Rudolf Brazda : itinéraire d’un triangle rose de Jean-Luc Schwab

Rudolf Brazda : itinéraire d’un triangle rose

Editions Florent Masso, 2010, 253 pages

Résumé : Biographie retraçant la vie de Rudolf Brazda, homosexuel d’origine tchèque, déporté par les nazis dans le camp de concentration de Buchenwald. De la montée du nazisme en Allemagne à l’horreur des camps, cet ouvrage révèle le détail des enquêtes policières ayant visé des milliers d’homosexuels dans l’Etats nazi. Décédé en 2011, à près de 100 ans, Rudolf Brazda a été le dernier triangle rose en vie connu.

Mon avis : J’ai souhaité lire ce livre d’abord parce que les ouvrages traitant de la déportation des homosexuels par le régime nazi sont très peu nombreux, ensuite parce que chaque témoignage de rescapé des camps (qu’il soit juif, homosexuel, tzigane, opposant politique ou résistant) apporte une pierre à la lutte contre le négationnisme et démontre la nécessité de lutter avec acharnement contre la tentation des extrêmes en politique.

Je me suis donc plongé avec intérêt dans cette biographie de Rudolf Brazda, enfin il faudrait plutôt parler d’exposé factuel. L’ensemble est bien retracé et l’historien est parfaitement documenté. Grâce au dépouillement des archives policières et judiciaires, il montre les dérives d’un état totalitaire qui s’immisce dans la vie privée de ses citoyens et qui n’hésite pas à utiliser menaces et violences pour atteindre son but. On suit le parcours de Rudolf Brazda dans l’horreur du camp de concentration de Buchenwald. Et puis son installation à Mulhouse après la guerre.

La qualité du témoignage est réelle mais ce qui manque à ce livre c’est une plume littéraire. Les faits sont parfaitement retranscrits, on sent l’émotion de Jean-Luc Schwab poindre par moments, mais tout cela reste souvent trop froid et factuel. Il en reste malgré tout un ouvrage utile, pour ne pas dire indispensable, pour la mémoire de la déportation et de la persécution des homosexuels par le régime nazi.

3,5/5

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2 réflexions sur “Rudolf Brazda : itinéraire d’un triangle rose de Jean-Luc Schwab

  1. Lorsqu’on en vient à considérer les rapports entre nazisme et homosexualité, il convient de les prendre pour ce qu’ils sont : un tabou. Lorsqu’ils sont abordés, c’est presque uniquement sous l’angle de la haine farouche des nationaux-socialistes à l’égard des homosexuels. Il ne s’agit pourtant là que d’une demi-vérité. On ne saurait en effet oublier un personnage décisif dans la fondation et l’accès au pouvoir du parti nazi : Ernst Röhm, homosexuel ne cachant rien de ses mœurs, proche ami de Hitler, et surtout chef de la SA. Sa simple présence dans l’organigramme national-socialiste rend impossible toute tentative de simplification des rapports entre nazisme et homosexualité. C’est donc à une analyse nuancée que se livre Thomas Rozec, afin d’éclairer une des multiples facettes de ce qui reste aujourd’hui le traumatisme majeur du monde contemporain.

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