Australia ***

 

Baz Luhrmann est un réalisateur rare et chacun de ses films est de ce fait un événement… Et oui, Australia est seulement son quatrième film depuis 1991! Ce qui fait la force de ce réalisateur c’est la richesse de l’image, le sens du récit, le rythme échevelé et l’art de faire, à partir de simples histoires d’amour, de grandes fresques romantiques originales dans leur forme et leur construction.

Avec Australia, Luhrmann continue de tracer son sillon et après avoir revisité Shakespeare et les comédies musicales, s’intéresse cette fois à la grande fresque romantique d’aventures. Rien ne manque au cahier des charges du genre: de grands paysages somptueux, un couple glamour et sexy en diable (Nicole Kidman lumineuse et Hugh Jackman plus viril et musclé que jamais), des rebondissements à foison, de grandes scènes d’action étourdissantes, de grands morceaux de bravoure éblouissants. Bref du grand spectacle tel qu’on prend plaisir à le regarder, mais de plus en plus rare au cinéma. Alors ne boudons pas notre plaisir, en ce sens le nouveau Luhrmann est une immense réussite!

Le scénario est aussi l’occasion de se pencher sur diverses pages de l’histoire australienne pas forcément bien connues en dehors du pays : la vie des éleveurs dans l’Outback, le choc civilisationnel de l’anglaise dans cette région la plus rude et tropicale de l’île (à l’origine de rafraichissantes scènes de comédie!), les bombardements japonais de la Seconde Guerre Mondiale, le racisme contre les aborigènes et l’internement d’enfants métis coupés de leurs racines. Cette profusion de sujets est cependant habilement traitée et la petite histoire se mêle à la grande avec réussite. On pourra cependant regretter, et c’est sans doute le principal bémol sur ce film, qu’à force de multiplier les sujets et les références (des westerns à Pearl Harbor en passant par Out of Africa), la caméra de Baz Luhrmann se fasse moins originale qu’à son habitude et qu’il flotte parfois un parfum de déjà vu…

Mais au milieu de tout ça apparaît en filigrane le parcours initiatique d’un jeune garçon métis magnifiquement interprété par Brandon Walters qui se paie le luxe de voler la vedette aux deux grandes stars internationales. Faisant preuve d’une incroyable présence, il est à la fois l’âme de l’Australie et le coeur des populations aborigènes, mais il est aussi la force de ce film. Là où Australia aurait pu n’être qu’un grand film d’aventures parmi d’autres, il apporte ce petit supplément d’âme qui en fait un très beau film!

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