Les irréguliers de Patrick Autréaux

Les Irréguliers

Les Irréguliers

Éditions Gallimard, collection « nrf », 2015, 130 p.

Résumé : Apprenant que son ami Virgilio, sans-papiers, a été arrêté en vue de son expulsion, Ivan part le rejoindre au centre de rétention de Vincennes. Il espère pouvoir échanger encore quelques mots avec lui. Cette séparation qui s’annonce fait ressurgir chez Ivan le souvenir de son demi-frère et de sa mère morts sans qu’il ait pu se réconcilier avec eux et pour lesquels il n’a jamais pu véritablement mener son travail de deuil.

Critique : J’ai découvert cette œuvre grâce à une opération masse critiques du site Babelio, que je remercie, ainsi que les éditions Gallimard.

Cela est rare mais me voilà très embêté pour rédiger une critique de ce court roman intimiste. Alors que je m’attendais à la description d’une histoire d’amour contrariée entre deux hommes, dont l’un sans-papiers est en passe d’être expulsé, j’ai rapidement compris que cet élément de l’histoire ne serai qu’un prétexte pour l’auteur qui préfère nous proposer une psychanalyse de son personnage principal, Ivan.

Jamais la liaison entre Ivan et Virgilio n’est abordée, elle n’est qu’esquissée, et il faut attendre plus de la moitié de l’ouvrage pour avoir droit à une furtive rencontre. Ce sera la seule et elle est tant attendue qu’elle en est presque décevante car trop désincarnée et trop vite expédiée. Alors que le thème pouvait ouvrir à une vision intéressante et originale sur la situation des sans-papiers en France, il n’en est malheureusement rien. Les personnages auraient pu être hétéros ou simplement amis que cela n’aurait pas changé grand-chose au récit. Quant à la situation des sans-papiers, là encore ce n’est qu’un prétexte et il faudra se contenter d’une simple description extérieure d’un centre de rétention, pas de quoi faire évoluer les mentalités sur une situation pourtant globalement abominable.

En fait, l’essentiel de ce roman est consacré à la relation entre Ivan, sa mère et son demi-frère. Tous deux sont décédés alors qu’Ivan était brouillé avec l’un comme avec l’autre, je n’en dirai pas plus pour ne pas en dévoiler davantage. Patrick Autréaux utilise la séparation entre Ivan et Virgilio pour permettre à Ivan de réaliser enfin son travail de deuil familial. En soi, ce n’est pas inintéressant, mais cette histoire que j’attendais universelle, relève finalement de l’intime. Or cette intimité-là ne m’a ni touché, ni passionné. Pour moi, l’auteur est passé à côté d’un grand sujet de roman et s’est perdu dans une psychanalyse familiale assez décevante.

Quant à la forme, même si le style aurait mérité d’être plus précis et concis, je retiens cependant quelques belles fulgurances dans la plume qui démontrent un indéniable talent. Au final, un roman inabouti et qui rate sa cible.

2,75/5

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