La beauté du métis de Guy Hocquenghem

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La beauté du métis : réflexion d’un francophobe

Editions Serge Safran, 2015, 248 pages.

Résumé : Guy Hocquenghem écrit un essai à charge contre la France, qu’il écrit avec un f minuscule. Celle des Français persuadés que leur pays est le meilleur en tout. Il choisit de faire l’éloge de l’autre, de l’étranger, du métis. Le renie la francité pour louer la liberté d’être et de penser. A l’inverse des nostalgiques actuels, il dynamite le système et affirme la chance du métissage.

Critique : A l’heure où les déclinistes, Eric Zemmour en tête, squattent les plateaux télé avec leurs discours profondément raciste, misogyne et homophobe, je trouve passionnant de pouvoir découvrir cet essai écrit en 1979 par Guy Hocquenghem et réédité en 2015 par Serge Safran. Un texte qui semble résonner comme une réponse d’outre-tombe de la part de cet auteur mort trop jeune du SIDA, en 1988.

Le titre, comme le contenu, sont volontiers provocateurs. Sa thèse est de dire que cette « france » qui voue depuis toujours un culte à son histoire, sa grandeur passée, ses principes, sa culture, sa cuisine, sa langue, etc., n’a jamais été un grand pays et que ses heures de gloire passées ne sont en réalité qu’une vue de l’esprit.

Si certains passages sont excessifs, tirés par les cheveux, voire franchement de mauvaises foi, si d’autres passages comme sur la littérature jeunesse ont un peu vieilli (la France giscardienne n’est plus la France de 2015), force est de constater qu’un certain nombre de réflexions restent cruellement d’actualité plus de 35 ans après. L’ensemble est particulièrement troublant et l’on pourrait multiplier les parallèles entre ces deux périodes. On se dit que le portrait de cette France profondément réactionnaire est peu flatteur mais malheureusement loin d’être totalement faux.

Cette France telle qu’elle est décrite en 1979 par Hocquenghem n’est-elle pas un peu celle de 2015 ? La montée actuelle des conservatismes et des discours de plus en plus haineux qui pullulent, notamment sur Internet, ne font que renforcer cette impression d’une France hostile aux étrangers, homophobe, fermée sur elle-même, qui s’abrite derrière de grands principes pour se donner bonne conscience.

Mais l’auteur, à travers cet éloge du métissage nous donne aussi matière à espérer. Malgré un style un peu difficile d’accès, cet essai est utile et mérite d’être (re)découvert de toute urgence. Merci aux éditions Serge Safran d’avoir tiré ce texte de l’oubli. Merci à cet éditeur et à Babelio pour cette opération Masse Critique. Une lecture complexe mais passionnante que je vous recommande vivement.

4/5

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Ignorance et démagogie en politique : le cas Sarkozy / Fessenheim

Je ne souhaitais pas m’exprimer politiquement au cours de cette campagne sur mon blog, comme j’avais pu le faire en 2007, mais un récent discours de notre candidat-président m’a littéralement mis hors de moi et amené à rédiger cet article.

Que cela soit dit d’entrée, pour éviter tout faux procès, je ne suis ni un pro ni un anti-nucléaire, j’analyse simplement les faits avec un oeil de géographe (ma formation universitaire), spécialisé dans les risques (notamment sismiques). Je suis attaché à l’indépendance énergétique de mon pays, à l’intérêt du nucléaire comme faible émetteur de gaz à effets de serre, mais aussi à la santé et à la sécurité de mes concitoyens.

Pour en revenir à ce discours, Monsieur Sarkozy s’exprimait, avec l’arrogance qu’on lui connait quand il pense maîtriser son sujet, sur la centrale nucléaire de Fessenheim et la volonté de François Hollande de la faire fermer en s’appuyant sur le retour d’expérience de Fukushima. Le Président dit alors, très fier de sa blague, « j’ai bien regardé sur la carte, il n’y a pas de mer à Fessenheim, il n’y a donc pas de risque de tsunami et de danger pour la centrale », et la salle, ignorante des enjeux, de partir dans un grand éclat de rire… A ce stade là, s’impose un petit cours de géographie physique de la France :

Alors non, je vous rassure, je ne vais pas vous dire qu’il y a un risque de tsunami à Fessenheim ! Mais le triple objectif de Sarkozy à travers cette saillie est clair :

1. Donner à penser que François Hollande est au mieux incohérent, au pire un inculte, incapable de diriger la France.

2. Clore toute tentative de débat sur le danger que représentent certaines centrales nucléaires en France.

3. Se faire passer pour le seul candidat capable de défendre l’emploi ouvrier et la filière du nucléaire en France.

Pourtant, Nicolas Sarkozy a faux sur toute la ligne. La démagogie et sans doute même, et c’est plus grave, l’ignorance le poussent à commettre cette triple erreur. Je parle bien d’ignorance liée à ses certitudes, car sinon cela serait de la malhonnêteté et je ne peux croire en la malhonnêteté de la Présidence de la République…

Mais revenons-en à la centrale de Fessenheim. Effectivement le risque de tsunami est très faible, tout le monde en conviendra, pourtant les risques d’inondation ont été réévalués en 2011 suite à la catastrophe japonaise ! Le Rhin reste un fleuve aux crues parfois spectaculaires… Mais l’on se rapproche d’autant plus de Fukushima, qu’à Fessenheim il existe un risque sismique bien réel.

Le nouveau zonage sismique de la France, proposé par le BRGM (Bureau de Recherche Géologique et Minière) et entré en vigueur le 1er mai 2011, place 5 centrales nucléaires françaises dans des zones à risque modéré (niveau 3 sur 5). A Fessenheim qui s’y trouvait déjà auparavant, se sont ajoutées les centrales du Bugey, de Saint Alban, de Cruas et du Tricastin.

Ce nouveau zonage sismique, probabiliste qui s’appuie sur l’ancien zonage déterministe (sismicité historique) auquel s’ajoute la prise en compte des lignes de failles et des preuves géologiques de leurs mouvements, souligne la forme des principaux massifs montagneux (Alpes et Pyrénées essentiellement), auxquels il faut ajouter le fossé d’effondrement rhénan (Alsace), le Puy-de-Dôme et les lignes de failles liées aux anciennes chaînes varisques.

La carte de France des centrales nucléaires en France en fonction de la nouvelle classification des aléas sismiques.

Source : BRGM, L’Expansion

Fessenheim est donc bien située à proximité de lignes de failles (un fossé d’effondrement géologique) et présente un risque en cas d’occurrence d’un tremblement de terre. N’oublions pas qu’en 1356, un puissant séisme, localisé à Bâle, a fortement impacté la région, fait plusieurs milliers de victimes et provoqué d’importantes destructions.

Ce risque est souligné par un rapport du bureau d’études suisse, Résonance, dès 2007, qui indique que « la réévaluation de l’aléa sismique, telle que proposée jusqu’à présent par EDF en vue de la 3ème visite décennale de la centrale de Fessenheim, mène à une sous-estimation prononcée de l’aléa et n’est donc pas acceptable. ». Pour ce qui concerne le dimensionnement de la centrale, le bureau d’études suisse juge « impératif de procéder à un contrôle sismique approfondi des bâtiments et des installations ».

Cela est d’autant plus inquiétant que la centrale nucléaire de Fessenheim est une installation régulièrement qualifiée de vieillissante.

Alors Nicolas Sarkozy, avant de donner des « cours » de géographie à ses concurrents, serait bien inspiré de revoir son histoire… La politique de l’autruche qu’il mène sur la centrale de Fessenheim met en danger la vie de milliers de ses compatriotes, mais aussi de milliers de nos voisins allemands et suisses.

Le débat sur la fermeture de cette centrale nucléaire (et sans doute d’autres à venir en France) ne peut être évité. Quant à la sauvegarde de l’emploi, le démantèlement des centrales nucléaire demande plusieurs décennies et les employés peuvent être largement reconvertis à ces tâches.

La reconversion énergétique demande du temps et de la réflexion, encore faut-il ne pas agir dans l’urgence et attendre qu’une catastrophe se produise pour se réveiller. Cette transition peut être réalisée en douceur, sans casse sociale, mais certainement pas, comme le propose Nicolas Sarkozy, en laissant la situation peu à peu se dégrader jusqu’au point de rupture.

Un neuvième parc national en France!

 
Le Parc national de la Réunion, créé par un décret du 5 mars 2007, une semaine après celui de Guyane, doit permettre de protéger l’exceptionnelle richesse biologique d’une île menacée par la pression démographique et l’urbanisation de ses côtes.Le parc des Hauts de l’île de la Réunion, qui concerne essentiellement les zones montagneuses, est implanté sur l’un des 25 "points chauds" les plus riches en biodiversité de la planète. Il comprend un volcan très actif, le Piton de la Fournaise, dont la dernière éruption, le 18 février, a duré 9 heures.

Comme celui de Guyane, officialisé fin février, il a bénéficié de la nouvelle loi sur les parcs nationaux qui distingue un "coeur" intégralement protégé et une zone d’adhésion volontaire des communes du parc.

Au total, il couvre les deux tiers du territoire insulaire – 1.650 km2 sur les 2.500 que compte l’île -, dont une zone centrale de 100.000 ha, étagée de 0 à 3.000 m d’altitude et présentant des milieux océaniques et tropicaux. La zone "coeur" du parc protège 42% de l’île avec de nombreuses espèces endémiques (propres à ce territoire).

"Pour la première fois, la France, qui n’avait plus créé de parcs nationaux depuis 18 ans, crée un parc national dans un contexte géographique contraint et à fort dynamisme démographique", relevait mardi le ministère de l’Ecologie. On estime qu’il y a eu 60 fois plus d’exctinctions d’espèces dans les collectivités d’Outremer qu’en métropole au cours des quatre derniers siècles, rappellent les experts du ministère.

"A la Réunion, la principale menace vient des espèces végétales envahissantes qui ont détruit énormément d’espèces locales", explique Bernard Cressens, directeur scientifique et spécialiste de l’Outremer au WWF-France. Les périls sont essentiellement liés à des facteurs d’origine humaine comme le développement de l’urbanisation, l’intensification de l’agriculture, la construction d’infrastructures, notamment touristiques et les pollutions qu’elles entraînent.

Faisant valoir la très forte demande des élus locaux, Bernard Cressens estime que ce nouveau parc pourrait devenir un "modèle d’exemplarité d’ici une dizaine d’années". Les dérogations accordées à des activités industrielles déjà existantes dans le périmètre du parc, comme une usine de géothermie, ont suscité un débat animé avec les organisations de protection de la nature.

"Il est clair que nous aurions préféré que cette usine soit exclue de la zone coeur", indique Gilles Benest, représentant de la fédération France Nature Environnement (FNE) au Conseil national de protection de la nature. "Mais sur le papier, le parc propose une protection du patrimoine naturel de bonne qualité".

De son côté, le ministère avait fait valoir lors de la présentation du projet que le parc de la Réunion couvre, pour sa zone coeur, 40% du territoire contre 0,7% pour l’ensemble des parcs de métropole. Le Parc national de la Réunion s’ajoute aux deux réserves naturelles nationales existantes et à la récente réserve naturelle nationale marine, créée par décret du 21 février dernier, qui assure la protection des milieux coralliens et des ressources halieutiques sur 3.500 hectares.

 
Pour tout savoir sur les Parcs Nationaux en France, rendez-vous sur leur site. Vous y trouverez données, cartes d’identités, atlas…
Sinon, chaque parc possède son propre site:

Les Césars 2007

 
La cérémonie s’est déroulée hier soir. Une bonne soirée avec ambiance beaucoup plus détendue que l’année dernière. Il faut dire que l’édition 2006 avait été tellement glaciale que ça ne pouvait être que mieux cette année! Valérie Lemercier a été formidable, son humour décalé fonctionnant à merveille. Cette année, pas de coupure intempestive par les intermittents mais un très bon speech de Pascale Ferran qui a critiqué avec intelligence la réforme des indemnisations mais aussi les dangers de l’actuel mode de financement. Au passage, il n’est bien sûr pas parfait, il pourrait être encore amélioré, mais n’oublions pas qu’il permet au cinéma français d’être le plus vivant et divers d’Europe…
 
Côté palmarès, je l’avais senti venir et effectivement, c’est le film Lady Chatterley, adaptation du roman de D.H. Lawrence, qui s’impose sur l’ensemble de la soirée. A l’image de l’Esquive (que j’avais trouvé personnellement très décevant), les votants de l’Académie ont cette année encore choisi de primer un film passé totalement inaperçu dans les salles. Il faut dire que la durée du film (près de 2h40) a de quoi rebuter même les plus cinéphiles et si les critiques ont été excellentes, le public était pour sa part plus partagé… Au final, ce film obtient 5 trophées sur 9 nominations: Meilleur film, meilleure actrice pour Marina Hands, meilleure adaptation, meilleure photographie et meilleurs costumes.
 
Derrière Guillaume Canet peut également se réjouir avec 4 trophées pour son polar nerveux Ne le dis à personne, qui avait lui rencontré un beau succès en salles avec 2,8 millions d’entrées. Mais si le public a adoré, la presse était un peu plus partagée… On voit là que le nouveau système de vote (où des représentants des exploitants de salles participent) permet d’obtenir un palmarès un peu moins intello mais malgré tout de haute tenue. Ne le dis à personne obtient donc les Césars de meilleur réalisateur pour Guillaume Canet, meilleur acteur pour François Cluzet, meilleur montage et meilleure musique pour M.
 
Ensuite, Je vais bien, ne t’en fais pas, dont je vous conseille vivement le titre Lili U-Turn composé par Aaron, voit ses acteurs récompensés, meilleur acteur dans un second rôle pour Kad Merad et meilleur espoir féminin pour l’excellente Mélanie Laurent… C’est en revanche la soupe à la grimace pour l’équipe d’Indigènes qui doit se contenter du meilleur scénario. Les votants ont probablement considéré que le prix d’interprétation collectif à Cannes et la nomination aux Oscars étaient déjà de belles récompenses pour ce film qui reste le grand perdant de la soirée… Autre perdant, Quand j’étais chanteur qui doit lui se contenter du César du meilleur son. Gérard Depardieu pourra se consoler avec son Gérard d’Or du pire acteur de la famille Depardieu pour sa prestation dans ce film…
 
C’est la fête pour Malik Zidi qui, après trois nominations, obtient enfin le César du meilleur espoir masculin pour son rôle dans Les Amitiés maléfiques. Il était temps de reconnaître l’immense talent de cet acteur!
 
Côté comédies, une fois de plus c’est le service minimum. La maîtresse de cérémonie, Valérie Lemercier obtient la statuette de la meilleure actrice dans un second rôle pour le film Fauteuils d’orchestre, et c’est plus que mérité! OSS117 obtient pour sa part le César des meilleurs décors. C’est la déception pour Prête-moi ta main qui repart bredouille malgré les fantastiques prestations d’Alain Chabat et Charlotte Gainsbourg, mais aussi pour Cécile de France, nommée deux fois comme meilleure actrice mais qui repart les mains vides. On peut se demander pourquoi nommer deux fois la même personne (surtout dans la même catégorie…), c’est probablement ce qui l’a fait perdre!
 
A l’inverse, la surprise de la soirée revient à Isabelle Mergault qui obtient le César du meilleur premier film pour son très moyen (c’est le moins qu’on puisse dire!) Je vous trouve très beau. Il faut dire que face à elle, Mauvaise foi avait partagé critiques et public et que Pardonnez-moi était très (trop?) radical… La soirée a été également l’occasion de revoir Karl Zéro sur Canal+ puisqu’il obtient le premier César du meilleur documentaire (un genre en plein boom qu’il était temps de récompenser!) pour son Dans la peau de Jacques Chirac. Le César du meilleur court revient à Fais de beaux rêves. Quant au meilleur film étranger, là encore c’est la surprise puisque c’est la petite comédie indépendante Little Miss Sunshine qui obtient le trophée face à de très hautes pointures (Babel, Brokeback Mountain, The Queen et Volver!).

Les Gérard d’Or

 
On m’a demandé la liste des nominations pour les Gérard d’Or qui récompensent ce qu’il y a de pire en matière de cinéma français… Voici donc la liste des heureux nommés… Les lauréats sont en gras, ils sont priés de venir chercher leurs trophées, un parpaing!
 
Plus mauvais film avec Clovis Cornillac
Les Brigades du Tigre
PolterGay
Le Serpent
Nos Voisins les hommes (doublage)
Happy feet (doublage)

Plus mauvais film dont personne n’a entendu parler
Le Concile de Pierre (mais oui, de Guillaume Nicloux, avec Monica Bellucci !)
Les Aiguilles Rouges (mais oui, de Jean-Francois Davy, avec Jules Sitruk !)
On va s’aimer (mais oui, de Ivan Calbérac, avec Alexandra Lamy !)
La Jungle (mais oui, de Mathieu Delaporte, avec Patrick Mille !)

Plus mauvais membre de la famille Depardieu

Gérard Depardieu dans Quand j’étais chanteur
Guillaume Depardieu dans Célibataires
Julie Depardieu dans Poltergay
Elisabeth Depardieu dans Rien cette année
Carole Bouquet dans Un Ami parfait

Plus mauvaise réplique
"Ah ben ça alors !" : Audrey Tautou apprenant qu’elle est la descendante de Jésus dans The Da Vinci code
"J’ai fait un rêve avec toi cette nuit : on a fait l’amour et tu m’as dit merci." : Frank Dubosc dans Camping
"Mais c’est pas possible, il faut que ça s’arrête les catastrophes, hein !" : Thierry Lhermitte dans Les Bronzés 3 amis pour la vie
"C’est bien, l’amour." : Richard Borhinger dans C’Est beau une ville la nuit

Pire compromission alimentaire

Thierry Lhermitte dans Incontrôlable
Claude Brasseur dans Camping
Gérard Lanvin dans Camping
Alexandre Astier dans Comme t’y es belle
Jean-Pierre Marielle dans The Da Vinci code

Plus mauvais gamin horripilant
Jules Sitruk dans Les Aiguilles rouges
Jean-Baptiste Maunier dans Le Grand Meaulnes
Cindy Colpaert dans Nos Jours heureux
Jules-Angelo Bigarnet dans Essaye-moi
Eliott Parillaud dans Camping

Plus mauvais acteur ou réalisateur de 2005 qui du coup n’a pas pu tourner en 2006
Elie Semoun
Titoff
Patrick Braoudé
Jean-Pierre Castaldi
Lou Doillon
Jacques Villeret

Plus mauvais scénario philatélique (qui tient sur un timbre-poste)
Célibataires par Jean-Michel Verner
Cabaret Paradis par Corinne Benizio
Incontrôlable par Raffy Shart
Les Aristos par Charlotte de Turckheim et Jean-Marie Duprez
La Jungle par Alexandre de la Patellière, Mathieu Delaporte et Julien Rappeneau

Pire massacre d’une oeuvre originale
Le Grand Meaulnes
Piccolo et Saxo
Les Brigades du Tigre
Asterix et les Vikings
Ô Jérusalem
Arthur et les Minimoys (que chacun sait que Besson n’a pas écrit, mais bien massacré)

Plus mauvais film a sortir en 2007 dont on suppose ou souhaite qu’il ne "rencontrera pas son public"
Taxi 4
Gomez et Tavares, la suite
Fracassés
Nos Amis les Terriens (de… Bernard Werber !)
Trivial (de… Sophie Marceau ! avec… Christophe Lambert !)

Plus mauvais acteur
Christian Clavier dans L’Entente cordiale
Michaël Youn dans Incontrôlable
Richard Borhinger dans C’Est beau une ville la nuit
Tomer Sisley dans Toi et moi
Jean-Paul Rouve dans Bunker paradise
Antoine de Caunes dans Un Ami parfait

Plus mauvaise actrice n’ayant pas encore couché, euh, tourné avec Luc Besson

Aure Atika dans Comme t’y es Belle
Olivia Bonamy dans Célibataires
Cécile de France dans Mauvaise foi
Monica Bellucci dans Napoléon et moi
Audrey Tautou dans Hors de prix
Romane Borhinger dans C’Est beau une ville la nuit

Plus mauvais film
Camping de Fabien Ontoniente
Les Bronzés 3 amis pour la vie de Patrice Lecomte
Madame Irma de Didier Bourdon et Yves Fajnberg
Incontrôlable de Raffy Shart
L’Entente cordiale de Vincent de Brus
Les Aristos de Charlotte de Turckheim

Plus mauvaise actrice qui bénéficie le mieux des réseaux de son mari
Arielle Dombasle dans Nouvelle chance

Au passage, j’ajoute les lauréats des Gérard d’Or de la musique…

Plus mauvais acteur qui veut absolument devenir chanteur : Mimie Mathy, La vie m’a raconté
Pire groupe de fils a papa rebelles avec des mèches et du gel : Naast
Plus mauvais gangsta céfran : K-Maro
Plus mauvais clip avec des meufs en maillot dans une piscine, sur une plage ou en train de laver une voiture : Oh la la la, M Pokora
Plus mauvaise chanson au titre prêtant a jeu de mot facile : Magalie Vaé, Qui a mérité ça ? (Pas nous, en tout cas)
Plus mauvais ringard tentant de se rebranchiser : Françoise Hardy, Parenthèses
Pire costume ou coiffure : Pascal Obispo
Plus mauvaise chanteuse qui fait comme ça avec la main quand elle chante : Chimène Badi
Plus mauvais album : Welcome, Tribal King
Plus mauvais chanteur : M Pokora, Player
Plus mauvaise chanteuse : Chimène Badi, Dis-moi que tu m’aimes
Plus mauvaise chanteuse bénéficiant des réseaux de son mari : Arielle Dombasle, C’est si bon

Le cinéma français à la fête…

A quelques jours de la cérémonie des Césars, les bonnes nouvelles s’accumulent pour le cinéma français.
La fréquentation des salles de cinéma françaises a augmenté de 5,2% en janvier par rapport à la même période de 2006, avec 14,78 millions d’entrées, selon les estimations du CNC. Le mois dernier s’est révélé particulièrement bon pour les filmsfrançais, qui décrochent une part de marché de 56,4%, contre 32,7% en janvier 2006. Les films français font ainsi mieux que les films américains, qui n’obtiennent que 41,9% de parts de marché contre 52,1% l’an dernier à la même époque, selon le Centre national de la cinématographie. Les autres films n’obtiennent que 1,7% (15,2% en 2006). Sur les 12 derniers mois écoulés, la fréquentation est en hausse de 8,1% avec 189,18 millions d’entrées. Sur un an, les films français dépassent également les films américains, 46,8% (35,8 en 2006) contre 45,2% (46,5 en 2006). Les autres films réalisent 8% de parts de marché (17,7% en 2006).
On peut s’atrister de la part de plus en plus réduite des films non français ou américains dans le nombre des entrées. Pour la bonne santé du cinéma en général, la diversité est toujours préférable. Mais malgré tout, les bons résultats du cinéma français montre que notre système de financement (souvent décrié, en particulier par les ultra-libéraux du monde entier et par une bonne partie de la droite en France) est très performant et permet de maintenir notre cinéma à flot. Sans ce système et celui des intermittents (pour les artistes, acteurs et techniciens), il est probable que notre cinéma ne proposerait pas une telle diversité. Un système que nos voisins (anglais, espagnols, allemands et italiens) regarde avec de plus en plus d’intérêt, tant dans ces pays là, l’heure est à la sinistrose chez les professionnels du cinéma. La France est le seul pays d’Europe à avoir maintenu une industrie du cinéma viable avec une part de marché élevée et un nombre croissant de films produits. Pour une fois que la France est en tête!
Malgré tout, n’oublions pas que 10% des films français, réalisent 75% des entrées pour les films français… Et que les budgets des premiers films se réduit de plus en plus. Mais il est prouvé que ces quelques films locomotives poussent l’ensemble des entrées à la hausse et permettent au public d’avoir moins peur d’aller voir les films français. Est-ce un gage de qualité? Avec les Bronzés autour de 11 millions d’entrées, on peut dire clairement que non! Mais ces gros succès permettent ensuite aux producteurs de proposer des films plus difficiles d’accès, plus fragiles… Et oui, le succès de l’un permet de financer l’autre! On aurait donc tort de cracher dans la soupe, même si l’on est pas vraiment fan de ce type de cinéma!
N’oublions pas également, le rôle que joue le cinéma dans les choix des touristes étrangers! Et oui, nombre de touristes choisissent notre pays comme destination après avoir vu un film français ou un film se déroulant en France. Accueillir des tournage est donc devenu un plus réel, une véritable source de devise pour notre pays dont on aurait vraiment tort de se priver! D’ailleurs, bonne nouvelle, le marché du film européen (qui se déroule à Berlin en même temps que le festival) a fait un triomphe aux films français! Si La Môme était déjà vendu de partout dans le monde avant même sa présentation à la presse et au public, d’autres films très bien accueillis à Berlin, on fait grimper les enchères chez les distributeurs. Deux jours à Paris, une comédie de Julie Delpy racontant l’histoire haute en couleurs d’un couple franco-américain s’est vendue dans 43 pays en profitant d’un excellent buzz! Lady Chatterley, adaptation d’un best seller de D.H. Lawrence, s’est aussi très bien vendu aux USA, au Japon, mais aussi au Brésil et Taïwan! Enfin, Les Témoins de Téchiné, malgré un thème qui lui a fermé les portes du Proche et Moyen Orient (la modification des comportements amoureux avec l’arrivée du SIDA), s’est bien vendu en Europe, aux USA et en Extrême-Orient. Quant au festival de Berlin, il fermera ses portes ce week-end, il ne resterait plus qu’à concrétiser cette bonne santé par une moisson de récompenses! Mais là c’est une autre histoire!
Enfin, n’oublions pas que si ce début d’année n’est pas très américain, plusieurs très grosses productions sont attendues dont les nouveaux Spiderman, Harry Potter et Pirates des Caraïbes… Voilà qui risque de refaire chuter la part du cinéma français! Autant dire que le cinéma ne connaît pas la crise!