Into The Wild ****

 
 
Il y a toujours un peu d’appréhension à aller voir un film qui fait quasiment l’unanimité des critiques et des spectateurs. L’attente risque d’être trop forte, et au final on est un peu déçu. Eh bien là ce n’est pas du tout le cas! On a du mal à trouver un défaut à ce film tant il s’approche de la perfection. Ce film, c’est avant tout l’adaptation d’une histoire vraie, celle d’un jeune homme dans l’Amérique du début des années 90, l’Amérique de Bush Père, l’Amérique déjà en guerre contre l’Irak. Un jeune homme qui, diplôme en poche, décide de fuire son destin tout tracé et de partir sur les routes pour vivre son rêve de liberté jusqu’au bout, dans la radicalité mais surtout la sincérité de ses choix. Bien sûr ce genre d’engagement s’appuie toujours sur un raisonnement un peu binaire et pourtant Sean Penn et son acteur, Emile Hirsch, réussissent le défi de nous éblouir et de nous émouvoir.
 
Le jeune acteur trouve là, sans aucun doute, le rôle de sa vie, tant il porte le film avec un charisme indéniable. Emile Hirsch est à l’image presque à chaque instant, faisant preuve d’une réelle présence avec des transformations physiques pour le moins bluffantes au cours de son voyage. Il n’en fait jamais trop, mais il est d’une formidable sincérité et arrive à nous toucher et nous émouvoir. C’est certainement un candidat sérieux à l’Oscar. Sur son chemin à travers l’Amérique, il croise une série de personnages tous excellents qui l’aideront à atteindre son but et accomplir son destin.
 
Mais ce film doit également beaucoup à son réalisateur Sean Penn. On voit derrière ce thème de la liberté et la critique de notre société de consommation, pointer sa personnalité. Mais surtout il adapte de façon passionnante la biographie tirée de ce voyage, grâce aux écrits laissés par le jeune homme et aux témoignages de ceux qu’il a croisés. D’abord dans la construction du réçit, Sean Penn choisit de ne pas rester dans la linéarité simple mais réalise une triple chronologie: la vie en famille avant le départ (contée par sa soeur), le voyage à travers l’Amérique et les rencontres, la solitude de l’Alaska. Les trois éléments s’entrecroisent dans une construction thématique excellente qui mène le héros à une certaine forme de sagesse. Résultat, malgré les 2H27 de cette quête personnelle, on ne s’ennuie pas une seconde.
 
Et puis, Sean Penn choisit de filmer avec beaucoup de pudeur sans effets émotionnels superflus, sans sombrer dans le pathos de mauvais goût… Pourtant, dans cette simplicité, l’émotion est là, bien palpable, à chaque instant. On rit, on pleure, on se laisse embarquer par ce récit et cette histoire à la Jack Kerouac. Le tout est porté par les paysages sublimes de l’Ouest Américain et par une bande son excellente.
 
Vous l’aurez compris, il est difficile de trouver un défaut à ce film qui s’approche de l’excellence comme on l’a rarement vu au cinéma. Courez voir ce voyage sans retour, cette quête de soi qui nous interroge tous sur la pertinence de nos choix, la force de notre destin, notre envie de liberté, la droiture de nos engagements, la volonté de se réaliser et d’être en accord avec soi-même quelqu’en soit le coût…
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s