Santetsu : 11 mars 2011, après le cataclysme de Koji Yoshimoto

Santetsu, 11 mars 2011 – après le cataclysme

Glénat, Seinen manga, 2013, 192 p.

Résumé : Le 11 mars 2011, le monde découvre les images d’un Japon ravagé par le tremblement de terre le plus meurtrier de son histoire moderne, suivi d’un tsunami destructeur. Cette catastrophe a révélé le courage des hommes, une capacité d’entraide et une volonté farouche de toujours surmonter les obstacles.

Ce manga retrace les efforts immenses déployés par les équipes du chemin de fer japonais afin de rétablir les voies de communications d’une région ravagée par la catastrophe. Entièrement tiré d’histoires vraies, il est un témoignage sur les événements et la force d’un peuple.

Critique : Ce manga, construit comme un documentaire télévisé, raconte la remise en route dans des temps record du chemin de fer longeant la côte japonaise touchée par le tsunami de 2011. Les événements et leur enchaînement sont expliqués avec beaucoup de clarté. C’est un ouvrage passionnant pour celui qui cherche à comprendre comment sont gérées les conséquences des catastrophes majeures.

Je passerai outre les images d’Epinal véhiculées sur le peuple japonais, souvent un peu lourdes : le sens du devoir, l’abnégation, le courage, la discipline, le goût de l’entraide. On peut s’interroger sur le bienfondé de tout cela quand on voit comment sont gérées les conséquences du tsunami dans la centrale nucléaire de Fukushima…

Ce manga se présente sous la forme d’une suite de témoignages intéressants mais un peu redondants sur la longueur. De nombreux documents enrichissent cet ouvrage, rattrapant une relative pauvreté narrative et artistique.

3,25/5

Les cerisiers fleurissent malgré tout de Keiko Ichiguchi

Les cerisiers fleurissent malgré tout

Kana, 2013, 122 pages

Résumé : Une Japonaise, expatriée en Italie, revient régulièrement au Japon pour retrouver sa famille et en profite pour rendre visite à son ancienne institutrice. Elle promet à la vieille dame de revenir la voir au printemps, lorsque les cerisiers seront en fleurs. Mais, le 11 mars 2011, un tremblement de terre frappe le Japon. Suivent le tsunami et la catastrophe nucléaire de Fukushima. Au milieu du désastre, est-il encore possible de faire des projets ?

Critique : Le sentiment de culpabilité que l’on peut ressentir après de grandes catastrophes, l’angoisse pour la famille et les amis dont on est sans nouvelle. Le séisme, suivi du tsunami de mars 2011 au Japon, sont ici décrits de l’extérieur, par une expatriée, comme une volonté de témoigner malgré tout et de rendre hommage à ceux qui ont été fauchés. Beaucoup d’émotion et de pudeur dans ce manga qui aborde les relations familiales et sociales au Japon. Mais aussi le temps qui passe, malgré les fantômes du passé, malgré les drames, avec la douceur et la régularité de ces cerisiers qui , imperturbables, fleurissent comme tous les printemps. La poésie et la tendresse imprègnent chaque page de ce très beau récit.

4/5

Soie d’Alessandro Baricco

Soie

Folio, 2001, 142 pages

Résumé : Vers 1860, pour sauver les élevages de vers à soie contaminés par une épidémie, Hervé Joncour entreprend plusieurs expéditions au Japon. Il s’agit d’acheter des œufs sains pour le compte des filatures de son village du Sud de la France et ainsi de permettre le développement local de l’industrie de la soie. Mais les voyages sont longs et dangereux entre guerre et amours impossibles.

Critique : J’avais vu le film éponyme adapté du roman il y a quelques temps et s’il ne m’avait pas totalement convaincu en raison de sa lenteur et de son manque de souffle épique, il m’avait pourtant suffisamment intrigué pour me donner envie d’aller plus loin. Et en effet, dans le roman, on retrouve ce mode de récit tout à fait particulier et original fait de répétitions à l’image de ces voyages qui rythme la vie du héros.

En revanche, si le film était assez long, le livre lui est très court et rapidement terminé. C’est justement ce qui lui manque pour nous faire adhérer aux personnages. A force de concision et de répétitions, l’auteur en oublie le principal, de nous faire aimer (ou détester) ses personnages, ou tout du moins, de les développer suffisamment afin de nous permettre de comprendre leurs actes. Résultat, ce roman qui aurait pu être une grande quête initiatique manque d’aspérités et de profondeur.

Heureusement, il reste de beaux passages poétiques et les dernières pages réservent quelques surprises autour de cet homme qui a fini par se perdre pour un hypothétique amour. Mais cela arrive trop tard pour que l’on se sente réellement concerné.

3/5 

Quartier lointain de Jirô Taniguchi

Quartier lointain

Casterman, 2010, 405 pages

Résumé : Un homme de 48 ans qui s’est mal remis de ses excès d’alcool de la veille s’endort dans le train qui doit le mener à un rendez-vous d’affaire. Lorsqu’il se réveille, il se rend compte qu’il est en route pour la ville où il a passé son enfance. Arrivé sur place, il se recueille sur la tombe de sa mère. Un phénomène extraordinaire le propulse alors durant l’été de ses 14 ans, quand son père avait mystérieusement disparu, abandonnant sa famille. L’occasion de changer le passé ?

Critique : Pour tous ceux qui ont des difficultés avec les mangas et qui pensent encore que ce n’est pas un art majeur, je vous invite très vivement à découvrir au plus vite ce Quartier lointain signé Jirô Taniguchi. Il s’agit d’une œuvre poétique absolument magnifique aux dessins éblouissants desquels se dégagent une sérénité et une douceur incroyables. Tout dans ce manga nous amène à un voyage intérieur, mais aussi à un voyage vers le passé, notre passé, duquel découle nos choix présents, nos relations aux autres, nos liens familiaux et amicaux. On est terriblement ému par cette histoire aux personnages incroyablement attachants, amusé aussi par ce presque quinquagénaire en doute sur sa vie et qui redécouvre, non sans nostalgie, ses 14 ans. Les non-dits familiaux sont abordés avec beaucoup de justesse et de pudeur. Quant aux possibilités qu’ouvre le voyage dans le temps, elles sont utilisées sans effet spectaculaire superflus. Un manga tendre et puissant, une œuvre artistique majeure, d’une grande maturité, à découvrir d’urgence.

4,5/5

Il est à noter que ce manga a donné lieu, en 2010, à une adaptation cinématographique signée Sam Garbarski, tournée en grande partie à Nantua, dont voici la bande-annonce.

Violent séisme au Japon

 
Les sauveteurs s’efforçaient mardi de venir en aide aux milliers de sans-abri, dont beaucoup de personnes âgées, tandis le débat sur la sécurité nucléaire prenait de l’ampleur, au lendemain du séisme qui a fait 9 morts et un millier de blessés dans le centre du Japon. En marge des opérations de secours, le gouvernement a réprimandé la direction de la compagnie électrique Tepco après un incendie et une légère fuite radioactive dans sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa, une des plus grandes du monde.

Plus d’un millier de policiers et pompiers ont poursuivi leurs fouilles dans les ruines de centaines de bâtiments détruits par la principale secousse de lundi qui a atteint une magnitude de 6,8 sur l’échelle de Richter. Une personne est toujours portée disparue. "Des opérations de secours tous azimuts sont en cours. Nous n’avons pas de temps à perdre dans l’hypothèse où se trouveraient encore des victimes sous les décombres", a déclaré Masahiko Sato, un porte-parole des secours à Kashiwazaki, la ville la plus touchée (ce sont en effet dans les 3 heures qui suivent le séisme que le plus de survivants sont retrouvés, passées 12 heures, les chances se réduisent rapidement).

Mardi matin, les autorités ont dépêché en renfort 450 militaires et sept bâtiments de la Marine dans la région de Niigata pour participer aux opérations de ravitaillement en eau et en nourriture des rescapés. La Croix-Rouge a envoyé 24 médecins sur place, plus spécialement chargés de s’occuper des rescapés les plus âgés.

Selon le dernier bilan officiel provisoire, le séisme a fait neuf morts (six femmes et trois hommes), tous des septuagénaires et des octogénaires (qui vivent majoritairement dans les maisons traditionnelles en bois qui se sont effondrées), et au moins 1.060 blessés. Les opérations se déroulent sous une forte pluie et dans la crainte des répliques, dont une centaine parfois très puissantes ont déjà frappé la région depuis lundi, a constaté une journaliste de l’AFP.

A dix jours d’importantes élections et au plus bas dans les sondages, le Premier ministre Shinzo Abe, qui s’était rendu aussitôt sur place lundi, a ordonné à ses ministres "d’agir sans délai" pour venir en aide aux victimes. Quelque 12.000 habitants ont passé la nuit dans des écoles et des bâtiments publics transformés en abris de fortune. "Les dégâts sont beaucoup graves que ce à quoi nous nous attendions", a avoué Hiroshi Aida, le maire de Kashiwazaki, un port de 100.000 habitants, adjurant ses administrés d’être "patients". Quelque 340 immeubles ont été complètement détruits et 500 autres endommagés dans les préfectures de Niigata et de Nagano, selon les autorités locales. La circulation est impossible sur plusieurs routes fissurées par la secousse ou bloquées par des éboulements.

Par ailleurs, la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa, à proximité de l’épicentre du séisme, était totalement arrêtée à la suite d’une petite fuite d’eau radioactive et d’un feu dans un tranformateur. Des vêtements et des gants potentiellement contaminés par des radiations sont aussi tombés par terre lors de la secousse. "Je reconnais qu’il y a eu une certaine inefficacité dans nos mesures" de lutte anti-incendie, s’est excusé le président de Tokyo Electric Power (Tepco), Tsunehisa Katsumata, après s’être fait réprimander par le ministre de l’Economie et de l’Industrie, Akira Amari. La lenteur à régler l’incident "pourrait amener les gens à ne plus faire confiance à l’énergie nucléaire", s’est inquiété le ministre. Le Japon, qui dispose de très peu de ressources naturelles, dépend à 35% du nucléaire civil pour son électricité. "Le plus effrayant c’est de penser qu’il puisse y avoir un grave accident à la centrale nucléaire", a déclaré à l’AFP Takumi Nakata, un enseignant de 38 ans, après avoir passé la nuit dans un hébergement d’urgence. "J’espère qu’ils disent la vérité et que cet accident était bénin", a-t-il poursuivi.

La région de Niigata avait subi le 23 octobre 2004 un séisme de magnitude 6,8 qui avait fait 67 morts et plus de 3.000 blessés, et avait fait dérailler un Shinkansen.

Le bilan de ce séisme démontre, malgré la désorganisation relative du système de secours dans les premières heures, la très bonne préparation du Japon à ce type de catastrophes. Le Japon est sans aucun doute le pays le mieux préparé et le mieux protégé contre les tremblements de terre. Pour comparaison, les séismes de Boumerdès en Algérie et de Bam en Iran, avec des magnitudes comparables, avaient fait respectivement plus de 2000 et plus de 40 000 victimes… Reste à s’interroger sur la nécessité d’implanter des centrales nucléaires, hautement sensibles, dans des zones sismiques (même si cette région du Japon n’est pas forcément la plus sismique du pays). En tout cas cette affaire fait un peu désordre…

Voici une carte réalisée par l’USGS sur les intensités observées lors de ce séisme. Plus c’est rouge, plus le séisme a été ressenti violemment… L’étoile est l’épicentre du tremblement de terre.

La survie des baleines en jeu… Tout le monde s’en fout!

 
Depuis quelques jours se tient la Commission baleinière dans laquelle se joue l’avenir de l’espèce. Les japonais font un intense lobbying et sont en passe d’obtenir le droit de chasser à nouveau cette expèce très menacée. Pendant combien de temps encore va-t-on accepter qu’un certain nombre de pays, au nom de soi-disantes pratiques ancestrales détruisent les écosystèmes de cette planète et anéantissent des espèces entières?
 
L’humanité est en train de se détruire elle-même… Mais au fond ne serait-ce pas un bien pour notre planète… J’écoutais il y a quelques jour un chercheur annoncer qu’on ne trouverait probablement jamais de civilisation avancée dans l’Univers… En effet, la civilisation entraîne l’agressivité, la surexploitation des milieux et l’espèce "intelligente" disparaît une fois qu’elle a épuisé toutes ses ressources sans avoir eu le temps de se développer suffisamment pour changer de planète (devenue trop rapidement invivable). La seule solution serait la sagesse, mais celle-ci démontre justement qu’il est préférable de garder le silence et de ne pas se montrer… En tout cas, les japonnais, par leurs pressions innacceptables, sont en train de démontrer leur manque de sagesse… Combien d’espèces accepterons-nous encore de voir disparaître au nom de la loi du fric? La société néolibérale est en train de nous détruire nous et notre planète… Allons-nous enfin nous en rendre compte et refuser que l’économique passe avant l’homme et la nature!
 
La Commission baleinière internationale (CBI), unique organisation mondiale de régulation de la chasse aux cétacés, risque de s’effondrer si le Japon met à exécution sa menace de démission. Mis en échec jeudi à l’issue de la 59e réunion annuelle de la CBI, organisée du 28 au 31 mai à Anchorage, en Alaska (Etats-Unis), le Japon a évoqué un retrait pur et simple de cette organisation. Le Japon envisage de quitter la CBI et de créer sa propre organisation et/ou de reprendre la chasse commerciale de la baleine. (Voilà qui démontre sa haute estime des organismes internationaux!).
 
Le Japon, qui pratique déjà la chasse dite "scientifique", souhaitait également obtenir le droit pour quatre de ses communautés côtières le droit à la chasse dite "de subsistance". Devant les réticences d’une majorité des 77 pays membres de la CBI, il a finalement renoncé à mettre aux voix cette proposition. Pour être adoptée, la proposition japonaise avait besoin de l’approbation des trois quarts des pays membres de la CBI.

Les peuples autochtones de l’Alaska (Inuits), de Sibérie orientale (Tchoukotka), des îles Saint-Vincent et Grenadines et du Groenland sont les seuls à bénéficier du droit à la chasse "de subsistance". C’est une "hypocrisie", a estimé Joji Morishita, un des responsables de la délégation japonaise. (Il n’y a qu’à interdire la pêche pour tous!)

L’archipel est à la tête des pays qui font campagne pour une remise en cause du moratoire sur la chasse commerciale à la baleine depuis qu’il est entré en vigueur en 1986. S’il quitte l’organisation, le Japon pourrait entraîner dans son sillage une trentaine de pays membres de la CBI. Le Japon est le principal contributeur de la CBI avec les Etats-Unis. "La CBI ne peut survivre que si le Japon en demeure membre. Si le Japon s’en va, la CBI est morte", estime Eugène Lapointe, ancien secrétaire général de la Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction (CITES).

La CBI est profondément divisée entre pays farouchement opposés à la chasse (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Australie, Brésil, Nouvelle-Zélande) et les pro-chasses dont le Japon, la Norvège et l’Islande. Aucun de ces deux groupes ne peut prétendre à réunir une majorité des trois quarts comme l’exige le règlement de la CBI pour réformer les conditions de chasse à la baleine.

Entre défenseurs des cétacés et partisans d’une reprise de la chasse commerciale, le dialogue devient de plus en plus difficile. Ainsi, au cours de la réunion d’Anchorage, les pays opposés à la chasse ont adopté une résolution symbolique (sans la majorité des trois quarts) pour exhorter les Japonais à "cesser de tuer les baleines sous couvert de la science". Les pays pro-chasse ont boycotté ce vote et M. Morishita a qualifié ce vote de "résolution de la haine".

Dans ce climat d’affrontement, il a été impossible de faire approuver la proposition brésilienne de création d’un nouveau sanctuaire dans l’Atlantique sud, qui aurait nécessité trois quarts des voix pour être adoptée.

Malgré le moratoire, plus de 30.000 baleines ont été tuées depuis 1986 sous couvert de "chasse scientifique". Le Japon tue un millier de baleines par an au nom de cette dérogation. Tokyo a d’ores et déjà annoncé son intention de chasser cet été 50 baleines à bosse dans le Pacifique sud. Et le Japon n’est pas seul. La Norvège continue de chasser des baleines dans l’Atlantique nord et l’Islande qui avait quitté la CBI en 1992 avant de la rejoindre en 2002 a repris la chasse en 2006.

"Les organisations de protection des cétacés font face à la plus grande offensive depuis la mise en place du moratoire", estime Sue Fisher de la société de protection des baleines et dauphins (WDCS). "Non seulement les pays pro-chasse souhaitent lever le moratoire mais ils veulent également lever les restrictions sur le commerce mondial de produits à base de baleines. Si cela arrivait, cela entraînerait un massacre incontrôlable" des cétacés, a-t-elle déploré.
 
Ils sont devenus complètement fous, tout cela encore et toujours pour l’argent. Et c’est une nouvelle fois une espèce animale qui trinque… Les baleines seront exterminées par notre folie et dans les médias personne n’en parle… C’est vrai que les préparatifs du bac ou Sarko qui fait du jogging, c’est tellement plus important comme sujets…