Dans tes bras de David Levithan

Dans tes bras

Dans tes bras de David Levithan

Gallimard Jeunesse, collection Scripto, , 2015, 247 pages

Titre original « Hold me closer »

Résumé : Tiny Cooper, le personnage haut en couleurs du roman Will & Will, a décidé d’écrire une comédie musicale sur sa vie, ses parents, ses ex-boyfriends, sa quête du grand amour, ses camarades homophobes de l’équipe de football américain. Un coming-out en chansons pour devenir enfin lui-même et se faire aimer pour ce qu’il est. Le texte de la comédie musicale jouée dans le roman Will & Will.

Critique : Ayant beaucoup aimé le roman Will & Will, fruit de la collaboration entre deux auteurs jeunesse de renom, John Green et David Levithan, je me suis plongé avec intérêt dans la lecture de la comédie musicale, Dans tes bras, l’un des éléments scénaristiques au centre du roman.

Le texte, qui se présente sous une forme théâtrale, décrit le parcours du personnage fantasque Tiny Cooper, qui en est le narrateur, et surtout ses déceptions amoureuses à répétition. Les didascalies sont nombreuses, ce qui permet au personnage de Tiny Cooper de nous faire part de ses états d’âme et de ses remarques, soit sur les personnages, soit sur la mise en scène. Heureusement qu’il y a ces bouffées d’air, souvent drôles, car ce sont là les seules lignes intéressantes de ce texte.

En effet, cette lecture a été pour moi une grosse déception. Cette comédie musicale, mal écrite, aligne les clichés et les lourdeurs, tout cela manque d’inspiration et ne m’en a pas appris beaucoup plus sur le personnage de Tiny qui m’avait tant plu dans le roman. Je ne suis pourtant pas réfractaire au genre théâtral, mais là tout m’a semblé artificiel, notamment les enchaînements entre les scènes.

L’alignement des petits amis donne une série de stéréotypes et le nombre de personnages fait que tout n’est qu’effleuré avec un fond trop léger pour convaincre et ce malgré quelques belles lignes sur l’homophobie. Je veux bien que le texte soit à l’image de Tiny Cooper, c’est-à-dire totalement fleur bleue, mais à ce niveau, c’est plus mièvre qu’autre chose.

Bref, je suis passé à côté de cette comédie musicale, peut-être justement qu’en musique je n’aurais pas eu la même impression…

1,5/5

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Les bien-aimés ***

Les Bien-aimés

Dans la lignée des Chansons d’amour, Christophe Honoré creuse un nouveau sillon dans son cinéma musical hommage à Demy. Là où les chansons d’amour se voulaient pleines d’espérance, on est ici davantage dans le désenchantement. Autour d’une histoire qui s’étire sur 40 ans on est souvent ému et transporté par les toujours magnifiques chansons d’Alex Beaupain.

Pourtant, force est de constater que ces Bien-aimés n’égalent pas les Chansons d’amour. Tout d’abord, le réalisateur étire un peu trop son film (sans doute une demi-heure de trop). Quelques scènes sont ratées et frisent parfois le ridicule, mais l’ensemble est rattrapé par l’excellence des acteurs, enfin surtout des actrices ! Catherine Deneuve est formidable et Chiara Mastroianni trouve enfin un rôle à la hauteur de son talent. Ludivine Sagnier est comme toujours excellente et Louis Garrel désarmant de naturel.

Au final, on passe un très bon moment de cinéma, mais il manque juste la petite étincelle qui aurait sans doute pu faire de ce film un chef d’oeuvre. Certainement plus grand public que Les Chansons d’amour, on y retrouve cependant de nombreux thèmes chers à Honoré, notamment le deuil et la maladie. Ce portrait croisé de 2 générations, malgré ses ratages, restera donc l’un des meilleurs mélo de l’année.