Diffusion de l’Affaire Finaly

 
Mardi soir, 25 novembre à 20h50, France 2 diffuse, enfin (!), Une enfance volée, l’Affaire Finaly avec Charlotte de Turckheim…
Vous pourrez peut-être m’y apercevoir, si je n’ai pas été coupé au montage! Surveillez bien les policiers dans les 20 dernières minutes…
Sinon, les critiques sont excellentes pour cette histoire adaptée de faits réels qui défrayèrent la chronique en leur temps.
C’est l’occasion pour moi d’ajouter quelques photos du tournage que j’avais mises de côté, prises par moi ou mes collègues figurants…
 
            

Premier tournage…

 
Après plusieurs années de théâtre, il fallait bien que ça m’arrive un jour. Le hasard des rencontres m’a permis de faire la connaissance de responsables de castings pour un grand groupe de télévision. Ils m’ont très gentiment proposé de participer, comme figurant, à l’un de leurs tournages dans la région. Après les essayages costumes la semaine dernière, le jour du tournage est arrivé jeudi. Par égard pour la production, je ne parlerai pas du film et ne publierai pas sur ce blog de photos du plateau de tournage avant la diffusion pour laquelle je vous préviendrai le moment venu… Vous pourrez juste voir les photos de figurants prises entre nous lors de cette journée.
 
Le rendez-vous était donné à 8 heures du matin dans une magnifique propriété du sud-ouest lyonnais. L’accueil est très sympathique, on nous propose du café et des quatre-quarts avant de nous faire venir au compte goutte pour enfiler nos costumes. Et là surprise, le costume de policier dans le sac à mon nom n’est plus à ma taille, trois fois trop grand pour moi! On finit par me retrouver la bonne veste et un pantalon un poil trop long mais que je ne perd pas! C’est déjà ça… Merci à Sylvain, qui du coup s’est retrouvé avec un costume un peu trop grand pour lui… Passées ces péripéties costumières, c’est le moment maquillage-coiffure, entrecoupé de silences obligatoires lors du tournage des scène intérieures. Ma peau très sensible est visiblement un enfer pour la maquilleuse, au bout de quelques minutes j’ai déjà la marque du képi sur le front! On me raccourci juste les pattes, pas besoin de retouches sur la coiffure assez courte (tant pis pour la coupe gratuite, ça ne sera pas pour cette fois!).
 
Il n’est pas 9 heures et je suis déjà prêt… Une longue journée s’annonce! On commence à faire connaissance les uns avec les autres, on nous met dans un coin de la maison où l’on ne gêne pas les techniciens. Là on signe nos contrats et on se prend en photos à tour de rôle histoire de faire passer le temps… L’ambiance est très bonne et très décontractée. On parle de nos expériences et de nos divers métiers, de la façon dont nous nous sommes retrouvés sur ce tournage. Bref, une matinée vraiment très agréable. A 11h30, l’équipe du film n’a toujours pas besoin de nous. C’est donc l’heure pour nous de déjeuner!
 
Nous voilà débarquant dans la petite cantine improvisée sous une grande toile blanche où nous attendent de drôles de tabliers en plastique transparent. Et bien oui, c’est qu’il ne faudrait pas tâcher nos costumes… C’est qu’au menu les cuisinier semblent avoir tout fait ce jour là pour nous piéger! Une petite terrine maison très sympathique en entrée acompagnée d’un toast et sa confiture d’oignons. Mais ensuite ça se gâte… Des tagliatelles sauce bolognaise et en dessert du fromage blanc sous un coulis de fruits rouges…La plus grand attention est donc de mise! D’ailleurs, ne le répétez pas, mais un peu plus tard, je ferai remarquer à l’un des acteurs principaux, qui m’avait demandé gentiment de le prendre en photo devant une voiture de collection, qu’il s’était fait une belle tâche de sauce tomate sur le costume… Ce sera l’occasion d’un bon fou rire.
 
Puisque je parle des acteurs, je dois dire qu’ils ont été très abordables avec nous tout au long de la journée, même si la pression du tournage fait qu’ils nous côtoient finalement très peu… Tout comme l’ensemble de l’équipe technique, beaucoup plus stressée que nous pauvres petits figurants! Les enjeux ne sont pas les mêmes pour eux, ça se comprend tout à fait!
 
Retour du déjeuner, le tournage reprend. Cette fois-ci je reste en extérieur pour mieux profiter du tournage. Bien m’en a pris, puisque sur les coup des 16h00 (!!!) ils prennent les deux premiers policiers qui leur tombent sous la main pour tourner une scène, que je ne peux pas décrire puisque c’est la dernière du téléfilm! Connaissant les 2 principales assistantes du réalisateur, on m’appelle par mon prénom, ce qui est rare pour un figurant! Voilà donc mes premiers pas sur un tournage professionnel. On enchaîne avec une autre scène importante qui nécessite l’emploi de l’ensemble des figurants présents ce jour là et surtout de couper régulièrement le trafic sur la grande route au pied de la propriété. A chaque fois, un angle de vue différent est filmé, c’est vraiment impressionnant… 7-8 prises pour une scène de quelques secondes dans le film… Ils conservent encore les policiers pour le tournage d’une dernière scène alors que les autres figurants sont libérés. Au final je participe donc au tournage de trois scènes, pas si mal pour un premier engagement!
 
Fin de la journée à 19h00, le froid et le poids du képi sur la tête et surtout sur le front devenaient peu à peu difficiles à supporter. D’ailleurs les acteurs, habillés plus léger que nous sont eux aussi frigorifiés! Le temps de se changer, de signer la feuille de présence, je quitte le plateau à près de 19h30. C’est en tout cas, une expérience nouvelle, passionnante, que je conseille à tous et je garde de cette journée une très bonne ambiance et beaucoup de rigolade entre les figurants…

Difficultés des fictions françaises

 
Erosion de l’audience constatée sur TF1 et M6, arrivée de nouvelles séries US très innovantes… Il n’en fallait pas plus pour que la fiction française soit en crise. Les responsables des programmes accusent le manque de scénaristes ou l’impossibilité de monopoliser un acteur 9 mois par an sur un seul rôle dans une série… Mais c’est aussi peut-être parce que les séries françaises innovent peu, se ressemblent toutes, manquent d’imagination, n’osent pas, sont trop consensuelles… Bref sont sans intérêt… Voici l’article passionnant de Guy Dutheil pourLe Monde:
 
Tout un symbole ! Depuis trois ans, le festival de télévision de Monte-Carlo fait se côtoyer vedettes de la fiction française et stars des séries américaines. Mais pour la 47e édition du festival (du 10 au 14 juin), la représentation française a été éclipsée par les délégations des séries américaines. La série "Lost" est venue en force avec son acteur vedette Terry O’Quinn accompagné de son producteur Jack Bender. "Heroes", qui arrive sur la Une le 30 juin, était représentée par le comédien Masi Oka. Même "Grey’s Anatomy" avait fait le déplacement avec l’acteur Eric Dane, qui interprète le célèbre docteur de la série.

Le débarquement américain a véritablement commencé à Monaco il y a trois ans, quand, en mai 2005, TF1 a décidé de diffuser la série "Les Experts Las Vegas" en première partie de soirée. Une tentative suivie par la programmation en "prime time" (20 h 50) tout l’été de la première saison de "Lost". Auparavant, il y avait eu, sur France 2, le succès de la série hospitalière "Urgences", le dimanche sur France 2. Depuis, et de manière encore plus marquée cette année, la fiction française est détrônée par les séries américaines sur toutes les chaînes. Par leur rythme, leurs audaces, la qualité de leur interprétation, de leur réalisation et de leur écriture, les productions "made in USA" séduisent le public français, avec pour conséquence une "ringardisation" des productions nationales.

Ce recul fait craindre à Patrice Duhamel, directeur général de France télévisions, "un véritable tsunami" sur la fiction française. Selon lui, les récents ratés de plusieurs productions hexagonales (Mademoiselle Joubert, sur TF1, par exemple) pourraient inciter TF1 et M6 à en diffuser moins en prime time, au profit des séries US, plus performantes. Et M. Duhamel redoute que le service public soit sollicité par les producteurs éconduits pour pallier les carences des chaînes privées…

Takis Candilis, directeur général chargé de la fiction et des divertissements de TF1, refuse ce mauvais procès. S’il reconnaît que "depuis janvier il y a eu une érosion de l’audience", les fictions françaises n’attirant plus que 7,6 millions de téléspectateurs en moyenne, il affirme que "en aucun cas il n’est envisagé de réduire le nombre de premières parties de soirée consacrées à la fiction française sur TF1". Toutefois, il prévient qu’il "envisage de dépenser l’augmentation du budget fiction sur d’autres moments de la grille". Par exemple, pour un feuilleton d’avant-soirée ou de fin d’après-midi, à l’instar de "Plus belle la vie", qui rencontre un succès inattendu sur France 3. Une démarche également suivie par M6, et bientôt par France 2, qui travaille également dans cette direction.

Selon M. Candilis, la fiction française connaît actuellement un "entre-deux". "L’avenir est au format de 52 minutes, prédit-il. TF1 a d’ailleurs déjà entériné la fin de cycle pour certains 90 minutes qui vont être abandonnés, tels "Navarro" ou "Commissaire Moulin"."

Pour le scénariste Frédéric Krivine ("PJ"), le recours massif aux séries américaines sur M6 et TF1 est la conséquence d’une "pyramide des âges catastrophique" du public de nombre de fictions françaises. Celui-ci se caractérise par une surreprésentation des téléspectateurs de plus de 50 ans et une sous-représentation des jeunes. M. Krivine dénonce, en outre, le recours par TF1 aux adaptations de séries américaines, comme "RIS", copiée sur "Les Experts" ou "Paris Enquête criminelle", dérivée de "New York Enquête criminelle". Censés permettre à la chaîne de reconquérir un public jeune, ces pâles "remakes" ont obtenu des résultats d’audience décevants.

Les griefs de M. Krivine contre TF1 sont relayés par Philippe Bony, directeur général adjoint chargé de la fiction de M6. "Je ne pense pas que ce soit en faisant des clones de séries américaines que la fiction française va trouver sa propre identité", objecte-t-il. Takis Candilis écarte ces critiques. "J’ai lancé les adaptations parce qu’il nous fallait du temps pour écrire et produire des sujets originaux", rétorque-t-il.

Nombre de professionnels du secteur en conviennent : pour faire face à la concurrence américaine, la fiction française devrait changer en profondeur. " En France et en Italie, vous faites de bons films, mais vous ne savez pas fabriquer des séries de niveau international", pointe le producteur de "Lost", Jack Bender. Selon lui, ce n’est pas le financement de la fiction française qui pose problème. Il s’agit plus "probablement d’une question de qualité d’écriture et de production". Pourtant, quand une fiction américaine est dotée d’un budget de près de 4 millions d’euros l’épisode, la Une, la plus dispendieuse, ne verse que 1 million d’euros en moyenne.

M6 et TF1 veulent tirer les leçons des succès américains, en essayant d’adopter certaines de leurs recettes. "La tendance est de s’engager sur un nombre moins important de téléfilms unitaires, au profit de séries plus nombreuses et de plus en plus longues", comme c’est le cas outre-Atlantique, prévoit M. Bony (Note: ça permet de fidéliser le téléspectateur…).

A l’avenir, M6 va plutôt commander "douze épisodes d’une série à un même producteur plutôt que six téléfilms à éventuellement six producteurs différents, comme cela a souvent été le cas par le passé". La Six entend aussi se constituer "un socle de nouveaux auteurs, acteurs et réalisateurs" pour ses futures fictions, annonce M. Bony. Une nouvelle génération que M6 "va faire progressivement évoluer vers le prime time", après l’avoir testée dans des cases horaires moins exposées.

"En France, nous ne savons pas produire vingt-quatre épisodes par saison. Nous n’avons ni les auteurs pour les écrire ni les acteurs disponibles pour travailler onze mois d’affilée", détaille le directeur général de TF1. Pour s’approcher des standards américains, M. Candilis va "réunir, à l’initiative de TF1, les Etats généraux de la fiction, fin juin à Paris". Une centaine de professionnels, producteurs, réalisateurs et auteurs seront conviés "pour parler des nouvelles formes de production, d’écriture et de contenus".

Fusion Canalsat-TPS: Quand la montagne accouche d’une souris

 
Depuis plusieurs mois, on nous annonce cette fusion comme une révolution du paysage audio-visuel français. Et d’ailleurs, on pouvait attendre le meilleur du groupe Canal, toujours connu pour son goût pour l’innovation. Eh bien, malheureusement, force est de constater que la fusion des bouquets donne un résultat annoncé pour le moins décevant non seulement au niveau des chaînes et de leur programmation mais aussi sur le plan des tarifs!
 
Six mois après la décision de fusionner les bouquets TPS et Canalsat, le bouquet TPS ne sera plus commercialisé le 21 mars. Voici ce qui va changer pour les abonnés.
 
– Pour les abonnés à Canalsat: ils bénéficieront de la nouvelle offre de Canalsat et auront accès à la nouvelle offre cinéma (Cinecinema Premier, Cinecinema Star, Cinecinema Family, Cinecinema Frisson, Cinecinema Culte, Cinecinema Emotion, Cinecinema Classic), ainsi qu’à douze nouvelles chaînes (TPS Star, TF6, Série Club, Ushuaïa TV, Infosport, Eurosport 2, TPS Foot, Sailing Channel, Piwi, Télétoon, Télétoon +1, M6 Music Hits).
 
– Pour les abonnés à TPS: ils bénéficieront de la nouvelle offre cinéma (Cinecinema Premier etc.). Pour des raisons techniques, les abonnés n’auront accès à la nouvelle offre de Canalsat qu’après migration. Cette migration va commencer en septembre: Canal+ prendra contact avec les abonnés de TPS, un rendez-vous sera fixé et un technicien viendra à domicile pour tourner leur parabole vers le satellite Astra. Sans changer de décodeur, ils auront ainsi accès au nouveau Canalsat, soit un potentiel de 47 nouvelles chaînes. Cette opération qui va se dérouler sur 18 mois et concerne 1,3 million de paraboles est gratuite pour l’abonné.
 
Au niveau de la programmation et des chaînes, on était tout de même en droit de s’attendre à beaucoup mieux. De nombreuses chaînes disparaissent, toutes celles qui font doublon (et c’est normal!). Mais avec la fusion des bouquets, il aurait été intéressant de voir arriver de nouvelles chaînes, avec des programmes de niche, plus spécialisés. Par exemple, pour les chaînes de cinéma, pourquoi ne pas avoir créé une chaîne consacrée au cinéma asiatique qui remporte un vif succès en France? On peut vraiment reprocher au groupe Canal de na pas avoir osé, fait preuve d’un peu d’imagination…
 
A noter: il n’y aura pas de changement de tarif pour les abonnés actuels à Canalsat ou TPS. Là aussi, on peut le leur reprocher. Avec la fusion, finie la concurrence sur les droits sportifs et cinématographiques, et donc baisse des coûts. Les abonnés étaient en droit d’attendre un vrai geste commercial comme il s’est produit de partout où les bouquets concurrents ont fusionnés. Ou tout du moins, les chaînes cinéma auraient pu être intégrées au bouquet de base, car le supplément pour y avoir accès reste cher… Pour le moment, je ne suis pas vraiment emballé par les résultats de cette fusion, décevants dans l’ensemble et manquant vraiment d’ambition. Le groupe Canal devrait revoir sa copie, mais malheureusement je doute qu’il le fasse. Seul motif de satisfaction, la chaîne Pink devient enfin gratuite, mais étant donné ses difficultés, pas sûr qu’elle arrive à survivre…

TNT-Satellite: La télé numérique poursuit sa mutation

Les petites chaînes de télévision indépendantes ont dénoncé jeudi, au nom du « pluralisme », le projet de loi sur la télévision du futur voté par l’Assemblée qui offre une chaîne « bonus » aux opérateurs historiques TF1, M6 et Canal+, en compensation du passage au tout numérique.Les députés ont adopté mercredi soir ce texte qui prévoit la fin de la diffusion analogique le 30 novembre 2011 au profit du numérique et prépare le passage à la haute définition (HD) et à la télévision mobile personnelle (TMP).
Le point le plus controversé est l’octroi d’une chaîne « bonus » à chacune des trois chaînes historiques privées, TF1, M6 et Canal+, pour les inciter à basculer au plus vite dans la diffusion numérique. Cette disposition ne concerne pas le groupe public France Télévisions, dont les fréquences sont préemptées par l’Etat. A l’instar des députés PS, PCF et UDF, les petites chaînes indépendantes de la TNT, mais aussi du câble, du satellite et de l’ADSL, ont dénoncé un « cadeau » qui les exclut et menace leur développement dans le paysage audiovisuel français.
« Pour briser la concurrence naissante des nouvelles chaînes, le gouvernement veut donner par la loi une seconde chaîne gratuite à chacun de ces trois groupes sur la TNT », a dénoncé l’association des « Nouveaux entrants de la TNT », composée de BFM TV (Nextradio TV), Direct 8 (groupe Bolloré) et NRJ 12 (NRJ Group). Lors du lancement de la TNT en 2005, TF1, M6 et Canal+ s’étaient déjà vu attribuer des fréquences.
Fustigeant une « restauration des privilèges » et réclamant la « protection du pluralisme », les nouveaux entrants redoutent un « renforcement de la position dominante » des historiques qui viendrait « confisquer à leur seul profit le succès de la TNT ». Pour Alain Weill, président de Nextradio, la chaîne bonus « vient récompenser des sociétés qui ont tout fait pour que la TNT ne soit jamais lancée en France » (Il est vrai que TF1 ne croyait pas du tout au projet et a tout fait pour qu’il échoue! Avant de s’y ralier à contrecoeur face au succès en rachetant TMC). Le renforcement de la position dominante consacré par la loi « ne s’est vu dans aucun autre secteur ouvert à la concurrence », ajoute M. Weill, dans un entretien à l’hebdomadaire CB News.
« Nous sommes ulcérés. Le texte est entièrement orienté vers les intérêts des acteurs en place, et certaines chaînes ne pourront pas subsister dans ces conditions », déplore Philippe Gault, président du Sirti (Syndicat interprofessionnel des radios et télévisions indépendantes), qui regroupe une quinzaine de chaînes du câble et du satellite (Euronews, l’Equipe TV, Motors, Trace TV…).
Mais Philippe Bailly, analyste des médias au cabinet NPA, tempère cette vision: selon lui, le canal bonus « prolonge les équilibres existants du système économique actuel, qui est adossé à la production audiovisuelle et cinématographique ». « En 2006, les nouvelles chaînes de la TNT ont contribué à la production à hauteur de 15 millions d’euros, contre 500 millions d’euros pour les +historiques+ », note-t-il. A ses yeux, une trop grande fragmentation du paysage audiovisuel – il existe aujourd’hui une douzaine d’acteurs – risque d’aboutir à un émiettement des audiences et des revenus publicitaires « donc à une moindre contribution à la production et à une paupérisation du système, au détriment de la qualité des programmes ». La loi sur la TV du futur permet de « rétablir une recentrage au profit d’une poignée d’acteurs, comme cela s’est fait en Allemagne, en Grande-Bretagne ou en Italie« , conclut-il.
C’est effectivement la même remarque que pour le satellite où, à cause de la création de plusieurs plateformes, les programmes ont perdu en qualité et où la concurrence entre les acteurs pour l’acquisition des droits (sportifs et cinéma) a entraîné une hausse des tarifs pour les consommateurs. Au final, la question est, y’a-t-il suffisamment d’espace et de recettes publicitaires pour justifier d’autant de chaînes gratuites? Et toutes ces chaînes gratuites ne vont-elles pas déstabiliser les bouquets payants? En tout cas, Canalsat, une fois TPS fermée (c’est pour avril) risque fort de devoir revoir quelque peu ses tarifs à la baisse ou d’accroître le nombre de chaînes dans le bouquet de base… La réponse sera donnée dans les mois qui viennent, en tout cas une restructuration forte des chaînes du groupe s’annonce avec disparition des doublons… Espérons qu’ils fassent malgré tout preuve d’inventivité et d’audace, mais ça c’est moins sûr!

Lecteurs HD : le grand public traîne des pieds…

 
La multiplication des formats a cet effet très négatif qu’il rend les supports incompatibles entre eux. Résultat, le grand public n’adhère pas et attend qu’une norme ait pris le pas sur l’autre avant de faire son choix. C’est une bonne nouvelle, le consommateur n’est pas aussi idiot que semblent le penser nombre de publicitaires et de grands groupes spécialisés dans les produits de haute technologie. Du coup, LG Electronics a présenté dimanche soir un lecteur DVD haute définition compatible avec les deux formats concurrents Blu-ray et HD DVD.
 
Le Super Multi Blu Player sera disponible début février aux Etats-Unis pour environ 1.200 dollars, a précisé Michael Ahn, le patron des activités du fabricant sud-coréen pour l’Amérique du Nord lors d’une conférence de presse au Consumer Electronics Show de Las Vegas. Un disque dur sera proposé au premier trimestre au même prix. Etant donné les prix de ces produits, on comprend que le public attende de voir qu’elle norme va s’imposer!
 
"La plupart des consommateurs se sentent désorientés (…) et peu disposés à choisir entre un lecteur HD DVD et un appareil Blu-ray", a-t-il expliqué . "La croissance (du marché) a été beaucoup plus faible que prévu et c’est un motif d’inquiétude pour le secteur. Nous reconnaissons que les consommateurs ont besoin de quelque chose de plus." De plus en plus, le grand public refuse qu’on lui impose une norme. Les nouvelles technologies sont suffisamment compliquées comme ça! Les grands groupes vont devoir, de plus en plus, s’entendre pour proposer des produits compatibles sinon les consommateurs n’achèteront plus! S’équiper en Haute Définition est très cher, si c’est pour acheter une technologie vouée à disparaître, ça n’en vaut pas la peine!
 
Ce nouveau lecteur pourra gérer les fonctions du format Blu-ray de Sony et des autres défenseurs de cette norme, qui permet notamment d’accéder aux menus pendant la diffusion d’un film. L’appareil de LG pourra également lire les films au format HD DVD défendu notamment par Toshiba mais ne sera pas compatible avec les fonctions interactives proposées par un disque HD DVD. "Pour la plupart des consommateurs, ce produit sera le plus pratique et le plus attractif", a assuré Ahn. C’est un très bon coup joué ici par LG, qui choisit… de ne pas choisir et apporte une plus grande facilité de choix pour les consommateurs!
 
Les professionnels de l’électronique grand public et du divertissement espèrent que les formats haute définition, qui offrent une meilleur qualité d’image et une plus grande capacité de stockage, redonneront de l’élan au marché de la vidéo à domicile, un secteur qui représente actuellement quelque 24 milliards de dollars de chiffre d’affaires par an. En attendant, ne vous laissez pas avoir par les mirages de la Haute Définition! Elle reste beaucoup trop chère, avec un choix de films très insuffisant, et ses problèmes de compatibilité. Ce n’est pas comme l’arrivée du lecteur DVD qui ne nécessitait pas de changer tout son matériel vidéo! Car outre le lecteur de disques, il faudra aussi changer de téléviseur et souscrire un abonnement spécial plus cher pour les programmes TV… Moralité, il faut boycotter massivement la Haute Définition pour obliger les groupes à s’entendre sur les normes, à baisser leurs prix et à nous sortir des produits totalement compatibles entre eux… Avec la Haute Définition, il est pour le moment urgent d’attendre!

Richesse des infos média…

 
Plusieurs infos liées à la télé et aux médias ces dernières 24 heures.
 
D’abord en Belgique, la RTBF, principale chaîne publique, a fait, disons, une mauvaise blague… A une heure de grande écoute, hier soir, la chaîne a interrompu ses programmes pour annoncer que la Flandres avait fait sécession et que le roi des belges avait décidé de quitter le pays. Alors que le débat entre wallons et flamands est pour le moins animé ces derniers temps, très peu de personnes ont compris qu’il s’agissait en fait d’un canular. Au bout de 20 minutes, la chaîne a dû faire défiler un bandeau expliquant qu’il s’agissait d’un docu-fiction. Cette histoire a fait remonter les très fortes rivalités entre les 2 groupes linguistiques sur fond de progression de l’extrême-droite (surtout flamande). On peut trouver le procédé un peu limite mais la RTBF a au moins eu le mérite de jeter un pavé dans la mare et de lancer le débat. Peut-être cette thérapie par électrochoc fera-t-elle prendre conscience aux démocrates de la nécessité de se montrer plus ferme sur leurs principes et les réveillera face aux groupes fasciste… Cette soirée a aussi le mérite de poser la question du vrai et du faux dans l’information. Doit-on prendre comme vérités tout ce qui est dit sur un plateau de télévision… Non certainement pas!
 
Ensuite, Marie Drucker, présentatrice du Soir 3, se mettra en congé de la chaîne à partir de février. En effet, un journal torchon et Libération (!??!!) ont annoncé sa liaison avec un ministre du gouvernement. Comme je ne veux pas de procès, je donnerai pas son nom… Ce n’est pas tant que l’on révèle cette liaison qui me choque que la misogynie planquée derrière tout ça (comme pour Béatrice Schöenberg). Au dernières nouvelles, coucher avec quelqu’un ne veut en aucun cas dire que vous partagez ses idées politiques. Ensuite on ne le reproche qu’aux femmes. Demandrait-on à PPDA de quitter son poste s’il couchait avec une ministre? C’est très peu probable… Ensuite va-t-on demander à tous les amis des politiques de quitter leur poste? Après tout, Michel Drucker, Fogiel et Sevran sont des amis de Sarkozy, Ruquier ne cache pas qu’il votera Royal. Personne ne leur demande de partir. Et les deux présentatrices de journaux n’ont jamais mis en avant leurs idées politiques (elles seraient d’ailleurs sanctionnées immédiatement). Ce "débat" n’a aucun sens. Qu’on laisse ces femmes faire leur travail! Cette affaire ne révèle qu’une chose la trop grande proximité entre pouvoir politique et médiatique qui contribue à décrédibiliser l’un comme l’autre.
 
Enfin, la fusion Canal+ et TPS sera effective a compter du 4 janvier. La fusion entre les 2 organisations mais aussi entre les 2 offres pour les abonnés va donc peu à peu se mettre en place. L’offre définitive se développera progressivement d’ici au mois d’avril. Il faut s’attendre à une réorganisation profonde des chaînes. Les chaînes jeunesse et cinéma devraient être celles où les changements seront les plus importants étant donné le nombre de doublons. Mais les chaînes musicales et séries devraient aussi connaître d’importantes mutations. Peu à peu, on devrait voir des chaînes de plus en plus spécialisées se mettre en place. Alors que partout dans le monde, la fusion entre les bouquets a permis de baisser significativement les prix pour les abonnés, en France il ne faudra pas trop rêver, mais l’offre en clair devrait s’enrichir (par exemple Pink, jusqu’à présent payante va progressivement devenir gratuite dans les mois à venir, cette décision faisant suite à une recapitalisation de l’entreprise). Avec plus de 5 millions d’abonnés, auxquels il faut ajouter ceux du câble et de l’ADSL, nombre de chaînes vont devenir rentable en clair et non plus en option payante… La réponse dans quelques mois… En tout cas la Fédération Française de Football se fait du souci, il est vrai que vue la domination de l’OL sur le foot français ces dernières année et devant le faible suspense du championnat, Canal+ ne sera certainement plus prête à payer la même somme…

Ruquier au top!

 
Après les bons score de la semaine dernière (malgré une diffusion très tardive), Laurent Ruquier a confirmé hier soir le succès de son émission "On est pas couché" avec plus de 2 000 000 de téléspectateurs et 34,5% de Part de marché (Source: Médiamétrie). Il faut dire que l’émission est très réussie sur la forme comme sur le fond.
 
Un beau décor aux couleurs agréables. Assez d’invités pour avoir du rythme mais pas trop quand même ce qui permet des interviews assez complets. Les séquences sérieuses, de débat et de pur divertissement s’enchaînent très bien. Résultat, on reste scotché et sans somnoler malgré l’heure tardive. Ruquier dirige très bien son plateau, permettant à chacun de s’exprimer sans que ce soit la cacophonie pour autant. Il sait remettre de l’ordre avec beaucoup d’autorité quand ça dérape… Et surtout, il mène parfaitement ses interviews.
 
Sur les chroniqueurs, Jean-Luc Lemoine est tout simplement excellent son portrait est très drôle et sa seconde intervention en médiateur l’est tout autant. Florence Foresti est irrésistible. Pour les polémistes, c’est peut être un peu moins réussi même s’ils contribuent grandement à mettre de l’animation sur le plateau par leurs propos volontier provoc’.  Eric Zemmour, le réac’ de base, qui en fait un peu trop, même s’il est capable, parfois (très rarement quand même!) de tenir des propos intéressants. Michel Pollac, souvent drôle, mais qui, à son âge, devrait prendre une retraite bien méritée, on voit là le clin d’oeil de Ruquier aux émissions cultes de débat.
 
Au final, le talk-show le plus intéressant de cette rentrée qui prouve qu’un émission peut être intelligente et divertissante, culturelle et pourtant réaliser de bonnes audiences, non démago mais polémiste et sans vulgarité mais irrévérencieuse. Bravo Ruquier, une réussite! En deux émissions seulement, il est arrivé à faire oublier l’indéboulonnable "Tout le Monde en parle" avec ses stars du X, ses questions trash et son blind test horripilant…  

Tenue de soirée… Bof Bof…

 
Drucker l’avait promis, cette émission allait être exceptionnelle, une grande émission de variété et un hommage à la ville où elle se déroulait (Lyon). Malheureusement la déception est à la hauteur des attentes. Est-ce le pied dans le plâtre de Drucker qui en est la cause… En tout cas cette émission manquait vraiment de rythme, c’était mou, l’horreur, avec une atmosphère vraiment vieillote…
 
Aucun invité de la nouvelle scène lyonnaise, d’ailleurs la plupart des invités n’avaient aucun lien avec Lyon. Axelle Red belge, ou encore Julien Clerc, Enrico Macias, Laspalès et Chevalier, Souchon, Voulzy, Lamotte (dont on se demande bien ce qu’il foutait là?)… Le duo Mimi Maty et Liane Foly qui chantaient faux… Bref, Drucker a invité ses amis, les habitués de ses émissions et du coup nous propose une émission largement hors-sujet… Et aucun artiste qui soit vraiment capable de mettre l’ambiance…
A peine quelques images de la ville, exclusivement composées d’images du Vieux Lyon (ils n’ont même pas montré l’Hôtel de ville, la place des Terreaux, les Universités, l’opéra, le théâtre antique…), ils auraient pu être dans un Studio à Paris et rajouter quelques images de Lyon ça aurait fait pareil… La ville était vraiment mal mise en valeur! A peine quelques mots sur le 8 décembre, et la biennale de la danse, rien sur les autres éléments culturels (Biennale d’art contemporain, Rhône Alpes cinéma, les nuits sonores plus grand festival de musiques électroniques en Europe, le TNP…). Déplacer tant de monde pour un résultat si faible, franchement ça n’en valait pas la peine. Et Drucker de nous dire qu’ils se trouvaient au coeur de la vie lyonnaise, on avait plutôt l’impression que Lyon n’en avait pas grand chose à faire… Quelques dizaines de personnes tout au plus Place Bellecour, on est très loin de la liesse populaire espérée. Il faut dire qu’avec l’affiche proposée, ça ne donnait pas trop envie de se déplacer… Et alors qu’on annonçait d’immenses installations, ça n’avait rien d’exceptionnel.
Et puis les sketchs à deux balles de Gerra fleurtant comme d’habitude avec une homophobie latente… Même celui de Foresti était moyen, il faut dire que dérider un public d’invités triés sur le volet, largement composé de plus de 60 ans, elle partait avec un certain handicap… Quant à Chevalier et Laspalès, ils ont largement dépassé la date limite de consommation quand même, alors que les jeunes comiques lyonnais ce n’est pas ce qui manque! Ils n’ont même pas été capables d’apprendre le mauvais texte de Gerra, faisant preuve d’un amateurisme total.
Quant aux cuisiniers, Veyrat est Savoyard, Blanc Bressan, Trois Gros Roannais. Il y a plein de jeunes à Lyon qui font bouger la cuisine plutôt que ceux-là déjà invités de multiples fois sur tous les plateaux, la cuisine lyonnaise est tellement plus diverse et inventive que ce qui était proposé là. Il n’y a pas que les bouchons et le Beaujolais à Lyon!
 
Enfin bref, Drucker a changé de lieu, mais pour le reste rien de nouveau, toujours les mêmes invités, toujours le même ronron, toujours autant de fadeur et de tiédeur… Il est passé par Lyon? Et bien il fallait être très doué pour s’en rendre compte… Il voulait percer la mentalité lyonnaise et ses paradoxes, et bien il s’est contenté d’une vision bien superficielle de la ville… Déception sur toute la ligne. Il n’est certainement pas arrivé à renouer avec les grandes émissions de variété. Sa mission est loin d’être remplie…

Fusion Canalsat-TPS autorisée

Enfin la fusion entre les deux bouquets de télévision satellite a été validée par le ministère de l’économie. La France ne fait que rattraper son retard sur tous les autres pays européens où un seul bouquet perdure. Sur ce secteur, la présence de deux concurrents n’était absolument pas viable. C’est la perte des droits de la Ligue 1, ayant provoqué une forte érosion du nombre d’abonnés pour TPS, qui a forcé les dirigeants de TF1 à se rendre à l’évidence: une fusion était inévitable.
Après l’absorbtion de son principal (et quasi seul) concurrent sur ce secteur, Canalsat va enfin pouvoir travailler sur l’amélioration de la qualité de ses programmes. C’est un bénéfice important pour les téléspectateurs puisque la concurrence entre les deux plateformes engendrait une inflation exponentielle des prix sur les droits du foot et du cinéma, résultat les abonnements aux bouquets français étaient les plus chers d’Europe pour une qualité et une quantité de programmes inférieures… Canal+ a pris 59 engagements très précis visant à préserver diversité et pluralité, ainsi que les groupes indépendants, le financement du cinéma français et la qualité du contenu pour les abonnés.
Pour les téléspectateurs, Canal+ le Bouquet devrait très rapidement faire son apparition sur l’offre de TPS. Mais comme les 2 bouquets ne sont pas sur le même satellite, il est probable qu’à terme l’un des deux soit abandonné… Dans cette optique, les abonnés à TPS qui ne souhaitent pas modifier leur parabole pourront résilier leur abonnement sans frais.
Sur le bouquet de Canalsat, TF1 et M6 devraient très rapidement faire leur apparition (bon pour TF1 on s’en fout un peu, tellement cette chaîne est nulle…) ainsi que TPS Star et probablement Série Club, Ushuaïa TV et TF6 dans la foulée…
Entre les deux bouquets, il y a bien sûr des doublons, et une réorganisation complète du secteur est plus que probable. Ce sont dans les chaînes jeunesse et cinéma que les modifications devraient être les plus importantes. Ainsi il ne sera pas viable de conserver 8+8 (16) chaînes de cinéma, mais il y en aura certainement plus que 8 au final (probablement autour de 12) ce qui permettra d’avoir pour chacune d’elle une plus grande spécialisation (ainsi, il se murmure qu’une chaîne entièrement consacrée au cinéma asiatique devrait faire son apparition…).
Cette fusion est donc une bonne chose, elle sera finalisée avant la fin de l’année 2007.