Augmentation injustifiée du prix du pain

 
Au rythme où l’on va on va bientôt se retrouver dans la même situation que la période pré-révolutionnaire où les populations n’avaient plus les moyens d’acheter du pain. Qu’on se rassure, même si les récoltes ont été médiocres nous n’en sommes pas encore à une situation de pénurie. Mais si l’on compare à partir d’une base de référence 100 l’évolution du prix du pain et celui du blé, on s’aperçoit que le prix de la baguette a fortement augmenté ces 20 dernières années alors que le prix du blé a pour sa part eu plutôt tendance à baisser! Même s’il augmente aujourd’hui, son prix reste inférieur de plus de 20% de ce qu’il était en 1990… Aujourd’hui, pour nous faire passer la pillule de l’inflation cachée que nous subissons tous, on nous fait croire que c’est l’augmentation du cours. Mais cette augmentation est très relative. De l’art de prendre les consommateurs pour des cons…
 
Le graphique qui suit, produit par l’INSEE est pour le moins édifiant!
 

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Opération de comm’ de Lagarde et Barnier

 
De l’art de faire parler de soi pour rien… On le sait, nombre de politiques sont experts dans le domaine et il faut dire que sur ce coup là nos ministres de l’économie et de l’agriculture ont fait assez fort avec le soutien partisan (une fois de plus) de la FNSEA. Ils se sont rendus dans un grand hypermarché de la région parisienne pour faire la promotion des pêches et nectarines françaises en présence de producteurs qui étaient venus, pour l’occasion, vendre sur place et directement leur production. On pourrait se dire que c’est une belle idée de passer un peu outre les intermédiaires. Mais lorsque je vois Barnier nous dire qu’il faut manger au moins 5 fruits et légumes par jour même s’il ne fait pas beau, là je me marre…
 
Les français ne demandent que ça! Mais il y a plusieurs problèmes. D’abord d’ordre gustatif. Pour gérer leur stock plus facilement, tout le monde sait que les fruits ne sont pas cueillis mûrs et sont ensuite entreposés dans des chambres froides. Résultat, les fruits sont dégueulasses et s’abîment à vitesse grand V dès qu’ils sont sortis… Autre problème, le plus important, c’est leur prix! Nos ministres démontrent une fois de plus qu’ils vivent complètement déconnectés des réalités économiques de leurs concitoyens. Si les français n’achètent plus de fruits, c’est tout simplement parce qu’ils sont trop chers! A cause de qui? Evidemment des grossistes et des distributeurs. Résultat, les fruits et légumes sont achetés à des prix scandaleusement ridicules à des producteurs qui vendent leurs productions à perte, mais sont toujours vendus aussi chers aux consommateurs à l’autre bout de la chaîne. Conséquence, les français achètent de moins en moins de fruits et de légumes.
 
Partant de ce constat, on peut une nouvelle fois affirmer que non, nous ne vivons pas dans un système libéral comme on le dit trop souvent, mais dans un système néolibéral qui privilégie à outrance le maillon central du système économique qui profite de sa situation incontournable en apauvrissant producteurs et consommateurs. Les problèmes actuels de l’agriculture sont liés aux trop fortes marges des distributeurs. Or ce système ne fonctionne plus car le consommateur ne peut plus payer les prix qui lui sont imposés et le producteur ne peut plus vivre de sa production… Les intermédiaires sont trop nombreux, les marges trop importantes et tant que nos gouvernements ne l’auront pas compris, la crise agricole se poursuivra dans notre pays. Les efforts sont toujours consentis par les mêmes, alors qu’au milieu une minorité s’engraisse sur notre dos. Ils en profitent d’autant plus qu’ils maintiennent par leurs prix élevés, la situation de sur-stock, leur permettant de faire pression encore plus à la baisse sur les producteurs…
 
Dans un vrai système libéral, comment ça marcherait? Eh bien pour écouler les produits invendus, chaque acteur réduirait sa marge pour écouler les produits et les prix d’achats pour les consommateurs s’en trouveraient fortement réduits, ça aurait pour conséquence des ventes plus importantes et une stabilisation rapide des cours. Le cas échéant on pourrait mettre en place des aides pour les agriculteurs si les cours se maintiennent durablement à un niveau trop faible. Au lieu de ça on a un système agricole qui vit sous perfusion européenne quelque soit la production ou le niveau des cours. Avec des aides très mal réparties et plus favorables aux plus gros exploitants. Au final, une politique largement inefficace et totalement injuste… Alors nos ministres feraient bien de s’occuper du problème à la racine, de repenser notre système économique agricole plutôt que de faire du saupoudrage et des gesticulations inutiles et ridicules devant les caméras et des journalistes en extase et décidément incapables de tout recul critique…