Avengers : Infinity War ***

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Pour faire face à Thanos qui possède la plupart des pierres d’infinité, la plupart des super-héros de l’écurie Marvel s’unissent afin d’empêcher la destruction d’une bonne partie de l’univers. Ce film, très attendu, marque la fin d’un cycle entamé depuis plus d’une décennie par Marvel et Disney. Tous les héros sont convoqués pour marquer le coup, les premiers Avengers bien sûr, mais aussi tous leurs petits rejetons, terriens ou plus lointains. Du coup il y a beaucoup de monde à l’écran et celui qui n’est pas fan sera rapidement perdu au milieu d’une telle armée.

Pour ma part, malgré quelques impasses, j’ai pu raccrocher les wagons. Enfin tous ces héros qui vivaient leurs aventures en parallèle se croisent ou se retrouvent pour le plus grand plaisir du spectateur. A l’écran tout est impressionnant et démesuré. Joe et Anthony  Russo ont voulu nous en mettre plein les yeux et c’est une réussite. Ce point d’orgue tient ses promesses et l’ensemble est un pur divertissement à grand spectacle.

Si le film n’oublie pas l’humour et le seconde degré, il y a cette fois une gravité et une noirceur jusqu’à présent inédites dans la série. Bien sûr la fin est frustrante puisqu’il ne s’agit que de la première partie d’un film dont il faudra attendre 2019 pour voir la fin. C’est Thanos, ennemi suprême qui apporte ce qu’il faut de profondeur alors que ses adversaires sont tellement nombreux qu’ils manquent parfois d’épaisseur. Mais qu’importe, c’est vraiment bon de voir un tel cinéma de divertissement qui s’assume pleinement en tant que tel. Les décors et les effets spéciaux son exceptionnels. On ne s’ennuie pas une seconde. Le pari est donc rempli. ©Lionel Four. lionelfour

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Ready Player One ***

Ready Player One : Affiche

Avec Ready Player One, Steven Spielberg fait un retour fracassant dans le cinéma de divertissement familial. Cette immense course poursuite pour récupérer un oeuf de Pâques caché dans un jeu vidéo est un éblouissement visuel de chaque instant s’appuyant sur un scénario solide, toujours inventif.

En 2045, la planète est devenue tellement invivable que tout le monde se réfugie dans un jeu vidéo, l’OASIS, où chacun peu se rêver (se payer) une vie différente. Depuis des années, les joueurs tentent de récupérer un indice caché dans un oeuf dont l’objectif est de pouvoir prendre possession des actions de l’entreprise du créateur du jeu. Une source de richesse infinie qui attire bien des convoitises. A force d’analyse, un jeune joueur comprend les indices et se lance dans la quête.

Le rythme est étourdissant et le scénario multiplie les rebondissements. A la fois hommage aux premiers jeux vidéo, mais aussi aux films de science-fiction des années 80, Spielberg nous propose une véritable cure de jouvence aux sources de cette pop et geek culture qui a marqué ces 30 dernières années. Les références sont nombreuses à l’écran et il faudra sans doute voir le film plusieurs fois pour toutes les comprendre ! Le spectacle visuel est total et porté par une formidable troupe de jeunes comédiens.

Les effets spéciaux sont particulièrement réussis, les dialogues souvent drôles, le rythme de l’action soutenu. Bref, tout ce que l’on peut attendre d’un film à grand spectacle. Steven Spielberg démontre, par l’exemple, qu’il reste le maître incontesté et incontestable de ce type de cinéma. Un enchantement de chaque instant, qui vous fera retomber dans votre jeunesse et que je ne peux que vivement vous conseiller. Du cinéma grand spectacle comme on en voit trop peu. Un pur divertissement. ©Lionel Four. lionelfour

Call me by your name ****

Call Me By Your Name : Affiche

Dans la torpeur d’un été des années 80 au nord de l’Italie, un professeur d’archéologie réputé accueille un jeune chercheur américain qui poursuit ses recherches. Le fils de la famille tombe éperdument amoureux du jeune homme, un premier amour. Entre les deux va naître une idylle, un amour d’été puissant et sensuel.

Tiré du roman d’André Aciman, sur une adaptation de James Ivory, ce film de Luca Guadagnino est une grande réussite porté par un couple de comédiens excellents. Timothée Chalamet est tout simplement exceptionnel dans sa composition d’un adolescent solitaire qui vit son premier amour. Il est touchant dans ses maladresses face à un Armie Hammer froid et distant qui tente de réfréner son attirance pour l’adolescent.

Là où le film fait la différence avec d’autres films sur le même sujet, c’est que l’homosexualité n’est pas en soi un facteur dramatique dans l’histoire. Certes, la peur du qu’en dira-t-on est bien présente, mais cette amour se développe dans un contexte ouvert et tolérant. Le film va donc au-delà de se postulat et pose ce premier amour comme tous les autres premiers amours dans ce qu’il a de fragile et de fugace.

Un été comme un rêve d’où personne ne sortira indemne. J’ai été bouleversé grâce à un parti pris de simplicité dans la réalisation, où les corps sont filmés au plus près. Tantôt poétique et contemplatif, tantôt drôle et trivial, il ressort de ce film un équilibre sur le fil et je resterai longtemps habité par ce plan final d’une puissance émotionnelle rare. Un très beau film, à ne pas rater, que je vous conseille vivement.

A suivre, dans les prochaines semaines, la critique du roman d’André Aciman©Lionel Four. lionelfour

La forme de l’eau ***

La Forme de l'eau - The Shape of Water : Affiche

En pleine Guerre Froide, une jeune femme muette et solitaire tombe amoureuse d’une étrange créature aquatique détenue dans un laboratoire gouvernemental secret.

Sur ce postulat, le réalisateur et romancier Guillermo Del Toro compose un film sombre, original et d’une rare poésie. Une œuvre hybride et étrange qui absorbe nombre de références comme l’ont déjà été certains des précédents films du réalisateur comme Le Labyrinthe de Pan.

Il propose cette fois une histoire d’amour fantastique, hommage aux vieux films de SF des années 1950, au message humaniste fort sur la tolérance et l’acceptation de la différence. Le tout est porté par de remarquables comédiens, Sally Hawkins en tête, qui évoluent dans des décors très travaillés, sur fond d’une musique composée par Alexandre Desplat.

Un joli conte au propos jamais édulcoré qui fait du bien dans une production hollywoodienne de plus en plus formatée et en manque flagrant d’imagination. ©Lionel Four. lionelfour

Les animaux fantastiques ***

Les Animaux fantastiques : Affiche

Après le succès mondial de la saga Harry Potter, J.K. Rowling poursuit la découverte de son univers magique dans ce spin-off, Les Animaux fantastiques, qui nous permet de découvrir les aventures du célèbre Norbert Dragonneau. Quoi, vous ne connaissez pas Norbert Dragonneau ? Sacrilège, vous dirons les fans ! Il s’agit tout simplement de l’auteur du livre Les animaux fantastiques qu’étudiait Harry Potter. Son nom est donc cité à plusieurs reprises. Mais je vous rassure, si l’univers est le même, il n’est pas utile de revoir, ou relire, les Harry Potter pour comprendre l’histoire…

En effet, ce premier volet des animaux fantastiques se déroule dans les années 1920 à New York. Je dois dire que la reconstitution est d’ailleurs assez impressionnante. J.K. Rowling, pour la première fois scénariste, envoie son nouveau héros faire face à une Amérique puritaine en pleine période de la prohibition. On découvre les sorciers d’outre-Atlantique qui ont d’autres lois et d’autres règles auxquelles doit se plier, bien difficilement, Dragonneau formidablement interprété par Eddie Redmayne. Aussi à l’aise dans les films grands publics que dans les films d’auteurs, cet acteur ne cesse de me bluffer. Il est entouré d’un très beau casting, notamment Katherine Waterston, Colin Farrell et Ezra Miller, mais aussi le désopilant Dan Fogler en Moldu, pardon, Non-Maj dépassé par les événements.

L’histoire est enlevée, à défaut d’être d’une immense originalité, le rythme soutenu est porté un bestiaire impressionnant à la hauteur de l’imagination de l’auteure. Le contrat est largement rempli même si David Yates à la réalisation peine une fois de plus à apporter un véritable point de vue. Comme pour les derniers volets d’Harry Potter, qu’il avait réalisés, David Yates n’apporte aucune plus-value. Dommage car les effets spéciaux sont en revanche parfaitement réussis et la 3D s’avère de toute beauté (oui c’est un film à voir en 3D!).

Au final, un très bon divertissement familial porté par d’excellents acteurs et un message assez plaisant à la fois sur l’acceptation de la différence, mais aussi sur la protection des espèces animales menacées. Sans aucun doute l’un des films incontournables de cette fin d’année.

Le ciel attendra ***

Le Ciel attendra : Affiche

J’ai eu la chance de découvrir le nouveau film, Le Ciel attendra, de Marie-Castille Mention-Schaar lors d’une des avant-premières organisée par Parenthèse Cinéma. Après Les Héritiers, la réalisatrice poursuit dans cette même veine de films à thème, très pédagogiques, s’adressant aux adolescents et aux familles.

On suit, cette fois, le parcours inverse de deux adolescentes face à la radicalisation, l’une en sortant quand l’autre s’y laisse entraîner. Comme Les Héritiers, qui traitait de l’antisémitisme et du devoir de mémoire, ce nouveau film est très didactique, parfaitement documenté, et rythmé par les intervention passionnantes, à la limite du documentaire, de Dounia Bouzar dans son propre rôle. Ce processus de rupture est parfaitement montré et expliqué.

La question que l’on peut alors se poser est « Est-ce-qu’un thème fait un film ? » Si la méthode est très courante dans les téléfilms, elle est plus rare au cinéma. Ce côté cinéma du réel, collant à l’actualité, pourra en gêner plus d’un. Effectivement, la dimension artistique n’est pas la recherche première de ce film. Certains dirons même qu’un documentaire aurait été préférable sur ce sujet. Pourtant, pour toucher le plus grand nombre, il me semble que ce traitement en fiction est indispensable, il facilitera d’ailleurs la diffusion du film en première partie de soirée à la télévision.

Pour ma part, j’ai apprécié la construction habile de ce film entre passé et présent, le double point de vue des parents d’un côté et des adolescentes de l’autre. J’ai été touché par les deux jeunes actrices, Noémie Merlant et Naomi Amarger, excellentes, et par le combat de ces deux mères pour sauver leurs filles, formidablement interprétées Sandrine Bonnaire et Clotilde Courau. Un film fort, à voir.

Captain America : Civil War **

Captain America: Civil War : Affiche

Ce troisième volet des aventures de Captain America, même si on le voit par ailleurs dans Avengers, met cette fois totalement à jour ses divergences de point de vue avec Iron Man. L’idée est intéressante et ayant trouvé Le Soldat de l’hiver très réussi, je me suis laissé tenter par ce nouvel opus, Civil War, mis en scène par Anthony et Joe Russo. Au casting, on ne change pas une équipe qui gagne avec Chris Evans, Robert Downey Jr, et Scarlett Johansson.

Jusqu’à présent, j’avais toujours été embarqué par cette série de films des superhéros Marvel, mais cette fois j’ai été relativement déçu. Sur le papier, cette confrontation promettait le meilleur entre deux visions du monde, pourtant les enjeux restent relativement limités. En effet, les scénaristes ne peuvent pas aller trop loin, ces héros restant malgré tout des « gentils ». Du coup le suspense reste relativement limité et l’on attend longuement une scène réellement spectaculaire malgré quelques bons moments ici ou là.

Au passage, on nous ressort un Spider Man un peu tête à claque dont on se demande ce qu’il vient faire là. Et puis arrive la scène de l’aéroport et là c’est la déception. Une scène mal filmée, des effets spéciaux franchement pas à la hauteur des films précédents et des dialogues médiocres. Plus de 2 heures de film pour avancer si peu dans l’histoire, je me suis dit que Marvel devait quelque peu se ressaisir s’ils veulent éviter de tuer la poule aux œufs d’or. Au final, un divertissement familial un peu trop long, peu habité et clairement moins bon que les opus précédents. A réserver aux fans.

Théo & Hugo dans le même bateau ***

Théo & Hugo dans le même bateau : Affiche

Absent du grand écran depuis quelques années, le duo Olivier Ducastel et Jacques Martineau fait son retour au cinéma avec Théo et Hugo dans le même bateau. Ils proposent un film charnel et puissant sur l’homosexualité et le VIH au XXIe siècle. Tout commence par un coup de foudre dans la backroom d’un sex-club gay qui donne lieu à une scène d’une vingtaine de minutes clairement à ne pas mettre devant tous les yeux. Pas de fausse pudeur, le ton est donné d’entrée de jeu dans une scène pourtant d’une rare force, filmée sans vulgarité juste avec beauté. Dès lors la question posée est: ce coup de foudre inattendu passera-t-il la nuit malgré la maladie?

On suit ce couple formé par deux jeunes acteurs épatants et d’un grand naturel, Geoffrey Couët et François Nambot, à travers les rues de Paris. Ils sont les révélations de ce films. Ils vont s’attirer, s’aimer, se repousser, mais aussi s’inquiéter puisque lors de cet instant d’abandon ils ne se sont pas protégés. Ducastel et Martineau les filment déambulant au milieu de ce Paris des noctambules, presque désert, avec une caméra toujours en mouvement. Entre réalisme du propos et onirisme amoureux, je me suis laissé embarquer dans cette histoire queer assumée et revendiquée.

Sur un thème qui aurait pu être grave et pesant, Ducastel et Martineau proposent un film d’un grand optimisme, sincère et tout simplement beau, qui a le mérite de faire ressurgir sur grand écran le thème du sida trop délaissé ces dernières années. Ils continuent de creuser un sillon singulier dans le cinéma français et c’est tant mieux!

Le Livre de la Jungle ***

Le Livre de la jungle : Affiche

Disney poursuit la relecture de ses vieux dessins animés classiques pour en proposer des films utilisant les dernières évolutions techniques. C’est Jon Favreau, réalisateur des deux premiers volets d’Iron Man et producteur des Avengers qui s’y colle. Force est de constater qu’entre hommage au dessin animé et relecture du roman, cette énième adaptation du chef d’œuvre de Rudyard Kipling est une belle réussite.

Techniquement d’abord, ce Livre de la Jungle est visuellement magnifique. Les décors sont splendides et le bestiaire particulièrement impressionnant de réalisme. En ce qui concerne l’histoire, on est évidemment en terrain connu. Les fans auront même le plaisir de retrouver quelques unes des chansons qui ont rendu culte le film original. Aller, chantez avec moi… « Il en faut peu pour être heureux… » Dommage, vous allez avoir la chanson dans la tête pour le reste de la journée ! Pour le reste, le rythme est soutenu et on se laisse embarquer notamment grâce à quelques beaux moments de bravoure comme le royaume des singes.

Bon du coup l’histoire n’est pas super originale, nous en connaissons tous les principaux rebondissements, même si Jon Favreau ajoute un message écologique fort. Mais qu’importe, quel plaisir de retomber en enfance et de redécouvrir cette belle histoire.

Quand on a 17 ans ****

Quand on a 17 ans : Affiche

Quand on a 17 ans marque le grand retour d’André Téchiné aux amours adolescentes plus de 20 ans après son chef d’œuvre qu’étaient Les Roseaux sauvages. Une génération d’écart entre ces deux films et pourtant le réalisateur n’a rien perdu de sa capacité à filmer et à comprendre ces jeunes. Il garde une acuité et une justesse dans son regard qui fait de son nouvel opus une grande réussite. L’acceptation, l’amour, la relation aux parents, le deuil, la construction d’une identité et le passage à l’âge adulte sont autant d’éléments que Téchiné aborde avec tact et justesse.

Ce film est charnel, puissant, étourdissant, porté par deux jeunes comédiens en état de grâce, Kacey Mottet Klein et Corentin Fila. Une fois de plus, le réalisateur démontre sa capacité à faire émerger des jeunes comédiens talents. Tous les deux sont incroyables de violence contenue, de sensualité et sentiments refoulés. Une relation passionnelle comme on en a peu vues au cinéma. Au milieu de ce duo à couteaux tirés, Sandrine Kiberlain, au sommet de son art, campe une mère courage sur le fil.

Là où Les Roseaux sauvages étaient insouciants, Quand on a 17 ans est à l’image de cette jeune génération tout en ambivalences, désenchantée mais pleine d’espoir, sérieuse mais maladroite, réservée mais portée par ses désirs, passionnée mais violente. Un film audacieux et d’une grande modernité qui montre qu’André Téchiné garde un regard singulier mais très actuel. Un grand film.