Les 7 nouvelles merveilles du monde proclamées ce soir et résultats

 
Malgré la polémique suscitée par cette initiative, les 7 nouvelles merveilles du monde seront proclamées ce soir grâce au vote des internautes du monde entier…
 
Lisbonne accueille samedi soir la cérémonie qui doit proclamer la liste des sept "nouvelles" Merveilles du Monde moderne après un concours controversé lancé par une fondation suisse qui a recueilli des millions de votes par internet et téléphone.
 
L’initiative veut recréer la popularité des Sept Merveilles de l’Antiquité désignées vers 200 avant J.C.: le temple d’Artémis à Ephèse, les jardins suspendus de Babylone, le mausolée d’Halicarnasse (aujourd’hui Bodrum, sur la Mer Egée, au sud-ouest de la Turquie), le colosse de Rhodes, le phare de Pharos à Alexandrie, la statue de Zeus à Olympie et la grande pyramide d’Egypte, la seule qui existe encore.
 
Les internautes ont pu choisir depuis janvier les sept "nouvelles" Merveilles du Monde parmi 21 monuments sélectionnés à partir de 77 sites choisis par un jury. Le scrutin, qui a recueilli plus de 90 millions de votes selon les dernières informations des organisateurs, s’est clos vendredi à minuit.

Parmi les grands favoris figurent: la Grande Muraille de Chine, le Colisée de Rome, les ruines incas du Machu Picchu au Pérou, l’Acropole d’Athènes, l’ancienne cité maya de Chichen-Itza au Mexique, la Tour Eiffel à Paris, les statues de l’Ile de Pâques, la statue du Christ rédempteur à Rio de Janeiro, le mausolée du Taj Mahal en Inde et la cité troglodyte de Petra en Jordanie.

Etaient distancés: les temples d’Angkor (Cambodge), l’Alhambra de Grenade (Espagne), la basilique Sainte-Sophie à Istanbul (Turquie), le temple Kiyomizu à Tokyo (Japon), la Place Rouge et le Kremlin à Moscou, le château de Neuschwanstein (Allemagne), la Statue de la Liberté à New York, l’Opéra de Sydney et l’ancienne cité de Tombouctou (Mali).

Après une protestation des autorités égyptiennes, les pyramides de Gizeh, la seule Merveille antique à avoir traversé les âges, ont été déclarées par les organisateurs "hors concours" car déjà "merveille du monde d’honneur".

Ce concours a été mis sur pied par l’aventurier et cinéaste suisse Bernard Weber après la destruction en 2001 en Afghanistan par les talibans des bouddhas géants de Bamiyan. Une partie des recettes de la cérémonie doit financer leur reconstruction.

La cérémonie, fixée au 07/07/07, avec la participation d’une kyrielle de stars et personnalités, sera présentée à partir de 19h00 GMT au stade de la Luz à Lisbonne par l’acteur britannique Ben Kingsley et l’actrice américaine Hillary Swank.

L’ancien astronaute Neil Armstrong, l’ex-secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, l’actrice et chanteuse Jennifer Lopez, la reine Rania de Jordanie et le Premier ministre portugais José Socrates, président en exercice de l’Union européenne, sont annoncés. Cette superproduction télévisée doit être retransmise dans plus de 170 pays.

La cérémonie ne fait pas l’unanimité. L’Unesco, qui répertorie le patrimoine mondial, a choisi de se désolidariser totalement de l’événement.

"La liste des sept nouvelles merveilles sera le fruit d’une initiative privée (qui) ne pourra en aucune manière contribuer de façon significative et durable à la préservation des sites élus", a souligné l’Unesco dans un communiqué le mois dernier, précisant qu’elle avait opposé une fin de non-recevoir à plusieurs demandes de soutien de M. Weber.

Les résultats sont tombés et ils sont pour le moins étranges, à l’image de la très faible mobilisation des européens, très peu intéressés par ce sujet alors que les américains s’en sont emparés. Les 7 sites choisis sont: La grande muraille de Chine, la statue du Christ rédempteur au Brésil, la cité troglodyte de Petra en Jordanie, le mausolée du Taj Mahal à Agra en Inde, le Colisée de Rome, les ruines incas du Machu Picchu au Pérou et l’ancienne cité maya de Chichen Itza au Mexique. Je n’ai rien contre la statue du Christ de Rio mais sur le plan architectural et de l’histoire de l’art, elle n’a rien de particulièrement exceptionnel par rapport à la Tour Eiffel ou à l’Acropole d’Athènes. Mais l’intérêt aurait peut-être été justement de séparer les monuments contemporains de ceux datés de l’Antiquité qui sont tout de même difficilement comparables…

Publicités

Les nouveaux sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO

Le Comité du Patrimoine mondial de l’Unesco a annoncé vendredi avoir ajouté cette année au total 22 nouveaux sites à sa liste, de peintures rupestres préhistoriques en Azerbaïbjan à l’université moderniste de Mexico en passant par Samarra, ancienne cité menacée en Irak. Lors de sa réunion annuelle à Christchurch (Nouvelle-Zélande) qui dure depuis le 23 juin et jusqu’au 2 juillet, le comité a retiré un site de la liste – à Oman – une première depuis la signature de Convention sur la protection du patrimoine mondial en 1972.

Au total, la liste des sites classés au Patrimoine mondial de l’humanité compte désormais 851 noms, dont 660 sites culturels, 166 naturels et 25 mixtes, selon un communiqué de l’organisation.

L’ancienne cité de Samarra, en Irak, dont 80% restent à mettre au jour par les archéologues, a été inscrite sur la liste et immédiatement classée en péril. Elle fut le siège d’une puissante capitale islamique qui régna sur les provinces de l’Empire abbasside, qui s’étendit pendant un siècle de la Tunisie à l’Asie centrale. Le 24 juin l’Unesco a signé un accord avec l’Irak pour la reconstruction du mausolée de Samarra, un lieu saint des chiites, dont le dôme a été détruit en février 2006 par un attentat et les deux minarets par une nouvelle attaque en juin de cette année.

Par ailleurs, les îles Galapagos (Equateur), et le parc national Niokolo-Koba (Sénégal), sont passés de la liste du patrimoine à celles des sites en danger.

En revanche, le parc national des Everglades (Etats-Unis), la réserve du Rio Platano (Honduras), les palais royaux d’Abomey (Bénin) et la vallée de Katmandou (Népal) ne sont plus considérés comme étant menacés.

Pour la première fois depuis la signature de la convention sur la protection du patrimoine mondial en 1972, un site a été retiré de la liste. Il s’agit du sanctuaire de l’oryx arabe, suite à la décision du sultanat d’Oman de réduire sa superficie de 90% pour réaliser un projet de prospection d’hydrocarbures.

Le Comité du Patrimoine a en revanche maintenu la vallée de l’Elbe, qui était menacée de radiation, mais en sommant l’Allemagne de trouver sous quatre mois un projet pour remplacer la construction prévue d’un pont à Dresde qui dénaturerait le site.

L’Afrique compte quatre sites nouveaux (Afrique du Sud, Namibie, Gabon, Madagascar), l’Océanie un (Australie), l’Asie huit (Japon, Corée du Sud, Inde, Azerbaïdjan, Turkménistan, Irak, et deux en Chine), l’Amérique deux (Canada et Mexique) et l’Europe sept (France, Grèce, Suisse, Serbie, Bosnie-Herzégovine, Espagne, plus un site partagé entre l’Ukraine et la Slovaquie).

En France, plus de la moitié de la superficie de la ville de Bordeaux (sud-ouest), qui a subi d’importantes rénovations depuis dix ans, a été classée afin de distinguer "un exemple exceptionnel des tendances classiques et néo-classiques".

En Grèce, la vieille ville de Corfou qui a une histoire remontant au 8è siècle avant J.C. a été classée, de même que le canal du Rideau et ses fortifications au Canada, qui témoignent de la lutte entre les Etats-Unis et l’Angleterre pour le contrôle de la région.

En 2006, 18 sites avaient été ajoutés à la liste du Patrimoine mondial. Avant la fin de ses travaux annuels lundi, le Comité du Patrimoine doit encore donner son avis sur la question ultrasensible des fouilles archéologiques et des travaux de réfection menés par Israël à Jérusalem à l’une des entrées de l’Esplanade des Mosquées.