Maus, une oeuvre majeure

Maus : un survivant raconte

Flammarion, 1998, 295 pages.

Résumé : Un père juif polonais, survivant des ghettos et d’Auschwitz, raconte à son fils cette période de sa vie. On y découvre l’antisémitisme, les persécutions nazies, depuis le début de la Seconde Guerre mondiale et l’invasion de la Pologne jusqu’à l’effondrement du Troisième Reich et l’immédiat après-guerre. L’ouvrage est un témoignage sur la Shoah. Le récit du père est entrecoupé de scènes montrant des relations parfois tendues entre un père, malade, et son fils, la difficulté pour l’auteur, juif de la génération « d’après » d’exorciser ce terrible passé entre souvenir familial et devoir de mémoire.

« Maus est l’histoire d’une souris dont le chat a décidé d’avoir la peau. La souris est le juif, le chat le nazi. Le destin de Maus est de fuir, de fuir sans espoir l’obsession du chat qui lui donne la chasse et lui trace le chemin de la chambre à gaz. » Marek Halter

Critique : Tout en étant réaliste et parfaitement documenté, le parti pris de Spiegelman est de représenter les groupes nationaux par diverses espèces d’animaux (les juifs sont des souris, les allemands des chats, les polonais des cochons, les américains des chiens, les français des grenouilles), pourtant cela n’attenu en rien la portée et le réalisme de ce récit construit à partir du témoignage de son père. Le récit est très habilement mené pour embarquer le lecteur, l’auteur n’hésitant pas à se mettre lui-même en scène dans ses relations, parfois tendues, avec son père. Les scènes alternent donc entre présent et passé et permettent de mieux cerner la personnalité du père et les séquelles psychologiques de la déportation. Le dessin très simple, mais riche de détails, focalise l’intérêt du lecteur sur l’histoire et ses personnages. On est souvent touché et bouleversé par ce récit où l’auteur oscille entre devoir de mémoire, sentiment de culpabilité vis-à-vis de son père, mais on est aussi terrifié par ce que sa famille a pu subir dans l’horreur des camps de concentration et d’extermination. Car au-delà du témoignage bouleversant sur les camps et le génocide, cette oeuvre est aussi un magnifique adieu au père représenté dans toutes ses qualités et ses défauts. Cette bande dessinée biographique est une œuvre majeure du souvenir dont on ne sort pas indemne.

5/5

Une vidéo sur Youtube retrace les moments forts de cette oeuvre et de la vie de Vladek Spiegelman :

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