Attentats à Paris, pour éviter la désinformation sur le net et les réseaux sociaux

Disons-le franchement, ras-le-bol de ceux qui diffusent sur le net et les réseaux sociaux des fausses informations, souvent manipulées, ne cherchant qu’à développer haine et paranoïa dans notre pays.

Oui, nous avons à faire face, aujourd’hui, à des actes d’une violence inouïe et inédite, mais cela ne justifie pas de diffuser tout et n’importe quoi sans vérification. Je me permets donc de faire suivre cet article paru sur le site du Monde.fr, que je vous invite à consulter pour le lire dans sa totalité.

Quelques conseils pour ne pas se faire avoir par des rumeurs sur le net et sur les réseaux sociaux…

  • Partez du principe qu’une information donnée sur le web par un inconnu est par défaut plus fausse que vraie.
  • Fiez-vous plutôt aux médias reconnus, aux journalistes identifiés et connus. Et ne considérez pas non plus que cela suffit à rendre leurs informations vraies. Dans des situations de crise comme celle-ci, l’information circule très vite, et peut souvent s’avérer par la suite erronée. Il vaut mieux attendre que plusieurs médias donnent un même fait pour le considérer comme établi.
  • Une photo n’est jamais une preuve en soi, particulièrement quand elle émane d’un compte inconnu. Elle peut être ancienne, montrer autre chose que ce qui est dit, ou être manipulée.
  • Un principe de base est de recouper : si plusieurs médias fiables donnent la même information, elle a de bonnes chances d’être avérée
  • Méfiez-vous aussi des informations anxiogènes (type « ne prenez pas le métro, un ami a dit un autre ami que la police s’attendait à d’autres attentats », un message qui tourne apparemment samedi matin) que vous pouvez recevoir via SMS, messages de proches, etc, et qui s’avèrent fréquemment être des rumeurs relayées de proche en proche, sans réelle source.

En savoir plus sur le site du Monde.fr

Et n’oublions pas, seuls les états totalitaires peuvent tout contrôler. C’est le prix douloureux à payer pour la démocratie et la liberté. Il est impossible, sauf à vivre en dictature, de mettre des policiers en arme devant chaque terrasse de café, devant chaque salle de spectacle, devant chaque cinéma, devant chaque hôpital, devant chaque école, devant chaque station de métro, devant chaque centre commercial… Il y aura toujours des cibles faciles à viser pour les terroristes, quels qu’ils soient.
Aussi grandes et légitimes soient notre douleur et notre colère face à l’atrocité des actes commis, il faut continuer à vivre chaque jour droits et fiers de ce que nous sommes et de nos valeurs, et ne pas se laisser porter par la haine car c’est ce qu’ils cherchent, que nous abandonnions nos principes démocratiques pour céder aux extrêmes et leur permettre de recruter encore plus.
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Visite du Grand Stade de l’OL

Comme tous les habitants de Meyzieu, Décines et Chassieu, j’ai pu découvrir en avant-première le futur Stade de l’Olympique Lyonnais.

Un bâtiment impressionnant et une chance pour l’Est-lyonnais. Ce lieu sera sans aucun doute facteur de dynamisme économique.

Restent cependant les inquiétudes légitimes des riverains face à l’absence de moyens lourds de transports en commun et au risque de stationnement sauvage…

Inauguration prévue début 2016 ce qui permettra une période de rodage avant l’Euro.

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Ignorance et démagogie en politique : le cas Sarkozy / Fessenheim

Je ne souhaitais pas m’exprimer politiquement au cours de cette campagne sur mon blog, comme j’avais pu le faire en 2007, mais un récent discours de notre candidat-président m’a littéralement mis hors de moi et amené à rédiger cet article.

Que cela soit dit d’entrée, pour éviter tout faux procès, je ne suis ni un pro ni un anti-nucléaire, j’analyse simplement les faits avec un oeil de géographe (ma formation universitaire), spécialisé dans les risques (notamment sismiques). Je suis attaché à l’indépendance énergétique de mon pays, à l’intérêt du nucléaire comme faible émetteur de gaz à effets de serre, mais aussi à la santé et à la sécurité de mes concitoyens.

Pour en revenir à ce discours, Monsieur Sarkozy s’exprimait, avec l’arrogance qu’on lui connait quand il pense maîtriser son sujet, sur la centrale nucléaire de Fessenheim et la volonté de François Hollande de la faire fermer en s’appuyant sur le retour d’expérience de Fukushima. Le Président dit alors, très fier de sa blague, « j’ai bien regardé sur la carte, il n’y a pas de mer à Fessenheim, il n’y a donc pas de risque de tsunami et de danger pour la centrale », et la salle, ignorante des enjeux, de partir dans un grand éclat de rire… A ce stade là, s’impose un petit cours de géographie physique de la France :

Alors non, je vous rassure, je ne vais pas vous dire qu’il y a un risque de tsunami à Fessenheim ! Mais le triple objectif de Sarkozy à travers cette saillie est clair :

1. Donner à penser que François Hollande est au mieux incohérent, au pire un inculte, incapable de diriger la France.

2. Clore toute tentative de débat sur le danger que représentent certaines centrales nucléaires en France.

3. Se faire passer pour le seul candidat capable de défendre l’emploi ouvrier et la filière du nucléaire en France.

Pourtant, Nicolas Sarkozy a faux sur toute la ligne. La démagogie et sans doute même, et c’est plus grave, l’ignorance le poussent à commettre cette triple erreur. Je parle bien d’ignorance liée à ses certitudes, car sinon cela serait de la malhonnêteté et je ne peux croire en la malhonnêteté de la Présidence de la République…

Mais revenons-en à la centrale de Fessenheim. Effectivement le risque de tsunami est très faible, tout le monde en conviendra, pourtant les risques d’inondation ont été réévalués en 2011 suite à la catastrophe japonaise ! Le Rhin reste un fleuve aux crues parfois spectaculaires… Mais l’on se rapproche d’autant plus de Fukushima, qu’à Fessenheim il existe un risque sismique bien réel.

Le nouveau zonage sismique de la France, proposé par le BRGM (Bureau de Recherche Géologique et Minière) et entré en vigueur le 1er mai 2011, place 5 centrales nucléaires françaises dans des zones à risque modéré (niveau 3 sur 5). A Fessenheim qui s’y trouvait déjà auparavant, se sont ajoutées les centrales du Bugey, de Saint Alban, de Cruas et du Tricastin.

Ce nouveau zonage sismique, probabiliste qui s’appuie sur l’ancien zonage déterministe (sismicité historique) auquel s’ajoute la prise en compte des lignes de failles et des preuves géologiques de leurs mouvements, souligne la forme des principaux massifs montagneux (Alpes et Pyrénées essentiellement), auxquels il faut ajouter le fossé d’effondrement rhénan (Alsace), le Puy-de-Dôme et les lignes de failles liées aux anciennes chaînes varisques.

La carte de France des centrales nucléaires en France en fonction de la nouvelle classification des aléas sismiques.

Source : BRGM, L’Expansion

Fessenheim est donc bien située à proximité de lignes de failles (un fossé d’effondrement géologique) et présente un risque en cas d’occurrence d’un tremblement de terre. N’oublions pas qu’en 1356, un puissant séisme, localisé à Bâle, a fortement impacté la région, fait plusieurs milliers de victimes et provoqué d’importantes destructions.

Ce risque est souligné par un rapport du bureau d’études suisse, Résonance, dès 2007, qui indique que « la réévaluation de l’aléa sismique, telle que proposée jusqu’à présent par EDF en vue de la 3ème visite décennale de la centrale de Fessenheim, mène à une sous-estimation prononcée de l’aléa et n’est donc pas acceptable. ». Pour ce qui concerne le dimensionnement de la centrale, le bureau d’études suisse juge « impératif de procéder à un contrôle sismique approfondi des bâtiments et des installations ».

Cela est d’autant plus inquiétant que la centrale nucléaire de Fessenheim est une installation régulièrement qualifiée de vieillissante.

Alors Nicolas Sarkozy, avant de donner des « cours » de géographie à ses concurrents, serait bien inspiré de revoir son histoire… La politique de l’autruche qu’il mène sur la centrale de Fessenheim met en danger la vie de milliers de ses compatriotes, mais aussi de milliers de nos voisins allemands et suisses.

Le débat sur la fermeture de cette centrale nucléaire (et sans doute d’autres à venir en France) ne peut être évité. Quant à la sauvegarde de l’emploi, le démantèlement des centrales nucléaire demande plusieurs décennies et les employés peuvent être largement reconvertis à ces tâches.

La reconversion énergétique demande du temps et de la réflexion, encore faut-il ne pas agir dans l’urgence et attendre qu’une catastrophe se produise pour se réveiller. Cette transition peut être réalisée en douceur, sans casse sociale, mais certainement pas, comme le propose Nicolas Sarkozy, en laissant la situation peu à peu se dégrader jusqu’au point de rupture.

Décès tragique de Benoît Musy

Benoît Musy nous a tragiquement quittés. J’avais eu la joie de le mettre en scène et de jouer à ses côtés, en 2009, au Carré 30, dans la pièce « Marx, Flaubert et les icônes » (photo de nous prise à ce moment là). Il avait alors été mon grand père d’adoption pendant quelques semaines. Sa gentillesse et sa générosité resteront à jamais gravées dans mon coeur.

Comble de l’ironie, dans ce spectacle, il jouait un vieux monsieur qui conservait les notices nécrologiques des journaux, mais l’arrivée d’une nouvelle voisine allait chambouler son coeur et bousculer ses convictions…

En souvenir de ce rôle, je me permets donc de recopier ce magnifique hommage d’Annie Demontfaucon paru dans Le Progrès du 25 octobre 2011. Article en ligne sous ce lien.

Benoit Musy tué hier par une voiture, était peintre et comédien. Il préparait son prochain spectacle. 

Ses dernières pensées auront été pour Baudelaire, ce poète qu’il s’apprêtait à mettre en scène, « citoyen comme lui d’une patrie aux dimensions de l’âme et aux couleurs du rêve ». Quelques lignes dans la brochure du Carré 30, ce théâtre de la rue Pizay (Lyon 1 er) pour annoncer cette création prévue en mars. Baudelaire ne sera pas réincarné. Car Benoit Musy vient de mourir.

Benoit Musy est ce piéton renversé dimanche par une voiture, route de Genas à la limite de Villeurbanne, Lyon et Bron. Le septuagénaire n’a pas survécu à ses blessures, il est décédé dans la nuit de dimanche à lundi. Le créateur du Carré 30, Alain Deppe connaissait le comédien, depuis quinze ans. « Ce spectacle sur Baudelaire, Benoit y pensait sans cesse. Il me disait qu’il répétait son texte en marchant dans la rue. »

Dimanche, à 7 h 30, perdu dans ses pensées, il n’a pas vu les phares de la Clio qui l’a renversé alors qu’il traversait la route. Colette, sa compagne, l’attendait comme chaque dimanche matin, pour boire le café sous la véranda. « Il partait tôt faire son marché, sur la place de Grand-Clément. Il devait me ramener le pot-au-feu prévu pour le repas de midi ». Ce pot-au-feu, il l’avait promis à ses petits-enfants qui adoraient sa cuisine. Quand Colette a raccroché le téléphone à 8 h 30, elle a espéré un miracle puis su que le petit atelier de la rue des Pâquerettes resterait orphelin. Au fond du jardin, les tableaux de Benoit Musy accrochent la lumière. « C’était un poète des arts plastiques », soupire Alain Deppe. C’est en 1976, qu’il expose pour la première fois ses aquarelles. Le brancardier à l’hôpital neuro-cardio a deux passions : le théâtre et la peinture. Il plante son chevalet sur les marchés de Collioure ou les plages de la Côte d’Azur. Beaucoup de couleurs et de vie pour des scènes croquées sur le vif. Des sculptures aussi, tout en rondeur et en fil de fer. Dans un classeur, il conservait précieusement ses expositions : salon d’Automne, salon Regain à Lyon, Narbonne… Une fois en retraite, il revient à sa première passion : les planches. Le 18 octobre, il venait de commencer les répétitions de la dernière pièce d’Alain Deppe, « Mémoires de zinc ». Benoit Musy avait un fils, douze petits-enfants et une chatte qui, hier, le cherchait dans toute la maison.

Annie Demontfaucon.

Pour l’abandon du fichier EDVIGE

 
C’est le scandale de l’été, la pression est peu à peu montée depuis le 1er juillet et, enfin, les médias télévisés et grands publics commencent à s’en faire l’écho, il était temps! Vive la réactivité des journalistes français… Peu à peu, toutes les associations s’opposent à ce flicage généralisé et intolérable de la société civile française. Vous pouvez signer l’appel en allant sur le site non à EDVIGE (faites preuve de patience, il est victime de son succès…), plus de 125 000 signataires…
 
Voici, repris en quelques lignes, les principaux problèmes posés par EDVIGE grâce au texte du collectif:
 
"Sans débat public préalable, le gouvernement, par un décret publié au Journal officiel du 1er juillet 2008, a considérablement accru les capacités de fichage de nos concitoyens. Ce fichage sera assuré, à l’avenir, par la Direction centrale de la sécurité publique (fusion des Renseignements Généraux et de la DST).

A cette fin, un nouveau fichier policier sera mis en place sous le nom d’EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale). Il recensera, de manière systématique et généralisée, toute personne « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». Sans exception, toutes les personnes engagées dans la vie de la cité sont donc visées.

En outre, ce fichage vise à permettre la collecte de renseignements identitaires sur les « suspects » (personne mais également groupe) simplement considérés, par la police, comme susceptibles, à l’avenir et de manière totalement hypothétique, de porter atteinte à « l’ordre public ».

Il permettra de compiler toutes les notes de renseignements telles que : état civil, photographie mais aussi fréquentations, comportement, déplacements, appartenance ethnique, vie sexuelle, opinions politiques, philosophiques, religieuses, appartenances syndicales et associatives, état de santé, situation financière et fiscale…

La police sera autorisée à consulter ce fichier en cas d’enquêtes administratives pour l’accès à certains emplois.

Les mineurs ne seront pas épargnés puisque fait sans précédent dans notre République et particulièrement choquant, leur fichage sera autorisé dès l’âge de 13 ans et cela sans qu’aucune infraction n’ait été commise et sur la seule base de leur dangerosité présumée.

Cette initiative gouvernementale, porteuse à l’évidence de nombreuses dérives, s’inscrit résolument dans le cadre de la mise en place d’une politique sécuritaire ouvertement revendiquée. Le gouvernement est passé outre aux réserves émises par la CNIL concernant ce fichier qui, dès sa parution, a suscité les plus vives réprobations de multiples organisations associatives, syndicales et politiques.

 
C’est pourquoi les organisations et les personnes signataires de cet appel :
– exigent le retrait du décret autorisant la mise en place du fichier EDVIGE qui institue un niveau de surveillance des citoyens totalement disproportionné et incompatible avec une conception digne de ce nom de l’état de droit,
– sollicitent le soutien et la signature de tous nos concitoyens et de toutes les organisations attachées aux libertés publiques, au respect de la vie privée et des droits de l’enfant,
– s’engagent à se constituer, dès le mois de septembre 2008, sous forme de Collectif afin de prendre toute initiative utile visant à obtenir des pouvoirs publics qu’ils renoncent à la mise en place du fichier EDVIGE."

Bientôt, une nouvelle forme de grève?

 
En cette veille de journée noire, le sujet est plutôt d’actualité! Une décision de la Cour Européenne de Droits de l’Homme est passée totalement inaperçu. Pourtant, si elle fait jurisprudence, elle pourrait considérablement modifier les conflits sociaux, en particulier dans les transports, et (un comble!) les rendre très populaires aux yeux du public! Voilà qui pourrait modifier en profondeur les rapports de force et redonner au combat syndical, souvent décrié ces dernières années, ses lettres de noblesse. Concrètement, il s’agit de l’autorisation de la grève par gratuité (interdite jusqu’à présent, seulement tolérée aux péages autoroutiers…). Voici un texte passionnant (un peu long mais qui mérite d’être lu) signé Franz Vasseur, avocat au barreau de Paris, spécialiste en droit de la propriété intellectuelle et en droit des affaires.
 
Un automne d’actions sociales se profile : une première grève de cheminots est annoncée pour le 18 octobre. Face à ce blocage annoncé, l’usager lambda se prépare à affronter le grand immobilisme. Triste perspective qui va inévitablement renforcer l’attrait du «service minimum» dans les transports publics. Bien qu’irréalisable (pour un service minimum de trois heures le matin et autant le soir, il faut mobiliser 80 % des ­effectifs), l’exaspération alliée à la popularité du président de la République conduira à réduire le droit de grève.

Et pourtant, la solution existe, cachée dans les tréfonds de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme(CEDH), lecture improbable du citoyen normal, et pourtant, il y a cet arrêt du 17 juillet 2007. Loin du tapage médiatique estival, la Cour européenne des droits de l’homme a fait sa petite révolution de juillet en validant la «grève par gratuité». N’étant pas spécialiste du droit social, j’appelle grève par gratuité l’exercice du droit de grève consistant à ne pas facturer le service tout en continuant à l’assurer. A titre d’exemple, la bien connue grève des péagistes : au lieu de bloquer l’autoroute, les barrières sont laissées ouvertes et le péage est gratuit.

C’est précisément cette situation qui était soumise à l’appréciation de la CEDH. Les quarante-deux requérants turcs font partie des agents de péage des guichets du pont du Bosphore à Istanbul et sont tous membres du syndicat Confédération des travailleurs du secteur public (le KESK). En mars 1998 et février 1999, ces fonctionnaires contractuels quittèrent leur poste de travail dans le cadre d’actions de «ralentissement du travail», permettant ainsi aux automobilistes de passer le péage sans payer. L’administration turque intenta contre eux des actions en dommages et intérêts en remboursement du chiffre d’affaires perdu – auxquelles les juridictions turques firent droit. Ce qui revient à l’interdiction de ce type de ­grève. Les grévistes ont estimé qu’une telle décision méconnaissait leurs droits à la liberté de réunion et d’association ainsi que leurs conditions de travail. Ils ont interjeté appel devant la Cour en invoquant notamment l’article 11 de la convention européenne des droits de l’homme, lequel consacre la liberté de réunion et d’association, notamment syndicale (le droit de grève n’étant pas reconnu en tant que tel par la convention, c’est l’article 11 qui sert de base aux droits syndicaux). La Cour leur a donné raison. Par son arrêt du 17 juillet 2007, elle casse les jugements de condamnation à remboursement en se fondant sur ledit article 11. Ce faisant, elle reconnaît de facto les grèves par gratuité au niveau du Conseil de l’Europe (comprenant notamment la Turquie et la France).

La Cour avait à tenir compte d’une loi turque n° 657 interdisant aux fonctionnaires d’Etat de ne pas se rendre au travail ou de ralentir celui-ci. Ce qui n’est pas éloigné de ce que sera notre futur service minimum. La Cour a considéré que, dans la mesure où elle visait à assurer le bon déroulement du service public, la loi n° 657 poursuivait un but légitime, la protection de l’ordre public. Néanmoins, la Cour a considéré que le ralentissement du travail par l’abandon des guichets pour une durée de trois heures était une «action collective relevant de l’exercice des droits syndicaux», que les actions avaient été décidées par le syndicat dont les requérants étaient membres et que les autorités concernées en avaient été informées au préalable. La Cour en a conclu qu’en s’y joignant, les requérants ont usé de leur liberté de réunion pacifique pour défendre leurs conditions de travail, et que leur condamnation à indemniser leur employeur constituait une violation de l’article 11 de la CEDH.

Les conditions édictées par la Cour pour la grève par gratuité semblent être les suivantes : 1) une action collective relevant de l’exercice des droits syndicaux, 2) décidée et organisée par un syndicat et 3) avec l’information préalable des autorités (et, en France, préavis à l’employeur). Rappelons que les décisions de la CEDH ont autorité en France : on peut en conclure que les grèves par gratuité entrent dans l’arsenal syndical (il n’y avait pas de jurisprudence en la matière), sous réserve du respect de la législation nationale.

Transposons maintenant la grève par gratuité dans le secteur des transports publics, dans lesquels le service minimum a vocation à s’appliquer : cela revient à ce que les employés de la SNCF fassent grève en rendant les transports gratuits, tout en continuant d’assurer le service.

Concrètement, tous les personnels se déclareront en grève (et aucun ne sera payé, comme dans toutes les grèves), mais seuls les guichetiers et contrôleurs feront une cessation effective du travail (en quittant les guichets et en affichant l’état de grève par pancartes) tout en laissant les accès aux quais ouverts (sans dérégler les tourniquets s’il y en a, pour éviter «l’exécution défectueuse du contrat de ­travail» qui rendrait la grève illégale). ­Cela exigera aussi une solidarité toute particulière avec ces catégories de ­personnel qui sont le fer de lance de la grève par gratuité.

Dans ces conditions, nos chers cheminots pourraient ainsi décider de faire, le 18 octobre prochain, une grève par gratuité, ce qui présente un triple intérêt. Premier avantage, la grève par gratuité assure le service public de transport, indispensable pour notre économie et vital pour la liberté d’aller et venir des citoyens, première des libertés.

En outre, le service public étant assuré, la grève par gratuité rend d’office inutile l’idée même d’un service minimum et enterre cette loi à mon sens inapplicable. Second avantage, l’action collective voit son efficacité renforcée : dans notre système libéral, c’est bien en s’attaquant à la trésorerie de l’employeur qu’une négociation intelligente peut prendre place. Dans une grève par blocage du service, l’employeur perd aussi du chiffre d’affaires, sans toutefois le réaliser ­pleinement, puisque le service est arrêté. Dans une grève par gratuité où le service fonctionne à plein, non ­seulement l’employeur réalise de visu combien il perd, ce qui est un facteur ­psychologique ­capital pour la négociation, mais en outre il supporte la totalité des charges d’exploitation (hors salaires) du service sans contrepartie financière : argument de poids !

Enfin, et peut-être surtout, la grève par gratuité est perçue comme sympathique par les usagers, car ils n’en sont plus otages mais bénéficiaires : soyez certains, chers cheminots, que le peuple tout entier ­soutiendra vos ­revendications. Et le temps jouera pour vous.

L’horreur au Myanmar avec la bénédiction de Pékin…

 
Profitant de l’inaction mondiale, la junte militaire birmane réprime dans le sang ses opposants démocrates. Une fois de plus, lorsque les hommes de bien restent inactifs, l’horreur triomphe… Au milieu de tout ça, de grandes entreprises telles que Total, profitent de la situation pour faire de substantielles affaires. Quand on connait le niveau de corruption de ce pays, il y a de quoi être saisi d’une forte impression de dégoût… Qu’attend-on pour armer les opposants? Pourquoi ne pas arroser quelques hauts dignitaires du régime? Surtout que ce régime n’a aucune idéologie à part l’enrichissement d’une oligarchie… Coupons leurs avoirs à travers le monde…
 
Article AFP sous Yahoo: Au moins trois moines ont été tués lors d’affrontements mercredi avec les forces de sécurité birmanes qui ont réprimé plusieurs manifestations à Rangoun, ont indiqué deux hauts responsables birmans à l’AFP. La junte militaire en Birmanie avait commencé mercredi à réprimer le mouvement de protestation de masse emmené par des bonzes, en faisant charger à coups de matraque et de gaz lacrymogène des milliers de manifestants à travers les rues de Rangoun. Des dizaines de personnes, dont des moines, ont été battues ou arrêtées, selon des témoins. Dans certains quartiers, des soldats et des policiers ont tiré en l’air pour tenter de disperser les manifestants.

Le parti de l’opposante Aung San Suu Kyi a déclaré que le régime militaire avait commis "une faute irréparable" au regard de l’Histoire, en chargeant des manifestants pacifiques, dont des bonzes.

Les premiers incidents ont été signalés vers 12H00 locales (05H30 GMT). Après avoir bloqué avec des barbelés une avenue proche de la célèbre pagode Shwedagon, les forces de sécurité ont chargé quelque 700 personnes, principalement des étudiants mais aussi des bonzes, qui commençaient à se rassembler. Les manifestants ont été frappés indistinctement à coups de matraque.

En quelques minutes, les policiers ont provoqué la fuite des protestataires tandis que des soldats armés bouclaient le secteur. Un peu plus tard, dans le quartier de la pagode Sule, des policiers et des soldats ont tiré en l’air et ont fait usage de gaz lacrymogène, alors que des milliers de civils ovationnaient un millier de moines qui arrivaient, selon des témoins. Aux forces de sécurité déployées, la foule a crié : "Vous êtes des imbéciles, vous êtes des imbéciles !". Les policiers et les militaires présents ont alors procédé à des tirs de sommation.

"Ils insultent même notre religion et nos moines", a protesté un quinquagénaire en s’enfuyant à l’écart des nuages de gaz lacrymogène. Une heure plus tard, des dizaines de milliers de personnes, dont des bonzes, se regroupaient ailleurs dans le centre-ville, tandis que des tirs de sommation retentissaient dans d’autres quartiers, selon des témoins.

Confrontés à une montée en puissance des manifestations menées par des moines bouddhistes – 100.000 personnes sont descendues dans les rues respectivement lundi et mardi -, les généraux ont profité de la nuit de mardi à mercredi pour prendre d’autres mesures clairement intimidatrices. Des responsables gouvernementaux, juchés sur des camions sillonnant Rangoun, ont d’abord annoncé par haut-parleur un couvre-feu, désormais en vigueur de 21H00 à 05H00 locales (14H30 à 22H30 GMT). La première ville de Birmanie a aussi été placée sous un régime d’accès restreint, un statut spécial ressemblant à l’état d’urgence. Mandalay, deuxième ville du pays située dans le centre, a fait l’objet des mêmes restrictions.

Plus tard dans la nuit, deux personnalités soutenant le mouvement de protestation des bonzes ont été arrêtées à leur domicile: Zaganar, le plus célèbre des comiques birmans, et Win Naing, un homme politique modéré. Ces deux personnalités avaient été vues ces derniers jours à Rangoun en train d’offrir de la nourriture et de l’eau aux moines qui défilaient. "Zaganar a été interpellé chez lui vers 01H30" mercredi (19H00 GMT mardi) et Win Naing a été appréhendé une heure plus tard, ont précisé des proches.

Dès l’aube, le régime birman avait déployé des centaines de policiers et de militaires, portant des fusils d’assaut, près de monastères et de temples à Rangoun, visiblement pour tenter d’empêcher de nouvelles manifestations. Les forces de sécurité étaient aussi très présentes mercredi autour de la mairie.

Des Birmans confiaient leur crainte que la répression continue à prendre un tour nettement plus brutal. Des habitants affluaient vers les magasins, dans le but de stocker des vivres. "Nous continuerons nos marches, nous faisons cela pour le bien et la sécurité du peuple", a déclaré un moine à l’AFP.

L’actrice Maïa Simon choisit de mourir dans la dignité…

 
Un article très émouvant de l’AP qui ne devrait pas manquer, une fois de plus, de relancer le débat sur l’euthanasie et de montrer, encore une fois, la position hypocrite et inhumaine de la loi Française sur ce sujet…
 
Atteinte d’un cancer incurable, la comédienne Maïa Simon est décédée mercredi à Zurich où elle s’était déplacée pour pouvoir bénéficier d’un suicide médicalement assisté, interdit en France, a fait savoir l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) dans un communiqué.

L’ADMD "salue la mémoire (…) de l’une des leurs, la comédienne Maïa Simon, décédée ce mercredi 19 septembre, loin de chez elle", précise l’association. "(Elle) a choisi, pour abréger ses souffrances et vivre sa fin de vie selon sa propre acceptation de la dignité, de sexiler dans un pays de liberté", poursuit le communiqué.

Avant de partir en Suisse, l’actrice avait expliqué son geste à un journaliste de RTL : "J’ai eu le temps, pendant cette longue maladie, de sentir la dégradation de mon corps (…) et je sens que j’arrive à la limite". "Au lieu d’attendre la mort de manière passive et comme j’ai encore de l’énergie, j’organise mon dernier voyage avec ma famille et mes amis", avait-elle confié. (L’intégralité de l’interview… Elle y lance notamment un appel à Sarkozy, ne tienne qu’à lui de l’écouter et d’apporter enfin une réponse)

La comédienne a déploré avant de mourir la "grande hypocrisie en France" sur la question du suicide assisté. "Les malades le font de toute façon parce qu’ils trouvent toujours des gens qui peuvent les aider, mais c’est absolument ignoble parce que les médecins et les anesthésistes risquent gros", constatait-elle.

En France, la loi Leonetti sur la fin de vie autorise depuis 2005 un patient à refuser toute "obstination déraisonnable", sans légaliser l’euthanasie. "Un progrès", selon le président de l’ADMD Jean-Luc Romero, qui juge toutefois la situation encore insatisfaisante: "Si vous êtes dans des conditions telles que vous allez bientôt mourir, vous refusez à la fois d’être alimenté, d’être hydraté, vous imaginez dans quelles conditions vous mourrez! (…) Aider quelqu’un à mourir à un moment précis en lui donnant un produit, c’est cent fois moins barbare", a-t-il estimé sur RTL.

Plaidant pour une "loi de liberté" semblable à celle existant en Suisse, M. Romero l’a présenté comme une "loi d’égalité". "Maïa voulait faire ce voyage et le pouvait. Il y a des gens qui n’ont pas les moyens de le faire et qui ne sont pas en état", a-t-il souligné. Agée de 67 ans, Maïa Simon avait fait l’essentiel de sa carrière au théâtre (nominée aux Molières en 1997) et tourné dans plusieurs téléfilms et films parmi lesquels "Nous irons tous au paradis" d’Yves Robert (1977) et "Les témoins" d’André Téchiné (2007).

10 millions d’Euros pour l’aide d’urgence au Pérou

 
La situation particulièrement catastrophique en Grèce, où un séisme est venu s’ajouter aux dégâts des incendies, nous a totallement fait oublier le séisme du Pérou qui manque cruellement de moyens pour surmonter la crise sismique qui l’a frappé…
 
Dix millions d’euros sont nécessaires pour répondre à l’aide d’urgence au Pérou, touché le 15 août par un séisme qui a fait au moins 540 morts, a indiqué mardi l’agence des Nations unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO) dans un communiqué. 

"Quelque 13,85 millions de dollars (10,14 millions d’euros) sont requis pour les besoins alimentaires et la restauration des moyens d’existence des populations sinistrées qui vivaient essentiellement de la petite agriculture et de la pêche artisanale", a estimé l’agence basée à Rome.

Elle juge que "la situation est bien pire que ne le laissaient prévoir les premières estimations. Outre la faim et les personnes sans abri, les dévastations subies par les communautés de paysans et de pêcheurs auront un impact profond sur l’économie locale", selon Luis Castello, représentant de la FAO au Pérou. (NB: La situation pour les sans-abri est d’autant plus grave que l’hémisphère sud est encore en plein hiver et que les températures y sont actuellement particulièrement froides…)

La FAO a indiqué avoir déjà recueilli "plus d’un million de dollars (732.000 euros), mais il en faut beaucoup plus pour porter assistance à quelque 160.200 personnes vivant en zone rurale le long des côtes et en montagne", a-t-elle souligné. Elle a expliqué que les fonds serviront à réparer les infrastructures agricoles et de pêche, et à remplacer les moyens de production agricole. Dans les zones urbaines, l’aide portera principalement sur la reprise de la production maraîchère de type familial dans les jardins potagers aménagés autour des habitations et des bâtiments scolaires.

"Une des zones frappées par le séisme, Ica, où vivent près de 700.000 personnes, est la deuxième zone productrice de coton du Pérou. Elle est également une des principales zones productrices de denrées d’exportation importantes comme le raisin, le paprika, le piment et l’oignon", a précisé la FAO.

Le séisme de magnitude 8.0 et intensité VIII a fait 514 victimes, 1090 blessés, il a détruit plus de 35000 bâtiments. Il s’est produit sur le plan de subduction, à 30 km de profondeur, au contact entre la plaque Nazca et la plaque Sud-Américaine, la vitesse de convergence, l’une des plus rapides au monde s’effectuant à près de 8 cm par an… La plaque Nazca, océanique, glissant sous la plaque Sud-Américaine.

La carte des intensités du séisme produite par l’USGS montrant que la capitale (Lima) n’a été que modérément touchée avec des intensités de VI:

 

Augmentation injustifiée du prix du pain

 
Au rythme où l’on va on va bientôt se retrouver dans la même situation que la période pré-révolutionnaire où les populations n’avaient plus les moyens d’acheter du pain. Qu’on se rassure, même si les récoltes ont été médiocres nous n’en sommes pas encore à une situation de pénurie. Mais si l’on compare à partir d’une base de référence 100 l’évolution du prix du pain et celui du blé, on s’aperçoit que le prix de la baguette a fortement augmenté ces 20 dernières années alors que le prix du blé a pour sa part eu plutôt tendance à baisser! Même s’il augmente aujourd’hui, son prix reste inférieur de plus de 20% de ce qu’il était en 1990… Aujourd’hui, pour nous faire passer la pillule de l’inflation cachée que nous subissons tous, on nous fait croire que c’est l’augmentation du cours. Mais cette augmentation est très relative. De l’art de prendre les consommateurs pour des cons…
 
Le graphique qui suit, produit par l’INSEE est pour le moins édifiant!