Attentats à Paris, pour éviter la désinformation sur le net et les réseaux sociaux

Disons-le franchement, ras-le-bol de ceux qui diffusent sur le net et les réseaux sociaux des fausses informations, souvent manipulées, ne cherchant qu’à développer haine et paranoïa dans notre pays.

Oui, nous avons à faire face, aujourd’hui, à des actes d’une violence inouïe et inédite, mais cela ne justifie pas de diffuser tout et n’importe quoi sans vérification. Je me permets donc de faire suivre cet article paru sur le site du Monde.fr, que je vous invite à consulter pour le lire dans sa totalité.

Quelques conseils pour ne pas se faire avoir par des rumeurs sur le net et sur les réseaux sociaux…

  • Partez du principe qu’une information donnée sur le web par un inconnu est par défaut plus fausse que vraie.
  • Fiez-vous plutôt aux médias reconnus, aux journalistes identifiés et connus. Et ne considérez pas non plus que cela suffit à rendre leurs informations vraies. Dans des situations de crise comme celle-ci, l’information circule très vite, et peut souvent s’avérer par la suite erronée. Il vaut mieux attendre que plusieurs médias donnent un même fait pour le considérer comme établi.
  • Une photo n’est jamais une preuve en soi, particulièrement quand elle émane d’un compte inconnu. Elle peut être ancienne, montrer autre chose que ce qui est dit, ou être manipulée.
  • Un principe de base est de recouper : si plusieurs médias fiables donnent la même information, elle a de bonnes chances d’être avérée
  • Méfiez-vous aussi des informations anxiogènes (type « ne prenez pas le métro, un ami a dit un autre ami que la police s’attendait à d’autres attentats », un message qui tourne apparemment samedi matin) que vous pouvez recevoir via SMS, messages de proches, etc, et qui s’avèrent fréquemment être des rumeurs relayées de proche en proche, sans réelle source.

En savoir plus sur le site du Monde.fr

Et n’oublions pas, seuls les états totalitaires peuvent tout contrôler. C’est le prix douloureux à payer pour la démocratie et la liberté. Il est impossible, sauf à vivre en dictature, de mettre des policiers en arme devant chaque terrasse de café, devant chaque salle de spectacle, devant chaque cinéma, devant chaque hôpital, devant chaque école, devant chaque station de métro, devant chaque centre commercial… Il y aura toujours des cibles faciles à viser pour les terroristes, quels qu’ils soient.
Aussi grandes et légitimes soient notre douleur et notre colère face à l’atrocité des actes commis, il faut continuer à vivre chaque jour droits et fiers de ce que nous sommes et de nos valeurs, et ne pas se laisser porter par la haine car c’est ce qu’ils cherchent, que nous abandonnions nos principes démocratiques pour céder aux extrêmes et leur permettre de recruter encore plus.

Visite du Grand Stade de l’OL

Comme tous les habitants de Meyzieu, Décines et Chassieu, j’ai pu découvrir en avant-première le futur Stade de l’Olympique Lyonnais.

Un bâtiment impressionnant et une chance pour l’Est-lyonnais. Ce lieu sera sans aucun doute facteur de dynamisme économique.

Restent cependant les inquiétudes légitimes des riverains face à l’absence de moyens lourds de transports en commun et au risque de stationnement sauvage…

Inauguration prévue début 2016 ce qui permettra une période de rodage avant l’Euro.

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Ignorance et démagogie en politique : le cas Sarkozy / Fessenheim

Je ne souhaitais pas m’exprimer politiquement au cours de cette campagne sur mon blog, comme j’avais pu le faire en 2007, mais un récent discours de notre candidat-président m’a littéralement mis hors de moi et amené à rédiger cet article.

Que cela soit dit d’entrée, pour éviter tout faux procès, je ne suis ni un pro ni un anti-nucléaire, j’analyse simplement les faits avec un oeil de géographe (ma formation universitaire), spécialisé dans les risques (notamment sismiques). Je suis attaché à l’indépendance énergétique de mon pays, à l’intérêt du nucléaire comme faible émetteur de gaz à effets de serre, mais aussi à la santé et à la sécurité de mes concitoyens.

Pour en revenir à ce discours, Monsieur Sarkozy s’exprimait, avec l’arrogance qu’on lui connait quand il pense maîtriser son sujet, sur la centrale nucléaire de Fessenheim et la volonté de François Hollande de la faire fermer en s’appuyant sur le retour d’expérience de Fukushima. Le Président dit alors, très fier de sa blague, « j’ai bien regardé sur la carte, il n’y a pas de mer à Fessenheim, il n’y a donc pas de risque de tsunami et de danger pour la centrale », et la salle, ignorante des enjeux, de partir dans un grand éclat de rire… A ce stade là, s’impose un petit cours de géographie physique de la France :

Alors non, je vous rassure, je ne vais pas vous dire qu’il y a un risque de tsunami à Fessenheim ! Mais le triple objectif de Sarkozy à travers cette saillie est clair :

1. Donner à penser que François Hollande est au mieux incohérent, au pire un inculte, incapable de diriger la France.

2. Clore toute tentative de débat sur le danger que représentent certaines centrales nucléaires en France.

3. Se faire passer pour le seul candidat capable de défendre l’emploi ouvrier et la filière du nucléaire en France.

Pourtant, Nicolas Sarkozy a faux sur toute la ligne. La démagogie et sans doute même, et c’est plus grave, l’ignorance le poussent à commettre cette triple erreur. Je parle bien d’ignorance liée à ses certitudes, car sinon cela serait de la malhonnêteté et je ne peux croire en la malhonnêteté de la Présidence de la République…

Mais revenons-en à la centrale de Fessenheim. Effectivement le risque de tsunami est très faible, tout le monde en conviendra, pourtant les risques d’inondation ont été réévalués en 2011 suite à la catastrophe japonaise ! Le Rhin reste un fleuve aux crues parfois spectaculaires… Mais l’on se rapproche d’autant plus de Fukushima, qu’à Fessenheim il existe un risque sismique bien réel.

Le nouveau zonage sismique de la France, proposé par le BRGM (Bureau de Recherche Géologique et Minière) et entré en vigueur le 1er mai 2011, place 5 centrales nucléaires françaises dans des zones à risque modéré (niveau 3 sur 5). A Fessenheim qui s’y trouvait déjà auparavant, se sont ajoutées les centrales du Bugey, de Saint Alban, de Cruas et du Tricastin.

Ce nouveau zonage sismique, probabiliste qui s’appuie sur l’ancien zonage déterministe (sismicité historique) auquel s’ajoute la prise en compte des lignes de failles et des preuves géologiques de leurs mouvements, souligne la forme des principaux massifs montagneux (Alpes et Pyrénées essentiellement), auxquels il faut ajouter le fossé d’effondrement rhénan (Alsace), le Puy-de-Dôme et les lignes de failles liées aux anciennes chaînes varisques.

La carte de France des centrales nucléaires en France en fonction de la nouvelle classification des aléas sismiques.

Source : BRGM, L’Expansion

Fessenheim est donc bien située à proximité de lignes de failles (un fossé d’effondrement géologique) et présente un risque en cas d’occurrence d’un tremblement de terre. N’oublions pas qu’en 1356, un puissant séisme, localisé à Bâle, a fortement impacté la région, fait plusieurs milliers de victimes et provoqué d’importantes destructions.

Ce risque est souligné par un rapport du bureau d’études suisse, Résonance, dès 2007, qui indique que « la réévaluation de l’aléa sismique, telle que proposée jusqu’à présent par EDF en vue de la 3ème visite décennale de la centrale de Fessenheim, mène à une sous-estimation prononcée de l’aléa et n’est donc pas acceptable. ». Pour ce qui concerne le dimensionnement de la centrale, le bureau d’études suisse juge « impératif de procéder à un contrôle sismique approfondi des bâtiments et des installations ».

Cela est d’autant plus inquiétant que la centrale nucléaire de Fessenheim est une installation régulièrement qualifiée de vieillissante.

Alors Nicolas Sarkozy, avant de donner des « cours » de géographie à ses concurrents, serait bien inspiré de revoir son histoire… La politique de l’autruche qu’il mène sur la centrale de Fessenheim met en danger la vie de milliers de ses compatriotes, mais aussi de milliers de nos voisins allemands et suisses.

Le débat sur la fermeture de cette centrale nucléaire (et sans doute d’autres à venir en France) ne peut être évité. Quant à la sauvegarde de l’emploi, le démantèlement des centrales nucléaire demande plusieurs décennies et les employés peuvent être largement reconvertis à ces tâches.

La reconversion énergétique demande du temps et de la réflexion, encore faut-il ne pas agir dans l’urgence et attendre qu’une catastrophe se produise pour se réveiller. Cette transition peut être réalisée en douceur, sans casse sociale, mais certainement pas, comme le propose Nicolas Sarkozy, en laissant la situation peu à peu se dégrader jusqu’au point de rupture.

Décès tragique de Benoît Musy

Benoît Musy nous a tragiquement quittés. J’avais eu la joie de le mettre en scène et de jouer à ses côtés, en 2009, au Carré 30, dans la pièce « Marx, Flaubert et les icônes » (photo de nous prise à ce moment là). Il avait alors été mon grand père d’adoption pendant quelques semaines. Sa gentillesse et sa générosité resteront à jamais gravées dans mon coeur.

Comble de l’ironie, dans ce spectacle, il jouait un vieux monsieur qui conservait les notices nécrologiques des journaux, mais l’arrivée d’une nouvelle voisine allait chambouler son coeur et bousculer ses convictions…

En souvenir de ce rôle, je me permets donc de recopier ce magnifique hommage d’Annie Demontfaucon paru dans Le Progrès du 25 octobre 2011. Article en ligne sous ce lien.

Benoit Musy tué hier par une voiture, était peintre et comédien. Il préparait son prochain spectacle. 

Ses dernières pensées auront été pour Baudelaire, ce poète qu’il s’apprêtait à mettre en scène, « citoyen comme lui d’une patrie aux dimensions de l’âme et aux couleurs du rêve ». Quelques lignes dans la brochure du Carré 30, ce théâtre de la rue Pizay (Lyon 1 er) pour annoncer cette création prévue en mars. Baudelaire ne sera pas réincarné. Car Benoit Musy vient de mourir.

Benoit Musy est ce piéton renversé dimanche par une voiture, route de Genas à la limite de Villeurbanne, Lyon et Bron. Le septuagénaire n’a pas survécu à ses blessures, il est décédé dans la nuit de dimanche à lundi. Le créateur du Carré 30, Alain Deppe connaissait le comédien, depuis quinze ans. « Ce spectacle sur Baudelaire, Benoit y pensait sans cesse. Il me disait qu’il répétait son texte en marchant dans la rue. »

Dimanche, à 7 h 30, perdu dans ses pensées, il n’a pas vu les phares de la Clio qui l’a renversé alors qu’il traversait la route. Colette, sa compagne, l’attendait comme chaque dimanche matin, pour boire le café sous la véranda. « Il partait tôt faire son marché, sur la place de Grand-Clément. Il devait me ramener le pot-au-feu prévu pour le repas de midi ». Ce pot-au-feu, il l’avait promis à ses petits-enfants qui adoraient sa cuisine. Quand Colette a raccroché le téléphone à 8 h 30, elle a espéré un miracle puis su que le petit atelier de la rue des Pâquerettes resterait orphelin. Au fond du jardin, les tableaux de Benoit Musy accrochent la lumière. « C’était un poète des arts plastiques », soupire Alain Deppe. C’est en 1976, qu’il expose pour la première fois ses aquarelles. Le brancardier à l’hôpital neuro-cardio a deux passions : le théâtre et la peinture. Il plante son chevalet sur les marchés de Collioure ou les plages de la Côte d’Azur. Beaucoup de couleurs et de vie pour des scènes croquées sur le vif. Des sculptures aussi, tout en rondeur et en fil de fer. Dans un classeur, il conservait précieusement ses expositions : salon d’Automne, salon Regain à Lyon, Narbonne… Une fois en retraite, il revient à sa première passion : les planches. Le 18 octobre, il venait de commencer les répétitions de la dernière pièce d’Alain Deppe, « Mémoires de zinc ». Benoit Musy avait un fils, douze petits-enfants et une chatte qui, hier, le cherchait dans toute la maison.

Annie Demontfaucon.

L’actrice Maïa Simon choisit de mourir dans la dignité…

 
Un article très émouvant de l’AP qui ne devrait pas manquer, une fois de plus, de relancer le débat sur l’euthanasie et de montrer, encore une fois, la position hypocrite et inhumaine de la loi Française sur ce sujet…
 
Atteinte d’un cancer incurable, la comédienne Maïa Simon est décédée mercredi à Zurich où elle s’était déplacée pour pouvoir bénéficier d’un suicide médicalement assisté, interdit en France, a fait savoir l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) dans un communiqué.

L’ADMD "salue la mémoire (…) de l’une des leurs, la comédienne Maïa Simon, décédée ce mercredi 19 septembre, loin de chez elle", précise l’association. "(Elle) a choisi, pour abréger ses souffrances et vivre sa fin de vie selon sa propre acceptation de la dignité, de sexiler dans un pays de liberté", poursuit le communiqué.

Avant de partir en Suisse, l’actrice avait expliqué son geste à un journaliste de RTL : "J’ai eu le temps, pendant cette longue maladie, de sentir la dégradation de mon corps (…) et je sens que j’arrive à la limite". "Au lieu d’attendre la mort de manière passive et comme j’ai encore de l’énergie, j’organise mon dernier voyage avec ma famille et mes amis", avait-elle confié. (L’intégralité de l’interview… Elle y lance notamment un appel à Sarkozy, ne tienne qu’à lui de l’écouter et d’apporter enfin une réponse)

La comédienne a déploré avant de mourir la "grande hypocrisie en France" sur la question du suicide assisté. "Les malades le font de toute façon parce qu’ils trouvent toujours des gens qui peuvent les aider, mais c’est absolument ignoble parce que les médecins et les anesthésistes risquent gros", constatait-elle.

En France, la loi Leonetti sur la fin de vie autorise depuis 2005 un patient à refuser toute "obstination déraisonnable", sans légaliser l’euthanasie. "Un progrès", selon le président de l’ADMD Jean-Luc Romero, qui juge toutefois la situation encore insatisfaisante: "Si vous êtes dans des conditions telles que vous allez bientôt mourir, vous refusez à la fois d’être alimenté, d’être hydraté, vous imaginez dans quelles conditions vous mourrez! (…) Aider quelqu’un à mourir à un moment précis en lui donnant un produit, c’est cent fois moins barbare", a-t-il estimé sur RTL.

Plaidant pour une "loi de liberté" semblable à celle existant en Suisse, M. Romero l’a présenté comme une "loi d’égalité". "Maïa voulait faire ce voyage et le pouvait. Il y a des gens qui n’ont pas les moyens de le faire et qui ne sont pas en état", a-t-il souligné. Agée de 67 ans, Maïa Simon avait fait l’essentiel de sa carrière au théâtre (nominée aux Molières en 1997) et tourné dans plusieurs téléfilms et films parmi lesquels "Nous irons tous au paradis" d’Yves Robert (1977) et "Les témoins" d’André Téchiné (2007).

Coup de gueule de l’UNESCO contre le projet des nouvelles merveilles du monde

L’Unesco a marqué mercredi sa différence avec la « campagne médiatique » lancée par un organisateur privé pour désigner les sept « nouvelles merveilles du monde » par des votes d’internautes, à la veille de la session annuelle de son propre Comité du Patrimoine mondial. »Face à la possibilité d’une confusion dommageable, l’Unesco souhaite réaffirmer qu’il n’y a aucun lien entre (son) programme visant à protéger le patrimoine mondial et la campagne actuellement menée concernant les ‘7 nouvelles merveilles du monde' », déclare l’organisation dans un communiqué.L’opération lancée par le cinéaste suisse Bernard Weber après la destruction des bouddhas géants de Bamiyan (Afghanistan) par les talibans en 2001 a recueilli les votes électroniques de plus de 45 millions de personnes concernant 21 bâtiments ou monuments sélectionnés comme finalistes. « Bien qu’elle ait été invitée à soutenir une telle démarche à plusieurs reprises, l’Unesco a décidé de ne pas collaborer avec M. Weber sur ce projet », souligne l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture.

« Il n’y a aucun point de comparaison entre la démarche médiatique de M. Weber et le travail scientifique et éducatif résultant de l’inscription des sites sur la Liste du patrimoine mondial », ajoute l’Unesco. « La liste des 7 nouvelles merveilles sera le fruit d’une initiative privée (qui) ne pourra en aucune manière contribuer de façon significative et durable à la préservation des sites élus ».

Selon les décomptes des organisateurs des « nouvelles » merveilles du monde, dix sites mènent la course parmi lesquels l’Acropole d’Athènes, la Grande Muraille de Chine, mais aussi la Tour Eiffel à Paris.

Le Comité du patrimoine mondial de l’Unesco va examiner du 23 juin au 2 juillet les candidatures de 45 sites naturels ou architecturaux pour leur inscription sur la Liste du patrimoine mondial qui compte déjà 830 sites « d’une valeur universelle exceptionnelle ».

Fin de campagne, quand les blogs révolutionnent la loi électorale

 
Personnellement, je vais toujours voter le matin donc la publication sur le Web des premiers résultats, avant la fermeture des bureaux de vote ne me concerne pas trop. Mais il est clair que pour un certain nombre d’électeurs, cela pourrait changer leur vote: le vote utile dès le premier tour si le candidat est en difficulté, ou encore le vote pour un autre candidat pour en faire éliminer un troisième… Mais bon, sur la totalité je ne suis pas certain que ça change beaucoup les choses…
 
En fait, c’est plutôt la loi électorale qui pose problème puisque n’importe quel média étranger peut publier les résultats avant 20h00, alors qu’en France l’obligation est d’attendre 20h00… Avec le développement du Net, chacun peut donc consulter les résultats avant l’heure légale… Pour éviter cela, ne faudrait-il pas faire fermer tous les bureaux de vote à la même heure? 19h00 ou 20h00 pour tout le monde… En tout cas des bloggueurs ont lancé le débat en affirmant vouloir publier les résultats des sondages sortie des urnes dès 18h30… Ne faudrait-il pas également interdire ces sondages? 
 
Pour ma part, je ne les publierai pas, même s’il est probable que j’aille consulter ces sites étrangers… En regardant ces dernières semaines, je trouve que les sondages ont largement pollué cette campagne électorale, évacuant totalement le débat de fond. Les analystes politiques n’ont que très rarement parlé des idées, des programmes ou des propositions et ont passé leur temps à commenter le sondage du jour, la position de l’un par rapport à l’autre, avec une absence totale de recul. Les journalistes seraient-ils tous devenus des statisticiens?
 
Une chose est sûre, cela démontre la pauvreté actuelle du débat politique en France, mais surtout, la pauvreté intellectuelle de nos journalistes qui sont incapables d’aller sur le fond et de mettre réellement les politiques en difficulté. Et pourtant tous les programmes des candidats sont facilement attaquables, possèdent des incohérences flagrantes, des promesses intenables (pas forcément financièrement, mais surtout techniquement sur des compétences européennes qui ne dépendent pas directement du Président…). Et que dire de la politique étrangère… Là, les journalistes manquent visiblement d’un réel baggage intellectuel. Alors que c’est la principale fonction du Président de la République, personne n’a parlé de politique étrangère. On a entendu parler un peu de l’Europe (sur l’Euro soi disant trop fort alors qu’il nous protège de l’inflation), toujours pour la critiquer, souvent injustement. Bref, on arrive au bout d’une campagne très décevante sur le fond, vraiment pas à la hauteur du débat attendu par les français… pas étonnant qu’il y ait autant d’indécis…

Massacre de Virginia Tech, 32 morts… pour rien

 
La société américaine est décidément totalement schyzophrène… Obsédée par la sécurité, elle est pourtant incapable d’assurer cette sécurité  pour ses citoyens, et surtout de faire disparaître la principale cause de l’insécurité: Les armes à feu… Face à un tel massacre, le monde entier dénonce cet accès trop facile aux armes, pourtant aux Etats-Unis, ça ne changera rien, tant le lobby des armes, l’un des principaux bailleurs de fonds des Républicains, est puissant. Aujourd’hui, il faudrait peut-être avoir le courage de dire que ce sont George W. Bush et ses amis néo-conservateurs qui sont responsables et coupables de ces meurtres par leur politique sécuritaire démagogique.
 
Dans son extrême hypocrisie, on voit le président américain déclarer un jour de deuil national, les groupes évangéliques extrémistes qui soutiennent sa politique faire de jolies prières devant les caméra, mais le New York Times est bien l’un des seuls à dénoncer la vente libre des armes à feu. Les victimes de Virginie n’ont pas besoin de prières, elle avaient juste besoin qu’on les protège grâce à une loi un peu plus restrictive! Passées les larmes, rien ne changera et Charlton Heston pourra continuer à se pavaner le fusil à la main dans les congrès de la NRA qu’il préside…
 
Les Etats-Unis feraient pourtant bien de s’inspirer du modèle australien où suite à une tragédie similaire en Tasmanie, le gouvernement a pris des mesures très restrictives en matière de possession des armes à feu et a empêché qu’une culture des armes à feu ne se développe aussi dans ce pays.
 
"Il serait vain d’espérer qu’un crime, même aussi destructeur que celui-là, calme l’ardeur des Américains pour les armes à feu", estime le quotidien britannique The Independent dans un éditorial.
 
Gerard Baker, éditorialiste au Times, craint que le pire soit à venir: "La vérité, c’est ce que seul l’optimiste peut s’imaginer que Virginia Tech va conserver très longtemps ce nouveau record."
 
En France, le journal Le Monde souligne que des "accès de fureur meurtrière (…) viennent fréquemment défigurer le rêve américain". "La tuerie (…) impose à la société américaine un nouveau face-à-face avec elle-même, sa violence, le fétichisme des armes qui habite une partie de la population, les dérèglements d’une jeunesse soumise à la double tyrannie de l’abondance et de la compétition", juge-t-il.
 
Alors? Et bien, rendez-vous dans quelques jours ou dans quelques mois, pour un nouveau massacre d’innoncents, morts au nom du business, du droit à se protéger soi-même. Et l’on se dira: "Rien n’a changé malgré Virginia Tech?" Et non, rien n’aura changé…

La culture chez les candidats à la Présidentielle

Alors que les médias sont plus occupés à suivre (et critiquer) les modifications de staff de Royal ou à se prosterner devant Sarkozy, Télérama a eu une bonne initiative (si, si ça leur arrive de temps en temps), demander aux candidats leurs propositions en matière de culture. Evidemment, on ne sort pas vraiment de la langue de bois, tous les candidats (même à l’extrême-droite) se prononçant pour une démocratisation de la culture et de son enseignement avec accessoirement un accroissement des moyens. Une fois élu, quelque soit le vainqueur, il va de soit que ces promesses et voeux pieux ne seront bien sûr pas tenus. Nos candidats sont sur ce point à l’image des français, ils rêvent que toutes les chaînes ressemblent à Arte mais personne ne la regarde… Pour avoir une vraie indication, mieux vaut s’arrêter sur la perception de la culture par les candidats qui est beaucoup plus révélatrice de leur rapport aux arts…
« Tout se joue à l’école par l’éducation artistique », estime ainsi Ségolène Royal, pour qui les musées doivent aussi « être accessibles aux personnes les plus défavorisées ». La candidate socialiste dit aimer Bach mais aussi Diam’s, a lu Victor Hugo, mais aussi Fred Vargas, vu un spectacle de hip hop, mais aussi de l’opéra. Et elle aime « tout le cinéma français ». Très consensuelle, comme d’habitude, j’aurais préféré que les journalistes mettent l’accent sur son programme réel et complet sur le sujet, mais bon ça fait parti de l’entreprise de décrédibilisation de la candidate socialiste…
Pour François Bayrou, qui avoue être un « béotien » en matière de culture, il faut « promouvoir une culture de peuple ». Car « la culture parle trop souvent exclusivement aux « cultureux ». Pour lutter contre ce phénomène, il veut réfléchir « à l’articulation privé-public »: « le mécénat d’Etat est très utile, mais il tend à devenir affaire de professionnels, et donc de réseaux. Ce sont toujours les mêmes qui décident ». Je suis bien d’accord avec lui sur ce point, mais que le mécénat soit public ou privé n’y changera rien. Une fois que quelques hommes sont en place et qu’ils ont verrouillé les réseaux, il n’y a plus aucun moyen d’action (quelque soit le domaine…) et modifier les moyens de financement n’aura qu’un effet à court terme. Quelques têtes changeront mais les habitudes resteront…
« La démocratisation culturelle a échoué », constate aussi Nicolas Sarkozy, candidat UMP qui a reçu « Télérama » au ministère de l’Intérieur. « Dix à vingt pour cent seulement de la population française est destinataire de l’essentiel de la politique culturelle ». Il veut donc « donne(r) à tous les enfants accès aux grandes oeuvres de l’esprit ». « Mais attention »: pour lui, contrairement à « l’idéologie de Mai 68 », « toutes les oeuvres ne se valent pas ». Alors là pour le coup je ne suis pas d’accord avec lui (mais ça c’est pas nouveau…). Puisqu’il fait une hiérarchie entre les oeuvres artistiques, il faudra qu’il m’explique lesquelles lui semblent meilleurs que les autres. Quels sont ses critères en matière d’art? S’agit-il des oeuvres qui rapportent le plus, qui font le plus d’entrées? Un succès populaire n’est pourtant pas forcément un gage de qualité, même si (pour le cinéma), les grands succès sont indispensable et permettent de financer des films plus fragiles, c’est pourquoi l’élitisme est également pour moi sans intérêt (un film qui fait difficilement 1000 entrées n’est pas non plus pour moi forcément un chef d’oeuvre!). Un tout cas, il y a dans son raisonnement un jugement de valeur qui me gêne et qui ne me semble pas aller dans un sens de plus de diversité, de liberté, de provocations qui sont des éléments indispensables à la création artistique. Un artiste n’a pas forcément comme rôle fondamental de plaire, il doit aussi gêner, provoquer le débat, ne pas laisser tiède. Et quand je vois la liste de ses soutiens, je me dis que ces artistes ont certes du succès (pour certains) mais ils sont bien tièdes…
Pour Jean-Marie Le Pen aussi, « l’enseignement artistique à l’école est trop faible ». Il « regrette » en particulier « qu’il n’y ait pas une plus grande pratique des instruments et du chant, notamment en chorale ». La musique militaire lui « met les larmes aux yeux » et il évite le cinéma parce que c’est « trop dangereux: ‘ils’ s’appellent sur leurs portables et m’attendent à cinquante à la sortie ». Bon ben, là je crois que ça se passe de commentaires, il s’enterre tout seul… Pourquoi ne pas pleurer sur « Maréchal nous voilà… » pendant qu’on y est…
Sur la question des intermittents, Ségolène Royal rappelle que « les socialistes se sont engagés à remettre à plat la législation » et suggère de « définir des missions complémentaires des intermittents dans les établissements scolaires, les entreprises… ». Très bonne idée, il faut de toute façon revoir le statut des intermittents et le limiter aux seuls artistes et techniciens free lance.
Concernant la télévision, Nicolas Sarkozy déplore qu’on ait « jamais eu autant de chaînes publiques et aussi peu de culture à l’écran ». « Le service public, y compris France 2, doit viser à une politique éducative de l’excellence. Ne pas hésiter à faire de la contre-programmation, présenter des spectacles, des films qui ne sont pas sur les autres chaînes ». Pour autant, il est hostile à « l’augmentation de la redevance ». Eh ben, il faut là aussi qu’il m’explique comment on fait de la culture à la télé sans augmenter la redevance car les audiences (donc les recettes publicitaires) ne suiveront pas! Et puis, il devrait regarder un peu plus son programme télé car il y a plus de culture qu’il semble le penser!
La candidate des Verts Dominique Voynet, en revanche, est « favorable à la suppression de la pub sur les chaînes publiques », qui « seront financées par la redevance et un prélèvement sur les masses publicitaires investies dans les chaînes privées ». Voilà une proposition de financement qui me semble être une bonne idée mais excessive! Le service public (même si on ne s’en rend pas toujours compte!) a certaines obligations en terme de contenus que n’a pas le privé. Ces obligations font baisser les revenus publicitaires des chaînes publiques, il ne serait donc pas scandaleux d’aller prélever sur les revenus des chaînes privées, ça éviterait d’accroître la redevance et ça lierait la bonne santé des chaînes publiques à celles du privé. Ce serait donc un système gagnant-gagnant. Surtout qu’une fois reconduites, les chaînes disposent tout de même très librement de leur antenne et sans contreparties sérieuses… Mais la supression totale de la pub me semble en revanche être une douce rêverie…
La candidate communiste Marie-George Buffet veut quant à elle faire passer le budget du ministère de la Culture de 1% du budget à « 1% du PIB ». Elle propose aussi d’imaginer « un grand pôle public de télévision qui soit dirigé par les salariés eux-mêmes, leurs représentants syndicaux, les usagers et les élus ». Mouais, pourquoi pas, de toute façon ça ne pourra pas être pire que la situation actuelle avec nominations politiques et verrouillages. Le problème des chaînes publiques c’est surtout leur manque de stabilité dans les équipes dirigeantes… L’idéal serait d’avoir enfin des dirigeants moins politisés et d’avoir des systèmes de nominations un peu plus démocratiques (au CSA aussi!)…

Le manifeste de Reporters Sans Frontières pour la cyberliberté

 
13 ennemis du Net ont été dénoncés récemment par Reporters sans frontières. Ce manifeste est un peu passé inaperçu, et c’est bien dommage… Leur site n’étant pas accessible dans ces pays, ils ont pour l’occasion ouvert un site miroir pour permettre aux citoyens de ces pays d’y accéder. Le Net est aussi un média qui, comme la presse, gêne ces dictatures. N’oublions pas que de nombreux journalistes sont aussi emprisonnés (torturés et exécutés) pour avoir simplement fait leur travail. Même aux Etats-Unis, des journalistes risquent la prison pour refus de divulgation de sources dans le cadre d’un Patriot Act interprété avec une vision de plus en plus large par la justice américaine (même pour des histoires de dopage qui n’ont rien à voir avec la sécurité intérieure!)
 
– ARABIE SAOUDITE
 
L’Arabie saoudite ne se cache pas de censurer le Réseau. Contrairement à la Chine, où les blocages de sites sont déguisés en problèmes techniques, les filtres saoudiens indiquent clairement aux internautes que certaines pages Web sont interdites par les autorités. La censure se concentre sur les contenus pornographiques, mais elle touche également les sites de l’opposition politique, les publications israéliennes ou celles traitant de l’homosexualité. Les blogs posent également problème aux censeurs saoudiens. En 2005, ces derniers ont tenté de bloquer complètement l’accès au principal outil de blog du pays, blogger.com. Ils sont revenus quelques jours plus tard sur cette décision et bloquent aujourd’hui uniquement les blogs qui les dérangent. Par exemple, en juin 2006, ils ont ajouté à leur liste noire le journal intime de "Saudi Eve", une jeune femme qui osait parler de sa vie amoureuse et critiquer la politique de censure du gouvernement.
 
– BIELORUSSIE
 
Le gouvernement, qui possède un monopole sur les télécoms du pays, n’hésite pas à bloquer l’accès aux sites d’opposition lorsqu’il le juge nécessaire, notamment en période électorale. Les publications indépendantes sont par ailleurs régulièrement victimes d’attaques informatiques. Ainsi, en mars 2006, plusieurs sites critiques de l’actuel chef de l’Etat, Alexandre Loukashenko, ont mystérieusement disparu de la Toile pendant plusieurs jours.
 
– BIRMANIE (MYANMAR)
 
La politique de l’Etat birman en matière d’Internet est encore plus répressive que celle de ses voisins chinois et vietnamiens. La junte au pouvoir filtre bien sûr les sites d’opposition. Elle surveille surtout très étroitement les cybercafés, dont les ordinateurs prennent automatiquement des captures d’écran, toutes les cinq minutes, afin de surveiller l’activité des internautes. En juin 2006, les autorités s’en sont prises aux services de téléphonie et de chat sur Internet, bloquant par exemple l’accès à Gtalk de Google. L’objectif est double : d’une part préserver le juteux marché des télécommunications longues distances jusque-là contrôlé par des entreprises d’Etat ; d’autre part écarter les cyberdissidents de ce moyen de communication difficile à mettre sur écoute.
 
– CHINE
 
La Chine reste sans conteste le pays le plus avancé en matière de filtrage d’Internet. Les autorités suivent avec attention les évolutions technologiques pour s’assurer qu’aucune n’ouvre une nouvelle fenêtre de libre expression. Ainsi, après les sites Internet et les forums de discussion, les autorités se concentrent aujourd’hui sur les blogs et les sites permettant l’échange de vidéos. Le pays compterait aujourd’hui près de 17 millions de blogueurs. Un chiffre énorme, certes, mais très peu d’entre eux osent aborder des sujets sensibles, encore moins critiquer la politique du gouvernement. Tout d’abord parce que les outils de blogs du pays incluent tous des filtres qui bloquent les mots clefs "subversifs". Ensuite parce que les entreprises qui exploitent ces services, qu’elles soient locales ou étrangères, sont mises sous pression par les autorités, qui leur imposent de contrôler les contenus qu’elles hébergent. Des armées de modérateurs travaillent donc, au sein de ces sociétés, pour assainir les contenus produits par les blogueurs. Enfin, dans un pays où 52 personnes sont en prison pour s’être exprimées trop librement sur Internet, l’autocensure fonctionne à plein régime. Il y a encore cinq ans, beaucoup pensaient qu’Internet, média libre prétendument incontrôlable, allait révolutionner la société chinoise et son système politique. Aujourd’hui, alors que ce pays dispose d’une influence géopolitique croissante, la question semble s’être inversée : c’est peut-être le modèle chinois d’Internet, basé sur la censure et la surveillance, qui pourrait un jour s’imposer au reste du monde.
 
– COREE DU NORD
 
La Corée du nord reste, comme en 2005, le pire trou noir d’Internet dans le monde. Seuls quelques fonctionnaires accèdent au Réseau à travers des connexions louées à la Chine. Le nom de domaine du pays, le .nk, n’a toujours pas été lancé et les quelques sites mis en place par le gouvernement nord-coréen sont hébergés au Japon ou en Corée du Sud. Dans un pays aujourd’hui capable de fabriquer des ogives nucléaires, difficile de croire que ce retard en matière d’Internet soit le simple résultat de difficultés économiques.
 
– CUBA
 
Avec moins de deux internautes pour 100 habitants, Cuba figure parmi les pays les plus en retard en matière d’Internet. Une enquête menée par Reporters sans frontières en octobre dernier a révélé que le gouvernement cubain utilise plusieurs leviers pour s’assurer que ce média n’est pas utilisé de manière "contre-révolutionnaire". Tout d’abord, il a peu ou prou interdit les connexions privées au Réseau. Pour surfer ou consulter leurs e-mails, les Cubains doivent donc obligatoirement passer par des points d’accès publics (cybercafés, universités, "clubs informatiques pour la jeunesse", etc), où il est plus facile de surveiller leur activité. Ensuite, la police cubaine a installé, sur tous les ordinateurs des cybercafés et des grands hôtels, des logiciels qui déclenchent un message d’alerte lorsque des mots clés "subversifs" sont repérés. Le régime s’assure par ailleurs que les opposants politiques et les journalistes indépendants n’accèdent pas à Internet. Pour ces derniers, communiquer avec l’étranger est un véritable chemin de croix. Enfin, le gouvernement mise sur l’autocensure. A Cuba, on peut être condamné à vingt ans de prison pour quelques articles "contre-révolutionnaires" publiés sur des sites étrangers et à cinq ans simplement pour s’être connecté au Net de manière illégale. Peu d’internautes osent défier la censure de l’Etat et prendre un tel risque.
 
– EGYPTE
 
Mis à part quelques sites liés aux mouvements religieux des Frères Musulmans, l’Egypte filtre peu le Réseau. Le Président Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 1981, fait toutefois preuve d’un autoritarisme particulièrement inquiétant en matière d’Internet. Trois blogueurs ont été arrêtés en juin 2006, et emprisonnés pendant près de deux mois, pour s’être exprimés en faveur de réformes démocratiques dans le pays. D’autres sont victimes de harcèlement, comme la blogueuse copte Hala Helmi Botros, forcée en août de fermer sa publication sous la pression de la police. Enfin, une cour administrative du Conseil d’Etat a récemment décidé que les autorités pouvaient bloquer, suspendre ou fermer tout site Internet susceptible de représenter une menace pour la “sécurité nationale“. Une position inquiétante qui pourrait ouvrir la voie à une censure abusive de la Toile.
 
– IRAN
 
La répression à l’encontre des blogueurs semble avoir diminué en 2005. Alors qu’une vingtaine d’entre eux avaient été emprisonnés, en 2006 seul Arash Sigarchi est encore aujourd’hui derrière les barreaux. Le filtrage du Réseau s’est par contre intensifié et l’Iran se targue aujourd’hui de filtrer 10 millions de sites "immoraux". Les sites pornographiques, politiques ou traitant de religion sont particulièrement visés. Mais, depuis l’été 2006, les censeurs semblent avoir concentré leurs efforts sur les publications traitant des droits des femmes. Les autorités ont par ailleurs récemment décidé d’interdire les connexions à haut débit. Une mesure qui peut s’expliquer par un souci de ne pas surcharger le réseau iranien, qui est de très mauvaise qualité, mais qui peut aussi s’interpréter comme une volonté de bloquer les produits culturels occidentaux – films et chansons – téléchargés sur le Net. (Comme quoi le P2P n’a pas que de mauvais côtés!)
 
– OUZBEKISTAN
 
La censure exercée par les autorités s’est encore raidie depuis la répression sanglante des manifestations prodémocratiques d’Andijan, en mai 2005. Le gouvernement, dirigé d’une main de fer par le président Islam Karimov, bloque l’accès à la plupart des sites indépendants traitant de l’Ouzbékistan, souvent hébergés en Russie, ainsi qu’aux sites des ONG condamnant les atteintes aux droits de l’homme dans le pays.
 
 SYRIE

Avec trois personnes actuellement emprisonnées pour avoir critiqué les autorités sur Internet, la Syrie est la plus grande prison du Moyen-Orient pour les cyberdissidents. Ces derniers sont par ailleurs systématiquement torturés et détenus dans des conditions inhumaines. Le gouvernement interdit l’accès aux sites d’opposition en langue arabe et aux contenus relatifs à la minorité kurde de Syrie.

– TUNISIE

La Tunisie a eu l’honneur d’organiser, en novembre 2005, le Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI), grand événement onusien pour aborder l’avenir d’Internet. La politique du président Zine el-Abidine Ben Ali en matière de Réseau est pourtant l’une des plus liberticides de la planète. L’ensemble des cybercafés sont contrôlés par l’Etat. Ces derniers filtrent le Net et sont étroitement surveillés par la police. Impossible par exemple de se connecter en Tunisie au site de Reporters sans frontières. Les services de sécurité harcèlent en outre continuellement les blogueurs indépendants et les responsables de sites d’opposition, afin de s’assurer que l’autocensure règne sur le la Toile tunisienne. Un cyberdissident, l’avocat Mohammed Abbou, est emprisonné depuis mars 2005 pour un article critique envers le chef de l’Etat diffusé sur une newsletter.

– TURKMENISTAN

Avec moins d’un internaute pour 100 habitants, ce pays est l’un des moins connectés à la Toile de la planète. Le président Separmourad Niazov exerce sur tous les médias un contrôle absolu. Le Web turkmène est censuré, bien sûr, mais il est surtout interdit à l’immense majorité de la population.

– VIET-NAM

Le gouvernement vietnamien, qui négocie l’entrée de son pays dans l’organisation mondiale du commerce, est actuellement dans une situation inconfortable. Il est mis sous pression par la communauté internationale et n’est pas en mesure, comme son voisin chinois, d’ignorer complètement les exigences des diplomates étrangers. Il semble donc enclin à assouplir son contrôle sur l’information et hésite en tout cas à réprimer les opposants. Ainsi, plusieurs cyberdissidents, notamment le plus célèbre d’entre eux, Pham Hong Son, ont été libérés depuis 2005. Cette relative clémence a semblé redonner du souffle au mouvement démocratique vietnamien, qui s’est admirablement saisi du Net pour s’organiser et faire passer dans le pays une information indépendante. A l’été 2006, un groupe dit des "8406" a même lancé une pétition en ligne, signée sous leur vrai nom par des centaines d’internautes, pour demander au gouvernement d’engager des réformes politiques. Mais la prise en main du Réseau par ces jeunes démocrates fait peur aux autorités. Et ces dernières ont encore souvent recours à la force pour faire taire ces cyberdissidents. Une dizaine de personnes ont été emprisonnées cette année pour des propos tenus sur Internet. Quatre d’entre elles sont encore derrière les barreaux.

Libye, Maldives et Népal sortent de la liste même si pour les deux premiers leurs dirigeants sont dénoncés puisqu’ils continuent d’imposer une censure totale de la presse…