L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford ***

 

 

Par où commencer pour parler de ce film fleuve (2h40!), dense, âpre et rude comme les paysages magnifiques du Missouri dans lesquels il se déroule? Qu’il s’agit de l’adaptation d’un roman de Ron Hansen qui s’intéresse aux derniers jours du plus célèbre des truands des Etats-Unis.
 
Ce qui marque dès le début, c’est ce travail sur l’image, particulièrement léchée, que l’on doit à son réalisateur Andrew Dominik, dont c’est seulement le deuxième long métrage après le dérangeant Chopper, mais aussi à son chef opérateur Roger Deakins qui sévit régulièrement avec les frères Coen. On s’en aperçoit très vite, nous ne sommes pas ici dans un western comme les autres, d’autant qu’on se laisse porter par la musique planante et somptueuse de Nick Cave et Warren Ellis. Nick Cave aime chanter des ballades "meurtrières", l’une en duo avec Kylie Minogue avait d’ailleurs rencontré un joli succès…
 
Au-delà de l’histoire, on est donc avant tout plongé dans une ambiance. Le réalisateur nous impose son rythme assez lent, sans être pour autant ennuyeux. Une voix off très présente fait avancer régulièrement le récit. Ce serait peut-être le seul gros bémol du film, ce côté un peu explicatif qui alourdit quelque peu le sujet ce qui crée des longueurs pas toujours très utiles. Mais cette beauté visuelle, ces paysages sublimes où s’enchaînent pluie, neige, froid et vent suffisent à nous scotcher à l’écran quasi hypnotisés.
 
Ces images poétiques, très contemplatives sont tranchées par des scènes qui glacent le sang portées par des acteurs tout simplement magnifiques. Mais l’intelligence du réalisateur n’est pas de faire un film uniquement sur Jesse James (Brad Pitt au sommet de son art) mais de le confronter à son meurtrier Robert Ford (Casey Affleck qui prouve une fois de plus qu’il a immensément plus de talent que son frère Ben et ses 2 expressions sur le visage…). On suit, dans une habile construction du récit, avec effroi ce Jesse James, paranoïaque et inquiétant, marcher vers une mort inéluctable, et faire face à celui qui sera son meurtrier, Robert Ford. La force du film est de ne pas prendre parti, aucun des deux personnages ne nous semble plus sympathique, ce sont simplement des hommes qui progressent vers une mort incontournable, un destin qui les a à jamais liés, même si le héros romantique et populaire, Jesse James, a pour toujours marqué cette époque.
 
Au final il en ressort un film intelligent, poétique, d’une beauté visuelle rare, parfois un peu trop froid ou factuel, mais ça n’en reste pas moins une magnifique expérience cinématographique… Un grand film!
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