La ligne droite d’Hubert et Marie Caillou

La ligne droite

Glénat, collection « 1000 feuilles », 2013, 121 pages

Résumé : Hadrien vit dans un petit village de Bretagne. Il doit composer avec une mère stricte et un lycée catholique aux méthodes pédagogiques réactionnaires. Son seul espace d’évasion, ce sont les livres. Bien que solitaire, Hadrien se rapproche peu à peu de Jérémie, un garçon très populaire au lycée, avec lequel il se découvre des points communs. Leur complicité donne naissance à des sentiments plus forts.

Critique : Sous l’apparente simplicité du dessin se cache une bande dessinée d’une grande qualité où est abordée, avec beaucoup de tact, la question de l’homosexualité à l’adolescence. Ses auteurs ont un parti pris très clair, largement relevé par les associations de lutte contre l’homophobie, à savoir que la difficulté de s’assumer en tant qu’homosexuel à l’adolescence n’est pas liée à l’homosexualité en elle-même, mais bien à l’homophobie sociale que subit l’adolescent.

Ici, le jeune Hadrien doit s’assumer dans le milieu catholique traditionaliste de la campagne bretonne. Certes, ce choix peut paraître véhiculer certains clichés, mais il peut tout à fait se transposer dans d’autres milieux, le propos étant totalement universel. J’ai été touché par cette découverte d’un amour et par cette histoire forte et émouvante. Le dessin aux lignes simples permet d’entrer pleinement dans l’histoire et de se concentrer pleinement sur les personnages et leurs conflits intérieurs. J’ai été très bouleversé par cette histoire et par le personnage attachant d’Hadrien.

Une bande dessinée très réussie.

4/5

Publicités

En finir avec Eddy Bellegueule d’Edouard Louis

En finir avec Eddy Bellegueule

En finir avec Eddy Bellegueule

Seuil, 2014, 219 p.

Résumé : Eddy Bellegueule grandit dans une petite ville ouvrière de Picardie. Trop délicat et sensible, il est l’objet de moqueries, d’humiliations et de violence de la part de ses camarades de classe. Ce n’est pas dans sa famille, ignorant son mal être, où les propos racistes et homophobes fusent, qu’il peut trouver du réconfort. Pourtant, Eddy tente tout, même d’avoir une petite amie pour faire illusion. Il témoigne de cette enfance sacrifiée, des persécutions dont il a été victime, dans ce roman d’autofiction.

Critique : En débutant ce livre, je m’attendais à un énième ouvrage traitant de l’homophobie à l’adolescence et de la difficulté de se construire pour un jeune gay dans un univers totalement hétéronormé. C’est bien sûr, la thématique central de ce livre à mi-chemin entre fiction et réalité. Edouard Louis (Eddy Bellegueule de son vrai nom) décrit les violences qu’il a subies avec une plume directe et âpre.

Pour autant, ce sont plutôt les passages traitant du conditionnement social et de la déstructuration du monde ouvrier qui sont les plus réussis et passionnants. Le chômage, la pauvreté et le déterminisme social sont au cœur de cet ouvrage qui pourrait même apporter quelques clés pour comprendre ce monde ouvrier en déliquescence, abandonné à lui-même, sans perspective et qui se réfugie dans le machisme, la haine de l’autre et les extrêmes.

Enfin, les relations avec ses parents, son père en particulier, sont traitées avec beaucoup de dureté, sans doute Edouard Louis avait un certain nombre de comptes à régler, mais on ressent à chaque page, et de manière très poignante, ce besoin d’un enfant d’être aimé, malgré tout, par ses parents. Dans les dernières pages, on sent même poindre une possibilité de relations familiales plus apaisées, malgré un certain manque de recul.

Un premier roman fort, émouvant et troublant, en dépit de toutes ses maladresses. Un auteur à suivre.

4/5

Revanche de Cat Clarke

Revanche

Revanche

Titre original : Undone, Robert Laffont, collection R, 2013, 490 p.

Résumé : Jem Halliday est amoureuse de Kai, son meilleur ami. Depuis leur enfance, ils sont inséparables. Elle le voit comme le garçon idéal. Le seul problème est qu’il est gay. Lorsqu’une vidéo de lui en compagnie d’un garçon est postée sur Internet, il ne le supporte pas et se suicide. Dévastée, Jem prend trois résolutions, découvrir la vérité, venger son ami et se suicider un an plus tard. Une lettre anonyme va rapidement l’aider à avancer dans son projet.

Critique : Une adolescente mal dans sa peau doit faire le deuil de son meilleur et seul ami qui s’est suicidé après la diffusion d’une vidéo de lui avec un autre garçon. Le thème de ce roman est dur, son traitement ne l’est pas moins, l’héroïne répétant très régulièrement qu’elle souhaite mettre fin à ses jours, une fois sa vengeance mise en œuvre.

L’intrigue, qui se déroule sur une année, est rythmée par les lettres qu’a laissées Kai, l’ami disparu. Le suspense sur les responsabilités de chacun, suite à ce drame, est savamment entretenu, ce qui permet de se laisser prendre dans l’histoire. L’amitié presque amoureuse entre Kai et Jem est parfaitement décrite même si je n’ai pas été totalement convaincu par le personnage de Kai, trop heureux de vivre pour être suicidaire, aussi grande soit l’homophobie des adolescents du lycée.

Pour le reste, c’est un bon ouvrage de littérature ado, assez facile et agréable à lire qui aura le mérite d’alerter jeunes et parents sur le risque suicidaire chez les adolescents homosexuels et les dangers que peuvent représenter les réseaux sociaux et les nouvelles technologies lorsqu’ils sont utilisés pour nuire.

3,75/5

Sexy de Joyce Carol Oates

Sexy

Gallimard, Folio, 2006, 237 pages

Résumé : Darren a 16 ans, il est l’un des espoirs de l’équipe de natation de son lycée. Très séduisant, sa beauté attire et le rend très populaire. Son professeur d’anglais, M. Tracy est lui aussi fasciné. Lorsque celui-ci fait renvoyer l’un des membres de l’équipe de natation, les amis de Darren décident de se venger et envoient un courrier anonyme accusant Tracy de pédophilie. Rapidement la machine judiciaire s’emballe.

Critique : La rumeur et la calomnie sur fond de préjugés homophobes sont au cœur de ce roman de Joyce Carol Oates. L’auteure décrit avec force la violence normative de l’adolescence qui exclut sans remords tous ceux qui sont différents. Elle n’est jamais dans un schéma binaire, noir ou blanc, comme le sont souvent les ouvrages de la littérature américaine. Au contraire, elle joue ici avec les stéréotypes pour mieux troubler ses lecteurs. J’ai été totalement absorbé par cette histoire à l’écriture concise et nerveuse. Rien n’est ici superflu. Oates va à l’essentiel. La progression de son personnage principal, Darren qui, confronté au drame, deviendra adulte, est passionnante. Un roman puissant et dérangeant.

4,25/5

Jack de A.M. Homes

Jack

Actes Sud Junior, Romans ADO, 2011, 278 pages

Résumé : Après plusieurs années de séparation et de relations très tendues, les choses semblent enfin se calmer entre les parents de Jack. Ce dernier espère pouvoir avoir une vie normale d’adolescent. Mais lorsque son père lui annonce qu’il est gay et qu’il vit avec son « vieil ami » Bob, tout déraille dans la vie de Jack.

Critique : A l’heure où la très catholique France semble découvrir les familles homoparentales, il est passionnant de se plonger dans ce roman américain qui date de 1989 et qui n’est pourtant paru chez nous qu’en 2011… Et de constater que nous avons 20 ans de retard sur une question de société déjà réglée dans la plupart des pays occidentaux. Oui, il existe pour les gays et les lesbiennes de multiples moyens de fonder des familles et d’avoir des enfants que la loi les y autorise ou non…

Ici, un adolescent découvre donc sur le tard l’homosexualité de son père. Cela est l’occasion pour l’auteure de dénoncer les processus de normalisation sociale et le conservatisme qui impose des tabous là où il ne devrait pas y en avoir. Elle décrit avec clarté les effets destructeurs que peuvent avoir les non-dits et les silences au nom d’une soi-disant protection d’un enfant qui n’est finalement demandeur que de vérité, de sincérité et de confiance.

A. M. Homes s’intéresse aussi aux nombreux conflits intérieurs de ce jeune Jack qui doit composer tardivement avec l’homosexualité d’un père à l’heure de ses premiers émois hétérosexuels. Oui, oui, pour ceux qui en douteraient encore un fils d’homo peut être hétéro… Mais Jack découvrira qu’aucune famille n’est parfaite et que ce qui compte avant tout c’est l’amour et le respect que l’on a les uns envers les autres.

S’il est certes parfois un peu balisé, mais l’auteure n’avait alors que 19 ans, ce joli roman démontre avec intelligence que l’équilibre dans une famille n’est pas lié à l’orientation sexuelle mais à la franchise, à la confiance et à l’amour. L’ensemble est tendre et touchant et le style remarquable tant dans la description des relations familiales, des riches portraits des personnages, que dans les confrontations de basket-ball.

4/5

La pissotière de Warwick Collins

La pissotière

10/18 domaine étranger, 1999, 141 pages

Résumé : Ez, Reynolds et Jason sont trois immigrants jamaïcains chargés de l’entretien de toilettes Messieurs au cœur de Londres. Il s’agit d’un lieu de rencontres très fréquenté par les homosexuels. La municipalité charge les trois hommes de mettre bon ordre dans l’établissement. Mais les conséquences seront plutôt inattendues…

Critique : Ne vous fiez pas à son titre volontiers provocateur, ce court roman ne possède rien de graveleux ou de choquant. A travers ce roman, l’auteur pose un œil tendre sur ces trois immigrés jamaïcains qui se retrouvent confrontés à une culture qu’ils ne connaissent pas.

Plus que cela, Warwick Collins analyse l’homophobie latente de ces jamaïcains, leurs idées reçues, à eux, qui sont issus d’un pays où la liberté d’orientation sexuelle est loin d’être acquise. Cette cohabitation inattendue donne un ouvrage décalé, dont le thème est traité avec beaucoup de pudeur, mais qui aurait mérité d’être un peu plus long pour enrichir les personnages (notamment la relation père-fils) globalement un peu trop superficiels.

On en retient malgré tout une agréable fable sociale qui interroge sur toutes les formes de racismes et les processus sociaux qui les induisent.

3,25/5

Le Livre de Joe de Jonathan Tropper

Le Livre de Joe

10/18, 2006, 411 pages

Résumé de la quatrième de couverture : Joe Goffman, jeune auteur, a tout pour lui : un magnifique appartement à Manhattan, des aventures sentimentales en série, une décapotable dernier cri et une fortune importante grâce au succès de son premier roman, Bush Falls. Ce best-seller, inspiré de son adolescence dans une petite ville du Connecticut ridiculisait les mœurs de ses ex-voisins et dénonçait leur hypocrisie et leur étroitesse d’esprit. Mais appelé au chevet de son père mourant, il voit ressurgir ce passé. Face à l’hostilité d’une ville entière, Joe va devoir affronter ses propres contradictions et peut-être enfin trouver sa place…

Critique : Autant vous le dire tout de suite, j’ai été conquis par ce roman se situant quelque part entre fiction et autobiographie, sans doute, espérons le pour l’auteur, plus proche de la fiction. La mise en perspective du travail d’écrivain est tout à fait passionnante entre sources d’inspiration et affabulations, on est littéralement transporté entre rire et émotion. Ce qui fait la force de ce roman, c’est qu’il est à la fois drôle, terriblement féroce, mais est également très émouvant. Rarement un auteur hétérosexuel n’a abordé avec autant de justesse, au-delà de tout cliché et de toute sensiblerie, la question de l’homophobie et de l’homosexualité en particulier à l’adolescence. La construction du récit, faite de flash-back, est très intelligente et maintient habilement le suspense. On est bouleversé et amusé par ce récit d’un auteur en pleine errance affective et créatrice. Un très beau roman, une formidable découverte.

4,5/5

Sarkozy et la droite censurent un journal qui leur est défavorable!

Alors que des menaces – non dissimulées! – sur la presse et sur les députés UDF hésitant à rejoindre l’UMP se multiplient. Alors qu’un décret vise à censurer et fliquer l’internet français au nom de la lutte contre le terrorisme. Aujourd’hui, l’oeuvre de censure de la droite contre la presse hostile (de gauche) et contre la presse gay se poursuit au nom de la protection des moeurs et des mineurs… Nous voilà revenus au début des années 60… Merci qui? Merci Monsieur Sarkozy! (Vous savez celui qui prône la modernité et l’ouverture dans tous ses discours! Celui qui se dit vouloir être le président de tous les français… sauf évidemment de ceux qui ne pensent pas comme lui…). Cette fois-ci c’est le magazine gay Illico qui est dans la ligne de mire. Voici la lettre ouverte de son rédacteur en chef…

Le magazine gay Illico menacé d’interdiction par le ministère de l’Intérieur

Le magazine gay gratuit Illico vient de recevoir un courrier du ministère de l’Intérieur qui le menace d’interdiction pour la présence de publicités pour des sites Internet ou téléphoniques de rencontres ainsi que ses critiques de films X. (Dans tous les magazines télé on retrouve des publicités pour des numéros de téléphone X surtaxés!!!!! Ils ne sont pas interdits pour autant!!!!)

Une coïncidence troublante alors que le contenu du magazine n’a pas varié depuis des années, mais que le magazine mène une campagne très hostile à l’élection de Nicolas Sarkozy.

La rédaction d’Illico est tombée des nues ce matin à la lecture du courrier recommandé signé du Sous-directeur des libertés publiques du ministère de l’Intérieur (Marc-André Ganibenq) qui menace le titre d’interdiction à travers l’utilisation d’un article bien connu des éditeurs de presse (l’article 14 de la loi n°49.956 du 16 juillet 1949) qui vise officiellement à protéger la jeunesse et qui, selon une interprétation très restrictive, peut aboutir à sa disparition.

Le courrier en question reproche à Illico de publier « des textes et de photographies de nature pornographique susceptibles de choquer les mineurs qui pourraient l’acquérir ». En cause, en particulier, la rubrique chroniquant les films X (sous le titre Rayon X) et la présence « en quantité de publicités pour des sites internet ou des serveurs de rencontres par téléphone explicitement sexuelles ». Le courrier affirme en particulier que l’illustration de la chronique de films X comporterait des images présentant « des sexes masculins en érection ».

Or la réalité est tout autre. La rubrique Rayon X publie de nombreuses années des critiques de films X, comme certains confrères de la presse gay, ­Têtu en particulier. Les illustrations qui accompagnent ces articles sont soit de la couverture du dvd si elle ne présente pas de sexe en érection, soit une autre image du film ou encore une reproduction « floutée » de la partie représentant un sexe en érection.

Le courrier du ministère ne donne d’ailleurs aucune précision sur un exemple quelconque qui aurait pu entrer dans le champ des reproches qui nous sont adressés. Sous-entendant que la pratique courante d’Illico serait de présenter des sexes en érection.

Même absence de fait précis pour ce qui concerne les publicités pour les serveurs internet et téléphone de rencontres. Aucune publicité ­— contrôlées à la fois par les annonceurs et le support qui les publie — n’est mentionnée comme pouvant poser un problème en particulier. Notons, là encore, que les mêmes publicités sont publiées simultanément par tous les supports de presse gay (Têtu, 2Xparis, Préf, BabyBoy, etc…).

Quant au risque que ces textes et images atteignent la jeunesse, faisons observer qu’Illico n’est pas diffusé en kiosque, mais strictement dans un réseau d’établissements fréquentés par une clientèle homosexuelle majeure (bars, discothèques, saunas, sex clubs) dont l’accès est précisément interdit aux mineurs (On protège les mineurs de magazines diffusés dans des lieux auxquels ils n’ont pas accès!!!!!!!!! Hypocrisie de la censure voulue par Sarkozy!!!!!).

Il y a donc quelque chose de profondément troublant dans l’activation de cette procédure à l’encontre d’Illico qui publie sans discontinuer depuis mars 1988 un contenu qui n’a jamais été assimilé par quiconque depuis près de 20 ans à un magazine pornographique mettant en danger la jeunesse de France.

En revanche, Illico est un média d’information gay essentiellement centré sur l’actualité politique et sociale de la communauté LGBT. Et c’est aussi un média militant qui n’a jamais mis son engagement dans sa poche, en particulier depuis plusieurs mois, pour affirmer son opposition à l’ex-ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, qui dispute l’élection présidentielle en cours.

De là à voir une coïncidence entre ces éléments, il n’y a sans aucun doute que notre paranoïa bien connue à l’égard de cet homme politique, de ses méthodes et de son emprise sur les services de l’Etat qui l’étaye.

Illico va, bien entendu, faire valoir auprès des services de la Direction des libertés publiques ses arguments et tenir ses lecteurs et la communauté gay au courant de l’évolution de ce dossier. Nos lecteurs doivent savoir que peu de publications ayant été l’objet de la procédure qui frappe aujourd’hui Illico en ont réchappé. La quasi-totalité des titres de presse concernés ont été frappés d’interdiction définitive.

Au-delà de ce risque administratif, l’image d’Illico est attaquée, sa crédibilité éditoriale et commerciale abîmée. Le magazine destabilisé. Et au-delà d’Illico même, la presse homosexuelle dans son ensemble se trouve menacée par les attaques infondées contre l’un de ses titres les plus anciens et les plus emblématiques.

Nous abordons incontestablement une période inquiétante.

Jacky Fougeray, directeur de la rédaction d’Illico

J’avais déjà souligné à plusieurs reprises l’homophobie latente de Sarkozy, en voici un nouvel élément de preuve indiscutable!

Sarkozy persiste à soutenir des homophobes…

Début septembre, j’avais déjà souligné le soutien au-delà de l’admissible de Sarkozy au député UMP homophobe du Nord, Christian Vanneste. Malgré les condamnations successives, Sarkozy s’évertue à le garder à ses côtés, à la différence du PS qui s’est enfin (il était temps!) séparé de Georges Frêche. Il est vrai, que Sarkozy continue à entretenir des liens étroits avec les groupes religieux les plus conservateurs de notre pays, qui ne sont pas connus pour leur ouverture d’esprit sur la question de l’homosexualité. Si Sarkozy pense réduire la délinquence (c’est son programme!) en soutenant (financièrement!) l’enseignement religieux par les religieux, il se met le doigt dans l’oeil, il arrivera simplement à faire imploser la République et à développer de nouvelles formes d’extrémismes. Derrière le discours d’ouverture, Sarkozy cache de plus en plus mal une homophobie latente mais réelle!
Voici les faits concernant Vanneste:
La cour d’appel de Douai (Nord) a confirmé hier la condamnation du député UMP du Nord, Christian Vanneste, à 3 000 euros d’amende pour « injure envers les homosexuels » et à 500 euros supplémentaires de dommages et intérêts aux trois associations plaignantes (SOS-Homophobie, Act Up Paris et le Syndicat national des entreprises gays). Le député devra aussi publier un extrait du jugement dans la Voix du Nord, l’Express et le Monde.
L’affaire remonte à deux ans. Lors du vote de la loi du 30 décembre 2004 réprimant les injures et discriminations homophobes, Christian Vanneste avait donné une interview à la presse régionale. Il y affirmait que l’homosexualité était « inférieure à l’hétérosexualité ». « Si on la poussait à l’universel, ajoutait-il, ce serait dangereux pour l’humanité. »
Les associations de lutte contre l’homophobie se sont félicitées de l’arrêt de la cour d’appel. Et réclament la tête du député. « Nicolas Sarkozy a qualifié les propos de Christian Vanneste d’ »inadmissibles » et « intolérables », mais continue de les admettre et de les tolérer en refusant de l’exclure, comme il s’était engagé à le faire en cas de récidive », s’agace SOS-Homophobie. Car récidiviste, Vanneste l’est assurément (chacune de ses interventions contient presque systématiquement des injures homophobes!). Il y a quelques semaines, le député déclarait à Nordik, une publication gay régionale : « Il est vrai qu’un type de comportement qui ne permet pas d’engendrer la vie est un comportement nocif pour l’humanité. » Christian Vanneste est toujours le candidat officiel de l’UMP aux législatives dans la 10e circonscription du Nord.
Il est aussi intéressant de réaliser une analyse de texte des propos de Vanneste. Lorsqu’il parle des homosexuels, il n’est jamais question des personnes en tant que telles, mais de leur comportement. Sous-entendu, il rabaisse d’abord les gays à leur simple sexualité, et ensuite il les nie en tant que personnes. Pour lui, l’homosexuel n’existe pas, seul le comportement homosexuel existe. Qui dit comportement, dit quelque chose que l’on peut modifier, corriger, guérir. On voit quelle idéologie nauséabonde, portée par des groupes sectaires ultra-conservateurs, se cache derrière ce discours… De tels propos sont indmissibles venant de la part d’un élu d’un parti qui se veut républicain, démocratique et respectueux des libertés individuelles… Ou alors, l’UMP renie les droits des homosexuels, mais dans ce cas là que Sarkozy le dise clairement plutôt que de continuer à mentir par omission…

Sarkozy homophobe ?

Sarkozy vient de se déclarer dans le Figaro contre le mariage et l’adoption par les couples homosexuels, démontrant une nouvelle fois sous de faux airs de modernité son archaïsme total et sa déconnexion de la société française, à 60% favorable au mariage gay.
Ce n’est pas la première pique envoyée par le ministre de l’intérieur à la communauté homosexuelle. En effet, son obstination à soutenir au delà de l’acceptable le député UMP Christian Vanneste, qui précise à longueur d’interviews que les homosexuels sont des « êtres inférieurs » et co-auteur de la fameuse loi sur l’apport positif de la colonisation (les politiques n’ont décidément pas à se mêler de l’histoire!), avait déjà provoqué la consternation et l’exaspération de nombreux homosexuels et pose des questions sur ce que Sarkozy pense réellement des gays. Et l’on ne peut que s’interroger sur une homophobie non avouée, mais latente, du leader de l’UMP…
Et M. Sarkozy de nous faire de grandes leçons sur ce que doit être une famille… On croit rêver! Lui qui a été quitté par sa femme, lui qui n’a pas hésité à faire poser son fils sur toutes les couvertures des hebdomadaires de France dans des opérations marketing bien orchestrées, il vient nous expliquer que les homosexuels ne sont pas aptes à fonder une famille… Qu’il balaie d’abord devant sa porte! Je n’ai jamais vu autant de mauvaise foi de la part d’un homme politique. Enfin, il ne lui reste plus qu’à se prononcer pour la peine de mort (je crois qu’il le pense mais qu’il n’ose pas le dire…) et pour la vente libre des armes à feu, et il aura le même programme que George W. Bush…
Mais il faudrait aussi se pencher sur son bilan en tant que ministre de l’intérieur. Il est arrivé à ce poste grâce à TFN… euh pardon TF1… qui en a fait des tonnes sur l’insécurité pendant des mois. Mais depuis qu’il est en place, bizarrement plus rien… Oui, TF1 est trop occupée à nous faire un tour de France de toutes les Brigades Anti-Criminalité pour nous expliquer combien la police travaille bien depuis que Sarkozy est là. Pourtant, lorsque l’on parle insécurité, les français pensent d’abord et avant tout aux agressions physiques sur les personnes… Or celles-ci sont en augmentation constante depuis 2002…
Il est beau le bilan!  Une vague d’agressions homophobes a frappé Paris cet été, c’est étrange mais TF1 n’en a pas parlé, le ministre de l’intérieur non plus d’ailleurs… Le jeune gay dans le coma depuis un mois appréciera…

On l’aura compris, M. Sarkozy brasse de l’air, occupe la scène médiatique, mais le bilan est bien maigre! Ce n’est pas en expulsant et squatteurs, en fermant Sangatte que l’on reglera le problème de la pauvreté et des sans-papiers… C’est comme si vous passiez le balais et planquiez la poussière sous le tapis, elle ne se voit plus mais pourtant elle est toujours là… Mais si M. Sarkozy a un programme si rempli par rapport à celui de Mme Royal, qu’il l’applique dès aujourd’hui! Qu’il crée sa rupture dès maintenant, car à l’écouter il y a urgence! Après tout il dirige la majorité et la plupart des députés UMP lui sont acquis… Oui mais voilà, M. Sarkozy ne pense pas au bien de la France, il pense à être élu…
En tout cas j’adresse un carton rouge à M. Sarkozy. Je ne sais pas encore pour qui je vais voter en 2007, mais je sais déjà à qui mon bulletin n’ira pas…