The Social Network ***

The Social Network

Avec 500 millions d’accros, Facebook est devenu en quelques années seulement le réseau social incontournable sur Internet, le site du Web 2.0 et surtout un poids lourd de la net-économie au même titre que les Google, Microsoft ou autres Yahoo. A l’origine de ce groupe, et portant cette idée du siècle, se cache un génie à la personnalité trouble. C’est à ce personnage et à la création de ce site que David Fincher s’intéresse dans The Social Network.

Le formidable réalisateur des chefs d’oeuvres que sont Seven, Zodiac, Fight Club ou Panic Room, abandonne donc le thriller pour ce biopic où l’on retrouve malgré tout son immense talent de metteur en scène. Tout est parfaitement réalisé et les acteurs s’en sortent très bien. La démonstration et l’étude de ce phénomène social sont brillantes et l’on se laisse emporter par ce film à la fois intelligent dans le propos et rythmé dans la forme.

Il fait apparaître un Zuckerberg à la fois touchant dans sa solitude et odieux dans ses rapports humains. Mais il dresse aussi le portrait fascinant d’une génération cyber en mal de rapports humains. L’ensemble est fluide grâce à une utilisation très habile des flash-back, à la fois drôle, froid et cruel à l’image de son personnage principal.

Mais l’ensemble est à ce point impeccable que tout cela manque parfois d’un peu d’aspérités et d’originalité. Il en reste malgré tout un très grand film, l’un des meilleurs de l’année. A voir absolument que vous soyez anti ou pro Facebook…

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Zodiac ****

 
Enfin un grand film américain cette année! Je commençais un peu à désespérer… Face à cette avalanche de suites, certes sympathiques, mais pas transcendantes, je commençais à me dire que les scénaristes d’outre-Atlantique étaient définitivement en panne d’inspiration. Et puis est arrivé le Zodiac de David Fincher. Sur le papier, l’affiche était déjà pour le moins alléchante. Un excellent réalisateur de polars, qui sait se donner les moyens de ses envies (Seven, Panic Room, Fight Club) et manier avec intelligence grand spectacle et réflexion sociétale. Et puis au niveau casting, là on touche au top niveau avec un Jake Gyllenhaal (Brokeback Mountain, Jarhead, Donnie Darko, Le Jour d’après…) formidable qui multpilie les excellents choix et est sans aucun doute devenu l’acteur incontournable du Hollywood des 15 prochaines années, Mark Ruffalo, plus habitué aux seconds rôles, qui peut enfin exprimer ici l’étendue de son talent et Robert Downey Jr. comme toujours parfait en journaliste écorché vif.
 
Le résultat est à la hauteur des espérences! En 2h40 de film, sans temps mort, on se laisse porter par cette histoire de tueur en série qui terrorisa la Baie de San Francisco à la fin des années 60 et au début des années 70. Cette histoire vraie est éminemment cinématographique dans ses rebondissements (un tueur en série avide de notoriété qui n’a jamais été arrêté), mais elle en plus portée par les magnifiques paysages de cette agglomération. Car plus qu’une vulgaire histoire de tueur en série (comme on en a déjà tant vues depuis que le genre a été remis à la mode par Fincher lui-même avec Seven!), ce qui intéresse ici le réalisateur c’est cette angoisse, ce sentiment de panique qui s’insinue dans la population puis, lorsque le tueur ne fait plus parler de lui, c’est cette quête impossible et obessionnelle de ces trois hommes pour résoudre l’énigme, au point de perdre sur le chemin famille et carrière. Au fil du temps on voit le visage de la ville changer, les techniques policières évoluer, aucun détail n’est oublié.
 
Mais bien sûr pour captiver l’attention du spectateur, le scénario multplie les pistes pour mieux nous perdre ensuite. Elles sont mêmes tellement nombreuses que certaines sont un peu sous-exploitées et nous laisse un brin frustrés! Mais qu’importe car l’angoisse est là parfaitement distillée dans quelques scènes d’anthologie, les suspects principaux font froid dans le dos mais, ce qui nous fait vibrer, c’est le processus de réflexion de nos trois héros et en particulier de Robert Graysmith (Jake Gyllenhaal). En plus, il est porté par la réalisation impeccable d’un David Fincher virtuose au sommet de son art, une image léchée qui évolue dans la chronologie et une musique excellente.
 
Au final, un film brillant et bouleversant dont on ressort ébloui, un jeu du chat et de la souris implacable où le "méchant" a su se montrer le plus intelligent, mais sans aucun doute le meilleur policier qu’il m’ait été donné de voir depuis très longtemps! Un bon conseil, ne ratez pas cette leçon de cinéma signée David Fincher!