Dark Shadows ***

Dark Shadows : affiche

Noirceur, humour, fantastique… et Johnny Depp, tous les ingrédients habituels chez Tim Burton sont une nouvelle fois réunis dans son Dark Shadows. Dans ce décor, une nouvelle fois éblouissant (un grand manoir gothique parfait), Tim Burton réadapte une vieille série télé mêlant gentil vampire et méchante sorcière.

Ce qui fait la force de ce film, ce n’est pas son originalité. On est en terrain très connu avec le réalisateur et ce nouvel opus n’apporte rien de très novateur. Mais c’est la force de ses acteurs qui fait la différence. Johnny Depp, cabotin comme on l’aime doit faire face à une Eva Green sculpturale. Autour d’eux les seconds rôles sont formidables, notamment Michelle Pfeiffer, qui signe ici un retour flamboyant après plusieurs années de passage à vide.

Dans ce décor très travaillé, avec une photo particulièrement réussie, les acteurs s’en donnent à coeur joie et suffisent à combler les manques d’un scénario un peu plat, en particulier dans sa deuxième moitié. Mais qu’importe, un Tim Burton même en petite forme a toujours plus de talent que les trois quarts de ses confrères réalisateurs. Un film plaisant.

Public Enemies ***

Michael Mann réalisateur des formidables Heat et Collateral, revisite avec Public Enemies le film de gangsters en s’intéressant à une figure du crime des années 30 aux Etats-Unis, John Dillinger. Le résultat est visuellement très abouti et l’on retrouve cette construction du récit qu’apprécie Mann avec une montée progressive de la tension pour aboutir à des scènes de fusillades étourdissantes et éblouissantes. Pourtant l’ensemble reste souvent un peu froid pour totalement convaincre.  En effet, des passages très introspectifs font que l’on est plus proche d’un film comme L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford que des Incorruptibles. Du coup, ceux qui s’attendent à un film de gangsters classique avec beaucoup d’action seront déçus.

Non, ce qui intéresse Mann c’est cette confrontation psychologique entre Dillinger (flamboyant Johnny Depp) et l’agent du FBI chargé de son arrestation (très austère Christian Bale), passant au second plan certains enjeux dramatiques du récit ou restant un peu trop elliptique sur certains choix des personnages. L’histoire d’amour avec la magnifique Marion Cotillard n’est, en ce sens, pas assez approfondie et lyrique pour donner une dimension plus humaine au criminel.

Au final, ce film est un magnifique écrin pour un diamant un peu froid. Il ne faut cependant pas bouder son plaisir devant une telle réunion de talent portée par la musique blues de l’époque. Un très beau film manquant manquant juste parfois d’un peu d’humanité.

Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street ***

 

Les films de Tim Burton sont toujours un événement tant son univers gothique, poétique et décallé est unique. Et ce Sweeney Todd, adaptation d’un célèbre drame musical de Broadway, en est un nouvel opus très réussi. Il est vrai que certains trouveront que le réalisateur tourne un peu en rond et que le travail sur l’image nous ramène à Sleepy Hollow. Pourtant, il y a dans ce Sweeney Todd une dimension plus grave, une noirceur assumée et une désillusion affirmée pour les hommes. Ce conte macabre qui prend des allures de tragédie est donc parfaitement cohérent dans l’oeuvre de Burton et apporte une touche dramatique supplémentaire.

Une nouvelle fois, le travail sur l’image est passionnant, ce Londres des bas quartiers est sombre et sale, ce qui contraste avec les images lumineuses du passé du barbier et surtout avec le sang rouge de ses victimes. Là encore, c’est nouveau chez Burton, il n’hésite pas à mettre en avant des effets gores avec semble-t’il un certain plaisir! La difficulté tient alors à nous intéresser à un barbier fou, obsédé par son besoin de vengeance. Un personnage pour le moins antipathique!

C’est Johnny Depp qui s’y colle et retrouve là son réalisateur fétiche. Il démontre une nouvelle fois son immense talent et finallement aucun autre acteur que lui n’aurait pu nous faire apprécier ce personnage. A ses côté Helena Bonham Carter (Mme Burton à la ville), en diabolique confectionneuse de tourtes, est tout simplement formidable et l’on regrette qu’elle soit largement sous-exploitée par le cinéma. A leurs côtés, Alan Rickman, Timothy Spall et Sacha Baron Cohen font aussi d’intéressantes compositions, tout juste regrettera-t’on l’interprétation un peu fadasse des deux jeunes amoureux…

Evidemment la musique joue un rôle primordial, même si elle n’est jamais envahissante et les transitions sont très bien menées. Le côté suite de tableaux, typique des comédies musicales, pourra pourtant un peu désharçonner. Au final, on en retient un bon Burton qui, en revenant à ses fondamentaux et à ses thèmes fétiches, apporte pourtant de nouvelles pierres à son édifice créatif. A voir, en VO bien sûr!

Pirates des Caraïbes: Jusqu’au bout du monde **

 
Il fallait bien que la fin arrive, après avoir laissé le spectateur dans l’attente au bout du deuxième volet…
 
Qu’on le dise, ces deux suites conçues après le succès phénoménal du premier volet sont tout de même en-dessous en terme de qualité. C’est surtout au niveau des ficelles scénaristiques, souvent très grosses, qu’il y aurait à redire. Tout part dans tous les sens, autour de nombreux personnages, et du coup on a tendance à s’y perdre un peu! Les personnages principaux sont un peu noyés au milieu de tout ça et ont un peu de mal à exister (surtout Orlando Bloom au jeu plus insipide que jamais… Heureusement que Johnny Depp, démultiplié, sauve l’affaire! Et Keira Kneightley qui gagne un peu en épaisseur) et les personnages secondaires seulement esquissés manquent souvent d’épaisseur (que Calypso est mal utilisée!!!). Le scénariste est visiblement parti en délir total, ce qui n’est pas pour me déplaire, mais quelques fois c’est vraiment trop énorme! Face à cette profusion de personnages, on a même tendance à s’ennuyer un peu, il faut dire que le film dure tout de même 2h40!
 
Il ne faudrait malgré tout pas bouder notre plaisir. Même si ce troisième opus est moins drôle (certains gags commencent à être un peu éculés…), plus long et plus violent que le précédent, il n’en reste pas moins un divertissement de haut niveau, très spectaculaire, aux effets spéciaux impressionnants. Sur ce plan là, pas de déception, le cahier des charges est rempli, et bien rempli!
 
Pour les fans, courez-y! Laissez-vous embarquer dans ce dernier voyage qui clôt de bonne façon cette trilogie. En revanche, ceux qui n’ont pas vu les deux premiers volets, seront complètement perdus!