Charlotte de David Foenkinos

Charlotte

Charlotte

Gallimard, collection « nrf », 2014, 220 pages.

Prix Renaudot et prix Goncourt des lycéens 2014.

Résumé : La vie romancée de Charlotte Salomon, artiste peintre juive qui a fui l’Allemagne nazie, où elle était exclue de la société, afin de s’installer en France. Enfermée dans le camp de Gurs avec son grand-père, ils peuvent rejoindre la Côte d’Azur. En 1943, à l’âge de 26 ans, elle est arrêtée et déportée, enceinte, à Auschwitz où elle est assassinée dès son arrivée.

Critique : Avec son parti pris formel tout à fait original (une phrase par ligne), la première chose qui frappe à la lecture de cet ouvrage est le rythme original que David Foenkinos impose à son lecteur pour raconter la vie d’une peintre méconnue, au destin tragique, Charlotte Salomon. Il y a une obligation de concision par ce choix qui fait que l’auteur va à l’essentiel, dans un style dépouillé mais poétique.

J’ai aimé ce portrait touchant d’une jeune femme qui ne vit que pour son art et que les événements historiques vont rattraper, l’obligeant à fuir l’Allemagne nazie, l’antisémitisme et l’exclusion, pour Nice, où elle sera à nouveau victime de l’Occupation. Un destin tragique pour un parcours que, malheureusement, nombre de juifs allemands ont connu à cette période.

Au-delà de la grande histoire, la vie de cette jeune femme est tout simplement bouleversante et c’est ce qui fait l’intérêt premier de cette biographie romancée, une famille sans doute bipolaire aux multiples suicides, une histoire d’amour inconditionnelle, l’art, la peinture, comme unique moyen d’expression et la tragédie historique s’empare d’elle.

En parallèle, David Foenkinos explique son travail, ses recherches, sur les traces de Charlotte Salomon. C’est pour moi le seul bémol de cet ouvrage. Si je peux comprendre le besoin de l’auteur d’expliquer son parcours sur les traces de la jeune artiste et la sincérité de son propos, ce travail pédagogique aurait pour moi davantage trouvé sa place dans un film documentaire réalisé en parallèle. Ce sont, sans doute, les passages les moins convaincants du livre car ils créent des digressions inutiles dans une mise en scène qui nous éloigne du sujet.

Cette biographie romancée est malgré tout une belle réussite, d’une grande profondeur, bouleversante, originale dans sa forme, qui met en lumière une artiste trop peu connue.

4,25/5

Autoportrait de Charlotte Salomon (Source : Wikipédia)

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Batchalo de Michaël Le Galli et Arnaud Bétend

Batchalo

Batchalo

Delcourt, 2012, 73 pages.

Résumé : En Bohême, en 1939, Josef le gadjo et Silenka la romni partent ensemble à la recherche d’enfants du village mystérieusement disparus. Au-delà des préjugés, Josef découvre, dans ce long périple, le peuple tsigane. Ensemble, ils vont tout mettre en œuvre pour retrouver les enfants et connaître l’horreur de la déportation et des camps de concentration nazis.

Critique : Les expérimentations « médicales » nazies et le génocide des tsiganes pendant la Seconde Guerre mondiale sont au cœur de cette bande dessinée très instructive. On suit le parcours de Josef et Silenka partis à la recherche d’enfants disparus et qui, pour découvrir la vérité, vont devoir surmonter l’enfer des camps nazis.

Le récit très didactique permet d’en savoir plus sur cet autre génocide commis par les nazis et pendant longtemps resté sous silence. Au-delà du scénario qui réserve peu de surprises, on sent très clairement la volonté des auteurs, Michaël Le Galli et Arnaud Bétend, d’informer leurs lecteurs sur ces faits historiques. L’ouvrage est donc très documenté et s’appuie sur des recherches fouillées sur le sujet.

Les dessins sont finement travaillés. Les tons sépia, à défaut d’être très originaux, correspondent parfaitement à la période historique et aux faits décrits.

Une bande dessinée utile sur des faits historiques trop longtemps tenus sous silence.

4/5

Triangle rose de Michel Dufranne, Milorad Vicanovic-Maza et Christian Lerolle

Triangle rose

Triangle rose

Quadrants, 2011, 143 p.

Résumé : Pour un devoir scolaire, un lycéen rend visite à son arrière-grand-père rescapé des camps. Il ignore qu’il va réveiller chez le vieil homme de terribles blessures.

Dans le Berlin des années 1930, il vivait, avec un groupe d’amis, ouvertement son homosexualité. Rattrapé par la chape de plomb qu’impose peu à peu le régime nazi sur la société allemande, il subira comme des dizaines de milliers d’homosexuels, la haine, les lois discriminantes, la déshumanisation et la déportation.

Après la guerre, le Paragraphe 175 pénalisant les homosexuels est maintenu, empêchant la reconnaissance de son statut de victime du nazisme et l’obligeant à quitter l’Allemagne pour se reconstruire.

Critique : Cet ouvrage, bouleversant, met en image une page sombre, longtemps passée sous silence, de l’histoire allemande. Les pages, consacrées au Berlin des années 30, montrent comment une société incroyablement ouverte et tolérante a peu à peu sombré dans la haine et le totalitarisme. Les ressorts de l’antisémitisme et de l’homophobie y sont décrits avec beaucoup d’acuité.

Les dessins sont précis, clairs, détaillés et nous plongent totalement dans la période. La violence des situations m’a pris aux tripes. Mais ce qui fait aussi la force de cet ouvrage, c’est de démontrer comment la haine à l’encontre des homosexuels s’est poursuivie au-delà de la guerre et de la chute du régime nazi, et comment le devoir de mémoire a été trop longtemps nié aux homosexuels.

Un récit poignant et saisissant dont on ne sort pas indemne. Un récit pour ne jamais oublier, surtout en ces temps de résurgence de la haine homophobe et antisémite, immonde, intolérable et inacceptable.

5/5

Le grand déballage d’Elaine Lobl Konigsburg

Le grand déballage

Bayard jeunesse, Millézime, 2011, 279 pages

Résumé: Amedeo vit avec sa mère en Floride. Il est fasciné par sa voisine, Mme Zender, ancienne cantatrice qui va prochainement déménager dans une maison de retraite. Elle doit se débarrasser d’un grand nombre d’objets accumulés tout au long de sa vie. C’est la mère de William, un ami d’Amedeo, qui est chargée d’en faire l’inventaire. Les deux garçons décident de l’aider mais sont rapidement confrontés à l’émergence d’un ancien secret autour d’un dessin signé Modigliani. Ils ont besoin de toute l’expérience de Paul Vanderwaal, célèbre galeriste et parrain d’Amadeo, pour reconstituer une vérité datant de plusieurs décennies.

Critique: A l’image des biens accumulés toute sa vie par cette Mme Zender, cet ouvrage pourrait presque s’apparenter à une grande braderie un peu fourre-tout tant les thèmes abordés y sont nombreux. Les pièces du puzzle tardent un peu à se mettre en place entre d’un côté un inventaire dans une maison où tous les objets, ou presque, sont passés en revue, et de l’autre la mort d’un vieil homme et l’organisation d’une exposition d’art.

Bref, il faut s’accrocher une bonne moitié de l’ouvrage pour enfin comprendre où l’auteure veut nous emmener. Peu à peu, les descriptions laissent la place à l’histoire proprement dite et surtout à une émotion palpable qui nous gagne. Le roman monte en puissance avec les écrits bouleversants de John Vanderwaal jusqu’à un final, très réussi, à la façon d’un Agatha Christie où tous les protagonistes sont réunis pour une grande explication.

Malgré une histoire qui tarde un peu à démarrer, j’ai trouvé ce roman très réussi. Attention, ce livre de littérature jeunesse est à réserver aux assez bons lecteurs qui apprécient l’art moderne et le monde des antiquaires et galeries d’art.

4/5

Voyage à Pitchipoï de Jean-Claude Moscovici

Voyage à Pitchipoï

L’école des Loisirs, collection « Médium », 1995, 138 pages

Résumé : En 1942, l’auteur a 6 ans. Fils d’une famille juive, il raconte comment une nuit de juillet ses parents ont été arrêtés. Deux semaines plus tard, c’est à son tour de vivre la déportation au camp de Drancy avec sa petite sœur de 2 ans, puis bientôt la clandestinité avec leur mère. A la Libération, ils ont retrouvé leur maison, mais leur père ne devait jamais revenir.

Critique : La littérature sur les enfants juifs cachés ou déportés abonde. Cet ouvrage apporte un témoignage précis de la participation active des autorités françaises de l’époque dans ce crime odieux. Très pédagogique, l’ouvrage décrit les événements, sans chercher d’effets superflus, tout en les replaçant dans leur contexte historique. C’est un livre facile à lire, idéal pour de jeunes lecteurs, qui permet une bonne introduction sur la période de l’Occupation et les persécutions antisémites du régime nazi et de ses alliés de Vichy. Ceux qui ont déjà lu des témoignages sur le même thème n’apprendront pas grand-chose, l’auteur préférant proposer un récit accessible aux plus jeunes. En ce sens, Voyage à Pitchipoï est un récit autobiographique intéressant, souvent émouvant mais jamais voyeuriste à conseiller pour une première approche de la déportation des juifs de France.

3,75/5

Inconnu à cette adresse de Kathrine Kressmann Taylor

Inconnu à cette adresse

J’ai Lu, 2012, 85 pages

Nouvelle publiée pour la première fois aux Etats-Unis en 1938

Résumé : La correspondance, de 1932 à 1934, entre deux amis allemands. En 1932, Martin choisit de rentrer en Allemagne avec sa famille. Max, juif, préfère rester en Californie, mais s’inquiète pour sa sœur, actrice, qui mène sa carrière entre Vienne et Berlin. Au cours de leurs échanges, Martin adhère peu à peu à l’idéologie nazie et s’éloigne de Max.

Critique : Devenue un succès au théâtre, cette nouvelle a connu ces derniers mois un fort regain d’intérêt. Sur la forme comme sur le fond, elle est remarquable. Le choix, par son auteure, du récit épistolaire lui permet d’aller droit à l’essentiel, c’est-à-dire, en l’espace de quelques mois, l’acceptation et le soutien massif de la population allemande des années 30 à une idéologie raciste et mortifère.

Certes, format de la nouvelle oblige, la conversion à l’idéologie nazie de Martin est un peu simpliste et rapide, mais elle reste crédible sur le fond. Évacuée de toute description inutile, la confrontation glaçante entre ces deux personnages est passionnante. En s’appuyant sur cette forme, Kathrine Kressmann Taylor évacue tout jugement de valeur quant aux actes de ses personnages. Elle laisse le lecteur seul juge de cette amitié qui vole en éclat, l’entraînant dans un piège macabre étourdissant et inattendu.

Ce récit interpelle d’autant plus qu’il a été écrit dès 1938, comme une terrifiante mise en garde de l’ignominie se mettant peu à peu en place en Europe. Une courte nouvelle que j’ai trouvée passionnante, à découvrir d’urgence.

4,5/5

Je suis le dernier juif : Treblinka (1942-1943) de Chil Rajchman

Je suis le dernier juif, Treblinka (1942-1943)

Le livre de poche, 2009, 137 pages

Résumé : Chil Rajchman est déporté à Treblinka en octobre 1942. Il a 28 ans. Il échappe à la chambre à gaz en devenant trieur de vêtement, puis coiffeur, porteur de cadavre et « dentiste ». Il s’évade le 2 août 1943 grâce au soulèvement du camp. Il est l’un des 57 survivants de Treblinka. Caché par un ami à Varsovie, après plusieurs semaines d’errance, il témoigne, dans un carnet, de ses 10 mois en enfer avant même la fin de la guerre.

Critique : Cet ouvrage bouleversant est le témoignage d’un des très rares survivants du camp d’extermination de Treblinka. Ce récit, court, a été écrit dans l’urgence, avant même la fin de la guerre, alors que son auteur, ayant échappé à ses bourreaux nazis, se cachait chez un ami dans Varsovie en ruine. C’est sans doute ce qui en fait sa force et sa qualité exceptionnelle.

Rajchman nous plonge dans l’horreur absolue de la solution finale et la rationalisation glaçante de cette usine de mort. Affecté à divers postes au cours de ses 10 mois passés à Treblinka, il explique le fonctionnement du camp. Il exprime la désespérance absolue, la mort omniprésente, la destruction de toute humanité. Mais il montre aussi, comme une lueur d’espoir, que de nombreuses victimes ont tenté de résister à cette œuvre de mort.

Il explique enfin comment les nazis, tout à fait conscients de l’ignominie de leurs actes, ont essayé de faire disparaître toute trace de leurs crimes. Un récit douloureux et d’une puissance rare pour ne jamais oublier.

5/5

Le garçon en pyjama rayé de John Boyne

Le garçon en pyjama rayé

Gallimard Jeunesse, Folio Junior, 2007, 202 pages

Résumé : Bruno est le fils d’un haut responsable nazi. Lui et sa famille quittent Berlin pour « Hoche Vite » où son père doit prendre la direction du camp. Eloigné de ses amis, Bruno part à la rencontre de ceux qui sont de l’autre côté de la grande barrière. A travers les barbelés, il ne tarde pas à faire la connaissance d’un autre jeune garçon, Shmuel.

Critique : L’amitié entre deux enfants est-elle plus forte que les barrières construites par les adultes ? C’est à cette douloureuse question que tente de répondre cette fable, succès international de librairie. On passera outre les nombreuses invraisemblances qui émaillent ce récit se déroulant à Auschwitz pour s’intéresser au fond, l’amitié et la dénonciation du racisme et du nazisme.

On suit le parcours de Bruno, fils d’un haut dignitaire nazi mandaté pour prendre la direction du camp d’Auschwitz. La violence extrême de la situation est vue à travers les yeux d’un enfant ce qui rend cette lecture abordable dès 12 ans. L’ouvrage permet aussi de rappeler, aussi édifiant que cela puisse paraître, que les SS, après avoir effectué leurs basses œuvres, retrouvaient, le soir, leurs familles qui vivaient aux portes du camp. Sous son apparente naïveté, cette fable a surtout pour but de dénoncer le génocide juif et les ravages provoqués par l’idéologie nazie. L’innocence, poussée à l’extrême, de ce garçon rend la lecture très émouvante, même si le caractère trop simpliste de l’ensemble pourra en agacer plus d’un.

3,75/5

Rudolf Brazda : itinéraire d’un triangle rose de Jean-Luc Schwab

Rudolf Brazda : itinéraire d’un triangle rose

Editions Florent Masso, 2010, 253 pages

Résumé : Biographie retraçant la vie de Rudolf Brazda, homosexuel d’origine tchèque, déporté par les nazis dans le camp de concentration de Buchenwald. De la montée du nazisme en Allemagne à l’horreur des camps, cet ouvrage révèle le détail des enquêtes policières ayant visé des milliers d’homosexuels dans l’Etats nazi. Décédé en 2011, à près de 100 ans, Rudolf Brazda a été le dernier triangle rose en vie connu.

Mon avis : J’ai souhaité lire ce livre d’abord parce que les ouvrages traitant de la déportation des homosexuels par le régime nazi sont très peu nombreux, ensuite parce que chaque témoignage de rescapé des camps (qu’il soit juif, homosexuel, tzigane, opposant politique ou résistant) apporte une pierre à la lutte contre le négationnisme et démontre la nécessité de lutter avec acharnement contre la tentation des extrêmes en politique.

Je me suis donc plongé avec intérêt dans cette biographie de Rudolf Brazda, enfin il faudrait plutôt parler d’exposé factuel. L’ensemble est bien retracé et l’historien est parfaitement documenté. Grâce au dépouillement des archives policières et judiciaires, il montre les dérives d’un état totalitaire qui s’immisce dans la vie privée de ses citoyens et qui n’hésite pas à utiliser menaces et violences pour atteindre son but. On suit le parcours de Rudolf Brazda dans l’horreur du camp de concentration de Buchenwald. Et puis son installation à Mulhouse après la guerre.

La qualité du témoignage est réelle mais ce qui manque à ce livre c’est une plume littéraire. Les faits sont parfaitement retranscrits, on sent l’émotion de Jean-Luc Schwab poindre par moments, mais tout cela reste souvent trop froid et factuel. Il en reste malgré tout un ouvrage utile, pour ne pas dire indispensable, pour la mémoire de la déportation et de la persécution des homosexuels par le régime nazi.

3,5/5

Maus, une oeuvre majeure

Maus : un survivant raconte

Flammarion, 1998, 295 pages.

Résumé : Un père juif polonais, survivant des ghettos et d’Auschwitz, raconte à son fils cette période de sa vie. On y découvre l’antisémitisme, les persécutions nazies, depuis le début de la Seconde Guerre mondiale et l’invasion de la Pologne jusqu’à l’effondrement du Troisième Reich et l’immédiat après-guerre. L’ouvrage est un témoignage sur la Shoah. Le récit du père est entrecoupé de scènes montrant des relations parfois tendues entre un père, malade, et son fils, la difficulté pour l’auteur, juif de la génération « d’après » d’exorciser ce terrible passé entre souvenir familial et devoir de mémoire.

« Maus est l’histoire d’une souris dont le chat a décidé d’avoir la peau. La souris est le juif, le chat le nazi. Le destin de Maus est de fuir, de fuir sans espoir l’obsession du chat qui lui donne la chasse et lui trace le chemin de la chambre à gaz. » Marek Halter

Critique : Tout en étant réaliste et parfaitement documenté, le parti pris de Spiegelman est de représenter les groupes nationaux par diverses espèces d’animaux (les juifs sont des souris, les allemands des chats, les polonais des cochons, les américains des chiens, les français des grenouilles), pourtant cela n’attenu en rien la portée et le réalisme de ce récit construit à partir du témoignage de son père. Le récit est très habilement mené pour embarquer le lecteur, l’auteur n’hésitant pas à se mettre lui-même en scène dans ses relations, parfois tendues, avec son père. Les scènes alternent donc entre présent et passé et permettent de mieux cerner la personnalité du père et les séquelles psychologiques de la déportation. Le dessin très simple, mais riche de détails, focalise l’intérêt du lecteur sur l’histoire et ses personnages. On est souvent touché et bouleversé par ce récit où l’auteur oscille entre devoir de mémoire, sentiment de culpabilité vis-à-vis de son père, mais on est aussi terrifié par ce que sa famille a pu subir dans l’horreur des camps de concentration et d’extermination. Car au-delà du témoignage bouleversant sur les camps et le génocide, cette oeuvre est aussi un magnifique adieu au père représenté dans toutes ses qualités et ses défauts. Cette bande dessinée biographique est une œuvre majeure du souvenir dont on ne sort pas indemne.

5/5

Une vidéo sur Youtube retrace les moments forts de cette oeuvre et de la vie de Vladek Spiegelman :