Harvey Milk ****

En adaptant à l’écran la vie du premier élu gay aux Etats-Unis, Gus Van Sant signe un retour fracassant et éblouissant et revient à un forme plus classique et grand public. Le réalisateur l’explique lui-même, un biopic sur Harvey Milk nécessitait, du fait du nombre de plans et de la densité du récit, une mise en scène plus classique, moins introspective ou expérimentale. Pourtant Van Sant n’hésite pas, à plusieurs reprises, à réutiliser ses expérimentations de films comme Elephant pour accroître la force dramatique de scènes tragiques.

Et la réussite est plus que largement au rendez-vous! La construction du récit est passionnante, toujours compréhensible sans être didactique. On suit toujours avec intérêt et sans jamais être perdus, les combats politiques de Harvey Milk, ses succès et échecs, et au-delà le combat des gays pour leur reconnaisance et contre la répression sociale, policière et politique.

Van Sant mélange à son film nombre d’images d’archives qui renforcent l’aspect réaliste et documentaire de son film. C’est notamment le cas d’Anita Bryant, passonnaria anti-gay, représentative d’une Amérique religieuse, puritaine et néo-conservatrice naissante, qui n’apparaît qu’à travers ces images d’époque dont les propos édifiants accroissent le réalisme du film. Van Sant fait donc de vrais choix de mise en scène tout en s’appuyant sur les règles hollywoodiennes. Il en ressort un film d’une incroyable force dramatique qui fait revivre avec justesse le San Francisco des année 70 (on pense souvent à la série des Chroniques de Maupin).

Mais outre sa mise en scène éblouissante, ce Harvey Milk est porté par des acteurs formidables, avec en tête Sean Penn, exceptionnel dans le rôle titre. Il apporte ce qu’il faut de profondeur et d’extravagance trouvant là l’un de ses plus beaux rôles. Son entourage avec notamment Emile Hirsch et James Franco est au diapason.  Ce Harvey Milk, à la fois très entouré et terriblement seul, nous attendrit et nous éblouit. On vibre avec lui, on est embarqué de bout en bout. Harvey Milk, symbole du combat pour les droits civiques des homosexuels, méritait bien un magnifique hommage. Gus Van Sant l’a fait, un chef d’oeuvre!

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Une réflexion sur “Harvey Milk ****

  1. Pingback: Harvey Milk : sa vie, son époque | Chez Lionel

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