L’eau: un droit exempt de toute logique marchande…

 
Un texte passionnant, signé Amélie Bottolier-Depois, pour l’AFP:
Des ONG et élus de plusieurs continents, réunis à Bruxelles dans le cadre de l’Assemblée mondiale pour l’eau, ont plaidé cette semaine en faveur de la reconnaissance d’un "droit à l’eau" et estimé que la gestion de ce "bien commun" ne devait en aucun cas revenir à des entreprises privées."L’accès à l’eau potable de tout un chacun dans nos pays respectifs est un droit fondamental. Pour nous, l’eau c’est la vie. Etablir le droit à l’eau, c’est donc une autre façon de reconnaître le droit à la vie déjà entériné par les Nations unies", a déclaré mardi le ministre bolivien de l’Eau Abel Mamani.
 
"Reconnaissons l’eau comme un droit de l’Homme !" a-t-il encore lancé devant cette Assemblée mondiale des élus et citoyens pour l’eau. Dans un message pré-enregistré diffusé pendant cette réunion, deux jours avant la Journée mondiale de l’eau jeudi, le ministre italien de l’Environnement Alfonso Pecoraro a lui aussi souligné la nécessité de reconnaître l’eau, ressource "semi-précieuse", comme un "bien commun". Les représentants des ONG, élus locaux et entreprises publiques de l’eau ont d’ailleurs fixé comme principal objectif la reconnaissance de ce droit au niveau international.
 
"Notre échéance est le 10 décembre 2008, 60e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’Homme, pour que l’eau soit reconnue par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU comme un droit de l’humme", a déclaré en concluant cette réunion de trois jours Riccardo Petrella, fondateur de l’Association pour un contrat mondial de l’eau.
 
Au dernier Forum mondial de l’eau, en mars 2006, la question sensible du droit à l’eau en tant que droit de l’homme avait été évoqué, mais jamais dans les sessions officielles vu la réticence de certains Etats. Et la déclaration finale ne contenait aucune référence à ce concept symbolique qui pourrait forcer chaque Etat à garantir à sa population un accès minimum à l’eau. Se voulant "chevalier" de cette cause, M. Petrella, résumant les travaux de l’Assemblée, a expliqué que l’exercice de ce droit universel, "essentiel à toute forme de vie", passait par la fin de sa "marchandisation".
 
"Les gouvernements n’ont aucun droit de confier à des logiques privées la gestion d’un droit de l’homme et d’un bien commun. Nous nous sommes engagés à nous battre en toute circonstance pour que la gestion soit confiée, là où elle ne l’est pas, au secteur public, et refuser tout maintien ou toute concession nouvelle au secteur privé", a-t-il martelé, applaudi par les participants. Il faut "mettre en oeuvre toutes les énergies disponibles afin que la question de l’eau soit confiée ou reconfiée au public", a ajouté Christiane Franck, directrice générale de Vivaqua, entreprise publique belge de gestion de l’eau.
 
Même si 90% des services de l’eau à l’échelle mondiale sont publics, les participants à l’Assemblée ont jugé que c’était insuffisant. Et que les investissements nécessaires à l’approvisionnement en eau, moins importants que l’on pourrait croire, pouvaient être assurés sans les entreprises privées.
 
Il faudrait ainsi "moins de 50 milliards d’euros par an" pour fournir la quantité vitale de 50 litres d’eau par jour "à chacun des 1,2 milliard d’humains qui en manquent", selon l’Assemblée, qui a évoqué quelques pistes de financement : nouvelle forme de fiscalité mondiale (comme les taxes sur les billets d’avion), taxation des parcs de loisirs axés sur l’eau, contribution fixe par m3 d’eau consommé dans les pays riches…
 
L’Assemblée prépare maintenant une lettre qu’elle enverra à tous les chefs d’Etat et de gouvernement et à l’ONU, pour les convaincre de la nécessité de reconnaître ce nouveau "droit de l’Homme".
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Des poissons transexuels à la Maison Blanche…

Voilà une nouvelle de la première importance qui devrait mettre en émoi notre cher George W. Bush… A deux pas de la Maison Blanche, dans le Potomac, fleuve qui traverse la capitale fédérale américaine, des poissons mâles hermaphrodites portant des oeufs ont été trouvés par les chercheurs de l’USGS (United States Geological Survey). Ces poissons ont été découverts par hasard alors que d’autres recherches étaient effectuées… En amont de Washington, le taux de poissons transexuels évolue de 30 à 100%! Lorsque l’on connait l’aversion du président américain pour les transexuels et les homosexuels, cette information pourrait prêter à sourire, mais la cause de ces mutations est malheureusement beaucoup moins drôle…
Nombre de produits chimiques (pharmaceutiques, il y a de grandes usines de production de médicaments autour de Washington, pesticides et herbicides) agissent comme des oestrogènes sur les corps des poissons mâles qui ne savent plus à quel sexe se vouer… On pourrait se dire, voilà on n’a qu’à arrêter de pêcher les poissons du Potomac… mais le problème est que l’eau de ce fleuve sert aussi à l’alimentation en eau de Washington… De là à imaginer George W. Bush se mettre à porter tailleurs et talons hauts et à annoncer son changement de sexe, il n’y a qu’un pas que je ne franchirai pas… Quoique…
Plus sérieusement, cette découverte scientifique, pose le problème réel de la pollution des cours d’eau par l’agriculture intensive et l’industrie chimique. Malgré les propos très rassurrants des industriels, cette affaire est bien la preuve qu’il existe des rejets de nombres de produits polluants dans les eaux de nos rivières. Et ce qui est vrai à Washington, l’est tout aussi dans les rivières françaises. Nos agriculteurs abusent des pesticides et insecticides comme le prouve la surmortalité des abeilles et, ces derniers mois, la pollution à plusieurs reprises du Rhône, notamment par des fuites d’hydrocarbures, démontre de graves manquements à la sécurité environnementale dans nos complexes industriels.
Pendant combien de temps, au nom d’un productivisme éhonté, allons continuer à accepter la pollution grandissante et de moins en moins réversible de notre environnement?