Jackaby de William Ritter

Jackaby

Auteur : William Ritter

Bayard, 2018, 342 pages

Résumé : Abigail Rook, 17 ans, débarque en Amérique à la fin du 19e siècle. Elle découvre la ville de New Fiddleham et se met rapidement en quête d’un emploi afin de pouvoir se nourrir et se loger. Elle tombe par hasard sur l’annonce d’un certain Jackaby, détective privé, qui recherche un assistant. Abigail voit là, la possibilité de réaliser ses rêves d’aventure. Mais entre meurtres et phénomènes surnaturels, il apparaît rapidement que cette nouvelle vie comporte de nombreux risques.

Mon avis : Voilà une belle surprise de Babelio et des éditions Bayard qui m’ont fait parvenir ce roman, qui s’annonce comme le premier tome des aventures d’Abigail Rook, fille d’un paléontologue anglais. Elle devient l’acolyte du détective privé Jackaby, plus ou moins médium, qui possède le don de voir des créatures invisibles aux yeux de tous.

C’est une lecture très sympathique et agréable et plutôt une bonne surprise. Pour moi il y a deux influences incontournables, Sherlock Holmes pour l’aspect policier du récit avec ce duo Jackaby-Rook, qui fait penser à celui de Holmes-Watson, et les Créatures Fantastiques pour ces êtres imaginaires, l’aspect magie en moins.

Le récit est de bonne tenue, très bien écrit et devrait plaire aux jeunes adolescents. Ce roman est idéal pour la découverte du genre policier. Bon rapidement, on comprend où l’auteur veut en venir et la liste des suspects n’est pas si longue, mais l’ensemble est bien mené et on se laisse prendre par le récit. On veut savoir ce qui se cache derrière cette série de meurtres.

C’est un tome qui a le mérite de nous faire découvrir les héros de cette future série. On regrettera cependant de ne pas en savoir plus sur ce M. Jackaby et son don particulier à la fin du récit. A n’en pas douter, les suites permettront de mieux connaître ce personnage énigmatique. En tous les cas, j’ai très envie de découvrir la suite et de savoir à quelles créatures ils vont être confrontés. A ce titre, ce roman est une réussite.

Une agréable entrée en matière. ©Lionel Four. lionelfour

3,5/5

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Appelle-moi par ton nom d’André Aciman

Appelle-moi par ton nom

Auteur : André Aciman

Grasset, 2018, 332 pages

Paru en 2008 aux éditions de l’Olivier, sous le titre « Plus tard ou jamais« 

Résumé : A l’été de ses 17 ans, les parents d’Elio accueillent Oliver, un jeune professeur de philosophie, dans leur villa sur la côte italienne. Cet Américain brillant fait forte impression sur Elio. Les jours passent entre attirance réciproque et évitement. Elio est tiraillé entre Oliver et sa voisine, Marzia. Oliver travaille sur son manuscrit et mène une vie nocturne dont Elio se sent exclu et qu’il jalouse. Pourtant, le temps d’un été ils cèdent à un sentiment plus grand qu’eux.

Critique : Peu de temps après avoir apprécié la magnifique adaptation de ce roman au cinéma, je me suis attaqué au texte d’André Aciman réédité à cette occasion par Grasset. J’ai découvert un roman riche, puissant et érudit où l’apparente simplicité du propos est portée par un style foisonnant et complexe.

On peut être dérouté de passer de descriptions d’histoire de l’art ou de réflexions philosophiques, à des scènes plus triviales sur l’évolution de la relation entre Elio et Oliver. Pourtant, je me suis laissé prendre par l’atmosphère particulière de cet ouvrage. La torpeur de cet été italien, les valses-hésitations entre Elio et Oliver sont largement retranscrits à travers le regard d’Elio. Ce garçon est attachant autant qu’il est parfois agaçant ce qui apporte chair et épaisseur à ce récit. On suit son yoyo émotionnel dans une intimité telle que je me suis demandé à de nombreuses reprises s’il n’y avait pas dans ce texte une dimension autobiographique.

Bien sûr, on pourra reprocher quelques longueurs, une intrigue un peu diluée et pas assez resserrée, des digressions inutiles, mais ce roman est un tel foisonnement tant dans sa dimension émotionnelle qu’artistique qu’il embarque le lecteur. Et si l’on retrouve quelques scènes clés du film Call me by your name, l’ouvrage va plus loin dans le récit, notamment sur le plan chronologique, rendant donc sa lecture postérieure tout à fait passionnante et peu gênante.

Un beau roman doux et tolérant à découvrir. ©Lionel Four. lionelfour

4/5

Des jours sans fin de Sebastian Barry

Des jours sans fin

Auteur : Sebastian Barry

Joëlle Losfeld éditions, Gallimard, 2018, 258 pages.

Résumé : Jeune émigré irlandais, orphelin avant l’âge de 15 ans, Thomas McNulty cherche sa place dans l’Amérique du milieu du XIXème siècle. Du rude milieu des grandes plaines de l’Ouest, où il est confronté aux combats contre les indiens, à son engagement du côté de l’Union dans la guerre de Sécession, il est confronté à la violence de l’histoire. Son destin est lié à celui de John Cole, l’ami et l’amour de sa vie. Ensemble, ils construisent une famille différente avec Winona, leur fille adoptive Sioux.

Critique : Je lis rarement des romans historiques, aussi je remercie les éditions Gallimard et Joëlle Losfeld de m’avoir fait parvenir Des jours sans fin de Sebastian Barry dans le cadre d’une opération Masse Critique du site Babelio. Je les remercie d’autant plus que je me suis laissé totalement embarquer par ce roman ambitieux, au souffle épique détonnant et d’une grande modernité sur le fond.

Le narrateur est le jeune Thomas McNulty personnage ambivalent, à l’identité de genre ambigüe, qui aime se travestir et vivre habillé en femme, tout en s’engageant comme soldat de l’Union confronté aux violences les plus extrêmes dans la lutte contre les indiens de l’Ouest ou dans la Guerre de Sécession. Sebastian Barry n’hésite pas à décrire dans les moindre détails le quotidien des soldats, la boue, le froid, les excréments, la violence et les atrocités épouvantable au jour le jour.

Face à cette dureté, parfois à la limite de l’insupportable, il y a ces scènes de vie quotidienne avec son amant John Cole et leur fille adoptive Winona, qui prennent le lecteur à contre-pied par leur douceur et leur humanité. Ensemble, ils forment une famille d’une grande modernité dans une Amérique qui peine à sortir de l’esclavage dans le Sud et qui massacre les indiens par milliers dans l’Ouest.

Ce roman prend aux tripes le lecteur et ne le lâche pas à un seul moment grâce à son rythme soutenu et à la volonté de Sebastian Barry de se mettre à hauteur d’hommes. Il ressort de ce roman un grand humanisme et une critique viscérale de la violence et de la guerre. A chaque page, l’absurdité et l’inutilité des massacres est mise en avant. J’ai été souvent bouleversé par ce roman. Incontestablement une grande réussite que je vous conseille de découvrir.

4,5/5

M. Pénombre libraire ouvert jour et nuit de Robin Sloan

M. Pénombre libraire ouvert jour et nuit

Auteur : Robin Sloan

Points, 2015, 384 pages

Résumé : Graphiste-designer au chômage, Clay erre dans San Francisco en réfléchissant à la direction qu’il pourrait donner à son avenir professionnel. Le hasard le mène à l’étrange librairie de M. Pénombre qui cherche un vendeur de nuit. Tard le soir, les membres d’un club de lecture viennent y emprunter les volumes cryptés du fonds du fond. Appartiennent-ils à une secte ? Sont-ils des lecteurs d’un genre nouveau ? Embauché, Clay est bien décidé à percer le mystère de ces érudits.

Critique : A mi-chemin entre roman policier et roman à énigme, voilà une lecture de détente très sympathique. On se prend d’amitié pour Clay, le geek antihéros, un peu loser, typique, mais pourtant très attachant.

Dans un premier temps, on se laisse rapidement piéger dans cette histoire mystérieuse de confrérie secrète de lecteurs, bel hommage à la beauté de la lecture et des livres. Robin Sloan sait maintenir très habilement le suspense et distiller peu à peu les révélations pour maintenir l’intérêt de ses lecteurs et faire tourner à fond leur imagination !

La seconde partie du roman avec ses longs passages à la gloire de Google, m’a en revanche moins convaincu, même si la confrontation entre culture papier et culture numérique réserve quelques moments savoureux. Si l’histoire est parfaitement construite, le style, lui n’a cependant rien de très original, malgré l’usage très développé des termes geeks. Quant au final, dont je me garderai bien de parler, il ne sera évidemment pas celui que l’on pense.

J’en retiens une lecture amusante et agréable sur le fond, mais finalement sans grande originalité sur la forme.

3,25/5

La ligne droite d’Hubert et Marie Caillou

La ligne droite

Glénat, collection « 1000 feuilles », 2013, 121 pages

Résumé : Hadrien vit dans un petit village de Bretagne. Il doit composer avec une mère stricte et un lycée catholique aux méthodes pédagogiques réactionnaires. Son seul espace d’évasion, ce sont les livres. Bien que solitaire, Hadrien se rapproche peu à peu de Jérémie, un garçon très populaire au lycée, avec lequel il se découvre des points communs. Leur complicité donne naissance à des sentiments plus forts.

Critique : Sous l’apparente simplicité du dessin se cache une bande dessinée d’une grande qualité où est abordée, avec beaucoup de tact, la question de l’homosexualité à l’adolescence. Ses auteurs ont un parti pris très clair, largement relevé par les associations de lutte contre l’homophobie, à savoir que la difficulté de s’assumer en tant qu’homosexuel à l’adolescence n’est pas liée à l’homosexualité en elle-même, mais bien à l’homophobie sociale que subit l’adolescent.

Ici, le jeune Hadrien doit s’assumer dans le milieu catholique traditionaliste de la campagne bretonne. Certes, ce choix peut paraître véhiculer certains clichés, mais il peut tout à fait se transposer dans d’autres milieux, le propos étant totalement universel. J’ai été touché par cette découverte d’un amour et par cette histoire forte et émouvante. Le dessin aux lignes simples permet d’entrer pleinement dans l’histoire et de se concentrer pleinement sur les personnages et leurs conflits intérieurs. J’ai été très bouleversé par cette histoire et par le personnage attachant d’Hadrien.

Une bande dessinée très réussie.

4/5

Pride d’Erik Rémès

Pride : chroniques de la révolution gay 1992-2005 d’Erik Rémès

La Musardine, collection « L’attrape-corps », 2017, 367 pages

Mon avis :

Ces derniers temps, alors que je suis plutôt un lecteur de romans, me voilà parti à lire des essais. Celui-ci m’a été offert par La Musardine en échange d’une critique objective dans le cadre d’une opération Masse critique du site Babelio. Je les remercie de m’avoir permis de découvrir Erik Rémès, un auteur que je connaissais de nom, précédé de sa réputation sulfureuse, mais que je n’avais jamais lu.

Cet ouvrage est un essai, ou plutôt devrait-on dire une compilation de textes écrits entre 1992 et 2005 sur les grandes questions et débats qui ont agité les communautés LGBTQ au cours de cette période charnière de leur histoire. Ces textes sont parus dans des publications communautaires ou sur des média nationaux gay-friendly tels que Libération. Plutôt qu’un classement chronologique, Erik Rémès a préféré un classement thématique des textes, choix judicieux qui permet de faire répondre les textes les uns avec les autres avec quelques années d’intervalle.

Au fil des pages, malgré quelques répétitions sur certains sujets, on voit une vraie cohérence dans la pensée où sont abordés tous les thèmes sans fausse pudeur. L’écriture est simple, fluide et directe ce qui n’empêche pas la profondeur sur le fond. Erik Rémès aborde tour à tour la visibilité, le mariage, les débats politiques, le SIDA, le sexe (safe ou non), la drogue, la « subversion », etc. dans une période riche de débats et d’avancées.

Certaines pages sur l’hécatombe liée au SIDA dans la première moitié des années 90 sont bouleversantes, mais à la lecture on voit bien que le procès qui lui a été fait de promotion des pratiques à risques à l’occasion de la sortie du roman Serial Fucker : journal d’un barebacker, relève largement de la mauvaise foi. Si Erik Rémès aborde tous les sujets, sans pudibonderie mais aussi sans jugement, le message de prévention est pourtant bien présent à chaque page.

J’ai aimé ce livre, utile et incontournable, qui fait le point sur plus d’une décennie de combats d’une communauté face à la maladie, face aux conservatismes sociaux, face à des gouvernements réactionnaires, face à des politiques inadaptées. Plus d’une décennie de combats pour la liberté, pour la visibilité, pour l’égalité. Plus d’une décennie où Erik Rémès a été le poil à gratter d’une communauté pour le pire mais aussi pour le meilleur.

4,25/5

Le mari de mon frère – Tome 3 de Gengoroh Tagame

Le mari de mon frère. Tome 3

Auteur : Gengoroh Tagame

Editions Akata, 2017, 180 pages

 Résumé : Yaichi a appris à connaître son beau-frère et à passer outre ses préjugés. Il se comporte désormais de façon très naturelle avec lui. Il décide d’organiser un séjour en famille aux sources thermales, près du Mont Fuji. La mère de Kana les accompagne. Mike rencontre d’anciennes connaissances de Ryô. Il fait peu à peu des découvertes sur la jeunesse de son mari décédé.

Critique : Dans ce troisième tome, chacun des personnages progresse. Une large place est faite aux questionnements de Yaichi et notamment sur son rôle de père. Il accepte désormais pleinement Mike comme un membre de la famille et s’interroge beaucoup sur l’homophobie au Japon. Son évolution depuis le début de la série est passionnante à suivre.

Mike de son côté poursuit son pèlerinage sur les traces de son mari décédé. Il fait la connaissance du meilleur ami du lycée de Ryô. La petite Kana est, elle, toujours aussi adorable.

Gengoroh Tagame montre, au fil des pages, un Japon qui oscille entre tradition et modernité. Avec son trio de personnages toujours aussi sympathiques, cette série de manga est vraiment agréable à lire. Un feel-good manga qui bat en brèche les préjugés et les idées reçues. ©Lionel Four. lionelfour

4/5

Le mari de mon frère – Tome 2 de Gengoroh Tagame

Le mari de mon frère – Tome 2

Auteur: Gengoroh Tagame

Editions Akata, 2016, 186 pages

Résumé : Kana et Yaichi apprennent à connaître Mike, ce canadien qui avait épousé Ryô, le frère jumeau de Yaichi. La mère de Kana vient leur rendre visite pour le week-end. Alors qu’ils remettent en cause leurs certitudes, ils s’aperçoivent que dans le voisinage tout le monde n’apprécie pas forcément la présence de Mike.

Critique : Dans ce deuxième volume, la mère de Kana entre en jeu et aide Yaichi à accepter Mike. Kanna, elle est moins embarrassée par les us, coutumes et codes de la société japonaise, mais le regard des autres est bien présent. Sans en faire trop, Gengoroh Tagame poursuit à travers le parcours de ses trois personnages son étude de la vision de l’homosexualité au Japon.

Si les amis de Kana sont très ouverts et curieux, leurs parents sont moins tolérants. Yaichi poursuit son travail intérieur et excepte peu à peu son beau-frère. Ses questionnements sont traités avec beaucoup de finesse. De son côté, Mike est confronté à un adolescent, grand frère d’un ami de Kana, qui s’interroge sur sa sexualité.

L’intelligence du récit de Tagame est de montrer l’homosexualité à travers la vision qu’en ont les différents personnages. Il évite ainsi les stéréotypes, mais aussi les angles de vue trop simplistes. Un grand plaisir de lecture et surtout un récit passionnant et émouvant sur l’acceptation de soi et des autres.

4,25/5

Le mari de mon frère – Tome 1 de Gengoroh Tagame

Le mari de mon frère – Tome 1

Auteur: Gengoroh Tagame

Editions Akata, 2016, 186 pages

Résumé : Yaichi élève seul sa fille, Kana. Son quotidien tranquille est perturbé par l’arrivée de Mike Flanagan, le mari de son frère jumeau récemment décédé. Mike est canadien, il souhaite en savoir plus sur la jeunesse de son mari parti trop tôt et découvrir le Japon. Haichi accueille ce beau-frère homosexuel sans trop savoir comment se comporter et, aidé par sa fille, il surmonte peu à peu ses préjugés.

Critique : Ce manga est une belle découverte née de l’imagination d’un auteur de mangas homo-érotiques, Gengoroh Tagame. Il propose cette fois un ouvrage grand public, très didactique, dont l’objectif est de lutter contre les préjugés homophobes. En évitant les stéréotypes, l’auteur joue avec la confrontation entre une culture occidentale libérale, représentée par Mike, et une culture japonaise plus conservatrice.

Dans ce premier volume, Mike est très touchant, en deuil de son mari et troublé par l’existence de son jumeau, Yaichi. De son côté, Yaichi doit apprendre à connaître un beau-frère qu’il n’avait jamais rencontré et à surmonter ses préjugés vis-à-vis de l’homosexualité. Les premiers jours de cette cohabitation ne sont pas sans tension. C’est la présence de la petite Kana, représentante d’une jeune génération japonaise, plus libre et ouverte, qui va permettre aux liens de se créer. Ce trio de personnages, très sympathique, permet au lecteur de s’attacher très vite.

J’ai ressenti à chaque page une grande sensibilité et beaucoup d’émotion. Le dessin est fluide, simple et agréable. Je ne peux que vous conseiller de découvrir ce manga qui, à coup sûr, vous donnera envie de découvrir la suite. Une belle réussite.

4,25/5

Une colère noire : lettre à mon fils de Ta-Nehesi Coates

Une colère noire : lettre à mon fils

Auteur : Ta-Nehisi Coates

Editions Autrement, 2016, 202 pages

Journaliste et essayiste américain, Ta-Nehisi Coates écrit une longue lettre adressée à son fils, adolescent, qui est en réalité une réflexion sur le racisme aux Etats-Unis, hérité de l’esclavage. Son texte est brillant, profond, agrémenté de très nombreuses références.

Sa thèse est que depuis la fin de l’esclavage, puis de la ségrégation, la poursuite du racisme que subissent les afro-américain dans leur pays est la continuité de la destruction du corps noir en Amérique. Il explique que la construction des Etats-Unis et de leur puissance s’est réalisée grâce à l’appropriation et l’exploitation du corps des noirs par les blancs, et que le racisme se maintient grâce à l’impunité dont bénéficient les auteurs de crimes racistes, notamment parmi les forces de l’ordre.

La réflexion est intéressante, très engagée, passionnante à découvrir. Force est de constater que les récentes affaires qui ont touché les forces policières de certaines villes américaines et qui ont provoqué plusieurs émeutes, ne lui donnent pas tort.

Il explique avec beaucoup de force la peur qu’on lui a apprise dès le plus jeune âge. La peur de voir sa vie basculer à chaque instant, parfois à l’occasion de ce qui n’était qu’un simple contrôle de police. Le constat est dur, terrifiant, mais souvent juste. Il montre comment le racisme alimente la violence. On sent l’émotion poindre à chaque instant sous la plume de ce père aimant qui souhaite laisser à son fils une société meilleure, débarrassée de cette violence omniprésente.

Un essai d’une rare puissance, une dénonciation au vitriol du « rêve américain ».

4/5