Décès tragique de Benoît Musy

Benoît Musy nous a tragiquement quittés. J’avais eu la joie de le mettre en scène et de jouer à ses côtés, en 2009, au Carré 30, dans la pièce « Marx, Flaubert et les icônes » (photo de nous prise à ce moment là). Il avait alors été mon grand père d’adoption pendant quelques semaines. Sa gentillesse et sa générosité resteront à jamais gravées dans mon coeur.

Comble de l’ironie, dans ce spectacle, il jouait un vieux monsieur qui conservait les notices nécrologiques des journaux, mais l’arrivée d’une nouvelle voisine allait chambouler son coeur et bousculer ses convictions…

En souvenir de ce rôle, je me permets donc de recopier ce magnifique hommage d’Annie Demontfaucon paru dans Le Progrès du 25 octobre 2011. Article en ligne sous ce lien.

Benoit Musy tué hier par une voiture, était peintre et comédien. Il préparait son prochain spectacle. 

Ses dernières pensées auront été pour Baudelaire, ce poète qu’il s’apprêtait à mettre en scène, « citoyen comme lui d’une patrie aux dimensions de l’âme et aux couleurs du rêve ». Quelques lignes dans la brochure du Carré 30, ce théâtre de la rue Pizay (Lyon 1 er) pour annoncer cette création prévue en mars. Baudelaire ne sera pas réincarné. Car Benoit Musy vient de mourir.

Benoit Musy est ce piéton renversé dimanche par une voiture, route de Genas à la limite de Villeurbanne, Lyon et Bron. Le septuagénaire n’a pas survécu à ses blessures, il est décédé dans la nuit de dimanche à lundi. Le créateur du Carré 30, Alain Deppe connaissait le comédien, depuis quinze ans. « Ce spectacle sur Baudelaire, Benoit y pensait sans cesse. Il me disait qu’il répétait son texte en marchant dans la rue. »

Dimanche, à 7 h 30, perdu dans ses pensées, il n’a pas vu les phares de la Clio qui l’a renversé alors qu’il traversait la route. Colette, sa compagne, l’attendait comme chaque dimanche matin, pour boire le café sous la véranda. « Il partait tôt faire son marché, sur la place de Grand-Clément. Il devait me ramener le pot-au-feu prévu pour le repas de midi ». Ce pot-au-feu, il l’avait promis à ses petits-enfants qui adoraient sa cuisine. Quand Colette a raccroché le téléphone à 8 h 30, elle a espéré un miracle puis su que le petit atelier de la rue des Pâquerettes resterait orphelin. Au fond du jardin, les tableaux de Benoit Musy accrochent la lumière. « C’était un poète des arts plastiques », soupire Alain Deppe. C’est en 1976, qu’il expose pour la première fois ses aquarelles. Le brancardier à l’hôpital neuro-cardio a deux passions : le théâtre et la peinture. Il plante son chevalet sur les marchés de Collioure ou les plages de la Côte d’Azur. Beaucoup de couleurs et de vie pour des scènes croquées sur le vif. Des sculptures aussi, tout en rondeur et en fil de fer. Dans un classeur, il conservait précieusement ses expositions : salon d’Automne, salon Regain à Lyon, Narbonne… Une fois en retraite, il revient à sa première passion : les planches. Le 18 octobre, il venait de commencer les répétitions de la dernière pièce d’Alain Deppe, « Mémoires de zinc ». Benoit Musy avait un fils, douze petits-enfants et une chatte qui, hier, le cherchait dans toute la maison.

Annie Demontfaucon.

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