La Belle personne ***

 

La télévision nous réserve parfois de bonnes surprises et hier soir Arte diffusait en avant-première le nouveau film de Christophe Honoré, La Belle personne. Honoré est un réalisateur très talentueux (on en est sûr depuis l’année dernière et le formidable Les Chansons d’amour, hommage assumé à Demy) qui filme parfaitement l’adolescence, le deuil, l’absence, l’amour perdu. Il aime à s’approcher des codes de la Nouvelle Vague pour mieux les faire exploser. D’oeuvre en oeuvre, il trace peu à peu un sillon singulier et de qualité dans le paysage cinématographique français.

Avec ce nouvel opus, Honoré poursuit dans la même veine que son film précédent et propose avec cette adaptation libre et moderne de La Princesse de Clèves de Mme de Lafayette quelque chose d’à la fois différent et pourant très proche (on y trouve même une très belle chanson de Beaupain interprétée par Leprince Ringuet qui aurait trouvé toute sa place dans la BO des Chansons…). Il s’amuse juste à modifier les variables de ces triangles amoureux qu’il apprécie tant. Il filme comme personne ces amours adolescentes contrariées, à la fois fragiles et excessives où planent à chaque instant l’ombre de la mort et de l’autodestruction. Il faut dire qu’il sait s’entourer de comédiens particulièrement excellents.

Léa Seydoux au coeur de tous ces tourments est énigmatique à souhait, quoiqu’un peu plus effacée dans la deuxième partie du film. Elle est entourée de deux acteurs qu’Honoré avait déjà dirigés dans Les Chansons d’amour, le toujours excellent Louis Garrel qui transporte ce qu’il faut de charme et d’intelligence et l’épatant Grégoire Leprince-Ringuet dont la gueule d’ange et la voix cassée devraient faire de lui un acteur de premier plan dans les années à venir. Autour d’eux les seconds rôles sont également impeccables.

Alors bien sûr, on pourra reprocher à Honoré une vision un peu idéale du lycée (ça se passe dans le XVIe !) et les envolées un peu précieuses de certains dialogues, et pourtant on ne peut s’empêcher de trouver une vraie modernité dans tout ça. On se laisse porter par la grâce et le rythme du récit. Un pari réussi et l’on se prend à rêver d’une trilogie sur l’adolescence signée Honoré…

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