007 Spectre ***

007 Spectre : Affiche

Après le formidable Skyfall, épisode à la fois sombre et tourmenté, mais aussi formidable hommage aux anciens James Bond, j’attendais beaucoup du retour du plus célèbre espion de Sa Majesté.

Partant du principe qu’on ne change pas une équipe qui gagne, Sam Mendes reste à la réalisation et Daniel Craig tient encore le rôle titre. Deux points positifs. Une française tient à nouveau le rôle de la James Bond Girl, Léa Seydoux qui fait montre de ce qu’il faut d’ambiguïté et de charme. Christoph Waltz, plus attendu, campe une nouvelle fois le rôle d’un méchant de service. Bref, côté casting, si l’on ajoute Ben Whishaw, Ralph Fiennes et Monica Bellucci, rien à redire.

Ce Spectre propose de boucler la boucle entamée avec Casino Royale et marque le retour de ce mystérieux groupe représenté par une pieuvre que James Bond combattait dans les anciens épisodes. Une très bonne idée, qui permet à Sam Mendes de nous offrir un nouveau voyage à travers le monde, au milieu de décors impressionnants. D’entrée de jeu, la scène d’introduction au Mexique est particulièrement réussie et laisse présager le meilleur. Le reste du film est dans la même veine, tout aussi spectaculaire et efficace.

Pourtant, si l’ensemble est réussi et plutôt habile, je n’ai pas été aussi emballé par Spectre que par Skyfall. La faute à un scénario moins imaginatif, moins profond, moins dramatique, trop classique, sans surprise. C’est dommage car les thèmes abordés autour des nouvelles technologies et du terrorisme sont largement dans l’air du temps et pouvaient laisser présager le meilleur.

Au final, sans doute un bon film d’espionnage mais pas un grand film. Il n’a pas manqué grand chose ce qui rend la frustration d’autant plus grande.

Mission : Impossible – Rogue Nation ***

Mission: Impossible - Rogue Nation : Affiche

Rogue Nation est le cinquième épisode de Mission Impossible, toujours avec Tom Cruise qui, une fois de plus, fait preuve d’une très grande forme physique. Face à un Skyfall très réussi, il fallait que la franchise Mission Impossible frappe fort sous peine de se retrouver ringardisée par James Bond. Et ce nouvel épisode, mené tambour battant, rempli son objectif.

Les scènes d’action et performances se multiplient, faisant parfois fi de ce qui est humainement réalisable… Mais qu’importe, tous les ingrédients de la saga son réunis, scènes d’action spectaculaires, courses poursuites virevoltantes, faux-semblants, rebondissements et agents doubles, suspense, grands décors (parfois un totalement et inexplicablement vides comme à Casablanca)…

J’ai apprécié ce film d’une efficacité redoutable, idéal divertissement d’été plutôt haut de gamme. Je lui reprocherai cependant d’être un peu trop calibré et propre pour totalement convaincre. C’est un pur divertissement avec ce qu’il faut aussi de second degré (merci Simon Pegg !) auquel il manque pourtant un petit supplément d’âme pour en faire un grand film.

Au final, un blockbuster réussi, visuellement assez impressionnant, mais où il a manqué la patte d’un auteur pour m’emporter totalement.

Kingsman : Services secrets ***

Kingsman : Services secrets : Affiche

Parodie de James Bond et film d’action efficace, Kingsman : services secrets, est un film de divertissement réussi et assez inattendu. Certes Matthew Vaughn, le réalisateur avait, auparavant, relancé la franchise X-Men de belle manière, mais franchement je n’attendais pas grand chose de ce film si ce n’est de m’amuser. Ma surprise a été totale de découvrir un film enlevé, drôle et violent. Et une énième adaptation d’une série de comics…

Matthew Vaughn dynamite l’humour anglais de belle manière en ajoutant un côté potache, un peu à la Kick-Ass , un autre de ses précédents films et adaptation d’un comics déjà signé Mark Millar, tout en multipliant les références au genre. Mais porté par son excellent casting, il n’en oublie pas pour autant son scénario et entraîne les spectateurs dans une histoire au rythme soutenu et sans temps mort. Tout juste regrettera-t-on un final quelque peu attendu et un « méchant » stéréotypé. Mais pouvait-il en être autrement dans un film hommage au genre ?

Effets spéciaux spectaculaires, scènes de baston survitaminées, dialogues tout autant percutants, font de Kingsman un blockbuster moderne et efficace, avec ce qu’il faut de décalage. Un divertissement haut de gamme, joyeusement régressif et un brin politiquement incorrect à découvrir et qui s’adresse à un public bien plus large que sa cible, les adolescents geeks…

Captain America, le soldat de l’hiver ***

 

Captain America, le soldat de l'hiver : Affiche

Captain America, le soldat de l’hiver

Avec ce deuxième volet de Captain America, Marvel poursuit l’exploration de son écurie de super-héros et de sa série cinématographique des Avengers.

Certes, à force d’empiler tous ces films, tout cela manque un peu d’originalité. Il s’agit aujourd’hui davantage de cinéma industriel de divertissement que de démarche artistique. Cela dit, ce film, comme les précédents, est d’une efficacité redoutable et reste porté par des effets spéciaux toujours aussi impressionnants.

Ce Captain America, tout droit décongelé de la Seconde Guerre mondiale, est le symbole de la gentille Amérique, généreuse et protectrice du bien, face à de méchants terroristes avides de pouvoir et d’argent. En cette période de perte des repères, l’Amérique a sans doute besoin de retrouver une part de son innocence et de sa bonne conscience… Ce qui explique probablement une grande part du succès de ce film !

J’ai apprécié l’aspect très spectaculaire du film, le joyeux foutoir scénaristique, volontiers conspirationniste, à la façon de la trilogie Jason Boorne, et la plastique irréprochable des acteurs, particulièrement Chris Evans et Scarlett Johansson.

Au final, un film très calibré, pas inoubliable, mais un efficace divertissement réservant quelques passages pour le moins spectaculaires. On n’en attend pas plus de ce genre de film et le contrat est largement et généreusement rempli.

Sherlock Holmes 2 : jeu d’ombres ***

Sherlock Holmes 2 : Jeu d'ombres : affiche

Après le succès du premier opus, Guy Ritchie propose un deuxième volet des aventures du célèbre détective anglais. Partant sur la même dynamique, il propose un film d’action au rythme soutenu, une nouvelle fois à des années lumières des anciennes adaptations de Sherlock Holmes. Le duo formé par Robert Downey Jr. et Jude Law fonctionne une nouvelle fois à merveille et l’on se laisse volontiers embarquer d’autant que le réalisateur ne nous laisse aucun répit.

En effet, cette version de Sherlock Holmes est très nerveuse et privilégie largement l’action au sens de la déduction qui a fait la célébrité du détective. Tout cela manque donc parfois d’un peu de profondeur, d’autant que les acteurs proposent une palette de jeu pour le moins exceptionnelle. Il est dommage de les noyer, dans certaines scènes, dans une avalanche d’effets spéciaux inutiles. Le pire étant sans doute les ralentis lourdingues dans les scènes d’action, histoire de bien appuyer le propos. On passera également sur les quelques invraisemblances qui parsèment le récit… Ah les superbes paysages des Highlands d’Ecosse sensés être à la frontière entre la France et l’Allemagne…

Malgré tout cela on passe un moment très agréable devant ce divertissement de haute tenue. On ne s’ennuie pas, on rit souvent et les acteurs font la preuve de leur immense talent. Ils sont à la hauteur de l’affrontement tant attendu entre Holmes et le diabolique Professeur Moriarty. Un bon moment de cinéma ni original, ni exceptionnel, mais réussi.

District 9 ***

Les bons films de Science fiction se font plutôt rares sur les écrans depuis quelques années. Il faut dire que l’on a à peu près tout dit sur les possibles rencontres entre hommes et extra-terrestres (qu’ils soient gentils ou méchants!). Du coup, il devient assez difficile de surprendre le spectateur… C’est pourtant le tour de force réussi par Neill Blomkamp qui signe ici son premier film, produit par le maître des grands films à effets spéciaux néo-zélandais, Peter Jackson.

Ce qui intéresse ici le réalisateur, ce n’est pas tant la rencontre du 3e type, déjà si souvent traitée! mais davantage la cohabitation qu’une telle rencontre engendrerait. Cela l’amène à se questionner sur notre société et notre organisation, forcément différentes des leurs. Il pose toute une série de questions éthique en filigrane derrière un scénario vitaminé, à l’action étourdissante (parfois un peu trop) et aux effets spéciaux particulièrement impressionnants. On regrettera juste, quelques scènes de combat un peu too much.

Dans le même temps, il pose l’action à Johannesburg en Afrique du Sud, ce qui nous renvoie forcément aux interrogations sur l’apartheid et permet de faire le parallèle avec ce régime qui avait fait de la ségrégation raciale sa raison d’être. Sous des airs de film d’action classique, ce District 9 est édifiant et est beaucoup plus malin qu’il n’y parait à première vue. Il nous interroge sur nos sociétés et leurs dérives sécuritaires remettant en cause nos libertés fondamentales au nom d’une soi disant protection et de la lutte contre le terrorisme et l’insécurité. Le parti pris de mise en scène, très réaliste et documentaire renforce cette impression d’ancrage dans la réalité. La présence des extra-terrestres en devient même une évidence sur laquelle on ne s’interroge pas!

Devant la caméra, Sharlto Copley démontre un véritable charisme, portant véritablement le film. Il est présent à chaque scène, à la fois très drôle et édifiant dans ce rôle d’agent chargé de nettoyé ce bidonville où ont été parqués les extra-terrestres, mais aussi costaud et émouvant lorsqu’il sera confronté à des événements qui le dépassent.

Au final, un film original, à voir!

Hancock **

 

A défaut d’être pleinement réussi, voilà un film pop-corn sympathique et plutôt drôle qui renouvelle plutôt bien le genre du film de super-héros. C’est vrai qu’on en a bouffé à toutes les sauces ces dernières années, au moins Hancock donne moins dans le politiquement correct, même si parfois on se dit que le réalisateur et le scénariste auraient pu aller un peu plus loin…

Oui, ce super-héros là est volontiers trash, alcolo, dépressif, désagréable, vulgaire… et du coup toute la première partie du film est plutôt réjouissante à suivre. Will Smith s’amuse visiblement, le rythme est enlevé et les effets spéciaux très réussis. Et puis, dans une deuxième partie, le film perd un peu de son originalité. Il fallait bien que ce héros ait un point faible pour donner un peu d’intensité au récit, mais ici la construction est un peu artificielle et aurait sans doute mérité un autre traitement, moins superficiel, pour mieux connaître ce héros.

 
Il n’empêche, le pari du divertissement est largement tenu et donne envie de voir la suite… C’est déjà pas si mal!

Le Royaume ***

Voilà un thriller terriblement efficace post-11 septembre… Alors qu’on se le dise tout de suite, ce film n’a rien de particulièrement original et ses héros sont à l’image des héros actuels du cinéma américain, pas forcément des sur-hommes mais des héros sympathiques pris dans une situation qui les dépasse et qui font se qu’ils peuvent avec leurs petits moyens. Alors non, ne film ne révolutionnera pas le genre, mais la part de contrat qu’on lui demande, c’est-à-dire de l’efficacité, est parfaitement remplie.

Le film débute par une scène d’ouverture particulièrement réussie et qui glace le sang… On suit ensuite le périple de nos héros qui vont venir enquêter sur place, en Arabie Saoudite. Là où le film est intelligent, c’est qu’il évite les clichés du genre "tous les saoudiens sont de méchants terroristes", même les dirigeants ne sont pas caricaturés. C’est suffisamment rare dans le cinéma américain pour être souligné…

Là où le film est intelligent, c’est qu’il fait croître la tension petit à petit grâce à une excellente réalisation, d’abord en plans large puis de plus en plus près des personnages comme un étau qui se resserrerait autour d’eux. Résultat, une sensation réelle d’angoisse qui monte progressivement pendant une heure. On en arrive enfin à une scène finale particulièrement explosive et réussie. Donc un bon film de divertissement, efficace, montrant plutôt bien les limites de la guerre contre le terrorisme à défaut d’être réellement politiquement incorrect ou original.

La vengeance dans la peau ***

 

Un film d’une efficacité renversante qui clôt magistralement la trilogie Jason Bourne grâce à la caméra virtuose de Paul Greengrass qui filme ses acteurs au plus près. On retrouve, là, la patte réaliste de son génial Bloody Sunday. On est tout le long du film au plus près de Jason Bourne, on court avec lui, on souffre pour lui, mieux on souffre avec lui! Beaucoup plus réaliste que la série des James Bond (Même si le dernier a un peu changé la donne), cette trilogie, on la gardera "dans la peau" comme l’une des meilleures séries de thrillers high Tech, d’espionnage de ces dernières années! Non, les agents secrets ne sont pas morts… Ils tuent encore! Le scénario complexe, multiplie les rebondissements et retournements de situations en restant toujours très cohérent. Quant à Matt Damon, il démontre une puissante présence physique qu’on ne lui connaissait pas jusqu’à présent. Avec, également, son très grand rôle dans Raisons d’Etat de De Niro, il confirme qu’il est l’acteur incontournable actuellement à Hollywood!

Spider-Man 3 ***

 
Ce troisième volet de l’homme-araignée est une belle réussite. D’abord sur le plan technique, le film est visuellement formidable, certaines scènes sont très spectaculaires. Bref du divertissement de haut niveau qui ne nous laisse pas une seconde de répit! Pourtant Sam Raimi, le réalisateur, ne se laisse jamais bouffer par l’ampleur du budget (collossal! de 300 millions de $) et ménage des scènes d’émotions plus intimistes, ou des scènes de comédie pure, hillarantes, qui permettent aux acteurs de faire exister leurs personnages.
 
Les questions du pardon et de la rédemption sont au coeur de ce troisième opus, où Spider Man devra également apprendre l’humilité. Bien sûr, on pourra reprocher à ce film son côté un peu trop moralisateur, même si dans ce cas les personnages sont beaucoup plus intéressants que dans bon nombre d’adaptations de comics… Les gentils montrent leur part d’ombre, les méchants ne le sont pas forcément par choix mais ont dû réagir aux circonstances. Il en ressort de multiples nuances et degrés de lecture. Ce film est certes moins sombre que le précédent (sans doute le plus réussi de la série), plus enfantin, mais il vient clore habilement cette trilogie.
 
On n’échappe pas à quelques poncifs du genre: le passage devant la bannière étoilée, le traumatisme du 11 septembre qui reste très présent avec l’utilisation judicieuse des gratte-ciel de New York, acteurs à part entière! Mais le réalisateur garde toujours une distance et un second degré très appréciables. Tobey Maguire fait preuve d’une belle présence. Bref, un bon moment de cinéma pop-corn pour toute la famille!