes hystériques. Un bonheur de lecture à (re)découvrir.

4,5/5

Alcool de Poppy Z. Brite

Alcool

Alcool

Editions Au Diable Vauvert, 2008, 461 pages

Résumé : Rickey et G-man deux excellents cuisiniers, mais totalement fauchés, souhaitent ouvrir un restaurant thématique à La Nouvelle Orléans où chaque plat sera relevé par un alcool. Pour cela, il va leur falloir trouver des investisseurs, un local, une équipe, quitte à se rapprocher de personnes pas toujours très fréquentables. Mais surtout, ils vont découvrir qu’ils n’ont pas que des amis autour d’eux et qu’on les attend au tournant.

Critique : Poppy Z. Brite, l’auteure de romans horrifiques de La Nouvelle-Orléans, fille spirituelle d’Anne Rice, se lance dans une trilogie culinaire gay décalée dont Alcool est la mise en bouche.

L’écriture est efficace et rapidement on se prend de sympathie pour ce couple de loosers attachants, Rickey et G-man. Ce roman nous plonge dans l’atmosphère si particulière de cette ville pas comme les autres.

Alors que je m’attendais à un roman policier assez violent, à l’image des précédents romans de l’auteure que j’avais pu lire, il n’en est rien. L’intrigue policière est minime et n’est clairement pas le cœur de l’histoire. Ici, il est plutôt question de la cuisine cajun remise au goût du jour et généreusement arrosée d’alcools. On suit toutes les étapes de la création de ce restaurant, les nombreux obstacles que vont devoir surmonter Rickey et G-man et les quelques personnages louches avec lesquels ils vont devoir frayer.

Une lecture sympathique, agréable et originale, où j’ai juste regretté le trop faible suspense, mais qui se laisse boire sans modération.

4/5

Le garçon d’à côté de Katrina Kittle

Le garçon d'à côté

Le garçon d’à côté

Titre original : The Kindness of stangers, LGF, Le livre de poche, 2012, 571 p.

Résumé : Sarah vit avec ses deux fils, Nate un adolescent turbulent et le jeune Danny, dans une petite ville tranquille du Middle West. Ensemble, ils tentent de surmonter la mort de leur mari et père des suites d’un cancer. Leur fragile équilibre est rompu le jour où leurs voisins et amis, les Kendricks sont accusés de pédophilie et notamment d’abus sexuel sur leur fils, Jordan. Sarah, sous le choc et se sentant coupable de n’avoir rien vu, décide d’accueillir Jordan chez elle. Chacun des membres de la famille va devoir trouver sa place dans cette nouvelle organisation et accepter de faire le deuil d’une vie passée.

Critique : Avec ce roman, Katrina Kittle aborde un sujet encore trop souvent tabou, la pédophilie et notamment l’inceste. L’ouvrage est très largement documenté puisque l’auteure s’est appuyée sur l’expertise de spécialistes du sujet afin d’être au plus proche de la réalité.

Le style est direct et très efficace sans jamais sombrer dans le graveleux, le voyeurisme mal placé ou la facilité. Les ambivalences psychologiques de chaque personnage sont parfaitement décrites en évitant les stéréotypes. Katrina Kittle montre, à travers eux, la montée progressive du scandale, et l’évolution personnelle de chacun face aux événements.

Mais les plus belles pages vont concerner la reconstruction progressive de cette famille frappée doublement par la mort du père et l’arrestation des voisins et proches amis. J’ai été très touché par le parcours de Sarah, de ses deux fils qui doivent surmonter un deuil et dans le même temps faire face à l’inimaginable à côté de chez eux. Et j’ai été bouleversé par le jeune Jordan qui, par son arrivée dans cette famille meurtrie, va obliger chacun à repartir de l’avant et à se reconstruire.

Un roman fort et émouvant, un coup de cœur que je vous conseille vivement.

4,5/5

La lignée. Tome 3 : la nuit éternelle de Guillermo Del Toro et Chuck Hogan

La lignée Tome 3 la nuit éternelle

La lignée. Tome 3 : la nuit éternelle

Pocket, 2011, 499 p.

Résumé : La guerre contre les vampires est terminée, l’apocalypse nucléaire provoquée par le Maître a anéanti toute tentative de résistance de l’humanité. Les vampires ont profité de l’atmosphère polluée, ne laissant pratiquement plus passer la lumière du soleil, pour imposer leur loi. De nombreux humains sont parqués dans des camps de travail afin de permettre l’exploitation de leur sang. Seul le professeur Ephraïm Goodweather, aidé de quelques survivants, tente encore de résister. Mais son fils, Zack, est l’otage du maître. Le scientifique détient le Lumen, livre ancien et arme ultime contre le Maître. Il doit faire un choix cruel, sauver son fils ou l’humanité.

Critique : Ce dernier volet de la trilogie vampirique signée du réalisateur Guillermo Del Toro prend une dimension apocalyptique. L’écriture reste d’une efficacité redoutable et j’ai été une nouvelle fois embarqué par ce récit.

Comme pour les deux précédents tomes, on pourra reprocher une écriture très cinématographique, avec des codes très américains, mais l’efficacité est une fois de plus au rendez-vous. Evidemment, le sort de l’humanité se joue en Amérique du Nord et pas forcément d’une manière très logique par rapport au reste du récit. Le récit est sombre et les conflits intérieurs d’Ephraïm pris entre son amour pour son fils et sa mission sont très bien retranscrits.

Une nouvelle fois, le récit réserve quelques surprises terrifiantes et offre des passages très ambitieux. Ce tome permet de lever totalement les divers mystères qui entourent le Maître.

A défaut d’être toujours originale, cette trilogie est d’une efficacité redoutable et embarquera tous les amateurs de littérature fantastique et vampirique.

4/5

La lignée. Tome 2 : la chute de Guillermo Del Toro et Chuck Hogan

La lignée tome 2 la chute

La lignée. Tome 2 : la chute

Pocket, 2010, 413 p.

Résumé : Les vampires envahissent les rues de New York, obligeant les humains à fuir la ville. Le Maître met peu à peu en place son plan diabolique qui lui permettra de plonger l’humanité dans la nuit éternelle et de l’asservir. Face à lui, l’épidémiologiste Ephraïm Goodweather et le professeur Abraham Setrakian tentent d’organiser la résistance. Ils vont devoir s’allier aux anciens, avec lesquels le Maître a rompu la trêve, afin d’acquérir un ouvrage qui pourrait sauver les hommes.

Critique : Après un premier tome particulièrement réussi qui entretenait savamment le suspense, je me suis laissé une nouvelle fois embarquer dans cette histoire qui prend un tour de plus en plus apocalyptique. Certes, l’effet de surprise lié à cette relecture du mythe vampirique est quelque peu passé, mais l’action est cette fois-ci omniprésente. Dans un style très cinématographique, les scènes se succèdent à un rythme soutenu. Quelques passages, très ambitieux et riches en action, son particulièrement réussis.

Sur le plan purement littéraire, l’écriture n’a rien d’exceptionnel mais l’ensemble est d’une efficacité redoutable. On pourra cependant regretter que les auteurs se contentent de rester dans New York et même sur Manhattan. Cela ressert l’intrigue autour de quelques personnages mais empêche une vision plus globale de la pandémie. C’est un reproche que l’on peut faire très souvent aux films et livres américains.

Mais évidemment, dès que l’on a atteint la dernière page, on n’a plus qu’un envie, découvrir le troisième et dernier tome de cette saga vampirique d’une grande modernité.

4/5

Préludes au trône de fer : le chevalier errant – l’épée lige de George R. R. Martin

Préludes au Trone de fer

Préludes au Trône de Fer : Le chevalier errant – L’épée lige

J’ai Lu, 2009, 251 p.

Résumé : Un chevalier errant loue ses services aux nobles causes et prend la défense des opprimés. Ser Arlan de Pennytree a toujours suivi cette ligne de conduite et l’a inculquée à son écuyer, Dunk. Adoubé par son maître mourant, Dunk doit se faire reconnaître comme chevalier. Sa rencontre avec un garçon étrange qui se fait appeler l’Œuf, changera son destin.

Un an plus tard, engagés par un petit seigneur en difficulté, ils doivent faire face à la puissante et terrifiante Veuve Rouge.

Critique : Après avoir beaucoup entendu parler du Trône de Fer et découvert la série télévisée, il était temps de me plonger dans les romans. Plutôt que d’attaquer d’entrée de jeu la saga, j’ai fait le choix de débuter par les préludes, un tome composé de deux nouvelles se déroulant quelques décennies auparavant. Il y est question de chevalerie, de tournois et de serments, pas du tout de magie.

On a plus souvent l’impression de lire un roman sur la féodalité qu’un roman de fantasy. La lecture est malgré tout agréable, mais les enjeux dramatiques sont un peu faibles, sans doute la faute à ce format trop limité. Le personnage de Dunk est un peu lisse même si les dialogues avec son écuyer réservent quelques moments savoureux.

Je suis resté globalement sur ma faim. Sans doute n’était-ce pas le bon tome pour partir à la découverte de Westeros, mais la suite consacrée à la confrontation entre les Stark et les Lannister s’annonce autrement plus riche. Ce volume 0 est donc à réserver aux fans de la série ou aux passionnés de littérature féodale.

2,5/5

Comment se débarrasser d’un vampire amoureux de Beth Fantaskey

Comment se débarrasser d’un vampire amoureux

Librairie Générale Française, Le Livre de poche, 2009, 445 pages

Résumé : Jessica est en terminale, elle est appréciée, populaire et sort avec l’un des garçons les plus sexys du lycée, Jake. Mais un jour, l’étrange Lucius Vladescu débarque dans sa vie. Il semble en savoir beaucoup sur ses origines et, plus inquiétant, il se dit vampire et fiancé avec elle depuis des années. Séduisant et ténébreux, Lucius se croit irrésistible mais Jessica n’est pas du tout attirée par ce prince vampire pour le moins envahissant. Commence un jeu d’amour et de rivalités, où Jessica n’a plus qu’une seule idée en tête, se débarrasser de ce vampire trop encombrant. A moins qu’il ne soit effectivement l’amour de sa vie…

Critique : Le roman débute de manière très agréable, souvent drôle, un peu comme une parodie de Twilight et l’on se dit que l’on va passer un très bon moment. La rivalité et les relations orageuses entre les deux personnages principaux sont bien menées et l’ensemble est soutenu par des personnages secondaires plutôt bien trouvés. A ce titre, les parents adoptifs de Jessica, babas cools, végétariens et non violents sont particulièrement drôles.

Malheureusement, sur la longueur le roman ne tient pas ses promesses et perd rapidement de son originalité. En effet, après un début brillant, l’auteure change de direction et s’oriente dans une histoire déjà vue, sur des chemins très balisés. Les atermoiements de Jessica deviennent pour le moins agaçants et je me suis lassé de ses états d’âme peu passionnants. Alors, certes, je ne suis pas la cible de ce roman de bit-lit mais j’aurais apprécié plus d’originalité dans le traitement. Quant au style, très américain, il est efficace mais assez impersonnel.

Au final, c’est donc avec un sentiment plutôt mitigé que j’ai terminé cette lecture. Dommage !

3/5

Carrie de Stephen King

Carrie

J’ai Lu, 1978, 252 pages.

Résumé : Carrie White, adolescente de 17 ans, timide et solitaire, subit le fanatisme religieux de sa mère et le harcèlement de ses camarades de classe. Elle possède le don de télékinésie qu’elle maîtrise difficilement et qui l’oblige à se refermer encore plus sur elle-même. Afin d’aider Carrie à aller vers les autres, Susan Snell, très populaire au lycée, demande à son petit ami, Tommy Ross, de l’inviter au bal de printemps. Carrie reprend confiance en elle. Mais cette invitation ne cache-t-elle pas un piège cruel ?

Critique : Carrie marque ma première rencontre avec Stephen King, auteur incontournable de la littérature fantastique et d’angoisse. Je m’étonne d’ailleurs moi-même de l’avoir négligé si longtemps. En même temps les adaptations que j’avais pu voir de ses livres ne m’avaient jamais totalement convaincues…

L’ouvrage se présente comme une suite de rapports d’enquête et de témoignages qui nous permettent de progresser dans l’intrigue. La forme du récit est donc assez originale mais ce choix présente un inconvénient, sa froideur factuelle et sa vision clinique des événements. En effet, il empêche toute empathie pour l’héroïne ou les principaux protagonistes de l’histoire alors que l’intérêt du personnage de Carrie réside justement dans ce trop plein d’émotions contenues qui vont se déchaîner lors d’une funeste soirée. Le résultat est qu’à aucun moment je me suis senti impliqué dans cette histoire.

Reste, malgré tout, le propos en filigrane avec une dénonciation forte du harcèlement scolaire et de la difficulté pour les jeunes « différents » à s’intégrer à un âge où seule la norme compte. Un autre thème fort, est la mise en cause du fondamentalisme religieux, notamment dans l’éducation, et de ses dégâts pour les enfants qui en sont les victimes. Ces deux éléments méritent à eux seuls de s’intéresser à ce roman. Mais pour ceux qu’une approche documentaire ou biographique dans une œuvre de fiction peut rebuter, passez votre chemin.

3/5