Le chagrin du roi mort de Jean-Claude Mourlevat

Le chagrin du roi mort

Le chagrin du roi mort

Gallimard Jeunesse, collection « Pôle fiction », 2009, 448 p.

Résumé : Aleks et Brisco vivent heureux au royaume de Petite Terre. Inséparables depuis leur naissance, ils ont été élevés comme deux frères par Bjorn et Selma. Mais lorsque le vieux roi meurt, la paix de l’île est menacée. Le redoutable et ambitieux Guerolf, exilé depuis des années sur Grande Terre, rêve de s’emparer du pouvoir. Séparés brutalement, Aleks et Brisco vont devoir suivre leur destin loin l’un de l’autre. Des années plus tard, ils doivent faire face à une Guerre terrifiante sur le Continent. Pourront-ils se retrouver après avoir été si longtemps éloignés l’un de l’autre ? Quelles voies choisiront ils ?

Critique : Absolument fan du magnifique Combat d’hiver, l’un des précédents ouvrages de Mourlevat, je me suis plongé avec plaisir dans ce roman dont j’attendais beaucoup. Un peu trop ? A voir.

Tout commence superbement. On suit les aventures de ces deux jeunes garçons et on se laisse très rapidement prendre par cette histoire, sorte de légende nordique, par les descriptions de cette fabuleuse bibliothèque et par la vie dans ce petit royaume pacifique hors du temps. Évidemment, les événements prennent assez vite une tournure dramatique avec l’enlèvement d’un des garçons. Jusque-là pas de souci, je tourne les pages avec délectation et rêve déjà d’un nouveau coup de cœur. J’admets aussi quand l’auteur nous fait faire un bon dans le temps pour retrouver les personnages une décennie plus tard. Les retrouvailles n’en seront que plus fortes…

Le problème est, qu’à partir de là, Mourlevat semble suivre un tout autre fil narratif. Si, dans toute la première partie du roman, il nous a excellemment vendu une histoire de fratrie, dans la seconde moitié, là où l’on aurait pu avoir une somptueuse histoire sur les liens du cœur plus forts que les liens du sang, il laisse totalement tomber ce qui faisait le charme du début.

Résultat, il embarque l’un des frères dans une bluette sentimentale au goût de déjà vu en littérature jeunesse, quant au second, il n’y a aucune logique narrative dans son évolution psychologique et les ficelles scénaristiques sont vraiment trop grossières pour être convaincantes. Au final, deux romans en un, le premier est un chef d’œuvre et le second, malgré toutes les qualités poétiques de la plume de Mourlevat, est raté…

3,5/5

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Nickel Blues de Nadine Monfils

Nickel Blues

Nickel Blues

Mijade, 2011, 190 p.

Résumé : En Belgique, Ralph et Tony Boulon, deux adolescents ont décidé de ne pas accompagner leurs parents et leur grand-mère en vacances. Un mois à faire la fête et la maison familiale ravagée la veille du retour des parents. Plutôt que de faire le ménage, l’aîné à une idée, kidnapper une jeune femme pour le faire à leur place. Mais les choses ne se passent pas comme prévu et rapidement les frères Boulon et leur famille se retrouvent en danger…

Critique : C’est avec cet ouvrage que je découvre l’univers pour le moins particulier de Nadine Monfils. L’écriture est très imagée, un peu vulgaire aussi, les personnages totalement décalés et les situations quelque peu scabreuses. L’humour est très présent, encore faudra-t-il adhérer à ce côté trash, voire un brin malsain.

Vous l’aurez compris, cette histoire aux détails tantôt gores et tantôt graveleux, pourtant parue dans une édition jeunesse, n’est pas à mettre entre toutes les mains. Ce roman est plutôt facile à lire mais je ne suis pas persuadé que les adolescents comprendront tout le vocabulaire argotique.

En ce qui me concerne, malgré quelques passages assez drôles, je n’ai pas été franchement convaincu par cet ouvrage un peu too much. J’ai trouvé les personnages globalement plutôt antipathiques, voire franchement agaçants et je n’ai ressenti aucune proximité avec cet univers. Bref, plutôt déçu après tout le bien que j’avais entendu de cette auteure.

2/5

Frères de sang de Mikaël Ollivier

Frères de sang

Frères de sang

Thierry Magnier, Roman, 2006, 142 pages

Résumé : La famille Lemeunier vit très heureuse dans un quartier huppé. Le père est chirurgien, la mère publicitaire. Brice, le fils aîné, fait des études de cinéma. Martin, le plus jeune, a de bons résultats au collège. Pourtant, un soir, la police sonne à la porte. Brice est arrêté, accusé d’avoir commis cinq meurtres. Rapidement, les preuves s’accumulent, sa culpabilité semble de faire aucun doute. Malgré tout, Martin reste persuadé de l’innocence de son frère. Il décide d’enquêter quitte à mettre sa vie en danger.

Critique : Ce roman de Mikaël Ollivier, à l’écriture directe, concise et efficace fait davantage penser à un scénario de film qu’à un roman. Au cours de la lecture, on comprend mieux pourquoi il a été adapté pour la télévision (France 2). Ce lien fraternel puissant est décrit avec beaucoup de tendresse et je me suis très facilement laissé prendre par ce récit. J’ai cependant regretté le manque d’originalité d’une histoire très balisée, cousue de fil blanc, dont on devine très rapidement les clés. Un ouvrage à réserver aux adolescents, plutôt collégiens, très petits lecteurs, qui vont à coup sûr adorer cette diabolique machination.

3,25/5