La meilleure part des hommes de Tristan Garcia

La meilleure part des hommes

Gallimard, 2008, 305 pages

Prix de Flore, 2008.

Résumé: A la fin des années 1990, l’affrontement de deux personnalités du milieu homosexuel après les années SIDA, Dominique Rossi, fondateur de l’association Stand, et William Miller, écrivain scandaleux à la mode. Ils s’aiment et se haïssent sous les yeux de la narratrice, Elizabeth Levallois, journaliste à Libération, et de son amant, Jean-Michel Leibowitz, intellectuel médiatique.

Critique: A la croisée des chemins entre fiction et réalité, Tristan Garcia a choisi, pour son premier roman, de mettre en scène l’amour et la haine qui ont réuni et opposé deux personnages du monde littéraire et intellectuel parisien, Didier Lestrade (Dominique Rossi), fondateur d’Act Up (Stand), et Guillaume Dustan (William Miller).

L’auteur, à juste titre, se garde bien du moindre jugement de valeur, il se fait le témoin de ces relations pour le moins houleuses à travers le personnage de la journaliste et de son amant Jean-Michel Leibowitz (Alain Finkielkraut). Mais, il n’hésite pas à prendre ses distances avec la réalité afin de mener une réflexion plus profonde sur la haine et le pouvoir médiatique. Ce sont ces passages qui sont les plus intéressants.

Si j’ai peiné, d’abord, à suivre la mise en place pour le moins laborieuse des pions qui vont constituer cette tragédie, je me suis peu à peu laissé prendre par ce récit ambitieux et complexe qui donne à voir la fine frontière qui sépare l’amour de la haine la plus profonde. Ce roman, parfois agaçant par son formalisme, pourra faire fuir ceux qui n’appartiennent pas au milieu intellectuel parisien, pourtant, il est passionnant sur le fond.

Autour du SIDA et du changement de millénaire, Tristan Garcia nous donne à voir la fin d’une période et le début d’une autre. Il nous expose ce que sont les rapports de force dans ce qu’ils ont de plus nobles et de plus vils. Jusqu’aux émouvantes dernières pages, où il exprime toute la complexité et les contradictions du personnage de William, auteur qui s’est perdu dans son obsession pathologique de l’autofiction et ses délires paranoïaques.

4/5

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